Cosmopolis


Livres Couvertures de Cosmopolis
3.17 étoiles sur 5 de 235 Commentaires client

Cosmopolis - 4° de couverture: (Edition source: Actes Sud, Lettres anglo-américaines - 09/2003) New York, avril 2000. Bloqué dans sa somptueuse limousine par un embouteillage géant qui paralyse Manhattan, Eric Packer, golden boy de vingt-huit ans, assiste au crépuscule du système qui a porté sa compagnie au firmament de la galaxie Wall Street. Les yeux rivés sur les cours d'une monnaie dont il a parié la chute et qui remonte contre to...

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Détails Cosmopolis

Le Titre Du LivreCosmopolis
AuteurDon DeLillo
ISBN-102330099746
EditeurActes Sud
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.17 étoiles sur 5 de 235 Commentaires client
Nom de fichiercosmopolis.pdf
La taille du fichier29.35 MB


21 octobre 2014
Cosmopolis, par Don DeLillo. Éric Packer est un golden boy, un homme de la finance, au faîte de sa richesse et de sa puissance. Il a 28 ans et un appartement qui a autant de pièces, avec un requin dans un bassin et une piste d'atterrissage sur le toit. Intelligent, cynique, il n'en est pas moins insomniaque et n'est pas épargné par des doutes, une certaine morosité, des pressentiments. Dans sa limousine, entouré de gardes du corps, il donne le change, séduit physiquement ou intellectuellement par ses collaboratrices, sa garde du corps et même sa fraîche épouse, Élise. Tout au long de cette journée d'avril 2000 où il circule dans New-York, il croisera cette dernière, par hasard ou non, et s'en rapprochera, scellant son destin au sien. Leurs rencontres insolites sont une des énigmes de ce roman. La limousine d'Éric, luxueuse, est bardée d'écrans, d'infos, de graphiques, de caméras. Observé depuis son bureau, informé qu'il est sous le coup d'une «menace crédible» (d'être assassiné), il suit le cours du yen qui n'arrête pas de monter, contre toute logique. Ce jour, la ville est en effervescence, on circule au pas, il est question du passage du Président, mais on assiste plutôt à une révolte populaire anarchiste qui prend la limousine pour cible. On traverse New-York, ses quartiers, ses lieux branchés, ses zones délabrées et sa misère, et puis un défilé mortuaire imposant, une star du rap d'inspiration soufie venant de mourir. Comme une prémonition pour Éric. Celui-ci, qui pleure alors, n'est pas la machine sans âme que l'on pouvait croire, dans un jugement trop rapide. Éric, sous le coup de sa «menace crédible», sait que son heure approche, mais il est obsédé par le besoin de se faire couper les cheveux, ou par les femmes, ou par le désir d'être dépossédé, ruiné : son pari que le yen va enfin chuter est perdu, les devises s'effondrent, les banques font faillite en masse. Il achète frénétiquement tout le yen qu'il peut, jusqu'à faire fondre ses fonds et ajouter au grand désordre monétaire. Il perd sa fortune et celle de sa femme. L'a-t-il fait exprès ? Il avait exprimé sa volonté d'accéder à une sorte de pureté, de dépouillement. On comprend qu'on affaire à un personnage désabusé, mélancolique, qui s'interroge sur son destin et celui du monde, qui cherche le sens des choses, des mots, des actions, qui flaire sa fin, la comprenant comme un aboutissement. N'espère-t-il pas plutôt une renaissance ? Don DeLillo est un auteur complexe, laissant toujours planer un certain mystère, à l'aise dans le malaise, essaimant interrogations, dialogues surréels, formules tranchantes en apparence définitives ou au contraire débouchant sur un vide inquiétant. Cet auteur est à la poursuite de fantômes : il ne raconte pas une histoire, n'écrit pas un roman avec des personnages aux contours nets et une intrigue ficelée, la construction du récit, le texte sont criblés de séquences et de propos énigmatiques. Don DeLillo écrit une dramaturgie, à thème qui plus est. de quel thème s'agit-il donc ? Eric et sa trajectoire tragique ne sont pas seulement un prétexte à produire du vague à l'âme, pas plus que New-York, la limousine, les gardes du corps, et moins encore les spéculations financières. Cosmopolis est une dénonciation du capitalisme mondialisé dont il anticipe les crises à venir, d'un système déshumanisé, technologique qui mène au chaos, à la révolte, à la mort. L'ostentation du comportement du personnage principal, ses saillies provocatrices, la profusion de scènes violentes, l'alternance avec des séquences sexuelles, tout cela pourrait laisser le sentiment d'une subversion à bon compte littéraire, convenue, voire grossière, mais je préfère retenir les effets de l'écriture, le côté hagard, halluciné, onirique, le style haché, sec, ébauché et ouvragé à la fois. le lecteur peut être laissé en plan, il est quand même tout le temps rattrapé, comme au sortir d'un rêve. Un roman saisissant. + Lire la suite

