Moll Flanders


Livres Couvertures de Moll Flanders
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Moll Flanders - Heurs et malheurs de la fameuse Moll Flanders - 4e de couverture : "Femme de mauvaise vie? De petite vertu? Voleuse impénitente ? Rarement créature connaît dans son existence autant de revers que Moll Flanders. Elle a de qui tenir. Sa mère l'abandonne à six mois avant d'être " déportée aux plantations ". Recueillie par des bohémiens, elle vagabonde avec eux avant de caracoler au bras de ses cinq maris. Ceux-ci n'ont qu'une solution : mourir ou la laisser tomb...

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Détails Moll Flanders

Le Titre Du LivreMoll Flanders
AuteurDaniel Defoe
ISBN-102070371093
EditeurGallimard
Catégoriesroman d'aventure
Évaluation du client3.4 étoiles sur 5 de 105 Commentaires client
Nom de fichiermoll-flanders.pdf
La taille du fichier29.21 MB


06 mai 2014
Fastidieuse fut ma lecture, courte sera ma critique. Paradoxe. Il y aurait pourtant tant à dire* sur cette oeuvre écrite par un homme mais retraçant l'existence d'une femme. Une femme du XVIIème siècle. Comment ça, vous n'avez aucune idée de comment vivait une femme au XVIIème siècle ? En fait de vie, parlons plutôt de survie. Et oui, l'émancipation de la femme est une fraîche fleur printanière au regard des millénaires pendant lesquels les femmes furent pour la plupart totalement dépendantes de l'homme. Père puis mari. Une dépendance financière et matérielle qui poussera naturellement Moll Flanders, notre "héroïne", à jouer à saute-mari comme d'autres jouent à saute-monton. Des hommes, il en est passé quelques uns dans sa vie, dans son lit, dans ses secrets ! Heurtée, généralement malheureuse, rarement heureuse, Moll Flanders est toujours légitimement préoccupée par l'aspect pragmatique de l'existence et le besoin d'assurer l'avenir proche, ce qui la rend complètement antipathique et pas du tout attachante même si on conçoit ses raisons. Le récit de Defoe n'est pas aisé à lire, c'est en tout cas mon opinion. C'est un roman chronologique encombré de longueurs, on a la "boussole à maris et à enfants" qui se dérègle au fur et à mesure que la lecture avance, alternant passages pesants et passages plus fluides. Je pense que je garderai peu de souvenir de cette expérience littéraire hormis sans doute cette impression assez vague et grise d'avoir touché du doigt la misère sociale et morale dans laquelle fut plongée la moitié de l'humanité pendant des siècles. * Je vous invite à lire notamment l'excellente critique circonstanciée de Parthenia. + Lire la suite

25 mai 2017
Mollflanders érige tragiquement les conditions des femmes au XVIIe Siècles comme des êtres dépendants non seulement aux hommes mais aussi aux lois de la société. Elles sont outrageusement exposées à toute forme de vice quand déjà la naissance ne leur garantie aucune niche où recourir en cas de déboires. Moll flanders est une femme dont le destin s'est joué dans tous les sens. Épouse sept fois, mère douze fois, elle trimbale sa vie comme un cours d'eau qui ne fait que suivre naturellement le chemin qu'on lui a imposé. Elle est la reine de la poisse. Partout où elle foule son pied, la poisse l'y attend, et ça ne frappe que de grands coups. Si ce n'est pas un mari qui meurt, ça sera un amant attentionné qui tombe sérieusement malade jusqu'à se repentir de ses actes d'adultère. Si ce n'est pas que le nouveau mari est n'est qu'un filou, alors ça sera un mari dont on va découvrir les liens de parenté de la manière la plus criarde, un mari qui n'est que son propre frère. Face à cette vie de vicissitude, Moll Flanders ne s'en démet pas, elle se laisse à chaque fois prendre dans ce piège du destin qu'elle nous relate sous forme d'un repentir comme si elle n'avait pas le choix. Daniel Defoë y met trop d'affliction pour dépeindre les malheurs de la femme des siècles passés. Il en fait un peu trop au point que l'intrigue devient beaucoup plus emphatique. Le livre est saisissant au début mais après, on s'égare un peu. L'héroïne est, certes, une femme dont la beauté impressionne même au delà de ses quarante ans, et elle est d'un moral de fer qu'elle trouve toujours un moyen de remonter dans sa chute mais c'est un personnage tellement glissant qu'on ne saurait la saisir, ni s'attacher à elle. Elle coule comme son histoire coule, au fil des pages, on oublie déjà tout, on l'oublie, elle et son histoire. A chaque fois, on a l'impression d'avoir affaire à une inconnue et à une nouvelle histoire! + Lire la suite

