Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme


Livres Couvertures de Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme
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Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme - Ce volume contient les oeuvres suivantes : Essai historique, politique et moral sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française - Génie du Christianisme ou beautés de la religion chrétienne. Édition de Maurice Regard.

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Détails Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme

Le Titre Du LivreChateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme
AuteurFrançois-René de Chateaubriand
ISBN-102070108635
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.83 étoiles sur 5 de 6 Commentaires client
Nom de fichierchateaubriand-essai-sur-les-révolutions-génie-du-christianisme.pdf
La taille du fichier29.57 MB


21 octobre 2015
Il y a des pages magnifiques dans ces deux ouvrages, surtout dans le second, qui fit sa gloire tout au long du XIX°s. mais sommes-nous capables d'appréhender ces deux oeuvres comme des ensembles cohérents, et de dire un mot sur leur démarche, leurs buts, leur signification globale ? Il me semble que l'école ne nous a que trop habitués aux morceaux choisis, et qu'il est difficile pour ceux qui ont contracté cette habitude de lire la totalité de l'Essai ou du Génie du christianisme. de plus, ces deux ouvrages ont assez mauvaise réputation : l'un est un parallèle à la Plutarque entre les révolutions du passé et celle du présent (1789-1794), l'autre une tentative de réhabilitation du christianisme malmené par les Lumières, mais sur des arguments purement esthétiques (la théologie est un peu légère). Quant à l'Essai sur les révolutions, l'érudition l'étouffe un peu et il n'est pas sûr que la forme néo-classique du parallèle soit le meilleur outil pour comprendre l'événement, dont Chateaubriand saisit la nouveauté radicale. Peut-être alors faut-il se résigner à lire de magnifiques extraits. + Lire la suite

22 octobre 2015
C'est dans Versailles que les pompes de l'âge religieux de la France s'étaient réunies. Un siècle s'est à peine écoulé, et ces bosquets, qui retentissaient du bruit des fêtes, ne sont plus animés que par la voix de la cigale et du rossignol. Ce palais, qui lui seul est comme une grande ville, ces escaliers de marbre qui semblent monter dans les nues, ces statues, ces bassins, ces bois, sont maintenant ou croulants, ou couverts de mousse, ou desséchés, ou abattus, et pourtant cette demeure des rois n'a jamais paru ni plus pompeuse, ni moins solitaire. Tout était vide autrefois dans ces lieux ; la petitesse de la dernière Cour (avant que cette Cour eût pour elle la grandeur de son infortune) semblait trop à l'aise dans les vastes réduits de Louis XIV. Génie, p. 799, III-I-7 + Lire la suite

24 octobre 2017
Je suis loin d'en avoir terminé, mais pour que je n'oublie pas, une citation parmi bien d'autres que j'aurai pu choisir : Il s'agit du chapitre consacré à l'astronomie dont l'auteur fait remonter l'origine aux peuples pasteurs qui se guidaient sur les étoiles. "Durant les longues calamités qui accompagnèrent et suivirent la chute de l'empire romain, les sciences n'eurent d'autres retraites que le sanctuaire de cette Eglise qu'elles profanent aujourd'hui avec tant d'ingratitude. Recueillies dans le silence des cloîtres, elles durent leur salut à ces mêmes solitaires qu'elles affectent maintenant de mépriser. Un moine Bacon, un évêque Albert, un cardinal Cusa ressuscitaient, dans leurs veilles le génie d'Eudoxe, de Timocharis, d'Hypparque, de Ptolémée. Protégées par les papes qui donnaient l'exemple aux rois, les sciences s'envolèrent enfin de ces lieux sacrés où la religion les avait réchauffées sous ses ailes. L'astronomie renaît de toutes parts : Grégoire XIII réforme le calendrier. Copernic rétablit le système du monde. Tycho-Brahé, au haut de sa tour, rappelle la mémoire des antiques observateurs Babyloniens. Képler détermine la forme des orbites planétaires. Mais Dieu confond encore l'orgueil de l'homme, en accordant au jeu de l'innocence, ce qu'il refuse aux recherches de la philosophie. Des enfants découvrent le télescope. Galilée perfectionne l'instrument nouveau ; alors les chemins de l'immensité s'abrègent, le génie de l'homme abaisse la hauteur des cieux, et les astres descendent pour se faire mesurer." " Tant de découvertes annonçaient de plus grandes encore, et l'on était trop près du sanctuaire de la nature pour qu'on fût longtemps sans y pénétrer. Il ne manquait plus que les méthodes propres à décharger l'esprit des calculs dont il était écrasé. Bientôt Descartes osa transporter au grand Tout les lois physiques de notre globe ; et par un de ces traits de génie dont on compte à peine quatre ou cinq dans l'histoire, il força l'algèbre à s'unir à la géométrie, comme la parole à la pensée." "Newton n'eut plus qu'à mettre en oeuvre les matériaux que tant de mains lui avaient préparés, mais il le fit en artiste sublime ; et des divers plans sur lesquels il pouvait relever l'édifice des globes, il choisit, peut-être, le dessin de Dieu." "L'esprit connut l'ordre que l'oeil admirait ; les balances d'or, qu'Homère et l'Ecriture donnent au Souverain arbitre, lui furent rendues ; la comète se soumit ; à travers l'immensité, la planète attira la planète ; la mer sentit la pression des deux vastes vaisseaux qui flottent à des millions de lieues de sa surface ; depuis le soleil jusqu'au moindre atome, tout se maintient dans un admirable équilibre : il n'y eu plus que le coeur de l'homme qui manqua de contrepoids dans la nature." ..."Qui l'aurait pu penser ? Le moment où l'on découvrit tant de nouvelles preuves de la grandeur et de la sagesse de la Providence, fut celui-là même où l'on ferma davantage les yeux à la lumière : non toutefois que ces hommes immortels, Copernic, Tycho-Brahé, Képler, Leibniz, Newton, fussent des athées ; mais leurs successeurs, par une fatalité inexplicable, s'imaginèrent tenir Dieu dans leurs creusets et leurs télescopes, parce qu'ils y voyaient quelques-uns des éléments sur lesquels l'Intelligence universelle a fondé les mondes." "Lorsqu'on a été témoin des jours de notre révolution ; lorsqu'on songe que c'est à la vanité du savoir que nous devons presque tous nos malheurs, n'est-on pas tenté de croire que l'homme a été sur le point de périr de nouveau pour avoir porté une seconde fois la main sur le fruit de science ? et que ceci nous soit matière à réflexion sur la faute originelle : les siècles savants ont toujours touché aux siècles de destructions." "Il nous semble pourtant bien infortuné, l'astronome qui passe les nuits à lire dans les astres sans y découvrir le nom de Dieu. Quoi ! dans les figures si variées, dans une si grande diversité de caractères, on ne peut trouver les lettres qui suffisent à son nom ! le problème de la Divinité n'est-il point résolu dans les calculs mystérieux de tant de soleils ? une algèbre aussi brillante, ne peut-elle servir à dégager la grande Inconnue ?" + Lire la suite