La folie Baudelaire


Livres Couvertures de La folie Baudelaire
4.4 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client

La folie Baudelaire - C’est « la vague Baudelaire » et ses effets dans l’art et la littérature que Roberto Calasso analyse et raconte ici avec l’érudition et le talent narratif qui sont les siens. S’appuyant sur un réseau enchevêtré de citations et de rapprochements, le grand écrivain italien nous propose de déambuler dans un Salon imprévisible où seraient exposées des images de toutes sortes, il nous fait circuler dans les méandres de ce système nerveux qui s’appelait Baudelaire,...

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Détails La folie Baudelaire

Le Titre Du LivreLa folie Baudelaire
AuteurRoberto Calasso
ISBN-102070128806
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.4 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client
Nom de fichierla-folie-baudelaire.pdf
La taille du fichier21 MB


09 avril 2015
L'esprit domine le parfum. Il n'est plus et pourtant il laisse son empreinte. Il flotte et nous devinons dans son absence les senteurs d'une époque. Présage ou annonciation ? Pré-âge ou regénération ? Baudelaire est il moderne ? Non. Singulier. Absolument singulier. Dans bien des domaines il fut le premier et à la fois le seul. Qui annonce la modernité prononce le courant. Il n'y eut jamais de courant baudelairien. Il y a Baudelaire.C'est tout. La folie Baudelaire comme le décrivait Saint-Beuve. Ce lieu unique. Comme le fut la maison Joujou d'Honfleur. Et même sous la plume acide de Saint-Beuve cette folie résonne comme un royaume. Un caravansérail, un carrousel, un kiosque ouvert à tous les naufrages, toutes les tempêtes, toutes les images. Mais jamais refuge des mirages. Roberto Calasso ne nous livre pas une vie de Baudelaire. Qui pourrait l'écrire? Il nous laisse à respirer l'odeur d'un sentiment. Et c'est l écho de cette exhalation qui nous parvient à travers ses lignes. Dans un parc il nous parvient l'instant d'une demeure, ...lumières, ombres, musiques, quelques entrelacs, quelques fulgurances, quelques silences, quelques transhumances, des voix, qui nous permettent d'imaginer quel fut ce temps qui permit à Baudelaire de nous délivrer la quintessence de son mal. «Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie » voilà l'invitation du poète. Ce livre est la réponse que nous adresse Roberto Calasso. « Je ne sais quoi d'étrange et d'enchanté / En l'isolant de l'immense nature ». et si cet « homme jeune, beau et élégant, qui marche avec une excessive précaution, comme empêché par quelque chose d'invisible qui le gène » était lui même cette « découpe sur l'informe qui l'entoure » , et qui « observe à travers lui même », tel un prisme, ce monde qui l'enserre et qui le presse. Réversibilité du regard. Baudelaire vouait un véritable culte aux images. A tel point que Delacroix fuyait le verbe alchimiste de Baudelaire. Baudelaire voyait et décrivait l'espace qu'il découvrait. Qui mieux que cet explorateur d'extraordinaire pouvait nous ouvrir les portes du royaume de Poe ? Difficile époque où le voile de Degas se posait sur les entrechats des petits rats de l'Opéra. Difficile époque où Saint Beuve demandait « par écrit » directement au Pouvoir en place « d'assainir » le monde littéraire. Difficile époque où l'apologie de la forme tentait d'étouffer la liberté du fond. Difficile époque où se tramaient tous les drames du prochain siècle.Difficile époque où le masque d'une république recouvrait le visage d'un empire. Merveilleuse époque que celle de Lautréamont, Courbet, Manet, Mallarmé, de Rimbaud, La folie Baudelaire : une très belle polyphonie claire, riche , endiablée et extrêmement bien menée. Astrid Shriqui Garain + Lire la suite

04 septembre 2014
La folie Baudelaire ! C'est Sainte-Beuve qui, pour évoquer la candidature (surprenante) de Baudelaire à l'Académie française (sa demande sera refusée), usa de ce terme pour qualifier son oeuvre. Je ne peux éviter de le citer tant ce passage est remarquablement formulé : « En somme, M. Baudelaire a trouvé moyen de se bâtir, à l'extrémité d'une langue de terre réputée inhabitable et par-delà les confins du romantisme connu, un kiosque bizarre, fort orné, fort tourmenté, mais coquet et mystérieux, où on lit de l'Edgar Poe, où l'on récite des sonnets exquis, où l'on s'enivre avec le haschisch pour en raisonner après, où l'on prend de l'opium et mille drogues abominables dans des tasses d'une porcelaine achevée. Ce singulier kiosque, fait en marqueterie, d'une originalité concertée et composite, qui, depuis quelques temps, attire les regards à la pointe du Kamtchatka romantique, j'appelle cela la folie Baudelaire. L'auteur est content d'avoir fait quelque chose d'impossible, là où on ne croyait pas que personne pût aller. » Voici donc le propos de ce bel essai : la description de cette folie Baudelaire. Pour l'entreprendre, Calasso s'est nourri bien entendu de l'oeuvre même de l'auteur ainsi que de sa correspondance. Mais il la développe par une divagation heureuse sur les artistes de son temps qui l'inspirèrent ou l'irritèrent. C'est ainsi que, pour évoquer la création Baudelairienne, Calasso nous plonge dans l'atelier de Degas, d'Ingres ou de Manet. Cette façon de laisser l'avantage à la pensée plutôt que borner sa réflexion par des principes plus rigoureux est en parfaite adéquation avec le style de Baudelaire dans ses notes critiques. Calasso ouvre ainsi des espaces, permet au lecteur de passer d'un lieu à un autre, d'un artiste à un autre et d'un art à un autre, tissant au final ce paysage grandiose et inquiétant à la pointe de ce Kamtchatka romantique. + Lire la suite

25 novembre 2011
Le livre de Calasso explore ce «tout» Baudelairien, selon lui décrit par Sainte-Beuve, en sept chapitres, sept gestes, sept caresses pleines d’élégance et moites de références.