Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme


Livres Couvertures de Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme
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Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme - Ce volume contient les oeuvres suivantes : Essai historique, politique et moral sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française - Génie du Christianisme ou beautés de la religion chrétienne. Édition de Maurice Regard.

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Détails Chateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme

Le Titre Du LivreChateaubriand : Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme
AuteurFrançois-René de Chateaubriand
ISBN-102070108635
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.83 étoiles sur 5 de 6 Commentaires client
Nom de fichierchateaubriand-essai-sur-les-révolutions-génie-du-christianisme.pdf
La taille du fichier20.32 MB


24 octobre 2017
Je suis loin d'en avoir terminé, mais pour que je n'oublie pas, une citation parmi bien d'autres que j'aurai pu choisir : Il s'agit du chapitre consacré à l'astronomie dont l'auteur fait remonter l'origine aux peuples pasteurs qui se guidaient sur les étoiles. "Durant les longues calamités qui accompagnèrent et suivirent la chute de l'empire romain, les sciences n'eurent d'autres retraites que le sanctuaire de cette Eglise qu'elles profanent aujourd'hui avec tant d'ingratitude. Recueillies dans le silence des cloîtres, elles durent leur salut à ces mêmes solitaires qu'elles affectent maintenant de mépriser. Un moine Bacon, un évêque Albert, un cardinal Cusa ressuscitaient, dans leurs veilles le génie d'Eudoxe, de Timocharis, d'Hypparque, de Ptolémée. Protégées par les papes qui donnaient l'exemple aux rois, les sciences s'envolèrent enfin de ces lieux sacrés où la religion les avait réchauffées sous ses ailes. L'astronomie renaît de toutes parts : Grégoire XIII réforme le calendrier. Copernic rétablit le système du monde. Tycho-Brahé, au haut de sa tour, rappelle la mémoire des antiques observateurs Babyloniens. Képler détermine la forme des orbites planétaires. Mais Dieu confond encore l'orgueil de l'homme, en accordant au jeu de l'innocence, ce qu'il refuse aux recherches de la philosophie. Des enfants découvrent le télescope. Galilée perfectionne l'instrument nouveau ; alors les chemins de l'immensité s'abrègent, le génie de l'homme abaisse la hauteur des cieux, et les astres descendent pour se faire mesurer." " Tant de découvertes annonçaient de plus grandes encore, et l'on était trop près du sanctuaire de la nature pour qu'on fût longtemps sans y pénétrer. Il ne manquait plus que les méthodes propres à décharger l'esprit des calculs dont il était écrasé. Bientôt Descartes osa transporter au grand Tout les lois physiques de notre globe ; et par un de ces traits de génie dont on compte à peine quatre ou cinq dans l'histoire, il força l'algèbre à s'unir à la géométrie, comme la parole à la pensée." "Newton n'eut plus qu'à mettre en oeuvre les matériaux que tant de mains lui avaient préparés, mais il le fit en artiste sublime ; et des divers plans sur lesquels il pouvait relever l'édifice des globes, il choisit, peut-être, le dessin de Dieu." "L'esprit connut l'ordre que l'oeil admirait ; les balances d'or, qu'Homère et l'Ecriture donnent au Souverain arbitre, lui furent rendues ; la comète se soumit ; à travers l'immensité, la planète attira la planète ; la mer sentit la pression des deux vastes vaisseaux qui flottent à des millions de lieues de sa surface ; depuis le soleil jusqu'au moindre atome, tout se maintient dans un admirable équilibre : il n'y eu plus que le coeur de l'homme qui manqua de contrepoids dans la nature." ..."Qui l'aurait pu penser ? Le moment où l'on découvrit tant de nouvelles preuves de la grandeur et de la sagesse de la Providence, fut celui-là même où l'on ferma davantage les yeux à la lumière : non toutefois que ces hommes immortels, Copernic, Tycho-Brahé, Képler, Leibniz, Newton, fussent des athées ; mais leurs successeurs, par une fatalité inexplicable, s'imaginèrent tenir Dieu dans leurs creusets et leurs télescopes, parce qu'ils y voyaient quelques-uns des éléments sur lesquels l'Intelligence universelle a fondé les mondes." "Lorsqu'on a été témoin des jours de notre révolution ; lorsqu'on songe que c'est à la vanité du savoir que nous devons presque tous nos malheurs, n'est-on pas tenté de croire que l'homme a été sur le point de périr de nouveau pour avoir porté une seconde fois la main sur le fruit de science ? et que ceci nous soit matière à réflexion sur la faute originelle : les siècles savants ont toujours touché aux siècles de destructions." "Il nous semble pourtant bien infortuné, l'astronome qui passe les nuits à lire dans les astres sans y découvrir le nom de Dieu. Quoi ! dans les figures si variées, dans une si grande diversité de caractères, on ne peut trouver les lettres qui suffisent à son nom ! le problème de la Divinité n'est-il point résolu dans les calculs mystérieux de tant de soleils ? une algèbre aussi brillante, ne peut-elle servir à dégager la grande Inconnue ?" + Lire la suite

