Les Fleurs du Mal


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Les Fleurs du Mal - Romantiques par la mélancolie à l'ombre de laquelle ils s'épanouissent, parnassiens par leur culte du Beau et la rigueur de leur composition (ils sont dédiés à Théophile Gautier), ces poèmes illustrent la théorie des "correspondances" horizontales entre les éléments visibles et invisibles, qui sont comme de "longs échos qui de loin en loin se confondent" pour s'élever en correspondances verticales "ayant l'expansion des choses infinies". Exploration du matériau grou...

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Détails Les Fleurs du Mal

Le Titre Du LivreLes Fleurs du Mal
AuteurCharles Baudelaire
ISBN-102253007102
EditeurLe Livre de Poche
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.22 étoiles sur 5 de 7409 Commentaires client
Nom de fichierles-fleurs-du-mal.pdf
La taille du fichier29.44 MB


10 novembre 2015
C'est le seul livre de poésie qui ait aussi durablement fait effet sur moi. C'est un monument comme il n'en existe nul autre. Lorsque je m'y plonge, je ressens à la fois les sensations d'une descente dans des catacombes et celles d'une élévation mystique. Des semaines plus tard résonnent encore à mes oreilles dans des échos profonds les vers étourdissants de « Harmonie du soir » : « Valse mélancolique et langoureux vertige ! […] Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. » Ce poème me fera toujours frissonner d'une indicible et grisante extase. Peintre des passions aux vibrations souterraines et du désenchantement sublime, Baudelaire est par excellence l'alchimiste du désespoir. Dans le creuset de son âme, gravité et légèreté s'entremêlent par un subtil et savant dosage. Une solennité secrète ondoie comme des volutes de fumée tout au long de ces pages en même temps que gronde l'animalité entravée secouant ses chaînes. Les profonds cris de révolte et la désespérance qui s'élèvent de ces strophes raffinées leur confèrent une noirceur d'un éclat particulier si fascinant en même temps qu'effrayant. Il fut un être humilié qui n'eut pas une vie, dit-on, à la mesure de son génie. Mais aurait-il enfanté cette oeuvre s'il eût vécu une autre vie ? Il n'eût pas eu la douleur, la « boue », indispensable à tout artiste digne de ce nom pour produire une oeuvre noble et voulant embrasser l'universel dans la transcendance : « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance Comme un divin remède à nos impuretés […] Je sais que vous gardez une place au Poète Dans les rangs bienheureux des saintes Légions, […] Je sais que la douleur est la noblesse unique […] Imposer tous les temps et tous les univers. » Bénédiction La hauteur, la profondeur et la grande variété de ses vues sont impossibles à résumer ici. Elles sont horribles et belles, sombres et lumineuses, contradictoires et pourtant vraies. Elles sont toutes les tendances et les aspirations qui tiraillent et écartèlent l'être humain sur le grand autel de la vie. Ce livre est comme la table de dissection de l'âme du poète sur laquelle nous nous penchons avec inquiétude et excitation, à la fois contents et révulsés de nous y reconnaître. Baudelaire est le grand poète du XIXe siècle et bien plus : il est le poète qui sut le mieux exprimer cette perception des « […] longs échos qui de loin se confondent/ Dans une ténébreuse et profonde unité » où « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Il éclipse pour moi tous les autres. Il s'est imposé dans toute la puissance de sa quête de sublimation. Il a réussi ce que tant d'autres avant et après lui n'ont fait que survoler : il est « descendu » profondément en lui-même et a observé et joui de sa nature pleine et entière. Il en a cultivé les contrastes et concilié les extrêmes. Il en a opéré la synthèse. + Lire la suite

16 novembre 2015
Les Fleurs du mal à la lumière de Liberatore, c’est s’immerger dans son univers de filles magnétiques, de solitude et de cadavres érotisés.

13 août 2011
Ouh lala! Je suis là, à me dire : allez, je vais vous parler des Fleurs du Mal... mais tout à coup j'ai la pression... C'est tout de même le recueil le plus usé de ma bibliothèque! Traces de doigts, marque-pages jaunis et autres traits au crayon de papier discrets (noooooon ! ne pas écrire sur un livre sacré!!!) sont là pour le confirmer. C'est mon prof de français qui m'a filé le virus. Il arrivait, comme ça, l'air de rien, avec son recueil sous le bras. Qu'il ouvrait, comme guidé par le hasard. Prenait une voix solennelle mais susurrée. Et le silence se faisait tout à coup dans la classe. On entendait une prière, un jeu de sons caressés par le respect, une certaine religiosité, oui, c'est ça, de la foi dans les mots. Ca remplissait le volume de la salle. On se sentait tout à coup transportés, envoûtés (pour être un bon prof, il faut être un peu Hans joueur de flûte ou sirène, ça je l'ai appris un peu plus tard). On ne comprenait pas tout, non. Mais quand la Mort plantait son drapeau noir dans le cerveau du pauvre Baudelaire, on l'éprouvait, la douleur métaphysique. On était frappés par cette image terrible et on entendait dans la voix du prof une profondeur qui nous ouvrait grand les portes de l'Enfer. Comment voulez-vous que j'oublie ces lectures suspendues hors du temps ? J'avais donc ce recueil à la maison. le seul livre avec de la poésie dedans. A la maison on était plutôt des pragmatiques : pas de bibliothèque (quelques livres de cuisine), surtout pas de poésie (ça ne sert à rien, la poésie!). Il était donc là, ce recueil, à me regarder et à me promettre des émotions étranges, presque interdites, comme quand le prof se mettait à nous lire ces incantations. J'ai dû l'ouvrir avec prudence d'abord. Il avait tout de même été condamné et jeté dans l'enfer des bibliothèques! Et puis le charme a fait le reste... Spleen, « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »... J'ai eu longtemps un couvercle sur la tête ( pas la peine de rire, certains ont bien une épée de Damoclès...) et des chauve-souris dans le cerveau. On comprend ça, quand on est adolescent et qu'on se débat dans sa tête et qu'on a que son chat pour ami : « Viens mon beau chat, sur mon coeur amoureux;/ Retiens les griffes de ta patte »... Et tous ces visages, tous ces corps qui s'offraient à l'imagination fertile : la mendiante rousse, les petites vieilles et les vieillards, cette passante « fugitive beauté », les pauvres, les artistes, l'assassin, Satan, une charogne même (ah je l'aime cette charogne!)... Ils sont tous là, dans le livre! Et quand tu l'ouvres tu n'es plus seul. Tu es avec eux, tu es... comme eux! Voilà que j'ai alors compris quelque chose d'essentiel : Les Fleurs du Mal, ça nous envoûte parce que ça nous parle de nous, ça nous tend un miroir et ça voit même au fond de l'âme. Quelle obscurité, dites-moi, mais quelle Beauté! Voilà... je m'arrête dans ces souvenirs qui sont sans doute un peu les vôtres. Depuis, on n'a pas trouvé d'antidote au virus et c'est tant mieux. Alors j'ai besoin de ma dose de Baudelaire régulièrement. Et puis comme ça me fait du bien, j'en lis un peu en classe de temps en temps, histoire de partager... Pour faire plus concis j'aurais pu dire : envoûtant... Mais une voix sortie de la mémoire, une voix grave mais toujours susurrée m'a lancé de derrière son bureau : « C'est un peu court jeune fille !... » + Lire la suite