Le Livre des illusions


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Le Livre des illusions - Comment reprendre goût à la vie lorsque les êtres que l'on aime sont morts de façon tragique ? Pour David Zimmer, ce sera par l'écriture : il entreprend tout d'abord d'éditer une monographie sur les comédies en noir et blanc d'un acteur du muet, Hector Mann, tombé en désuétude, avant de s'atteler à la traduction des Mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand. À mesure qu'il ressuscite ces deux ...

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Détails Le Livre des illusions

Le Titre Du LivreLe Livre des illusions
AuteurPaul Auster
ISBN-102742743693
EditeurActes Sud
Catégoriesmonographie
Évaluation du client3.86 étoiles sur 5 de 444 Commentaires client
Nom de fichierle-livre-des-illusions.pdf
La taille du fichier29.36 MB


29 juin 2008
Est-ce une coïncidence ? Ou bien Auster s'est-il inspiré de Djian ? Je pencherai plutôt pour la coïncidence. En tout cas, lorsque j'ai commencé à lire ce de Paul Auster, j'ai réalisé qu'il traitait du même thème que le roman de Philippe Djian Vers chez les blancs . Ou, en mettant les choses au mieux, que la toile de fond des deux livres présentait de réelles analogies. le fait qu'ils soient les deux romanciers contemporains que je préfère m'a entraîné, au fur et à mesure que j'ai découvert ce rapport, à faire des allers-retours incessants entre les deux romans. J'avais été passionné par la lecture du roman de Djian, je l'ai été autant (et peut-être davantage encore) par la lecture du livre des illusions de Paul Auster. Dans les deux romans, la vie d'un homme, le narrateur de l'histoire, est brisée à la suite d'un accident d'avion dans lequel meurent sa femme et ses enfants. Situation extrême, mais que chacun d'entre nous peut d'autant plus facilement imaginer Peut-on imaginer pire situation dans une vie ? Dans les deux romans, les narrateurs sont : un romancier chez Djian ; un spécialiste du cinéma et traducteur De Chateaubriand pour Auster. Dans les deux romans, ils sont confrontés à la création artistique, à ses douleurs, à ses rapports avec la souffrance, et surtout, au sens que la création donne leur vie. A partir de ce point de départ commun, et comme il fallait s'y attendre, les deux oeuvres vont diverger fortement par leur construction, leurs thèmes secondaires, leur écriture, chacune d'elles conservant pourtant une force indubitable qui fait paraître fade beaucoup de petits romans nombrilistes et intimistes dans l'air du temps. David Zimmer n'attend plus rien de la vie. Sa femme Helen et ses deux garçons sont morts dans un accident d'avion. Il est devenu alcoolique et vit dans un brouillard cotonneux en s'apitoyant sur son sort et en rêvant son suicide. Un soir, il voit à la télé un extrait d'un vieux film d'Hector Mann. Et pour la première fois depuis l'accident, il rit. « Cela peut sembler sans importance, mais c'était la première fois depuis juin que je riais de quoi que ce fût et en sentant ce spasme inattendu monter dans ma poitrine et se mettre à chahuter mes poumons, je compris que je n'avais pas encore touché le fond, qu'il restait en moi quelque chose qui souhaitait continuer à vivre ». Il entreprend alors ce qui n'avait jamais été fait, une étude fouillée, exhaustive, de l'oeuvre d'Hector Mann, cinéaste génial et méconnu du cinéma muet, disparu depuis 1929. « J'ai écrit le livre en moins de neuf mois. le manuscrit terminé comptait plus de trois cents pages dactylographiées, et chacune de ces pages avait représenté pour moi un combat ». le livre est publié. David Zimmer passe à autre chose, il commence un travail passionnant : la traduction des « mémoires d'outre-tombe » De Chateaubriand. Et puis, l'invraisemblable se produit. Hector Mann, que tout le monde croyait mort, vit toujours, caché en Californie. Il veut rencontrer David Zimmer. Alma Grund, une jeune femme, vient chercher David Zimmer