21 octobre 2015
Il y a des pages magnifiques dans ces deux ouvrages, surtout dans le second, qui fit sa gloire tout au long du XIX°s. mais sommes-nous capables d'appréhender ces deux oeuvres comme des ensembles cohérents, et de dire un mot sur leur démarche, leurs buts, leur signification globale ? Il me semble que l'école ne nous a que trop habitués aux morceaux choisis, et qu'il est difficile pour ceux qui ont contracté cette habitude de lire la totalité de l'Essai ou du Génie du christianisme. de plus, ces deux ouvrages ont assez mauvaise réputation : l'un est un parallèle à la Plutarque entre les révolutions du passé et celle du présent (1789-1794), l'autre une tentative de réhabilitation du christianisme malmené par les Lumières, mais sur des arguments purement esthétiques (la théologie est un peu légère). Quant à l'Essai sur les révolutions, l'érudition l'étouffe un peu et il n'est pas sûr que la forme néo-classique du parallèle soit le meilleur outil pour comprendre l'événement, dont Chateaubriand saisit la nouveauté radicale. Peut-être alors faut-il se résigner à lire de magnifiques extraits. + Lire la suite

25 octobre 2017
Chers Babéliens, La lecture de « Génie du christianisme » de FR vicomte de C, est une affaire de longue haleine, commencée il y a déjà plusieurs mois. C'est ce qui se produit lorsque l'on entreprend de front plusieurs grands ouvrages. Mais c'est ma façon de lire. Je viens donc de le retrouver ; sa composition en chapitres courts favorise les interruptions. Il suffit de s'arrêter à la fin d'un chapitre. Cela veut dire que mes critiques vont avancer au gré des progrès de ma lecture. L'oeuvre est une hagiographie (au sens élargi du mot) de l'église romaine, de ses dogmes et de ses rites. Mais ce n'est pas seulement cela. C'est aussi un hymne à la beauté de la nature et de l'univers tout entier, et de laquelle l'écrivain induit la preuve de l'existence de Dieu, loue la sagesse et la science de la Providence. Fénelon et d'autres avant lui, ont abouti aux mêmes conclusions avec les mêmes démonstrations. C'est du reste ce que nous enseignent les livres sapientiaux bibliques : Dieu est tout entier dans sa création, il suffit d'avoir les yeux grands ouverts, le jugement en éveil, la raison méditative. Chers babéliens, je dois dire que c'est mon cas, s'il est permis ici d'émettre de telles pensées. Après tout pourquoi pas, notre immense et vénéré Louis Pasteur n'a-t-il pas déclaré que : un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène. C'est un peu la démonstration de notre grand écrivain qui se désole de l'ignorance et de l'orgueil des sachants, pour faire court. Lorsque l'homme effleure le savoir, il se prend pour Dieu et évince celui-ci de son oeuvre, en déclarant comme Laplace, Dieu ? Je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse. L'arbre du savoir, selon lui, a été la cause de la chute originelle. Et le savoir orgueilleux, la cause de l'éloignement constant de l'homme, de son Dieu. Mais revenons à la littérature ; la prose De Chateaubriand est magnifique et magnifiquement poétique. Dans une écriture ample et simple, lyrique et romantique, il peint les munificences de la nature, les beautés du cosmos, les mystères du comportement des animaux, des oiseaux surtout qu'il semble connaître particulièrement, les immenses et merveilleux espaces de la vierge Amérique qu'il a sillonnés. Et toujours, il se retrouve dans la proximité de son Créateur en méditant sur ce qu'il observe. Les scientifiques d'aujourd'hui sont-ils capables d'une telle poésie dans la description de leur découverte ou dans l'observation qu'ils font de la nature ? le style De Chateaubriand a été perdu depuis longtemps, mais il s'est trouvé des savants de grand renom pour dispenser un peu de poésie au vulgum pecus dont je suis. Il me souvient avoir entendu Hubert Reeves qualifier l'univers de « grande pensée ». J'ai trouvé cela très beau. L'astronomie se prête au rêve et à la poésie. Elle rapproche du divin, aussi. Tout naturellement, il en vient à glorifier Dieu dans la merveilleuse constitution de l'homme. Et pour cela il convoque Cicéron qui s'émerveillait de nos sens et de nos organes physiques absolument propres à leur destination. Et il nous livre en même temps l'exclamation admirative d'un Galien qui, laissant glisser son scalpel, s'écriait : « Ô toi qui nous as faits ! En composant un discours si saint, je crois chanter un véritable hymne à ta gloire. Je t'honore plus en découvrant la beauté de tes ouvrages, qu'en te sacrifiant des hécatombes entières de taureaux, ou en faisant fumer tes temples de l'encens le plus précieux. La véritable piété consiste à me connaître moi-même, ensuite, à enseigner aux autres quelle est la grandeur de ta bonté, de ton pouvoir, de ta sagesse. Ta bonté se montre dans l'égale distribution de tes présents, ayant réparti à chaque homme, les organes qui lui sont nécessaires ; ta sagesse se voit dans l'excellence de tes dons ; et ta puissance, dans l'exécution de tes desseins. » Voilà, tout le sel que je trouve au contact des grands écrivains qui élèvent notre âme et nous extraient de cette médiocrité culturelle moderne. Il faut lire Chateaubriand pour se ressouvenir des métamorphoses d'Ovide, des textes de Virgile et d'Homère, des mythes oubliés, des belles aventures scientifiques du passé si élégamment racontées. Bon, me voici au début d'un livre nouveau, le sixième qui traite de l'immortalité de l'âme. A la prochaine…Donc. Pat + Lire la suite