02 mai 2014
L'histoire est racontée sur le mode des confessions d'une femme, connue sous le nom d'emprunt de Moll Flanders. La narratrice nous brosse le portrait édifiant de ses différents heurs et malheurs et nous fait part de ses expériences de voleuse dans les bas-fonds londoniens. Car une femme sans époux, sans argent et sans relations dans cette société du XVIIIè siècle est malheureusement condamnée à une vie de larcins et de prostitution pour survivre ! De sa naissance dans la prison de Newgate à son ascension au statut de riche propriétaire, l'héroïne fait montre de préoccupations farouchement matérialistes, d'une détermination indomptable ainsi que d'un instinct de conservation particulièrement aiguisé. Et croyez-moi, l'héroïne n'avait pas moins besoin de toutes ces qualités pour rebondir à chacun de ses revers de fortune ! Mais jugez vous-mêmes. Née dans une prison d'une mère dont la condamnation à mort est commuée en déportation dans les colonies anglaises, elle est abandonnée aux mains d'une nourrice pauvre mais aimante ; elle reçoit malgré tout une éducation soignée qui lui ouvre les portes d'une riche famille où elle devient dame de compagnie et prend goût à cette vie distinguée, au-dessus de sa condition ; subornée par le fils aîné de la famille, elle est poussée par son amant à épouser le frère cadet ; à partir de là, devenue veuve, elle va s'efforcer de retrouver la sécurité financière par le biais du mariage, mais suite à de malheureuses circonstances, elle fera toujours le choix du mauvais mari... Douze enfants, cinq maris et trois amants plus tard, Moll est encore loin de la sécurité financière et se voit obligée de commencer une carrière de voleuse à l'âge vénérable de 48 ans... Avant de continuer ma chronique, je ne peux m'empêcher de vous dresser la liste de ses grossesses et de ses liaisons amoureuses (ou pas) dans l'ordre chronologique, car il faut la suivre, la demoiselle : Amant n°1 est donc, comme mentionné plus haut, l'héritier d'une famille aristocratique qui lui promet le mariage pour mieux la mettre dans son lit et la pousse ensuite à épouser son frère ; à cette époque, Moll s'appelle Betty ; Mari n°1 est donc Robin, le frère du goujat (profitez de ce détail, car si dans l'histoire les personnages abondent, très peu sont nommés, même les plus importants) ; le mariage dure 5 ans et s'achève avec la mort du mari ; l'héroïne ne cache pas son soulagement sur le fait que "[ses] deux enfants [lui] furent heureusement ôtés de dessus les bras par le père et la mère de [son] mari." (page 49-50) Mari n°2 est un gentilhomme marchand, qu'elle choisit, éblouie par son titre, poussée par la vanité alors que la prudence lui eût commandé de se marier à un honnête travailleur ; en effet, elle dépense sans compter pour le plaisir de son ruineux mari qui finit par s'exiler à l'étranger pour échapper à ses créanciers et à la prison ! L'enfant qu'elle a eu de lui est mort... Mari n°3 la connaît sous le nom de Mme Flanders (elle est obligée de changer de nom pour convoler en justes noces car son 2è mari est toujours vivant !) et l'épouse en la croyant dotée d'une confortable somme d'argent ; mais comme il est sincèrement amoureux d'elle, il lui pardonne cette déconvenue ; ils sont obligés de rejoindre la plantation du mari en Virginie où notre infortunée héroïne se rend compte, après avoir eu de lui 3 enfants, que son mari est en fait son demi-frère... Elle le quitte pour revenir en Angleterre ; Amant n°2 vit avec elle une longue histoire d'amour et l'entretient pendant 6 ans durant lesquels elle lui donne 3 enfants ; elle est à nouveau obligée de prendre un nom d'emprunt, milady Cleave, pour pouvoir accoucher "honorablement" ; à 42 ans, elle est contrainte de tout recommencer à zéro, quand son protecteur décide de se repentir de sa vie débauchée ; Mari n°4, prénommé Jemmy, est un aristocrate irlandais, qu'elle croit riche (lui aussi la croit riche) ; le mariage tourne court quand ils se rendent compte qu'ils se sont mépris sur leur richesse respective ; ils se séparent en bons termes, mais sans le savoir, il lui a laissé comme cadeau un polichinelle dans le tiroir, qu'elle est obligé d'abandonner pour s'unir à Mari n°5, un banquier très amoureux d'elle, qui lui procure pendant 5 ans une vie confortable et deux enfants ; malheureusement, il ne se remet pas de mauvais placements et la laisse à nouveau veuve et sans appui... Puis elle entretient une liaison d'un an avec un gentilhomme, l'amant n°3... Même si j'ai l'air de traiter légèrement les mésaventures maritales de Moll Flanders, j'ai été très sensible au sort injuste qui frappe les femmes seules et démunies. A l'instar de Moll Flanders, elles sont confrontées à un dilemme : une vie de misère ou de famine, ou une vie malhonnête menant immanquablement à la prison ou à la potence. Comme on le voit, les choix sont vite limités pour les femmes de cette époque. C'est donc un roman très instructif sur les moeurs et les coutumes de ce temps. Les femmes sont esclaves de leur corps : la moindre liaison les expose au risque d'une grossesse indésirée ; en outre, chaque logeuse est obligée de déclarer les femmes enceintes et le nom du père ; par chance, Moll Flanders bénéficiera à chaque fois de la solidarité et de la discrétion de ses logeuses qui choisiront de ne pas la dénoncer aux officiers de la paroisse et garderont ainsi sa réputation intacte... Je ne peux m'empêcher de me demander ce que sont devenus tous ces enfants qu'elle a abandonnés dans son sillage... le fait que Moll semble peu affectée par le sort de ses enfants peut nous surprendre et nous décevoir mais il faut remettre les faits dans leur contexte : à l'époque, le taux de mortalité infantile était élevé (d'ailleurs, sur ses 12 enfants, au moins deux sont morts en bas âge) ; de plus, l'histoire est écrite par un homme, et un homme du XVIIIè siècle. Concernant l'héroïne, celle-ci est complexe et ambivalente. Moll n'est pas un personnage très sympathique mais c'est une survivante (on dirait aujourd'hui que c'est une battante), qui ne se résigne jamais à son sort et l'on a donc du plaisir à suivre ses frasques, véritablement palpitantes. Dénuée de tout scrupules, elle n'hésite pas à manipuler les gens, à les gruger ou à leur mentir pour échapper à la misère ; dénuée de tous droits en tant que femme, elle arrive habilement à déjouer le système juridique... J'avoue que lorsqu'elle se lance dans sa carrière de voleuse, je me suis surprise à trembler plusieurs fois pour elle, mais elle fait preuve de tant d'astuce et d'esprit d'à-propos, qu'elle réussit à se sortir de situations extrêmement compromettantes... Moll Flanders ne s'excuse jamais vraiment de cette vie déréglée et hors-la-loi ; ses accès de repentance surviennent généralement quand elle se retrouve en mauvaise posture... Sa pénitence n'est que de surface mais c'est de bonne guerre dans ce monde si peu taillé pour les faibles ! Pour conclure, je remercie Missie de m'avoir permis de découvrir ce livre très intéressant, qui offre un éclairage terrifiant sur les conditions de vie des femmes des classes inférieures. J'ai beaucoup appris sur les techniques astucieuses employées par les voleurs et les receleurs des bas-fonds londoniens pour commettre leurs larcins en toute impunité. Moll Flanders n'est pas une femme très fréquentable, mais on ne peut qu'admirer sa force de caractère, son indépendance, sa débrouillardise et son pragmatisme dans ce monde si peu fait pour les femmes. de plus, j'ai été agréablement surprise par la loyauté dont elle fait preuve envers sa receleuse et son 4è mari... Lien : http://parthenia01.eklablog... + Lire la suite