Murphy


Livres Couvertures de Murphy
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Murphy - Murphy doit travailler pour subvenir aux besoins de la femme qui a abandonné la prostitution pour lui. En travaillant comme infirmier dans un asile il y trouve un refuge face au monde, ce 'colossal fiasco'. Samuel Beckett ouvre ici la porte sur le monde clos de la vie intérieure.

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Détails Murphy

Le Titre Du LivreMurphy
AuteurSamuel Beckett
ISBN-102707302708
EditeurEditions de Minuit
Catégoriesnon-sense
Évaluation du client3.73 étoiles sur 5 de 32 Commentaires client
Nom de fichiermurphy.pdf
La taille du fichier19.96 MB


21 septembre 2013
Le déjeuner de Murphy était un rite que nulle vile pensée de nutrition ne venait vicier. Il avança précautionneusement le long de la grille jusqu'à ce qu'il arrivât devant un des mille tentacules de l'établissement où chaque jour il avait l'habitude de s'intoxiquer. La sensation d'un siège enfin qui faisait contact avec son cul accablé était si délicieuse qu'il se leva aussitôt et répéta le mouvement. Pour ne pas se laisser émouvoir par de telles tendresses, il aurait fallu qu'il les connût mieux. Cependant la seconde jonction fut une grosse déception. La serveuse était là devant lui, dans une telle abstraction, apparemment, que Murphy n'osait se considérer comme un élément de sa situation. Enfin, voyant qu'elle ne bougeait pas, il dit : - Apportez-moi..., sur le ton d'un maître d'école résolu à commander la spécialité de la maison pour toute la caravane. Il pausa après ce signal préparatoire, afin que pût se développer librement et sans encombre l'avant-période réflexive, première, selon l'école de Külpe, des trois phases dont est faite toute réaction et celle où les tourments du répondant se font le plus sentir. Puis il déclencha le stimulus proprement dit : - ... Une tasse de thé et un paquet de biscuits assortis. Un franc de thé, un franc de biscuits, un repas parfaitement équilibré. Chapitre V. + Lire la suite

26 janvier 2016
Beckett est une brêle –si l'on exclut de la portée de notre considération « En attendant Godot » ainsi que quelques autres petits travaux qui apaisent à peine ceux que tiraille l'absurde. Pourtant, Murphy fut refusé 36 fois avant d'être publié, ce qui aurait dû être le signe d'une qualité supérieure. C'est à ne rien y comprendre. Fut-il un temps où les maisons d'édition avaient encore du goût ? Beckett était du genre taiseux –la parole qui ne coule pas quand elle veut. On imagine Vladimir et Estragon s'échangeant quelques maigres propos en attendant Godot. Qu'est-ce que Samuel cherche donc à expier lorsqu'il décide d'écrire un roman ? Voilà le mec qui se presse le pis d'une vache morte sur des dizaines de pages. Il en sort quelques pensées plates, apparaissant parfois dotées d'un peu de génie fou, poésie à débusquer au hasard d'une page ouverte aux waters. Mais à lire ça dans la continuité des pages, l'exposition semble plagiée sur cet horrible roman qui a fait le succès de Virginia Woolf – « Mrs Dalloways ». Peu importe la tête de l'écrivain, qu'on mise gros dessus (pour Samuel Beckett) ou qu'on n'en donne pas cher à parier (Virginia Woolf), il est toujours horrible de retrouver le rythme insignifiant et futile de la pensée humaine. Si la forme ne fait pas le fond, en revanche, le fond sans forme morfond. + Lire la suite

26 septembre 2013
Cette vue de la situation n'étonnera guère ceux qui ont quelque familiarité avec le genre de pentamère que Ticklepenny se faisait un devoir vis-à-vis de sa patrie de composer, c'est-à-dire aussi libre qu'un canari au dernier pied (pour Ticklepenny une cruelle discipline, car il hoquetait en bouts-rimés) et à la césure aussi constipé que le divin flatus lui-même, et crevant par ailleurs de toutes les menues beautés de la prosodie druidique qui sont à sucer dans un pot de porter Beamish. Comment ne se serait-il pas senti mieux en lavant la vaisselle et en vidant les ordures des aliénés bourgeois ? + Lire la suite