Comment améliorer les oeuvres ratées ?


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Comment améliorer les oeuvres ratées ? - De Joachim du Bellay à Marguerite Duras, les plus grands écrivains de notre littérature ont connu des moments de faiblesse et ont raté certaines de leurs œuvres. Histoires aberrantes, personnages inconsistants, style boursouflé, vers boiteux – ces textes plongent tout lecteur sensé dans la consternation. Comment ces auteurs en sont-ils arrivés là ? Tenter de répondre à cette question conduit à interroger, avec l’aide de la psychanalyse, les mystères de l’acte...

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Détails Comment améliorer les oeuvres ratées ?

Le Titre Du LivreComment améliorer les oeuvres ratées ?
AuteurPierre Bayard
ISBN-10270731725X
EditeurEditions de Minuit
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.1 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client
Nom de fichiercomment-améliorer-les-oeuvres-ratées.pdf
La taille du fichier20.78 MB


20 décembre 2017
Parler d'une œuvre comme réussie, c'est d'abord dire en quoi elle nous émeut sur un plan inconscient, c'est-à-dire combien nous reconnaissons dans la fantasmatique qui la sous-tend des éléments de notre propre imaginaire. Toutes les raisons plus ou moins objectives que nous pouvons être amenés ensuite à faire valoir pour justifier notre appréciation — comme la qualité esthétique de tel trait formel — ont surtout une fonction de mécanisme de défense, pour dissimuler que nous sommes avant tout sensibles dans une œuvre à ce qui nous concerne nous-mêmes. Être concernés sur un plan fantasmatique, c'est percevoir dans les œuvres, derrière leurs intrigues officielles, les grands fantasmes humains — présents avec des variations dans toutes les cultures —, comme l'œdipe, la castration, la séduction, la scène d'origine, le roman familial, fantasmes que nos œuvres illustrent abondamment si on les lit à la lumière de la psychanalyse. C'est-à-dire des canevas où chacun retrouve, dans un déploiement à chaque fois singulier, des éléments de son histoire familiale et des relations premières qu'il a anciennement entretenues avec ses proches, dans la jubilation ou la souffrance. B) RÉFLEXION, Chapitre IV : La décision de ne pas aimer. + Lire la suite

09 décembre 2017
Ainsi, littérairement parlant, y aurait-il deux grandes manières — avec de multiples modes intermédiaires — de ne pas communiquer avec l'autre, la première consistant à trop masquer la teneur de ses fantasmes en se dissimulant soi-même, la seconde consistant à trop les exposer, et, paradoxalement, à rendre impossible la communication écrite, laquelle implique de laisser à l'autre la disponibilité de penser et de sentir par lui-même. B) RÉFLEXION, Chapitre III : Le temps des œuvres. + Lire la suite

20 décembre 2017
Parmi les exemples les plus caractéristiques de cet effet d'époque, on pourrait citer le LIEU COMMUN, auquel notre temps, héritier de Flaubert, est particulièrement sensible, attentif à ce qui se répète malencontreusement d'une œuvre à l'autre. De nombreuses œuvres […] souffrent de l'incapacité de l'auteur à faire entendre sa voix, noyée dans un discours partagé avec lequel il ne parvient pas à prendre ses distances. […] Plus qu'une pensée commune ou dépourvue d'originalité, le lieu commun — qu'il s'exprime sous la forme d'une véritable réflexion ou tienne à une situation ou un personnage — est en effet une PENSÉE MORTE, c'est-à-dire une pensée que l'auteur n'a pas forgée lui-même, mais dont il a hérité, consciemment ou à son insu, et qu'il s'est contenté de reproduire sans y imprimer sa marque. Or il importe de remarquer que le lieu commun est moins une pensée morte en soi qu'une pensée qui meurt avec le temps, lequel accentue ou même produit le sentiment de répétition. En effet, le passage du temps met les œuvres en perspective et les restitue à une histoire de la littérature qui accentue cruellement ce qui se répète. Mais il fait aussi surgir des répétitions, puisque d'autres œuvres ont été écrites dans l'intervalle, et ce qui n'était pas lieu commun à l'origine a fini, avec le temps et ses redites, par le devenir. À l'entendre, au-delà de sa signification ordinaire, en un sens moins restreint qui lui ferait désigner tout ce qui manque d'originalité dans une œuvre, le lieu commun apparaît ainsi largement comme un produit du temps, ou, si l'on veut, comme ce lent mouvement de mise à mort que le temps effectue en gangrenant peu à peu les parties vives d'un texte. En cela, le temps ne se contente pas de modifier notre perception de l'œuvre, il modifie l'œuvre elle-même. B) RÉFLEXION, Chapitre III : Le temps des œuvres. + Lire la suite