Humiliés et Offensés


Livres Couvertures de Humiliés et Offensés
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Humiliés et Offensés - Le premier grand roman de Dostoïevski est sans doute l'un des plus destructeurs qu'il ait écrits. C'est bien un sentiment de malaise et d'amertume qui naît de cette histoire dans laquelle le narrateur, un romancier phtisique et solitaire, aime désespérément une jeune fille qui succombe au charme d'un freluquet ; une histoire qui met en scène deux malédictions paternelles pour deux femmes qui ont fauté ; une histoire au bout de laquelle seuls les monstres seront réco...

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Détails Humiliés et Offensés

Le Titre Du LivreHumiliés et Offensés
AuteurFiodor Dostoïevski
ISBN-102742728848
EditeurActes Sud
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.24 étoiles sur 5 de 118 Commentaires client
Nom de fichierhumiliés-et-offensés.pdf
La taille du fichier24.4 MB


05 octobre 2010
Il est des natures, tendres et fines dans leur sensibilité, qui ont parfois comme une espèce d’entêtement, comme une espèce de refus pudique à s’exprimer et montrer leur tendresse, même à l’être qu’ils chérissent le plus, non seulement devant les autres mais aussi en tête à tête ; plus encore en tête à tête ; leurs caresses ne ne jaillissent que de loin en loin, et elles jaillissent encore plus chaleureuses, plus passionnées d’avoir été si longtemps retenues. + Lire la suite

10 juin 2018
C’était une histoire terrifiante ; c’est l’histoire d’une femme abandonnée, qui avait survécu à son bonheur ; malade, épuisée, délaissée de tous ; rejetée par le dernier être en qui elle pouvait espérer – son père, qu’elle avait offensé un jour et qui était, à son tour, devenu fou sous le poids des souffrances insupportables et des humiliations. C’était l’histoire d’une femme poussée au désespoir ; qui errait avec sa petite fille, qu’elle considérait encore comme une enfant, dans les rues froides et sales de Pétersbourg et demandait l’aumône ; d’une femme qui était ensuite restée à mourir pendant des mois entiers dans une cave humide et que son père avait refusé de pardonner jusqu’à la dernière minute de sa vie, un père qui, ne reprenant conscience qu’à la dernière minute, était accouru la pardonner, mais n’avait plus trouvé qu’un cadavre glacé à la place de celle qu’il aimait le plus au monde. C’était le récit étrange des relations mystérieuses, et même à peine compréhensibles, entre un vieillard qui avait définitivement perdu la tête et sa petite-fille, qui le comprenait déjà, qui comprenait déjà, malgré toute son enfance, bien des choses auxquelles d’autres n’arriveront pas en des années entières d’une vie lisse et à l’abri du besoin. C’était une histoire lugubre, l’une de ces histoires lugubres et torturantes qui, si souvent, et sans qu’on les remarque, presque mystérieusement, se jouent sous le ciel lourd de Pétersbourg, dans des recoins obscurs et cachés de cette ville immense, parmi le bouillonnement débridé de la vie, de l’égoïsme obtus, du choc des intérêts, de la débauche la plus ténébreuse, des crimes dissimulés, dans toute l’obscurité de cet enfer d’une vie absurde et anormale… + Lire la suite

25 janvier 2015
J’ai connu jadis une dame qui n’était plus de la première jeunesse : elle devait avoir vingt-sept, vingt-huit ans ; c’était une beauté comme on en voit peu : quel buste, quelle prestance, quelle démarche ! Un regard d’aigle, toujours sévère ; elle était altière, hautaine. On la disait froide comme la glace et elle effrayait tout le monde par sa vertu redoutable et inaccessible. Surtout redoutable. Il n’y avait pas dans tout son entourage de juge plus inflexible qu’elle. Elle condamnait non seulement les vices, mais les plus petites faiblesses des autres femmes, et ceci sans appel. On la révérait. Les vieilles les plus orgueilleuses et les plus terribles parleurs vertu l’estimaient et cherchaient à gagner ses bonnes grâces. Elle regardait tout le monde avec une cruelle impassibilité, comme une abbesse du Moyen Âge. Les jeunes femmes tremblaient devant son opinion et ses arrêts. Une seule remarque, une seule allusion suffisait pour perdre une réputation, tant elle avait pris d’influence sur la société : les hommes même la craignaient. Pour finir, elle s’était jetée dans une sorte de mysticisme contemplatif, toujours calme et dédaigneux… Eh bien ? Il n’y avait pas plus débauchée que cette femme, et j’ai eu le bonheur de mériter entièrement sa confiance. En un mot, j’ai été secrètement son amant [...] La dame en question était si voluptueuse que le marquis de Sade lui-même aurait pu prendre des leçons chez elle. Mais le plaisir le plus aigu et le plus violent de cette liaison était le mystère et l’impudence de la tromperie. Cette façon de tourner en dérision tout ce qu’elle prônait en public comme sublime, inaccessible et inviolable et, enfin, ce rire diabolique et intérieur, cette manière de fouler aux pieds tout ce qui est intangible, et tout cela sans mesure, poussé jusqu’aux derniers excès, jusqu’à un point que l’imagination la plus enflammée ne peut se représenter, c’était en cela que consistait la plus haute jouissance… Oui, c’était le diable incarné, mais il offrait une séduction irrésistible. + Lire la suite