Rudolf Steiner, Carl Gustav Jung, Hermann Hesse : Passeurs entre Orient et Occident : Intégration et transformation des savoirs sur l'Orient dans l'espace germanophone (1890-1940)


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Rudolf Steiner, Carl Gustav Jung, Hermann Hesse : Passeurs entre Orient et Occident : Intégration et transformation des savoirs sur l'Orient dans l'espace germanophone (1890-1940) - Rudolf Steiner (1861-1925), Cari Gustav Jung (1875-1961), Hermann Hesse (1877-1962) : trois grandes figures de passeur entre Orient et Occident, trois précurseurs du dialogue inter-culturel au début du XXe siècle. Telle est la thèse centrale de cet ouvrage, qui se propose de rapprocher des auteurs aussi différents que le fondateur de l'anthroposophie, l'initiateur de la psychologie des profondeurs et le Prix Nobel de littérat...

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Détails Rudolf Steiner, Carl Gustav Jung, Hermann Hesse : Passeurs entre Orient et Occident : Intégration et transformation des savoirs sur l'Orient dans l'espace germanophone (1890-1940)

Le Titre Du LivreRudolf Steiner, Carl Gustav Jung, Hermann Hesse : Passeurs entre Orient et Occident : Intégration et transformation des savoirs sur l'Orient dans l'espace germanophone (1890-1940)
AuteurAurélie Choné
ISBN-102868203965
EditeurPresses Universitaires de Strasbourg - PUS
Catégoriesinitiatique
Évaluation du client5 étoiles sur 5 de 1 Commentaires client
Nom de fichierrudolf-steiner-carl-gustav-jung-hermann-hesse-passeurs-entre-orient-et-occident-intégration-e.pdf
La taille du fichier19.17 MB


28 septembre 2014
L'Orient a souvent servi de contrepoids à l'Occident, à une modernité perçue comme une aliénation, avec un culte de la raison et du progrès aboutissant à un mercantilisme presque exclusif et un sentiment de vide face au réel. L'Orient fut donc pour beaucoup une source d'inspiration. Aurélie Choné s'intéresse ici à la réception des savoirs de l'Orient, surtout ceux concernant l'Inde et la Chine, et dans une moindre mesure le Japon, au sein de l'espace germanophone, à travers trois figures et trois parcours, de Rudolf Steiner, de C.G. Jung et de Hermann Hesse, avec pour précurseurs les Romantiques (c'est à cette époque qu'il y eut de l'Anglais une première traduction en latin de la Bhagavad gîtâ) et la Naturphilosophie de Goethe. Hesse et Jung, en plus de l'Inde, découvrirent la pensée chinoise : le confucianisme mais aussi le Tao et le Yi King. Cette rencontre de l'Orient s'accompagna, chez ces trois auteurs, de la tradition ésotérique occidentale. On sait la place qu'accorda, par exemple, Jung à la gnose et à l'alchimie. Les spiritualités de l'orient semblaient proposer une unité, un retour à des énergies primordiales, un pouvoir de transformation qui manquaient à un occident aux savoirs de plus en plus abstraits et spécialisés, une façon donc de renouer avec la vie. + Lire la suite

