Leçons américaines


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Leçons américaines - Parmi les fléaux que Calvino craignait de voir s'abattre sur l'humanité, il en est un qui le rendait particulièrement mal à l'aise: l'inconsistance. L'unique remède qu'il y voyait consistait en une " idée de littérature ". Aussi voulut-il recommander généreusement au nouveau millénaire qui approchait cinq " valeurs ou qualités ou spécificités littéraires " qui lui tenaient à c?ur : légèreté, rapidité, exactitude, visibilité, multiplicité, tels furent les thèm...

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Détails Leçons américaines

Le Titre Du LivreLeçons américaines
AuteurItalo Calvino
ISBN-102070140059
EditeurGallimard
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.61 étoiles sur 5 de 35 Commentaires client
Nom de fichierleçons-américaines.pdf
La taille du fichier29.75 MB


02 décembre 2016
En de nombreux domaines l'excès d'ambition est critiquable, mais non pas en littérature. La littérature ne peut vivre que si on lui assigne des objectifs démesurés, voire impossible à atteindre. [...] la littérature doit relever un grand défi et apprendre à nouer ensemble les divers savoirs, les divers codes, pour élaborer une vision du monde plurielle et complexe. S'il est un écrivain peu enclin à limiter ses ambitions, c'est bien Goethe : en 1780, il confie à Charlotte von Stein son intention d'écrire "un roman sur l'univers". [...] Vers la même époque, Lichtenberg écrit : "Je crois qu'un poème sur le vide de l'espace pourrait atteindre au sublime." L'univers et le vide : je reviendrai sur ces deux termes, entre lesquels nous voyons osciller le point d'arrivée de la littérature, et qui tendent à se confondre. Multiplicité + Lire la suite

03 décembre 2016
Essai où il est brillamment question de littérature. D'Italo Calvino j'ai lu 4 romans : le baron perché, le chevalier inexistant, le vicomte pourfendu et Si par une nuit d'hiver, un voyageur. Je les ai tous aimés avec une préférence pour les deux premiers, particulièrement séduit par l'imaginaire de cet auteur, ses récits métaphoriques, la légèreté et la concision de son style. Aussi voyant à la bibliothèque, cet essai préparatif à six conférences étayant sa vision de ce que devrait être sa (la) littérature pour le troisième millénaire, je n'ai pu résister. Surprise ! Quelle profondeur dans la réflexion, et quelle étendue dans la connaissance de la littérature, en pas moins de quatre langues, qu'Italo Calvino parcourt au galop suivant des axes différents. Il suggère rien moins que la littérature se doit d'être la pierre philosophale capable de transmuter le lourd mercure de la pensée en ce messager ailé des dieux et que l'art du récit tantôt marchant à pas comptés, tantôt chaussant ses bottes de sept lieux, devient littérature quand celle-ci coule le temps sur le papier. Le temps littéraire est celui que tout un chacun peut expérimenter un beau jour début de printemps en prenant le soleil sous un ciel moutonneux. Peu importe la couleur des nuages et leurs reflets bleutés, seul compte l'intervalle de lumière entre deux ombres qui se capte par tous les pores. La rêverie n'a point tant pour objet la forme des nuages que la vitesse et la direction de leur déplacements pour anticiper la prochaine onde de chaleur bienfaisante. Invariablement le temps de la lumière apparait plus court que celui des sinueuses divagations du passage d'un nuage dont l'apport principal est l'excitation dans l'attente d'une nouvelle exposition aux rayons du renouveau. Car la littérature se doit de viser à la fois à l'universalité et à l'immortalité. Et Italo Calvino de tracer pour nous les chemins les plus appropriés dans cette quête dans l'espoir d'atteindre ce but chargé d'absolu. Il nous partage simplement une immense érudition. Hautement recommandé pour tout grand lecteur qui rêve secrètement d'un jour pouvoir élégamment transmettre ses pensées par écrit et les ancrer durablement dans l'esprit de celles et ceux qui le suivent. Des pistes déjà empruntées par d'illustres écrivains pour frapper d'éternité les signes de leur déambulations sur les parois du labyrinthe de la grande pyramide de la pensée humaine et nous offrir ainsi des clés pour décrypter les mystérieuses énigmes du sphinx qui lui fait face. Et c'est magie que de le faire en empruntant la plume de Maât pour conserver en parfait équilibre la légèreté de l'âme. Epoustouflant savoir accumulé au cours d'une vie. A relire, avant de soi-même, ... "In Calvino veritas" + Lire la suite

07 décembre 2016
Comme disait Hofmannsthal : "La profondeur doit se cacher. Où cela ? A la surface. [...] La parole relie la trace visible à la chose invisible,à la chose absente, à la chose désirée ou redoutée, comme une fragile passerelle jetée sur le vide. Aussi le juste emploi du langage, selon moi, est-il celui qui permet de s'approcher des choses (présentes ou absentes) avec discrétion, attention et prudence, en respectant ce que les choses (présentes ou absentes) communiquent sans le secours des mots. Exactitude + Lire la suite