Le Duel


Livres Couvertures de Le Duel
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Le Duel - Cette affaire absurde allait ruiner sa réputation de jeune officier sensé, bien élevé et plein d'avenir. Elle nuirait en tout cas à son avancement immédiat, et lui coûterait la bienveillance de son général. Ces préoccupations d'ordre matériel étaient sans aucun doute déplacées étant donné la solennité de l'instant. Un duel, considéré comme une cérémoni...

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Détails Le Duel

Le Titre Du LivreLe Duel
AuteurJoseph Conrad
ISBN-102869307020
EditeurPayot et Rivages
Catégoriesalbum
Évaluation du client4.09 étoiles sur 5 de 37 Commentaires client
Nom de fichierle-duel.pdf
La taille du fichier21.67 MB


19 mai 2017
Loin des aventures maritimes (Typhon, le nègre du Narcisse) qui rendirent célèbre l'écrivain d'origine polonaise Joseph Conrad, ce court roman est un chef d'oeuvre. Alliant une remarquable connaissance de l'épopée napoléonienne à une maîtrise avérée du suspens, Joseph Conrad nous tient en haleine sur la seule trame d'une opposition aussi tenace que stupide entre deux soldats de l'Empire. Sous la légèreté de ce thème principal se révèle toute la bêtise agressive des hommes voués à s'entre-tuer que ce soit à l'échelle des nations ou à celle plus intime d'une querelle de hussards. La raison n'a pas plus de prise sur Feraud, le gascon borné que sur D Hubert, l'aristocrate. L'honneur sert de code et de justificatif à leurs assauts de testostérone. Ignoré, oublié des critiques qui ont pensé ce roman comme mineur dans l'oeuvre géniale de Conrad, il faut lui rendre sa juste place. L'immense talent de l'écrivain ne le fait pas tomber dans le piège commun de faire vivre des hommes du XIXe siècle avec nos sentiments et réactions du XXe. La reconstitution de l'époque est parfaite, le récit fluide et intelligent fait songer aux meilleurs contes De Maupassant ou de Daudet. Enfin, je ne peux que recommander la vision du film de Ridley Scott : « Duelliste » tiré de l'ouvrage qui l'illustre et le magnifie à merveille. Harvey Keitel et Keith Carradine incarnant idéalement les personnages forts de Conrad. + Lire la suite

18 novembre 2017
Le thème du duel inspire une des meilleures nouvelles du Joseph Conrad. Le cinéaste Ridley Scott en a tiré son excellent film « Les duellistes ». Mais l'original vaut encore mieux que le produit dérivé. Conrad raconte, à propos de sa nouvelle, qu'il en a trouvé l'idée dans un fait divers, lu dans un journal du Midi de la France. Le motif de la série de duels entre ces deux officiers de la grande armée n'avait jamais été éclairci. « Il me restait donc à l'imaginer, » écrit Conrad, « et je crois qu'étant donné les caractères respectifs des deux officiers, qu'il me fallait également inventer, je l'ai rendu suffisamment plausible par son absurdité même ». Il veut saisir « l'esprit d'une génération que le grand fracas des armes ne fit jamais purement militariste, et qui resta juvénile, presque enfantine dans l'exaltation des ses sentiments, naïvement héroïque dans sa foi. ». Il en tire un récit très dense qui permet de comprendre, au delà de l'absurdité de la querelle, son ressort intime : l'opposition entre l'officier de troupe (Féraud) et l'officier d'ordonnance (d'Hubert). Une sorte de jalousie de classe, que l'on retrouve à l'origine du duel entre Monsieur Georges et le Major Blunt dans "La Flèche d'or ", autre roman de Conrad : « La supériorité, l'inexprimable supériorité, la supériorité inconsciente, indescriptible, infaillible d'un homme du monde, né et absolument accompli, sur un simple jeune homme. Il souriait, plein d'aisance, correct, parfaitement délicieux, à tuer. » (p.212) «Il me vint à l'esprit que jamais je ne pourrai me trouver avec J.-K. Blunt sur un pied d'égalité, si ce n'est peut-être les armes à la main, un pistolet de préférence, qui, agissant à distance, a quelque chose de moins intime, en tout cas une arme quelconque. Car son existence physique celle qu'on pouvait lui enlever, était exactement pareille à la mienne et de la même sorte éphémère » (p. 204). Dans « Le duel », comme dans toute l’œuvre de Conrad, et comme dans les albums de Tintin, par Hergé , il y a de savoureux personnages secondaires. Ainsi ce colonel qui voudrait mettre fin à ces duels incessants entre ses officiers : sa pensée comme son expression se réduisent rapidement à un chapelet de gros mots - à la manière du capitaine Haddock : « ...le colonel avança la lèvre inférieure, fixant au loin un regard immobile. C'était là chez lui marque de perplexité, expression pratiquement inconnue à son régiment, car la perplexité est un sentiment incompatible avec le grade de colonel de cavalerie. lLe colonel quant à lui était accablé par la nouveauté déplaisante d'une telle sensation. Comme il n'était pas habitué à réfléchir, en dehors de questions professionnelles, ayant trait au bien-être des hommes et des chevaux et de leur bonne utilisation sur le champ de gloire, ses efforts intellectuels dégénéraient en une simple répétition d'expressions impies: "Mille tonnerres !... pensait-il. Sacré nom de nom...". » Mais Conrad sait aussi prendre de la hauteur pour inscrire son récit dans l'Histoire. Par l'incipit : « Napoléon Ier dont la carrière eut la caractère d'un combat singulier contre l'Europe entière... », et aussi par l'entrelacement alterné de la querelle des nations avec la querelle des deux officiers : « Quand pour un moment cessait le duel entre nations, le duel entre eux prenait aussitôt le relais. » note J.-B. Pontalis (Pile et face de X. L'objet de la jalousie , Cahiers pour la psychanalyse). Comme l'a justement noté Pierre Assouline, dans une chronique de sa "République des livres", il faut lire et relire "Le duel", l'un des meilleurs textes de Conrad. Un texte où il n'est pas un seul instant question de marine, de navire ou de mer ... Lien : https://diacritiques.blogspo.. + Lire la suite

02 novembre 2014
La postface est intéressante, Joseph Conrad explique comment il a eu l'idée de cette nouvelle. Bien que les personnages principaux soient des hussard de Napoleon, Joseph Konrad est très peu loquasses sur la techniques du sabre ou des conquêtes Napoléonienne. C'est une nouvelle virile où seul l'honneur compte, Joseph Konrad a réussi un pamphlet contre les militaires.