Les Nuits blanches - Le Sous-sol


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Les Nuits blanches - Le Sous-sol - Les Nuits blanches, c'est d'abord un vrai roman d'amour. Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Petersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d'amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, amoureux depuis le premier instant, le berce - et se berce - dans l'illusion, jusqu'à ce que... le fiancé revienne et qu'elle se jette dans ses bras. Dès lors, comme le note Michel del Castillo dans sa lecture, tout...

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Détails Les Nuits blanches - Le Sous-sol

Le Titre Du LivreLes Nuits blanches - Le Sous-sol
AuteurFiodor Dostoïevski
ISBN-102070373525
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.93 étoiles sur 5 de 185 Commentaires client
Nom de fichierles-nuits-blanches-le-sous-sol.pdf
La taille du fichier25.77 MB


30 avril 2016
Pour moi, les maisons aussi sont des connaissances. Quand je me promène, chacune a l'air de courir à ma rencontre dans la rue : elle me regarde de toute ses fenêtre et me dit, ou tout comme : « Bonjour ! Comment allez-vous ? Moi, je vais bien, Dieu merci ! Au mois de mai on va m'ajouter un étage. » Ou : « Comment allez-vous ? Demain on me met en réparation. » Ou : « J'ai failli brûler et j'ai eu bien peur », et autres semblables discours. LES NUITS BLANCHES. + Lire la suite

29 novembre 2014
Nous, lecteurs, avons parfois des préoccupations qui paraîtraient probablement oiseuses et futiles aux yeux de ceux qui se contentent d'ouvrir quotidiennement un programme TV... Face à un récit qui nous a laissé froid, et d'autant plus s'il s'agit de celui d'un auteur éminemment reconnu, deux de ces préoccupations peuvent se poser : celle d'être passé à côté de quelque chose d'important, et d'avoir ainsi laissé échapper une occasion de plaisir de lecture, et celle de se montrer suffisamment crédible pour expliquer que tel texte, unanimement apprécié, écrit par tel monstre de la littérature, ne nous a pas vraiment conquis. Bon, je me lance, quitte à passer pour une vilaine blasphématrice : je n'ai pas aimé "Les Nuits blanches" de Dostoïevski... Le narrateur est un de ces héros Dostoïevskien, torturé, alambiqué, qui s'invente des histoires en utilisant comme matériau le fruit d'observations effectuées lors de ses déambulations citadines, qui s'imagine que les façades de certaines maisons, devenues familières, lui parlent… Timide et asocial, notre héros, Saint-Pétersbourgeois, préfère la ville la nuit. Lors de l'une de ses promenades nocturnes, il croise la route de Nastenka, jeune fille avec laquelle, en l'espace de quatre nuits, il se lie. Elle lui confie être dans l'attente du retour du grand amour de sa vie, et lui, éperdu, maladroit, se laisse embobiner par les belles paroles de cette fausse ingénue qui profite de lui, n'osant lui avouer les sentiments qu'elle lui inspire. L'auteur a sous-titré ce court texte "roman sentimental", mais il s'agit là d'un sentimentalisme quelque peu amer, qui laisse aux oubliettes l'innocence et la droiture des jeunes filles… Cette forme de cynisme m'a plu. Dostoïevski donne à son histoire un ton désabusé, lucide, qui rompt avec une certaine idée, désuète, du romantisme. Mais je me suis sentie agacée tout au long de ma lecture par l'excès de lyrisme avec lequel s'exprime le narrateur, et ne suis jamais parvenue à éprouver d'empathie pour ce pauvre bougre malchanceux et trop naïf. Suis-je donc passée à côté de quelque chose ? Ceux qui ont apprécié ce texte -et ils sont nombreux- sauront peut-être me le dire. A moins que Praline, avec qui j'ai fait cette lecture en commun, n'éclaire ma lanterne. En tous cas, à l'issue de cette note, je réalise qu'il n'est finalement guère question de crédibilité, lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi nous n'aimons pas tel ou tel roman par ailleurs bien écrit. C'est bien plus bête que ça, c'est juste une question de goût... de sensibilité. de moment, aussi, parfois. Ou d'incompatibilité avec le personnage principal, comme c'est le cas ici. Les seules préoccupations du lecteur devraient sans doute être celle du plaisir qu'il prend ou non à une lecture, et de l'empreinte qu'elle laisse en lui... Bon, j'ai une deuxième chance : j'ai lu "Les Nuits blanches" dans une édition qui la couple avec un autre texte de Fédor Dostoïevski, "Le Sous-sol" (parfois aussi intitulé "Les Carnets du Sous-sol" ou "Le souterrain"). Il débute comme un journal, dans lequel un quadragénaire décrit par le menu les mécanismes du mal qui le ronge. Un mal psychique, une forme de maladie mentale qui le pousse à éprouver une volupté malsaine pour la souffrance. Homme haineux, aigri, il vit quasiment comme un reclus dans une chambre misérable -il vivote grâce à un héritage depuis qu'il a démissionné de son poste de fonctionnaire-, et se complait dans la déchéance et l'inaction. Il se considère même, par cette inaction qu'il dit avoir sciemment choisi, comme supérieur aux autres hommes, ces raisonnables, ces médiocres qui se plient spontanément aux règles établies par la société, soi-disant dans l'intérêt des individus. Lui est un être qui pense, qui considère sa passivité comme une révolte, une manière d'obéir à sa nature plutôt qu'à un quelconque ordre collectif. En un long et bouillonnant monologue intérieur, il crache ainsi son mépris pour ses semblables, insistant sur sa marginalité, qui le relègue dans une sorte de souterrain -virtuel- isolé du monde. le développement frénétique de sa philosophie à la fois profondément pessimiste et hargneuse a une dimension presque hypnotique, et imprègne fortement le lecteur. Dans un second temps, le narrateur se propose de nous conter un épisode survenu quelques années auparavant, lorsqu'il avait encore un semblant de vie sociale. L'anecdote est piquante, notre héros, déjà fielleux, dépressif et misanthrope, se ridiculisant aux yeux de certains de ses camarades au cours d'une soirée qu'il terminera dans les bras d'une prostituée qu'il prendra un malin plaisir à humilier. On y devine les prémisses de la dépression qui conduira le héros à se couper du monde. J'ai beaucoup aimé cette deuxième partie du roman, très vivante, et même par moments cocasse. Elle permet d'équilibrer un récit qui, centré entièrement sur les réflexions existentielles de son héros, aurait fini, je pense, par lasser. Un juste dosage, donc, pour un texte fort et torturé, comme je les aime ! Lien : http://bookin-ingannmic.blog.. + Lire la suite

