Ils ne l'ont jamais su


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3.5 étoiles sur 5 de 9 Commentaires client

Ils ne l'ont jamais su - C'est l'autobiographie (partielle) de Marie Didier, l'auteur de Contre-visite et de Dans la nuit de Bicêtre. Son père est tué à la guerre, sa mère devient institutrice et, enfant, elle contracte la tuberculose qui la condamne à un isolement de plusieurs années. Elle fait sa médecine à Toulouse, s'éprend d'un professeur de littérature qui, après sa désertion en opposition à la guerre d'Algérie, connaîtra un temps la prison. Le couple avec leurs deux filles va vivre à...

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Détails Ils ne l'ont jamais su

Le Titre Du LivreIls ne l'ont jamais su
AuteurMarie Didier
ISBN-102072574293
EditeurGallimard
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.5 étoiles sur 5 de 9 Commentaires client
Nom de fichierils-ne-l-ont-jamais-su.pdf
La taille du fichier22.17 MB


14 mars 2015
J’ignore encore à ce moment-là que, tout au long des années qui vont suivre, j’écrirai, sans doute sous différentes formes, toujours le même livre. Chacun d’eux sera en effet traversé par la même question qui attendra toujours la même réponse. Pourquoi, où et comment trouver la joie, la force de rester debout même quand tout s’effondre ? (p.169)

15 mars 2015
J'ai beaucoup apprécié ce récit autobiographique de Marie Didier, dont j'aime les écrits autant que la sensibilité… Comme si avec ce livre… je poursuivais la conversation et les confidences auprès d'une amie.l Marie Didier nous offre des éclats de vie…entre son enfance et son présent, les rencontres, les visages, les sourires, les présences du passé qui ont infléchi d'une manière ou d'une autre le cours de son existence, son parcours vers l'écriture, sa pratique de médecin, ses relations à ses patients, ses amitiés avec Claude Roy, Jean Grenier et J.B. Pontalis, ses amours, sa famille, ses filles, ses modèles en littérature comme en médecine, etc. « J'ignore encore à ce moment-là que, tout au long des années qui vont suivre, j'écrirai, sans doute sous différentes formes, toujours le même livre. Chacun d'eux sera en effet traversé par la même question qui attendra toujours la même réponse. Pourquoi, où et comment trouver la joie, la force de rester debout même quand tout s'effondre ? » (p.169) S'il existe une lecture [hormis les écrits de Camus, évidemment !] que je voudrais partager, et faire lire à tous, c'est le sensationnel « Dans la nuit de Bicêtre », sombre et lumineux, tour à tour. Texte dont Marie Didier nous parle abondamment dans ces lignes afin de nous expliquer la genèse de ce très beau livre qui sort de l'ombre un homme modeste, humble ; qui, par son bon sens et son humanité, révolutionnera le sort des « aliénés »… Peu importe à un moment donné… la culture, la position sociale, ou toute autre considération de façade !!! Ce qui prévaut c'est l'intensité de l'humanité inhérente à chaque individu par laquelle il va se dépasser, se révolter, agir…Et c'est le cas de Jean-Baptiste Pussin, qui libérera les « fous de leurs chaînes » ; le mérite en sera attribué ensuite à Pinel, dans la postérité ! Dans ces réminiscences, Marie Didier nous parle également de ce temps qui passe inexorablement ! Même si ces passages sur l'approche, la venue de la vieillesse sont très forts, je regrette un « petit peu » que l'auteure achève son récit sur les ravages de l'âge… comme si nos écrivains de prédilection, comme nos proches, nos amis, nos amours…nous refusions de les voir changer, souffrir, vieillir !... « Elle (la vie) est là, dans la solitude qu'on ne refuse plus. On est rentré au port, bateau usé, cabossé, proue éraflée, peinture délavée, moteur en panne. Vieux rafiot oui, et cependant frères des autres navires rutilants de leur peinture neuve, au repos près de lui. Nous sommes tous ensemble, et les vieux et les jeunes, bercés par la même violence et la même douceur du ressac de la mer et ensemble inondés par le même éblouissement de la lune d'hiver » (p.190-191) Une lecture des plus touchantes d'une militante au parcours incroyable : femme-médecin, engagée envers ses malades, et plus particulièrement les gitans, communauté pour laquelle elle se battra comme médecin-gynécologue et femme…aux nombreux textes de qualité, reliés très souvent à sa pratique médicale, dans une forme et un contenu très critiques, regorgeant de sensibilité, d'empathie (dont l'un de ses 1ers écrits, « Contre-visite » défendu par J.B Pontalis)…et surtout…EXCUSEZ mon insistance … « dans la nuit de Bicêtre » qui est une vraie pépite, à tous points de vue…il demeure dans les livres que j'emporterais sur une île déserte !! + Lire la suite

12 février 2015
Sur le moment, on ne se le formule pas toujours aussi clairement. Mais chacun sait bien que certaines rencontres, au fil d'une vie, pèseront plus lourd que d'autres quand viendra le moment de se souvenir. Parfois ce sera juste une scène, une phrase attrapée au hasard et qui résonnera longtemps en nous. Un visage, une présence, une voix qui aura modifié notre façon de voir le monde. Apprendre des autres, dans le partage ou l'affrontement, dans l'amour, l'amitié ou la déchirure, c'est ainsi qu'on se construit. Dans l'urgence de la vie, il n'y a guère le temps pour se remémorer et « rendre grâce » comme on disait autrefois. Puis vient un jour où, additions et soustractions effectuées, nous avons envie de payer notre tribut, de nommer ceux et celles à qui l'ont doit d'être encore debout. Debout est un qualificatif qui va bien à Marie Didier. Gynécologue, militante de toujours pour le droit à la contraception et à l'avortement, engagée auprès des populations les plus fragiles, elle s'est installée à Toulouse après avoir commencé sa carrière à Alger dans les années qui ont suivi l'indépendance. Elle publie son premier livre, Contre Visite en 1988, qui relate son quotidien de médecin. D'autres suivront, nommés récits, romans, nouvelles, mais, dit-elle, c'est toujours le même livre qu'elle écrit, à partir des corps, de la chair, glorieuse ou souffrante, la sienne, celle de ses patients. Aujourd'hui paraît chez Gallimard Ils ne l'ont jamais su, fragments d'autobiographie, où enfin Marie Didier peut nommer les hommes et les femmes envers qui elle considère devoir faire acte de reconnaissance. Anonymes ou célèbres, ils ont tous, sans l'avoir su, infléchi le cours de sa vie. (France Inter) + Lire la suite