Murphy


Livres Couvertures de Murphy
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Murphy - Murphy doit travailler pour subvenir aux besoins de la femme qui a abandonné la prostitution pour lui. En travaillant comme infirmier dans un asile il y trouve un refuge face au monde, ce 'colossal fiasco'. Samuel Beckett ouvre ici la porte sur le monde clos de la vie intérieure.

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Détails Murphy

Le Titre Du LivreMurphy
AuteurSamuel Beckett
ISBN-102707302708
EditeurEditions de Minuit
Catégoriesnon-sense
Évaluation du client3.73 étoiles sur 5 de 32 Commentaires client
Nom de fichiermurphy.pdf
La taille du fichier29.59 MB


21 septembre 2013
Le déjeuner de Murphy était un rite que nulle vile pensée de nutrition ne venait vicier. Il avança précautionneusement le long de la grille jusqu'à ce qu'il arrivât devant un des mille tentacules de l'établissement où chaque jour il avait l'habitude de s'intoxiquer. La sensation d'un siège enfin qui faisait contact avec son cul accablé était si délicieuse qu'il se leva aussitôt et répéta le mouvement. Pour ne pas se laisser émouvoir par de telles tendresses, il aurait fallu qu'il les connût mieux. Cependant la seconde jonction fut une grosse déception. La serveuse était là devant lui, dans une telle abstraction, apparemment, que Murphy n'osait se considérer comme un élément de sa situation. Enfin, voyant qu'elle ne bougeait pas, il dit : - Apportez-moi..., sur le ton d'un maître d'école résolu à commander la spécialité de la maison pour toute la caravane. Il pausa après ce signal préparatoire, afin que pût se développer librement et sans encombre l'avant-période réflexive, première, selon l'école de Külpe, des trois phases dont est faite toute réaction et celle où les tourments du répondant se font le plus sentir. Puis il déclencha le stimulus proprement dit : - ... Une tasse de thé et un paquet de biscuits assortis. Un franc de thé, un franc de biscuits, un repas parfaitement équilibré. Chapitre V. + Lire la suite

18 décembre 2013
À son arrivée le matin, Murphy arrangeait les pièces de l'échiquier dans un coin tranquille d'une des salles de récréation, marquait son coup (car il prenait toujours les blancs), s'en allait, revenait trouver la réponse (la réponse !) de Monsieur Endon, s'en allait, et ainsi de suite tout le long de la journée. Ils ne se retrouvaient que rarement devant l'échiquier. Monsieur Endon n'aimait pas s'arrêter plus de quelques minutes dans sa flânerie, et c'était là aussi le maximum que Murphy osait dérober à ses devoirs et à la vigilance de Bom. Chacun marquait donc son coup en l'absence de l'autre, employait les moments qu'il lui restait à inspecter la position, et s'en allait. Ainsi lentement la partie se faisait, et la nuit venait sans qu'une victoire fût proche. Cela venait moins de ce qu'ils étaient de force égale, et moins aussi des conditions si peu favorables à la rencontre, que des méthodes très fabiennes qu'ils adoptaient tous les deux. On peut juger de combien l'action était peu engagée par le fait que, après huit ou neuf heures de cette guérilla, ni l'un ni l'autre n'avait perdu une pièce ni même été échec. Murphy, qui y voyait l'expression de sa parenté avec Monsieur Endon, en était content, et jouait avec même plus de retenue que cela ne lui était naturel. Chapitre IX. + Lire la suite

31 août 2013
Où aller ? Vers l'eau. La tentation d'y entrer était forte, mais elle l'écarta. Cela ne pressait pas. Elle suivit le quai jusqu'à un point approximativement équidistant des Ponts Battersea et Albert et s'assit sur un banc entre un glorieux invalide manchot et un vendeur de glaces Eldorado, qui s'était dégagé de son impitoyable machine et ronflait aux anges. Des artistes de toute sorte, des romanciers, des poètes, des dramaturges, des cinéastes, des diables, des fantômes, des nègres, des feuilletonistes, des musiciens, des chansonniers, des organistes, des peintres en bâtiment et d'autres moins inoffensifs, des sculpteurs et des statuaires, des critiques et des chiens bâtards, des censeurs et des encenseurs, majeurs et mineurs, mâles et femelles, titubants et dignes, riant et pleurant, réunis et solitaires, allaient et venaient. + Lire la suite