Un turbulent silence


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Un turbulent silence - "C'est génial! On s' attendait à un roman politique sur l'esclavage et on lit un formidable hymne tellurique qui prend la dimension d'un continent. Dans cette Afrique du Sud du siècle dernier, le sang et la mort, la passion et la violence, le sexe et la haine sont au rendez-vous. En toile de fond : l'émancipation de Galant, esclave sublime dont la révolte incarne la fierté d'un peuple déchu. Écrivain afrikaner en lutte contre l'apartheid, André Brink se révèle ici b...

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Détails Un turbulent silence

Le Titre Du LivreUn turbulent silence
AuteurAndré Brink
ISBN-102253032115
EditeurLe Livre de Poche
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.19 étoiles sur 5 de 124 Commentaires client
Nom de fichierun-turbulent-silence.pdf
La taille du fichier19.98 MB


23 juillet 2016
Un turbulent silence/André Brink L'histoire se passe en Afrique du Sud au début du XIX é siècle dans une famille de fermiers blancs, isolés dans le Bokkeveld région située au nord du Cap. En préambule de ce roman de 600 pages basés sur des faits vrais, l'acte d'accusation des coupables. Et tour à tour ces personnages historiques s'expriment au fil des chapitres, chacun apportant sa part de vérité qui n'est jamais celle des autres, Mama Rose la nourrice de Galant l'esclave et de Nicolaas le fils cadet du Baas, Piet van der Merwe le père, Alida la mère, Hester la future de Barend le fils aîné, Nicolaas le fils cadet,, Barend lui-même , Achilles l'esclave capturé au Zimbabwé, Galant l'esclave frère de lait de Nicolaas, etc… Tous vont nous faire entrer à leur manière et selon leurs convictions dans cette histoire tragique. La tension à peine perceptible au début va crescendo au fil des chapitres. Passion, violence, sexe et haine et animent des personnages durs, aux passions exacerbées, étonnants. Donnons la parole à Hester, l'épouse de Barend, une fille rebelle, sauvage, indomptable, éprise de liberté ; elle s'exprime au sujet de sa condition de femme, esclave de son mari, prisonnière de son milieu, de son mari et des conventions ; elle vient de perdre son premier bébé suite à une chute de cheval : « Au début, dans les illusions de l'adolescence, on croit dans la révolte sauvage. Pris au piège de sa condition – femme, épouse, subalterne – il ne s'offre que deux échappatoires, comme alternative à la violence : la folie ou le suicide. Mais survivre prend le pas même sur la dignité. Ce n'est pas une reddition, mais un ultime et patient empressement du corps et de l'esprit. » Puis Barend, un homme brutal et sûr de son bon droit et ayant bonne conscience comme tous les blancs propriétaires d'esclaves d'ailleurs, jugeant les esclaves employés à la ferme : « Ils peuvent sembler bien dociles, mais au fond d'eux-mêmes ils restent toujours sauvages…Les esclaves, c'est comme les chiens, ils ne s'attachent pas facilement à un nouveau maître…Quiconque ne faisait pas son travail correctement avait le dos tanné, sans plus de cérémonie. » Les esclaves, on leur donne à manger, à boire, un jour de congé de temps en temps. On les bat, bien sûr, mais on bat aussi les chiens. Et la femme à l'occasion ! Nicolaas, le frère de Barend, tout aussi brutal au sujet de l'esclave noire Lydia qu'il viole régulièrement : « J'étais le maître, elle l'esclave, elle faisait ce que je voulais, c'était tout. Que je la cajole ou que je lui donne des coups de pied dans l'entrejambe, n'avait aucun sens pour elle. Si certaines nuits je l'étranglais presque pour l'obliger à avoir au moins une réaction, je finissais par m'arrêter en comprenant que même cela elle le considérait comme faisant partie de mes droits. » Galant, l'esclave révolté avide de liberté : « Pendant des années, nous avons tout supporté en silence. La mauvaise nourriture. Les engueulades. le fouet. le froid. La chaleur. La faim. Il a pris nos femmes quand il le voulait et il a planté sa semence en elles. (Nicolaas).Il a tué mon enfant. J'ai tout supporté. Nous avons tout supporté… » Abel, l'esclave complice de Galant : « Je leur ai menti toute ma vie, à propos de tout…Je n'avais pas le choix. Les mensonges étaient la seule chose derrière laquelle je pouvais me cacher afin qu'ils ne puissent m'atteindre. Tout ce que j'avais était à eux : mon corps, mes mains, mes jours, mes nuits. Achetés et payés. Mais moi, ils ne m'ont jamais possédé. » Dans un style magnifique, sensuel, sans concession, André Brink brosse un tableau saisissant de l'Afrique du Sud à l'époque de l'esclavage. Avec en apothéose les derniers moments passés ensemble pour Hester et Galant. Un roman puissant et inoubliable. Quelques mois après les faits, l'esclavage sera aboli. + Lire la suite

26 octobre 2011
Nous, nous n'avons jamais pensé que ces montagnes et ces plaines, ces immenses pâturages et ces marécages étaient des endroits sauvages qu'il fallait dompter. Ce sont les Blancs qui les ont appelés sauvages et qui y ont vu des animaux sauvages et des hommes sauvages. Pour nous, ce pays a toujours été amical et domestiqué. Il nous a fourni de quoi manger, de quoi boire et de quoi nous abriter. Ce n'est que lorsque les Blancs sont arrivés et ont commencé à creuser, à briser et à tirer, à repousser les animaux, qu'il est devenu sauvage. + Lire la suite

11 février 2015
André Brink vient de mourir. C'était un grand écrivain sud-africain, qui s'est autrefois illustré par son opposition catégorique à la politique d'apartheid. Ce décès m'incite, aujourd'hui, à souligner la valeur de ses nombreux romans, notamment "Un turbulent silence", que j'ai beaucoup apprécié. Ce gros livre nous introduit dans la vie chaotique de ce pays, où le principe d'inégalité entre les individus était admis sans discussion. L'action se passe en 1824. L'histoire racontée a un base historique authentique. Galant, un jeune Noir, prend la tête d'une révolte d'esclaves contre leurs maîtres, deux fermiers blancs prénommés Nicolaas et Barend. Il n'est pas indifférent de noter que Galant a été le "frère de lait" de Nicolaas: son vécu personnel lui a sans doute donné le recul nécessaire pour refuser l'inacceptable. Car les Blancs, sûrs de leur bon droit, surexploitent les Noirs et les traitent comme des chiens, sans états d'âme. Comme c'était prévisible, la révolte des esclaves sera durement matée: il est long, le chemin vers la liberté... Nous, lecteurs contemporains, sommes maintenant scandalisés par ces pratiques d'un autre âge. Mais, plongés dans les mêmes conditions sociales et placés dans un rapport de force qui nous serait favorable, aurions-nous eu la lucidité nécessaire pour condamner l'injustice ? Je doute... C'est pour cela qu'il faut lire et surtout méditer ce livre. Pour finir, j'ajouterai qu'André Brink a su mettre en scène de nombreux personnages hauts en couleurs, pleins de vie et de violence, qu'on n'oublie pas. + Lire la suite