La langue sauvée


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La langue sauvée - La langue sauvée constitue le premier volet de l'autobiographie d'Elias Canetti, prix Nobel de littérature. L'intellectuel, l'homme de toutes les tentatives, revient pour la première fois sur sa propre vie et parle de son enfance en Bulgarie, en Angleterre, en Autriche et en Suisse. L'origine espagnole de sa famille, le caractère quasi oriental de ce confluent de langues et de races qu'est la petite ville bulgare où il est né...

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Détails La langue sauvée

Le Titre Du LivreLa langue sauvée
AuteurElias Canetti
ISBN-102253034258
EditeurLe Livre de Poche
Catégoriesentretiens
Évaluation du client4.2 étoiles sur 5 de 35 Commentaires client
Nom de fichierla-langue-sauvée.pdf
La taille du fichier29.7 MB


05 juin 2012
Le titre "La Langue sauvée" est resté jusqu'à la dernière page du livre, pour moi, un mystère. De langues, il en est beaucoup question dans l'ouvrage. Canetti est né à Routschouk "Ruse", Bulgarie, sur les bords du Danube, dans une famille de négociants séfarades. Sa langue maternelle, fut donc le Judéo-Espagnol, à cinq ans ses parents déménagent à Manchester où naquirent ses deux frères avec qui il utilisa longtemps l'Anglais même après l'installation à Vienne. L'Allemand était la langue que ses parents utilisaient pour parler de théâtre et de musique : c'est donc la langue de la culture, la langue que Canetti utilisera pour écrire. le grand père, figure impressionnante, se vantait de parler dix-sept langues quoique qu'il n'en lisait qu'une : l'Espagnol écrit en caractère hébraïques. De Routschouk, Canetti raconte la maison donnant sur le jardin fruitier, la variété des gens qu'il rencontrait, à la maison et la boutique : Juifs de sa famille, petites bonnes bulgares, Tsiganes qui venaient mendier tous les vendredis, l'Arménien triste, les amis Russes de sa mère... " C'est donc l'histoire d'une jeunesse cosmopolite et européenne. L'enfant prit la place du père, décédé jeune, il entretint avec sa mère très jeune des conversations intellectuelles de haut niveau : Shakespeare, Schiller ou Dickens était le sujet de leurs entretiens. Ils ont traversé la Première Guerre Mondiale, à Vienne, en Bulgarie puis à Zurich. Bien que les Canetti avaient des passeports turcs, que la Bulgarie se soit rangée du côté des Empires Centraux, la mère et le fils se refusaient à soutenir François Joseph comme on l'exigeait de l'enfant à l'école. Ils tenaient l'Autriche pour responsable du conflit, ne pouvaient se résoudre à être en guerre contre la Russie qui avait toujours soutenu les Bulgares contre les Turcs, ayant ds amis russes, et vénérant Tolstoï. leur situation d'"Anglais" à vienne devenant inconfortable , ils déménagèrent à Zürich. On y croise Lénine. En Suisse, le jeune Canetti élargit sa société à celle de ses camarades d'école, de ses professeurs au lycée. Il ne se borne plus à la littérature classique, aux Grecs et aux explorateurs comme pendant sa prime enfance. La lecture de ses mémoires est donc une promenade littéraire. de son côté, la mère se passionne pour Strindberg et Schnitzler. Au lycée, il découvrira des écrivains Suisses (que je ne connais pas) aussi Werfel et Wedekind. Il rencontrera aussi l'antisémitisme. La maladie mettra fin au tête à tête jaloux de la mère et du fils. Cette dernière partira en sanatorium. 1921: la mère décide d'arracher son fils à son paradis zürichois et de partir en Allemagne pays marqué par la guerre, se mesurer à la réalité et quitter des études trop douces. Lien : http://miriampanigel.blog.le.. + Lire la suite

04 février 2016
Premier tome de la vaste et admirable oeuvre autobiographique de Canetti. Je l'ai lu plusieurs fois, et c'est sans doute celui que je préfère. On y découvre le crépuscule de ce cosmopolitisme ottoman, même dans sa périphérie bulgare, qui a le droit d'être considéré comme ce modèle incomparable qu'il fut de tolérance à l'égard des minorités et des immigrés pendant tant de siècles. Y est représentée aussi la vie d'une famille juive très bourgeoise que des désastres intérieurs (la mort du père) et extérieurs (la guerre de 14) vont complètement ruiner. Surtout, du point de vue intime, on a le témoignage précieux (surtout pour les polyglottes de naissance) de la valeur sentimentale incontournable de chacune de nos langues, de son rôle unique et intime, mieux expliqué que par des dizaines de traités de psycholinguistique. Les relations de l'auteur avec sa mère, qui seront explorées de façon plus "dramatique" dans les tomes suivants, sont ici déjà esquissées, dans tout ce qu'elles laissent prévoir de névrotiquement "excessif". La personnalité de l'auteur et sa prodigieuse ténacité dans sa vocation de lettré, commence à devenir évidente dès ces pages mémorables. + Lire la suite

19 juin 2011
Sa bonté égalait sa beauté; elle savait peu de choses et on la disait bête parce qu'elle ne voulait jamais rien pour elle-même et ne cessait de faire des cadeaux à tout un chacun. Et comme on se rappelait fort bien son grippe de père, elle paraissait faillir à son propre sang, un véritable miracle de générosité; elle ne pouvait voir quelqu'un sans se mettre à penser aussitôt à ce qui pourrait lui faire particulièrement plaisir. Elle ne pensait jamais à autre chose. Quand elle se taisait, quand elle fixait le vide devant elle, laissant les autres avec leurs questions, comme absente, avec une expression presque soucieuse qui n'enlevait rien à la beauté de son visage, alors on savait qu'elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir vous offrir et n'avait encore rien trouvé d'assez beau. + Lire la suite