L'Adolescent


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L'Adolescent - Des cinq grands romans de Dostoïevski, L'Adolescent est l'avant-dernier, et aussi le moins connu. Il a pourtant un magnifique sujet, un foisonnement de thèmes, une technique romanesque solide. Le sujet: le passage à l'âge adulte d'un jeune homme ambitieux, malheureux, avide et le conflit entre père et fils. Les thèmes: l'enfant sans bonheur, l'homme fort, l'argent, l'Occident, l'avenir de la Russie, le socialisme, la société future, le mouvement révolutionnai...

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Détails L'Adolescent

Le Titre Du LivreL'Adolescent
AuteurFiodor Dostoïevski
ISBN-102070405524
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.81 étoiles sur 5 de 89 Commentaires client
Nom de fichierl-adolescent.pdf
La taille du fichier24.7 MB


13 février 2016
Il est certaines choses qu'il est presque impossible de raconter. Ce sont précisément les idées qui sont les plus simples et les plus claires qui sont le plus malaisées à comprendre. Si avant de découvrir l'Amérique, Colomb avait voulu raconter son idée aux autres, je suis convaincu qu'on aurait été bien longtemps sans le comprendre. Au fait, on ne le comprenait pas. En parlant ainsi, je ne prétends nullement m'égaler à Colomb, et si quelqu'un tire cette conclusion, il doit en avoir honte et rien de plus. + Lire la suite

05 octobre 2017
Qu'il est curieux de la part d'un écrivain en fin de parcours de choisir pour thème l'entrée dans la vie d'adulte tout en utilisant une écriture à la première personne. N'étant pas à une surprise près concernant les écrivains russes, le parti pris est d'approcher avec méthode l'objet en question. On le soupèse (plus de 600 pages en édition Folio), on le feuillète, on se renseigne en parcourant les pages référencées de Babelio. On hésite. Il est capital de savoir où l'on met les pieds avec ce genre de littérature. Les intrigues s'accumulant et la liste des personnages aux noms aussi douteux qu'impossible à retenir sont autant d'obstacles qu'il convient d'apprécier avec justesse si l'on ne veut pas se retrouver sec au bout de 100 pages. Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé l'intrigue incompréhensible et indigeste. Un jeune homme qui n'a pas été reconnu par son père et ayant été écarté du grand train de la vie bourgeoise se sent humilié et rumine sa vengeance. Dostoïevski articule avec beaucoup d'habileté un récit alambiqué en ménageant des suspenses et en créant beaucoup d'ellipses. C'est brillant mais c'est vraiment trop pesant. Alors autant aller directement au chapitre IV de la deuxième partie, où l'on assiste à une conversation à haute teneur métaphysique entre le jeune héros et son père biologique. Ce passage est un sommet d'espièglerie mordante qui sonde les profondeurs abyssales de l'esprit humain. Là nous touchons du doigt l'âme russe. + Lire la suite

21 août 2017
[...] ... Au moment où je courais, le délire avait certainement commencé, mais je me rappelle très bien que j'agissais consciemment. Seulement, je le dis en toute assurance, tout un cycle d'idées et de conclusions m'était déjà fermé : même à ce moment-là, je sentais à part moi que "je pouvais avoir certaines pensées, et que je ne pouvais absolument pas avoir certaines autres." De même, certaines de mes décisions, quoique prises avec une conscience lucide, pouvaient alors ne pas avoir la moindre logique interne. Bien plus, je me rappelle fort bien que je pouvais à certains moments avoir parfaitement conscience de l'absurdité d'une décision et, en même temps, entreprendre sur le champ et très consciemment sa mise en pratique. Oui, le crime me guettait cette nuit-là et c'est seulement par hasard qu'il ne s'accomplit pas. Subitement me vint à l'esprit le mot de Tatiana Pavlovna sur Versilov : "Qu'il aille sur la ligne Nicolas et qu'il pose sa tête sur les rails : on la lui détachera proprement." Cette pensée domina pour un instant tous mes sentiments mais je la chassai immédiatement et avec douleur : "Poser la tête sur les rails et mourir ? Mais demain on dira : "S'il l'a fait, c'est qu'il a volé, il a eu honte. Non, jamais !" Eh bien, à cet instant-là, je m'en souviens, j'eus tout à coup une étincelle de haine terrible. "Eh quoi ?" me disais-je, "Impossible désormais de me justifier, impossible de commencer une nouvelle vie. Il faut donc se soumettre, faire le valet, le chien, la mouche, le dénonciateur, le véritable dénonciateur maintenant et pendant ce temps me préparer tout doucement et, un beau jour, tout faire sauter, tout anéantir, tout le monde, les coupables et les innocents. Alors tout le monde apprendra brusquement que c'est celui-là qu'on a traité de voleur ... Et alors seulement me tuer." ... [...] + Lire la suite