Un amour


Livres Couvertures de Un amour
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Un amour - Antonio Dorigo, cinquante ans, est tombé follement amoureux de Laïde, petite call-girl de vingt ans. Ce n'était pas une question charnelle, c'était d'une sorcellerie plus profonde, comme si un nouveau destin, auquel il n'avait jamais pensé, l'appelait, lui Antonio, et le traînait progressivement, avec une irrésistible violence, vers des lendemains ignorés et ténébreux. Et de quelque côté qu'on la regardât, la situation ne laissait entrevoir aucune iss...

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Détails Un amour

Le Titre Du LivreUn amour
AuteurDino Buzzati
ISBN-102266107526
EditeurPocket
Catégorieslittérature
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Nom de fichierun-amour.pdf
La taille du fichier26.85 MB


14 novembre 2013
De quel intérêt serait une falaise, une forêt, une ruine si une attente n'y était implicitement contenue ? (...) Quel sens aurait le vallon romantique tout couvert de rochers et de sentiers mystérieux si notre imagination ne pouvait y conduire au soir celle que nous aimons dans une promenade emplie de chants d'oiseaux mélancoliques ? quel sens aurait la muraille des anciens pharaons si l'on ne pouvait dans l'ombre de leur repaire affabuler sur une rencontre possible ? Et qu'importerait pour nous ce petit coin d'un village flamand, ou le café de boulevard, ou le souk de Damas, si l'on ne pouvait supposer qu'un jour là aussi elle pourrait passer, y laisser une bribe de vie ? Et la petite chapelle votive au croisement des chemins, pourquoi serait-elle si troublante si quelque allusion ne s'y trouvait cachée ? Et allusion à quoi, à qui, sinon à elle, à la créature qui pourrait nous rendre heureux , (Laffont, 1964, p.131) + Lire la suite

05 avril 2018
L'histoire d'une relation vouée à l'échec : à Milan, en 1960, Antonio, architecte de 49 ans, tombe amoureux d'une jeune prostituée de 20 ans, Laïde. Différences d'âge, de statut social et de conception de l'amour : tout concourt à faire de cette relation une glissade, un tourbillon, une descente aux enfers, un choc ! Tout commence par une révélation : "Mais ce furent surtout les cheveux noirs, longs, tombant sur les épaules, qui le frappèrent par-dessus tout" (chap. III - page 20), qui devient de l'attirance : "Il la dévorait des yeux" (chap. VIII - page 64), se transforme en attachement : "Il l'aimait pour elle-même, pour ce qu'elle représentait de féminin, de caprice, de jeunesse ... (chap. XIV - page 117), tourne à l'obsession : "Grand Dieu ! Était-il donc possible qu'il ne parvînt pas à penser à autre chose ?" (chap. XIV - page 113) et donne lieu à des pics de jalousie : "Antonio se demanda si ... C'était absurde, c'était épouvantable, c'était d'une simplicité enfantine : cette nuit peut-être, sans doute par pur caprice, Laïde l'avait fait monter dans sa chambre" (chap. XIX - page 167). Plus il la voit, plus elle devient son objet, l'objet de son désir. Plus elle le voit, plus elle en fait l'instrument de ses fantaisies, le jouet de ses facéties : elle se joue de lui, lui demandant par exemple de nourrir son petit chien. Il comprend qu'elle se moque de lui, mais la relation strictement sexuelle a fait place, chez lui, à un vif sentiment amoureux. Bien que subissant camouflet sur camouflet, il n'arrive plus à prendre ses distances et devient prisonnier de cette relation sans issue : "Sans moi, tu n'es pas capable de vivre", lui assène-t-elle (chap. XXV - page 243). A vouloir en savoir toujours davantage sur elle, il est entré dans sa vie; mais l'inverse n'est pas vrai : lui ne l'a pas fait entrer, ni chez lui, ni dans sa vie. Elle a fini par le faire obéir au doigt et à l'oeil, alors qu'auparavant, c'est lui qui pensait la mener à la b(r)aguette. Malgré le caractère scabreux du sujet, le récit n'est jamais obscène, ni vulgaire. On est envoûté par cette descente aux enfers. Loin d'avoir trouvé un sens à sa vie, Antonio s'est perdu. La folie qui finit par prendre le dessus est illustrée par des phrases parfois très longues, dépourvues de ponctuation, comme pour illustrer le foisonnement et le désordre des pensées du héros. On aimera, ou non, mais le style est expressif. Dans ce puits sans fond, on ne pourra s'empêcher de penser à la citation d'André Gide : "Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant". (Les citations sont extraites de l'édition Livre de Poche de 10/1985). + Lire la suite

19 novembre 2017
Prisonnier d'un amour faux et trompeur, le cerveau ne lui appartenant plus, Laïde y avait pénétré et le lui desséchait le lui mangeait. Dans le moindre repli caché de ce cerveau dans sa plus infime retraite aussi souterraine fût-elle, partout où il pouvait tenter de se replier pour trouver un instant de répit, n'importe où, tout au fond, il la trouvait toujours; elle ne le regarde même pas, elle ne s'aperçoit même pas de sa présence, accrochée qu'elle est au bras d'un jeune homme, elle s'élance dans d'impudiques danses se laissant tripoter de partout par un partenaire dégoûtant et malpropre, elle se déshabille sous les yeux du chef comptable Fumaroli qu'elle connaît depuis une minute à peine, elle, malédiction! toujours elle, sauvagement installée dans son cerveau, et qui de son cerveau regarde tous les autres, téléphone aux autres, joue et fornique avec les autres, entre sort et s'en va toujours dans une frénétique agitation courant à ses rendez-vous ses affaires et ses mystérieux trafics. Et tout ce qui n'était pas elle, tout ce qui ne la concernait pas, tout le reste du monde, le travail, l'art, la famille, les amis, les montagnes, les autres femmes les milliers et milliers d'autres femmes splendides, et même beaucoup plus belles et plus sensuelles qu'elle, de tout cela plus rien ne lui importait, que tout cela aille au diable, elle seule elle seule, Laïde, pouvait le soulager de cette insupportable souffrance et point n'était besoin qu'elle se laissât posséder ni même qu'elle se montrât particulièrement gentille, il suffisait qu'elle fût avec lui, près de lui, qu'elle lui parlât et qu'au moins pour quelques minutes même si c'était contre sa volonté elle se rendît compte qu'il existait, c'était seulement dans ces trop brefs instants de répit qui ne survenaient que rarement et duraient le temps d'un soupir, seulement alors qu'il trouvait la paix. Cette fournaise dans sa poitrine s'apaisait, Antonio redevenait lui-même, son intérêt pour la vie le travail retrouvait un sens, les mondes poétiques auxquels il avait dédié sa vie recommençaient à resplendir de leurs antiques charmes et un indescriptibles soulagement se répandait dans tout son être. + Lire la suite