La solitude du docteur March


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La solitude du docteur March - Nouvelle Angleterre, 1861. Tandis que le Nord subit des défaites imprévues, un homme quitte ses quatre filles et sa femme pour soutenir la cause de l’Union. Abolitionniste convaincu, le docteur March s’enrôle comme aumônier et se retrouve par hasard sur une plantation où il a déjà séjourné et qu’il n’a jamais pu oublier... Connecticut, vingt ans plus tôt. Jeune colporteur, March est accueilli dans la demeure des Clement, où...

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Détails La solitude du docteur March

Le Titre Du LivreLa solitude du docteur March
AuteurGeraldine Brooks
ISBN-10271444587X
EditeurBelfond
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.89 étoiles sur 5 de 71 Commentaires client
Nom de fichierla-solitude-du-docteur-march.pdf
La taille du fichier25.08 MB


06 octobre 2010
En tant que mère, j'avais souvent demandé à mes filles de savoir pardonner. "Ne laissez pas le soleil se coucher sur votre colère", leur avais-je répété, quand les grandes et les petites disputes de l'enfance les dressaient les unes contre les autres. C'était à mon tour d'être mise à l'épreuve. Je devrais mettre en pratique mes propres sermons. Il m'avait déçue de tant de manières ! Il ne m'avait pas apporté le confort matériel que j'attendais, mais il y avait longtemps que je m'y étais adaptée. Il ne m'avait pas consultée en décidant de partir à la guerre, j'avais pourtant feint d'approuver et gardé le silence. Et maintenant il m'avait infligé un coup encore plus cruel, il m'avait trahie de la manière la plus grave, et la plus personnelle, en nourrissant des sentiments secrets pour une autre femme. Et j'avais beau en comprendre les raisons, cela ne m'en blessait pas moins. D'autres connaissaient sur mon mariage des vérités qu'il m'avait cachées. + Lire la suite

27 juillet 2012
Dernière d'une famille qui compte quatre filles et me faisant surnommer Emy, à une lettre près, l'identification était parfaite. Les « Quatre filles du docteur March » ont bercé mon enfance et aujourd'hui encore, je ne me lasse pas de leurs frasques, histoires d'amour et autres inventions. Aussi, quand je remarquai ce livre signé Geraldine Brooks sur l'étagère d'une librairie, l'appel littéraire fut irrésistible ; j'allais enfin découvrir ce que cachait la seule part d'ombre qui subsistât pour moi chez les March. Au fil de ma lecture, j'ai compris que je m'étais plongée dans quelque chose de bien moins futile qu'une intrigue reprenant l'univers créé par Louisa May Alcott. On connaissait, grâce à cette dernière, la société des années 1860 qui avait subi la guerre de Sécession, n'ayant d'autre choix que de rester au foyer en voyant les hommes partir au front. Ici, l'auteur dépeint la vie de ceux qui ont pris part au conflit, qui ont caché la vérité des atrocités à leur famille et se sont tus à leur retour. Pour ce faire, elle emprunte la voix du docteur March, humaniste et fervent défenseur de la cause des esclaves ; elle le place aux côtés de grands noms du XIXème siècle, bien réels, ceux-là : Henry David Thoreau ou Bronson Alcott pour ne citer qu'eux. Si la guerre n'est dans l'histoire originale qu'une ombre planant au-dessus du tableau de l'idéal familial des March, et le père une silhouette un peu moins floue quand vient Noël, Geraldine Brooks insuffle autant de vie que possible à ces deux éléments. Chaque phrase est prodigieuse, rendant le récit d'une réalité géniale ; l'Histoire de la guerre de Sécession est là, mais elle est teintée des sensations du narrateur. Enfin, les valeurs morales des March, si parfaites qu'elles en deviennent parfois exaspérantes, se trouvent fissurées par les doutes, les erreurs, les réflexions qui les traversent, comme tous les hommes, au fond, et achèvent de donner à l'oeuvre de Geraldine Brooks ce qui la rend si renversante. + Lire la suite

02 novembre 2010
Quand on a beaucoup aimé un livre dans sa jeunesse, la tentation est grande de vouloir lire un livre qui prend pour héros l'un de ses personnages. Mais fatalement, l'appréhension de voir l'oeuvre et l'esprit de l'auteur trahis est proportionnelle à la tentation ... aussi, quand le titre de ce roman a attiré mon regard, j'ai un peu hésité, tiraillée entre l'envie d'en savoir plus et la crainte de "dénaturer" mon souvenir d'une lecture de jeunesse ... Eh bien disons-le tout net : je ne regrette absolument pas cette lecture ! Loin de trahir le souvenir très vif que j'ai des Quatre Filles du Docteur March et de tous les autres romans pour la jeunesse non traduits en français de Louisa May Alcott, ce titre m'a enchanté en braquant un projecteur éblouissant et sans concessions sur un personnage fantôme qui est pourtant présent dès le titre du roman, et dont on ressent bien à quel point il occupe une place centrale dans la vie et l'oeuvre de Louisa May Alcott : le Père (avec un grand P) ! Dans La Solitude du Docteur March, pourtant, ce n'est pas vraiment avec le père que nous avons rendez-vous, mais avec l'homme. L'idéaliste, l'abolitionniste, le rêveur, le mari, l'amant, le soldat pacifiste, le prédicateur et le professeur. Toutes ces figures tourbillonnent dans les pages du roman, sous la plume experte de Géraldine Brooks. Nos découvrons tour à tour le jeune homme pauvre mais ambitieux qui se fait colporteur sur les routes du Sud des Etats-Unis, l'homme fortuné qui tombe éperdument amoureux d'une jeune femme au tempérament explosif et fonde une famille et l'aumônier qui s'est engagé dans la guerre par conviction mais doit faire face à une violence qui le révolte, qu'elle soit dans le camp adverse ou dans son propre camp, et qui va réveiller des souvenirs enfouis profondément dans sa mémoire. L'auteur nous propose toute une vie dans ces pages, et même plus, car Marmee a aussi droit à la parole dans l'avant-dernière partie du livre, quand elle part rejoindre son mari gravement blessé. Et même si cette partie n'est pas celle qui contient le plus de scènes horribles (elles émaillent tout le roman pour nous rappeler à chaque instant l'horreur de l'esclavage et celle de la guerre), c'est celle que je trouve la plus terrible pour le personnage principal, car elle révèle la somme de mésententes et d'incompréhensions qui s'élève entre deux personnes qui s'aiment pourtant profondément, et qui ont toutes deux la conviction d'agir dans le sens que l'autre souhaite ... triste leçon ... Les personnages secondaires sont eux aussi poignants et remarquables, que ce soit du côté des esclaves et des soldats ou de celui de l'entourage des March à Concord. On aime particulièrement reconnaître l'irascible tante March, et certain épisode impliquant la petite Beth jette un éclairage nouveau sur le personnage. Bref, sans hésiter, je recommanderai ce livre à tous ceux qui ont lu dans leur jeunesse et aimé Les Quatre Filles du Docteur March, mais aussi à ceux qui considèrent ce roman comme mièvre et convenu, ils seront sans doute surpris. Je précise que ce livre m'a fait réaliser pour la première fois que les quatre filles du Docteur March et Scarlett O'Hara étaient contemporaines ... oui, je sais, cela semble tomber sous le sens, mais ici, c'est palpable ... + Lire la suite