L'Adolescent


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L'Adolescent - Des cinq grands romans de Dostoïevski, L'Adolescent est l'avant-dernier, et aussi le moins connu. Il a pourtant un magnifique sujet, un foisonnement de thèmes, une technique romanesque solide. Le sujet: le passage à l'âge adulte d'un jeune homme ambitieux, malheureux, avide et le conflit entre père et fils. Les thèmes: l'enfant sans bonheur, l'homme fort, l'argent, l'Occident, l'avenir de la Russie, le socialisme, la société future, le mouvement révolutionnai...

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Détails L'Adolescent

Le Titre Du LivreL'Adolescent
AuteurFiodor Dostoïevski
ISBN-102070405524
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.81 étoiles sur 5 de 89 Commentaires client
Nom de fichierl-adolescent.pdf
La taille du fichier24.82 MB


21 août 2017
[...] ... J'ai cette idée que, lorsqu'un homme rit, la plupart du temps il est répugnant à regarder. Le rire manifeste d'ordinaire chez les gens je ne sais quoi de vulgaire et d'avilissant, bien que le rieur presque toujours ne sache rien de l'impression qu'il produit. Il l'ignore, de même qu'on ignore en général la figure qu'on a en dormant. Il est des dormeurs dont le visage reste intelligent, et d'autres, intelligents d'ailleurs, dont en dormant le visage devient très bête et partant ridicule. J'ignore d'où cela vient : je veux dire seulement que le rieur, comme le dormeur, le plus souvent ne sait rien de son visage. Il est une multitude extraordinaire d'hommes qui ne savent pas du tout rire. Au fait, il n'y a pas à savoir : c'est un don qui ne s'acquiert pas. Ou bien, pour l'acquérir, il faut refaire son éducation, se rendre meilleur et triompher de ses mauvais instincts : alors le rire d'un pareil homme pourrait très probablement s'améliorer. Il est des gens que leur rire trahit : vous savez aussitôt ce qu'ils ont dans le ventre. Même un rire incontestablement intelligent est parfois repoussant. Le rire exige avant tout la franchise : où trouver la franchise parmi les hommes ? Le rire exige la bonté, et les gens rient la plupart du temps méchamment. Le rire franc et sans méchanceté, c'est la gaieté : où trouver la gaieté à notre époque et les gens savent-ils être gais ? (Pour ce qui est de la gaieté à notre époque, c'est une remarque de Versilov et je l'ai retenue.) La gaieté de l'homme, c'est son trait le plus révélateur, avec les pieds et les mains. Il est des caractères que vous n'arrivez pas à percer : mais un jour cet homme éclate d'un rire bien franc, et voilà du coup tout son caractère étalé devant vous. Il n'y a que les gens qui jouissent du développement le plus élevé et le plus heureux qui peuvent avoir une gaieté communicative, c'est-à-dire irrésistible et bonne. Je ne veux pas parler du développement intellectuel, mais du caractère, de l'ensemble de l'homme. Ainsi : si vous voulez étudier un homme et connaître son âme, ne faites pas attention à la façon dont il se tait, ou dont il parle, ou dont il pleure, ou même dont il est ému par les plus nobles idées. Regardez-le plutôt quand il rit. S'il rit bien, c'est qu'il est bon. Et remarquez bien toutes les nuances : il faut par exemple que son rire ne vous paraisse bête en aucun cas, si gai et si naïf qu'il soit. Dès que vous noterez le moindre trait de sottise dans son rire, c'est sûrement que cet homme est d'esprit borné, quand même il fourmillerait d'idées. Si son rire n'est pas bête, mais si l'homme, en riant, vous a paru tout à coup ridicule, ne fût-ce qu'un tantinet, sachez alors que cet homme ne possède pas le véritable respect de soi-même, ou du moins ne le possède pas parfaitement. Enfin, si ce rire, quoique communicatif, vous paraît cependant vulgaire, sachez que cet homme a une nature vulgaire, que tout ce que vous aviez remarqué chez lui de noble et d'élevé était ou bien voulu et factice, ou bien emprunté inconsciemment, et que fatalement il tournera mal plus tard, s'occupera de choses "profitables" et rejettera sans pitié ses idées généreuses comme des erreurs et des engouements de jeunesse. ... [...] + Lire la suite

21 février 2015
La quatrième de couverture explique que des cinq grands romans de Dostoïevski, celui-ci est le moins connu. Je trouve cela justifié. Il est le moins intéressant selon moi. Il ne va assez loin dans rien, ni dans la profondeur psychologique des personnages, ni dans leur folie, ni dans la complexité de l'intrigue (qui ne décolle pas et ne passionne pas), ni dans l'approfondissement des thèmes et dans une rhétorique éblouissante. Crime et châtiment me comblait par son intrigue haletante et le regard sur des thématiques universelles, l'Idiot par l'enchevêtrement et l'étrange ambivalence ressentie des personnages, les Possédés par la folie totale du récit et de ses acteurs, et les Frères Karamazov est tout simplement un fabuleux ensemble de tout ce qui fait la force de l'écrivain, profondeur, folie, foisonnement, complexité psychologique de l'être humain, valeurs, réflexions sociétales et j'en passe... Ici, dans cet Adolescent, tout reste finalement assez faible... Ecrit entre les Possédés et Les Frères... il ne peut combler que ceux qui trouvent justement que certains des opus précédemment cités sont un peu "trop". Pour ma part, une franche déception. + Lire la suite

02 mars 2017
Quatrième des 5 romans fleuves de Dostoïvski (paru entre Les démons et Les frères Karamazov) L'adolescent est le moins connu et sans doute le moins lu d'entre eux. L'adolescent du titre, Arkadi Makarovitch Dolgorouki, est le bâtard d'un seigneur, et de la femme d'un de ses serfs, avec laquelle il vit, bien que le mari soit toujours vivant. le livre est le récit fait à la première personne d'un certain nombre d'événements importants arrivés au personnage et à son entourage. Arkadi a peu connu ses parents dans ses jeunes années, il vient vivre avec eux à Saint-Pétersbourg, son bac en poche. le titre est particulièrement bien choisi, car le héros est vraiment un adolescent "typique". En révolte et opposition, voulant régler des comptes, fier, susceptible, mais en même temps pas du tout sûr de lui, et donc parlant haut et fort, aux moments les plus mal choisis, prétentieux et naïf. Il est par moments tout à fait insupportable. L'intrigue est presque encore plus compliquée que dans les autres romans de l'auteur, et il faut s'accrocher un peu pour ne pas s'y perdre, et se retrouver dans tous les personnages. Nous retrouvons comme dans d'autres ouvrages de l'auteur le questionnement métaphysique, les notions de liberté, du mal....L'ouvrage comporte de nombreux aspects biographiques, par exemple des scènes de jeu (roulette). Sans doute moins marquant que d'autres livres de l'auteur, tout au moins pour moi, c'est quand même une lecture très prenante et très dense. Peut-être que le choix d'écrire le roman sous forme d'un journal écrit par le jeune homme n'était pas le meilleur angle possible, car cela est un peu répétitif parfois, et le jeune homme n'étant pas d'une lucidité et pénétration exceptionnelles, certains aspects complexes de la pensée de Dostoïevski ont plus de mal à s'exprimer par sa plume. + Lire la suite