La littérature et le mal


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La littérature et le mal - " La littérature est l'essentiel, ou n'est rien. Le Mal - une forme aiguë du Mal - dont elle est l'expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l'absence de morale, elle exige une " hypermorale ". La littérature est communication. La communication commande la loyauté : la morale rigoureuse est donnée dans cette vue à partir de complicités dans la connaissance du Mal, qui fondent la communication intense.

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Détails La littérature et le mal

Le Titre Du LivreLa littérature et le mal
AuteurGeorges Bataille
ISBN-102070326071
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.84 étoiles sur 5 de 32 Commentaires client
Nom de fichierla-littérature-et-le-mal.pdf
La taille du fichier18.06 MB


01 mai 2015
Il n'y eut pas moins qu'une révolution - et le bruit des portes de la Bastille enfoncées - pour nous livrer au hasard du désordre le secret de Sade, auquel le malheur permit de vivre ce rêve (dont l'obsession est l'âme de la philosophie) : l'unité du sujet et de l'objet.

16 août 2014
On ne fait pas, dit-on, de la littérature avec des bons sentiments. Pour Bataille, il semble même nécessaire que la littérature se tourne vers le mal, qu'elle l'explore jusqu'au bout, qu'elle s'en saisisse. Il étudie alors quelques auteurs qui s'y sont frottés, qui s'y sont parfois, en mots ou en vie, vautrés, sans que ce soit pour dénoncer le mal ou pour en dire du mal en vue d'un plus grand bien. Deux exemples peut-être sortent du lot. Bien entendu, Bataille évoque Sade, qui détaille le mal parce qu'il l'aime, qui s'enfonce sans frémir ou en frémissant de joie dans des horreurs qui lassent le lecteur, le mettent mal à l'aise, le bousculent par leur monotonie. Il évoque aussi Genet, le malfrat écrivain, celui qui s'adonne au mal et qui l'écrit pour être souverain, pour échapper à l'ordinaire de la morale, pour devenir sacré. le mal en littérature, au fond, c'est le moment où les mots s'échappent du terre à terre pour se confronter au divin, pour vivre dans la page ce que des mots venus d'ailleurs interdisent, pour affirmer une liberté sans limite. + Lire la suite

11 mai 2018
Selon moi, le point faible de notre monde est généralement de tenir l'enfantillage pour une sphère à part, qui sans doute, en quelque sens, ne nous est pas étrangère, mais qui reste en dehors de nous, et ne saurait d'elle-même constituer, ni signifier sa vérité : ce qu'elle est vraiment. De même, en général, personne ne tient l'erreur pour constitutive du vrai... « C'est enfantin », ou « ce n'est pas sérieux » sont des propositions équivalentes. Mais enfantins, pour commencer, nous le sommes tous, absolument, sans réticences, et même il faut le dire, de la plus surprenante façon: c'est ainsi (par enfantillage) qu'à l'état naissant, l'humanité manifeste son essence. A proprement parler, jamais l'animal n'est enfantin, mais le jeune être humain ramène, lui, non sans passion, les sens que l'adulte lui suggère à quelque autre qui, lui-même, ne se laisse ramener à rien. Tel est le monde auquel nous adhérions et qui, les premières fois, jusqu'au délice, nous grisait de son innocence: où chaque chose, pour un temps, donnait congé à cette raison d'être qui la fit chose (dans l'engrenage de sens où l'adulte la suit). (p. 112) + Lire la suite