Ida ou le délire


Livres Couvertures de Ida ou le délire
3.88 étoiles sur 5 de 8 Commentaires client

Ida ou le délire - Ida, l'héroïne de ce roman, est déjà morte, dès la première ligne. Elle ne vit qu'à travers les paroles de ses employeurs, de ceux qui croisaient son chemin humble et furtif. Silhouette discrète et tassée par l'âge, Ida était au service de la famille Besson. Bonne à tout faire. Sa vie se réduisait à son travail. Ida a été renversée par un camion. Pourquoi a-t-elle passé sa vie à fixer ses grands pieds plutôt que prêter attention au monde qui l'entourait ? Cet...

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Détails Ida ou le délire

Le Titre Du LivreIda ou le délire
AuteurHélène Bessette
ISBN-102756101826
EditeurLéo Scheer
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.88 étoiles sur 5 de 8 Commentaires client
Nom de fichierida-ou-le-délire.pdf
La taille du fichier24.28 MB


29 septembre 2013
Tout le monde a ri. C'était drôle. Ces histoires de pieds. Et vous aviez une telle façon de lui dire. Gertrude. C'est votre air qui faisait rire. Il fallait vous voir. Vous étiez drôle. La pauvre Ida riait plus fort que les autres. La pauvre fille elle se tenait les côtes. On peut le dire. Alors tout le monde a été surpris. Trrrès surpris. Quand c'est arrivé. On ne s'y attendait pas. On riait. Vous nous faisiez rire. Et il fallait pleurer. C'est la seule erreur que nous avons faite. Une er-reur mo-nu-men-ta-le De taille (...) Assis. Les bras ballants. Dans le silence. Le silence de l'erreur. Au visage blanc. Aux lèvres pincées. Qui les a fortement surpris. Car ils croyaient qu'ils ne se trompaient jamais. Or, la brutale destinée vient de démontrer magistralement qu'ils se trompent. Qu'ils se trompent peut-être sans doute à peu près toujours. Certainement toujours. Que c'est impossible de ne pas se tromper. Et la pauvre Ida dont on se souvient désormais. Ida dont on se moquait devient l'héroÏne intéressante - Que l'on considère. L'héroÏne considérable. Donc supérieure. Qui riait avec nous. Riait plus fort que nous. Qui ne pensait rien. Quand nous pensions. Ida triomphe. Dans le silence de sa tombe sans fleurs. De son passé sans fleurs. Face aux pensées multiples à facettes bariolées bavardes de ceux qui se trompent et ne meurent pas. + Lire la suite

29 septembre 2013
Si l'on en revient à Merleau-Ponty, il est nécessaire de considérer tout le mystère du dialogue réel établi qu'il soit oral ou écrit. Et, dit-il : "Il nous faut considérer la Parole avant qu'elle soit prononcée, sur le fond de silence qui la précède qui ne cesse pas de l'accompagner et sans lequel elle ne dirait rien, davantage, il nous faut être sensible à ces fils du silences dont le tissu de la Parole est entremêlé." + Lire la suite

15 mars 2013
Cruelle et drôle, théâtrale et savoureuse, une plongée dans l'extrême violence sociale quotidienne. Dernier roman d'Hélène Bessette, auteur "maudite" protégée de Raymond Queneau, et récemment redécouverte grâce au travail de Laureli / Léo Scheer, "Ida ou le délire", publié en 1973, ne peut laisser indifférent. Dans une langue très particulière, puissamment théâtrale, qui évoque à la fois la subversion des lieux communs opérée par un Jean-Charles Masséra dans "United Emmerdements of New Order", et paradoxalement, l'invective guerrière des "Slogans" de Maria Soudaïéva / Antoine Volodine, le roman met en scène l' "éloge funèbre", si l'on ose dire, d'Ida, femme de chambre âgée d'une famille des beaux quartiers, morte dans un accident de la circulation dès la première page. "Eh bien non personne ne sait comment c'est arrivé. Personne n'était là. Sans témoin. On peut toujours causer épiloguer supposer affirmer ressasser. Tout est faux. Aussi les dames au coeur invisible chargé d'un cercueil clos avalent sec le whisky brûlant. Crime parfait. Personne ne peut parler (avec exactitude). Un terme à la sottise séculaire des petits mots échangés." "Le bon employeur choqué de ce qu'on ait ignoré ses mérites Choqué par son employée irrévérencieuse qui part sans excuses. Impossible même de lui faire un reproche Ce qui est une impossibilité douloureuse Cruauté mentale envers le possédant. Par exemple (voix sèche) : "Vous auriez pu téléphoner". Non seulement elle ne revient pas mais elle donne un surcroît de travail." Un travail des mots à la fois cruel et drôle, au service d'une plongée dans l'extrême violence sociale quotidienne, dont on sort difficilement indemne. En prime, Léo Scheer nous offre "Le résumé", manifeste littéraire écrit et sans cesse remanié par Hélène Bessette entre 1950 et 1970, tentative pas tout à fait aboutie de définir le "roman poétique" : passionnant, bourré d'éléments d'une profonde lucidité littéraire, souvent obérés par une amertume et un ressentiment hors normes, témoins du destin ballotté et cruel de l'auteur. Ce roman a été présenté par Claro lors de la soirée "Libraire Invité" de la librairie Charybde le 30 septembre 2011, qu'il en soit ici à nouveau remercié ! + Lire la suite