Suite suisse


Livres Couvertures de Suite suisse
4.25 étoiles sur 5 de 4 Commentaires client

Suite suisse - Suite suisse, comme l'écrit son auteur, est " le livre de la PORTE ", celle qui est constamment claquée au nez de l'écrivain tentant vainement de gagner sa vie et ne rencontrant que mauvaise fortune. Parfaite représentante de ce destin tragique, Hélène Bessette réalise ici une manière d'auto fiction, évoquant son exil en Suisse à la recherche d'un pays moins hostile à ce qui est considéré co...

Télécharger Livres En Ligne

Détails Suite suisse

Le Titre Du LivreSuite suisse
AuteurHélène Bessette
ISBN-102756101168
EditeurLéo Scheer
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.25 étoiles sur 5 de 4 Commentaires client
Nom de fichiersuite-suisse.pdf
La taille du fichier21.28 MB


21 septembre 2013
Je suis à Lausanne. Paradis verdoyant. Des rois de la Banque de l'Industrie de l'Afrique de l'Amérique de l'Arabie. Le Paradis des Calvinistes s'il vous plaît... (L'étable est loin j'aime mieux vous le dire.)

14 septembre 2013
... Je n'ai pas ma Jag. Et pour le manteau il est en visions. ça ne suffit pas ont-ils-dit. La porte. La porte. LÂ PÔRTE. Je suis né Française. Mais Paris n'est pas pour moi. N'est pas à moi. Ici c'est pire. La Jag. Le manteau. Ils l'ont tous. Et ce qu'ils aiment. Ce qu'ils aiment. Par dessus-tout. Voilà ce qu'ils aiment. C'est des Princes. Des palais pharamineux. Et mirobolants. Des Rois. Des couronnes. Des suites. Des voitures. A vous rendre malades. Et j'en suis loin. Pour l'instant je suis dans le train. Deuxième. "Lausanne!" crit l'idiot de contrôleur. (...) C'est le train de 8h26 Au parfum fort de Novembre. De Toussaint. De cimetière. Un instant je sens mon désarroi. Comme un voilier perdu. Puis remis bien en place. Les feuilles du calendrier. Le train tout entier. Se trouve au 27 septembre. "Lausanne" murmure l'employé Au loin. Confidences. Nous deux. Dans la brume de l'âme affolée. Il faut arriver. Vivre. S'arrêter. Entrer dans le ciel de taupe répandu entre les maisons. Je craque une allumette. Puis l'on voit le train lentement s'éloigner. Déteint. Lueurs fumeuses. Papiers. Serpentement. Serpentins. Tintement. C'est la cloche de la réalité. L'allumette meurt. Sur le pavé humide. C'est à mourir. Vous ne pouvez pas imaginer l'impression. L'impression d'arrivée. Vous ne le pourriez en aucun cas. Il faut le faire pour le savoir C'est de toute les détresses du Monde l'une des plus savantes. Perfectionnées. Améliorées. Bien fabriquées. Au fond de ma poche ma Ferrari s'est envolée. Et mon Palais de marbre rose. Aux mille senteurs à l'heure du soir bien constellé. Près de Bagdad huit jours avant. Depuis hier a détalé. J'ai marché sur quelque chose. La vitre longue et fente sans bavure. Devant moi s'ouvre en deux Un autre jour. Une autre vitre. Sans rupture. A dressé son mur de glace Entre moi et la Réalité. C'était Paris Ici c'est autre chose. _____________________________________ p11/13 + Lire la suite

14 septembre 2013
QUELLE REPUBLIQUE ? J'ai donc terminé au "Sapin vert" Après une entrevue très sympathique. La directrice m'engage sur-le-champ. Papiers. Droit de séjour. Permis. Pour un an. Le tout paraphé. Signé. Daté. Coût : 45 francs (je les ai). Puis le comité confirme. Affirme. Signe. Date. La romancière Fi Bess. Pour un an Quinze jours plus tard. Vous partez dans un mois. Et prenez note. Car si la Romancière croyait faire sa pelote. En Suisse. Elle s'est trompée. Ainsi dit la vieille chipie. - Vous pourrez donner libre cours à vos talents et cultiver vos dons. Elle sait très bien que mes livres ne se vendent pas parce qu'ils sont trop chers. Et Dothy? Il n'a qu'a travailler. Elle pourrait être vendeuse. Et lui jardinier. C'est comme ça qu'on voit la Poésie et la Musique du côté de Genève. C'est sans préjugés il faut l'admettre. C'est ma faute. J'ai ouvert un compte en banque. Parce que mon parrain d'Amérique m'a écrit : je me suicide et je te laisse tout. Ouvre un compte. Et ça ne plaît pas. Qu'une clocharde des Ponts de Seine vienne en Suisse spécialement pour ouvrir un compte. Aussi la porte. Quoi ? Elle est encore là. La cohorte de ceux qui m'ont jetée dehors se dresse menaçante. C'est le mois de Noëil. La vieille garce alimente les moineaux. La vieille chipie hurle des hymnes à n'en plus finir. On décore. On allume. C'est la fête. On distribue. Les cadeaux. Les bonbons. C'est la fête. Décors. Musique. Chants. Lumières. Et les moineaux dodus. On rit. On récite. Détente. Relaxe. Voix de coloratura. Escalade dans les escaliers. Les amis sont là. Cadeaux. Petits fours. Ca va bien dans la maison. Tout le monde est content. Derrière Fi on gueule un coup. On a eu raison de la foutre dehors. Que les invités voient qu'on a eu raison. C'est une idiote. Les petites garces font exprès les bêtises qu'on leur commande. Et la femme de ménage moucharde les mensonges qu'on lui a conseillés. Tout cela avec accompagnement de musique de piano de choeurs de répétitions de première voix de seconde voix. Et c'est très bien. Puis Chalande entre. La otte pleine d'allumettes. Il en distribue à tous et aux oiseaux. Ainsi que des invitations pour une séance "complète" au tea-room (avec Porgy) Allons c'est la fête. C'est Noël Passez les chocolats. S'il vous plaît. _________________ p 277/278 + Lire la suite