Murphy


Livres Couvertures de Murphy
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Murphy - Murphy doit travailler pour subvenir aux besoins de la femme qui a abandonné la prostitution pour lui. En travaillant comme infirmier dans un asile il y trouve un refuge face au monde, ce 'colossal fiasco'. Samuel Beckett ouvre ici la porte sur le monde clos de la vie intérieure.

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Détails Murphy

Le Titre Du LivreMurphy
AuteurSamuel Beckett
ISBN-102707302708
EditeurEditions de Minuit
Catégoriesnon-sense
Évaluation du client3.73 étoiles sur 5 de 32 Commentaires client
Nom de fichiermurphy.pdf
La taille du fichier29.92 MB


26 septembre 2013
Cette vue de la situation n'étonnera guère ceux qui ont quelque familiarité avec le genre de pentamère que Ticklepenny se faisait un devoir vis-à-vis de sa patrie de composer, c'est-à-dire aussi libre qu'un canari au dernier pied (pour Ticklepenny une cruelle discipline, car il hoquetait en bouts-rimés) et à la césure aussi constipé que le divin flatus lui-même, et crevant par ailleurs de toutes les menues beautés de la prosodie druidique qui sont à sucer dans un pot de porter Beamish. Comment ne se serait-il pas senti mieux en lavant la vaisselle et en vidant les ordures des aliénés bourgeois ? + Lire la suite

23 août 2013
Murphy. Un drôle de truc, soyez-en sûrs. Samuel Beckett, dans la droite ligne de James Joyce, mais tout de même un tant soit peu plus lisible nous dresse le portrait d'un magnifique inadapté (ou le portrait magnifique d'un inadapté ou l'inadapté portrait d'un magnifique ou le magnifique inadapté d'un portrait, comme vous voudrez). Murphy est, comme son nom l'indique, irlandais. Mais, à vrai dire, on s'en fiche un peu car là n'est pas l'essentiel. Qu'est-ce qui est essentiel ? Rien, probablement. Pas toujours facile de comprendre ce qu'a voulu exprimer l'auteur. Selon moi, mais c'est très sujet à caution, ce roman est une variation sur le thème de l'absurdité de la vie. Murphy ne trouve pas sa place dans le monde. Alors il végète, en proie à sa propre rêverie, au fond d'un rocking-chair à longueur de journée. Il a beaucoup de traits autistiques. Les jours s'égrainent pour lui, dans un logement qui en est à peine un, dans un immeuble destiné à la destruction. Il a des amis qui n'en sont pas. Il rencontre une femme avec laquelle il a une liaison qui n'en est pas une. La femme en question, Célia, dont on comprend qu'elle est prostituée, le pousse à chercher du travail. Quête longue et fastidieuse pour qui n'a pas envie d'en chercher ni d'occuper une quelconque fonction. Jusqu'au jour où, — révélation pour Murphy — un inconnu lui propose de le remplacer dans un asile psychiatrique. Murphy, sans rien comprendre à sa fonction, se sent transfiguré par le côtoiement de ces êtres dérangés mentaux. Il se sent une communauté d'appartenance avec eux bien plus grande qu'avec quiconque auparavant. Notamment l'un d'eux, Monsieur Endon, avec lequel il entretient une relation de non amitié autour d'un échiquier qu'ils ne fréquentent jamais tous deux au même moment. Ils se non opposent l'un et l'autre lors de non parties, en déplaçant des pièces sans jamais en prendre une à l'autre, juste pour le plaisir poétique du mouvement de pièces sur l'échiquier. Vous pouvez vous faire une idée de l'une de ces non parties, décrite précisément dans le roman en appuyant sur "play" dans le lien suivant : http://www.redhotpawn.com/gameanalysis/boardhistory.php?gameid=3007756 La symbolique de la partie d'échec semble prépondérante en représentant la vie et son non sens. Les gens naissent, se meuvent, gagnent ou perdent et finalement, tout cela ne rime à rien puisque la fin est déjà connue, l'inéluctable mort. La symbolique de la folie et de l'inutilité de toute chose vont dans le même sens : la vie est une folie, inutile par essence. Je ne vous dis rien du dénouement et j'en viens plutôt au chapitre du style. Très irrégulier. Parfois des flamboyances sensationnelles, parfois des engluements " joycesques ". (Pour ceux qui ont lu du Joyce version Ulysse ou Finnegans wake, cet adjectif évoquera sûrement des souvenirs non anodins, pour les autres, figurez-vous une sorte de mélasse, de la poix plein les mains ou bien un très long écheveau totalement indémêlable, même avec la meilleure volonté.) J'ai pris grand plaisir à la lecture par moments, me suis totalement ennuyée à d'autres, d'où cette impression finale mitigée qui ne signifie pas grand-chose. À vous de voir si vous vous laisserez davantage séduire par les fulgurances que rebuter par les passages chaotiques. + Lire la suite

25 juin 2015
Chez Beckett, la bizarrerie semble normale. Murphy végète dans sa berceuse, il se lie avec des femmes pour le plaisir de la rupture, se fait engager dans un asile de fous pour y jouer aux échecs et disparaît aux yeux de ses amis qui, presque aussi bizarres que lui, le cherchent sans succès, tout en se cherchant parmi. Tout cela se passe au milieu de réflexions aussi profondes qu'impensables sur la nature de l'esprit. La folie se laisse bercer par la raison ou peut-être est-ce le contraire. le monde de Beckett oublie les corps mais ceux-ci reviennent à l'improviste, avec leur cortège d'incongru. le lecteur assiste, perplexe et subtilisé, à un jeu d'ombres. Il parvient parfois à y prendre un peu de plaisir.