pour le conduire à Hector. Et David se laisse finalement convaincre. Et peu à peu, la vie extraordinaire et méconnue d'Hector Mann va lui être révélée par Alma. La vie, mais aussi tout un pan immense de son oeuvre cinématographique, quatorze films que jamais personne n'a vu et qu'il va être le seul à pouvoir visionner en partie. Tous ces films inédits d'Hector Mann seront en effet détruits lorsque David les aura visionnés. A travers cette narration palpitante d'un bout à l'autre du livre, Paul Auster mène avec brio une réflexion sur la signification de l'art. Que représente l'oeuvre d'art pour un artiste si celui-ci, de façon délibérée, refuse de la montrer à qui que ce soit ? Pourquoi Frieda, l'épouse d'Hector Mann, veut-elle absolument faire disparaître ces films alors qu'elle a tant oeuvré avec Hector pour leur réalisation ? « Petit à petit, c'était devenu un principe esthétique en soi. Alors même qu'elle continuait à travailler avec Hector, elle devait avoir eu le sentiment qu'il ne s'agissait plus de faire des films. Il s'agissait de fabriquer quelque chose afin de le détruire. C'était ça, l'oeuvre, et tant que toute trace de l'oeuvre n'aurait pas été détruite, l'oeuvre n'existerait pas. Elle ne commencerait à exister qu'au moment de son anéantissement –et alors, tandis que la fumée s'élèverait dans le jour brûlant du Nouveau-Mexique, elle disparaîtrait. » Mais le roman de Paul Auster est d'une grande richesse thématique. Que représente une vie d'homme, nous dit Paul Auster, sans la création ? Et quelle peut être l'importance de cette vie, si la création reste cachée ? Pour que la vie d'Hector prenne tout son sens, il faut que ses films les plus importants, détruits par le feu, puissent enfin être vus de tous. Peut-être Alma a-t-elle réussi à préserver les films ? « S'il en est ainsi, alors les films d'Hector ne sont pas perdus. Ils n'ont que disparu et, tôt ou tard, quelqu'un surviendra qui ouvrira par hasard la porte de la chambre où Alma les a cachés, et l'histoire reprendra du début. Je vis dans cet espoir ». A travers l'histoire extraordinaire de la vie d'Hector, racontée par Alma, à travers l'amour qui naît, avec difficultés, entre David et Alma les deux admirateurs de l'oeuvre d'Hector, à travers l'oubli progressif de la douleur de David ainsi que l'importance que va prendre la traduction des « mémoires d'outre-tombe » dans sa vie, Paul Auster déploie son immense talent narratif avec une maestria époustouflante. le livre des illusions est un roman qui fera date dans l'oeuvre magistrale de Paul Auster. Cette critique peut être lue sur mon blog : Un Polar (blog collectif), à l'adresse suivante : http://unpolar.hautetfort.com/archive/2010/12/14/le-livre-des-illusion-de-paul-auster.html + Lire la suite

13 décembre 2016
"Le livre des illusions" est le deuxième roman de Paul Auster que j'ai lu, une lecture marquante pour ne pas dire bouleversante. Alors que "Tombouctou" avait quelque peu refroidi mon envie de découvrir l'auteur new-yorkais, ce roman est à l'origine de ma passion pour cet écrivain, un engouement qui s'est malheureusement émoussé au fil des romans mais qui semble peu à peu renaître, au point d'envisager de replonger dans l'une de ses oeuvres. Loin de l'accessibilité de "Brooklyn follies" et de son ambiance douce amère, "Le livre des illusions" est l'histoire d'un drame familial, d'une blessure qui ne cicatrisera jamais avec en arrière-plan une belle réflexion sur le cinéma muet, la Littérature et sur la création artistique en général. Paul Auster évoque le deuil avec beaucoup de sensibilité mais sans jamais tomber dans le pathos. Sa plume est à son paroxysme et nous offre quelques fulgurances stylistiques du plus bel effet. Sans conteste, l'un des plus beaux romans de Paul Auster. + Lire la suite

29 octobre 2014
L'important, ce n'est pas l'habileté avec laquelle on évite les ennuis, c'est la manière dont on les affronte quand ils se présentent.