17 janvier 2016
La publication de la thèse d'Aurélie Choné intéressera à la fois le germaniste, l'historien des idées et le sociologue des religions. L'auteur, germaniste de formation, propose un voyage dans l'Allemagne du début du xxe siècle, à la rencontre de trois auteurs, Rudolf Steiner, Carl Gustav Jung et Hermann Hesse. Elle s'interroge sur l'intégration et la transformation des savoirs sur l'Orient dans chacune de leurs oeuvres. La comparaison entre leurs trois domaines de prédilection, respectivement l'ésotérisme, la psychologie des profondeurs et la littérature, ouvre des perspectives intéressantes quant à l'étude de l'orientalisme. Reprenant les conclusions de l'inévitable ouvrage d'Edward Said, Aurélie Choné jette un regard pénétrant sur la place réservée à l'altérité orientale chez les trois auteurs. Afin de réduire quelque peu son sujet, elle limite sa recherche à trois religions différentes : l'hindouisme, le bouddhisme et le taoïsme et étudie leur réception dans un parcours en trois temps. 2/Dans la première partie, A. Choné contextualise le vaste sujet qui l'intéresse. Décrivant avec minutie les sources de savoirs sur l'Orient, accessibles entre la fin du xixe siècle et le début des années cinquante, elle dresse un tableau complet des connaissances inévitablement partielles de l'Orient possédées par les trois auteurs. Dépendant des traductions, ils ont acquis une connaissance relativement vaste des textes orientaux qui leur étaient accessibles. La recherche entreprise par l'auteur dans leur bibliothèque personnelle permet de cerner leur intérêt personnel : la Bhagavad-Gîtâ pour Steiner, le Bardo Thödol (livre tibétain des morts) pour Jung et le Yi King pour Hesse, sont autant d'ouvrages présents et activement utilisés. Des orientalistes les plus fameux de l'école allemande, comme Deussen et von Schröder, des philosophes comme Schopenhauer, le Bouddha de Francfort, ou Eduard von Hartmann, l'inventeur de l'inconscient, côtoient dans ces bibliothèques les sources moins académiques que sont les ouvrages de la théosophe Helena Petrovna Blavatsky ou d'Edouard Schuré. La science et l'ésotérisme se rapprochent donc et A. Choné montre bien l'extrême importance de l'ésotérisme, et principalement de la Société théosophique, dans la réception des religions orientales. Malgré ce point commun, les trois auteurs développent des conceptions différentes de l'Orient. Chez Steiner, il s'agit d'un occultisme christocentré cherchant à contrer l'orientalomanie de la Société théosophique ; chez Jung, l'Orient permet de penser un inconscient détaché de la libido freudienne et de consommer la rupture avec le psychologue autrichien. Enfin, chez Hesse, A. Choné distingue chronologiquement une phase indienne, une phase chinoise et une phase de fusion entre l'Orient et l'Occident. Les réflexions de l'auteur, sur le milieu d'origine bourgeoise d'où sont issus Jung et Hesse et sur le milieu favorisé de « recrutement » des adeptes de Steiner et de Jung, intéressera particulièrement le sociologue Ces prémisses permettent à l'auteure d'aborder plus précisément les formes d'intégration de l'Orient dans les travaux des trois auteurs. 3/Dans sa deuxième partie, l'auteur isole les notions orientales les plus fréquentes et analyse les usages qu'en font Steiner, Jung et Hesse. Ils s'inspirent tous trois des concepts de Brahman hindou et de Tao chinois pour penser l'unité du monde et l'illusion que représente le monde physique chez Steiner ou la vie consciente chez Jung. La théorie de la réincarnation connaît de même un succès certain chez chacun d'entre eux mais se heurte au refus de la dissolution de l'individu que constitue, pour eux, le nirvana et à l'interprétation schopenhauerienne du pessimisme bouddhique. Enfin, A. Choné montre l'ancrage occidental des auteurs, qui implique une sacralisation de l'individu et son inscription dans une nécessaire évolution. 4/Dans la dernière partie, l'auteure conclut que l'Orient permet aux trois philosophes de se réapproprier l'héritage ésotérique européen. L'exemple du Yoga qu'elle développe est convaincant : les trois auteurs donnent chacun une place centrale à la méditation. Néanmoins Steiner et Jung affirment l'inadéquation de cette technique à l'homme occidental. C'est pourquoi le premier développe une forme de méditation « rosicrucienne » et le second affirme « l'Occident produira au cours des siècles son propre yoga et il le fera sur la base donnée par le christianisme » (p. 324). En outre, Jung s'appuie largement sur l'héritage alchimique pour développer ses archétypes et la littérature de Hesse est influencée par la tradition mystique et gnostique chrétienne. Les trois auteurs instrumentalisent l'Orient à des fins ésotérique, psychologique et esthétique dans une « production créatrice » qui reste tout à fait originale. A. Choné finit par décrire plusieurs types de phénomènes à l'oeuvre dans la réception de l'Orient qui, de l'attraction à l'omission en passant par le syncrétisme, permettent de donner un aperçu de la complexité de la rencontre Orient/Occident. 5/Cet ouvrage est placé sous le signe de la fascination pour ces trois auteurs. Il est remarquable par l'immensité du travail fourni pour décortiquer l'oeuvre foisonnante de chacun d'entre eux et illustre et théorise les réflexions sur le syncrétisme et le bricolage qui jalonnent l'histoire de la sociologie des religions. Sans ignorer les travaux contemporains sur ce sujet, A. Choné ajoute, par l'interdisciplinarité de sa recherche, un point de vue novateur en permettant la contextualisation d'un certain nombre de phénomènes sociaux contemporains. Acheter du pain biodynamique, assister à une séance d'art thérapie et finir sa journée en se plongeant dans les romans initiatiques de Hermann Hesse trouve sa source dans la pensée féconde de ces trois penseurs germanophones. Lien : https://assr.revues.org/22694 + Lire la suite