21 octobre 2014
Un escalier menait à la galerie du premier étage, et une femme était assise sur les marches, elle, sans confusion possible. On discernait une certaine qualité dans sa posture, une légèreté de maintien, et puis il vit qui c'était. C'était Élise Schifrin, sa femme qui lisait un livre de poésie. Il dit : "Récite-m'en un." Elle leva la tête et sourit. Il s'agenouilla sur la marche au-dessous d'elle et posa les mains sur ses chevilles, admirant ses yeux laiteux au-dessus du bandeau du livre. "Où est ta cravate ? dit-elle. –J'ai eu mon check-up. Vu mon coeur sur un écran." Il glissa ses mains le long des mollets jusqu'aux creux derrière les genoux. "Je n'aime pas dire ça. –Mais. –Tu sens le sexe. –C'est le rendez-vous avec mon médecin que tu sens. –Je sens le sexe sur toute ta personne. – C'est quoi. C'est la faim que tu sens, dit-il." + Lire la suite

30 juillet 2013
Ouvrage Visiblement Non Identifié… Est-ce un roman d'anticipation ? Ou bien un roman noir ? Ou peut-être tout simplement, cet OVNI littéraire n'appartient-il à aucun genre ? Concernant le contenu proprement dit de ce roman américain, « On Visite New Iork » sans Y caractériserait plutôt bien cet ouvrage de DeLillo sachant que de nombreuses rues de New York sont interdites à la circulation aujourd'hui pour cause de visite présidentielle. Non, non, Don DeLillo n'a pas écrit sur le président des Etats-Unis mais sur un Golden Boy de la finance. Eric Packer, vingt-huit ans, dirigeant de sa société, quitte son immeuble luxueux de Manhattan par un des ascenseurs diffusant une musique d'ambiance au piano et s'engouffre dans une limousine blanche pour la journée. Direction… on ne sait pas bien en fait ? Mais pourquoi donc Eric veut affronter les embouteillages annoncés aujourd'hui ? Quelle mouche l'a piqué ce matin au point de ne plus écouter les conseils de ses collaborateurs ? Eric va-t-il bientôt courir le marathon de New York et pour ce faire doit-il mémoriser le parcours en suivant la ligne bleue (la ligne idéale à suivre) ? Non, Eric ne m'a pas l'air très sportif. Autre supposition ! Eric a une rage de dent et doit trouver un dentiste en plein mois d'aout ? Non, mais Eric va tout de même de procéder à un check-up médical complet dans sa limousine pour parer à tout risque sanitaire. Hum, hum… Plus surprenant encore … Eric aurait-il les cheveux ébouriffés depuis qu'il a misé un énorme paquet de pognon sur la baisse du yen alors que l'indice nippon n'arrête pas de monter ? Eric se trouverait-il donc dans un besoin urgent de faire appel à un coiffeur japonais ? Ha, bien sûr, j'exagère un tout petit peu la situation mais je ne suis pas si loin que ça de la vérité. Prétextant le coup du coiffeur, Eric ne se prive de quelques petites incartades infidèles malgré les nombreuses rencontres plus moins fortuites qu'il aura aujourd'hui avec sa femme Elise ? Désolé, mesdames, mais je dois avouer qu'Eric a une vision de la femme plus ou moins réduite à un objet sexuel. En résumé, soit il les imagine nues, soit elles finissent dans son lit ! A partir de ce constat, je vous laisse en compagnie d'Eric, son chauffeur Ibrahim Hamadou, et son garde du corps Torval , d'origine Tchec (oui, oui, cela a son importance !), pour une journée tout frais compris à bord d'un limousine très confortable avec un max de gadgets électroniques derniers cris. Bon voyage, vous avez 24 heures, c'est parti ! Initialement, je souhaitai découvrir Don Delillo par « Libra » et je me suis reporté sur « Cosmopolis » faute de l'avoir trouvé. Même si cet ouvrage est assez controversé comme l'est l'adaptation du film de Cronenberg sorti en 2010, j'étais décidé à me faire ma propre opinion de ce livre plutôt court dont le titre est accrocheur. Cosmopolis, rédigé avant la crise de 2008, dénonce la froideur absolue de la finance à travers le portrait d'un homme dont la vie bascule en une seule journée. Pour comprendre pleinement « Cosmopolis », dont le style de l'écriture est plutôt remarquable, je pense qu'il faudrait le lire plusieurs fois afin d'assimiler les nombreux passages du livre plutôt complexes. Malheureusement, je n'ai pas été suffisamment séduit par l'ouvrage pour me lancer dans une nouvelle lecture hormis le début avant le trajet en limousine. Bien qu'il y ait de nombreux personnages et beaucoup d'événements sur le trajet d'Eric et sa limousine, je suis resté bien trop souvent un passager clandestin de ce récit et je n'ai pas réussi à avoir la moindre empathie pour ce personnage vraiment inhumain et puant la décharge sexuelle comme le dit sa femme, pourtant encore vierge semble t-il. Cela étant dit, cette lecture reste une découverte originale et plutôt mystérieuse. Pour les amateurs de Robin Cook, j'ai noté une coïncidence troublante avec la scène finale de « J'étais Dora Suarez » dans un contexte évidemment très différent. Je vous souhaite une bonne ballade à travers New York si la lecture de Cosmopolis vous en dit et pour ma part, je retenterai l'aventure avec Don en croisant Libra, oh plutôt les doigts que ma prochaine rencontre avec l'auteur américain soit meilleure qu'avec cet OVNI littéraire… + Lire la suite