24 mai 2018
Les Carnets du sous-sol ont été rédigés en 1864. Dostoïevski est alors accablé de dettes. Il délaisse sa femme mourante et part en Europe avec sa maîtresse. Il perd sa femme, puis son frère, Michel, dont il a toujours été très proche. La revue « le Temps » qu'il a fondée avec lui menace de fenner. Dans la première partie, nous découvrons que le narrateur vit depuis vingt ans dans une cave et ressasse ce qui le torture dans un long monologue au cours duquel il s'analyse de manière très détaillée et approfondie. Il se présente comme un homme vil : « Je suis un homme malade ... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. » Il souffre d'autant plus qu'il n'est pas réellement capable d'être méchant : « Jamais je ne pus réussir à devenir réellement méchant. » L'origine de sa souffrance provient avant tout de la trop grande conscience qu'il a de lui-même :« Une conscience trop clairvoyante, je vous assure, messieurs, c'est une maladie, une maladie très réelle. » Il est pétri de paradoxes : il a besoin de s'isoler et recherche pourtant sans cesse la présence et le regard de l'autre. Ceci est visible dans l'écriture de ce monologue qui instaure un constant dialogue avec le lecteur que le narrateur interpelle ; il lui donne des explications, imagine ses arguments pour mieux les démonter et y répondre : « Je veux maintenant vous raconter, messieurs ». « Vous vous imaginez, je le parie ». Il considère son lecteur comme un « homme normal » et l'envie pour cette raison même, car contrairement à lui, il souffre en raison de la conscience qu'il a de son intelligence. Elle le paralyse et l'empêche d'agir, tout comme ses doutes. Cette conscience porteuse de souffrance est pourtant indispensable pour qui veut continuer à vivre. Cette première partie au rythme effréné, où les phrases parfois très longues se terminent à bout de souffle, cède la place à une deuxième partie fort différente, presque romanesque. le narrateur passe son temps à s'humilier, se rabaisser. Il rencontre une prostituée, Lisa, à l'égard de laquelle il devient moralisateur. Lorsque cette dernière vient auprès de lui pour lui déclarer son amour et lui dire qu'elle veut vivre auprès de lui et se détourner de la prostitution, il ressent le besoin de donner corps à sa méchanceté en l'humiliant, en la faisant souffrir au point de retirer du mal qu'il inflige une forme de jouissance. L'homme du sous-sol se comporte ainsi parce qu'il est en quête d'un idéal qu'il ne parvient pas à atteindre ni même à exprimer. Il est furieux que les hommes se croient libres alors qu'ils ne sont que les esclaves de la raison. Ils ne comprennent pas le narrateur qui, épris d'absolu, leur semble n'être qu'un homme aigri, amer, en colère contre tous, alors qu'il est avant tout en quête d'un idéal. Et ce qu 'il cherche est probablement la foi. Les passages la concernant avaient d'ailleurs été supprimés par la censure. Les Carnets se présentent par ailleurs comme une critique du roman Que faire ? de Tchernychevski paru en 1863. Tchernychevski affirme que l'homme aurait de meilleurs rapports avec les autres et pourrait devenir bon s'il connaissait son intérêt. En servant ses intérêts, il servirait au mieux l'intérêt général. La relation de l'homme du sous-sol et de Lisa est elle-même une parodie de l'histoire racontée par Tchernychevski où une prostituée devient la parfaite épouse d'un honnête homme. Pour Dostoïevski, ces arguments ne seraient tangibles que si l'homme était rationnel, ce qu'il n'est pas. Il nous montre au contraire que l'homme peut agir contre son intérêt. Une vie ou tout serait réglé d'avance serait d'ailleurs ennuyeuse, et pour lutter contre cet ennui-même, l'homme agirait pour s'en évader et donc contre son intérêt. « L'homme du sous-sol est capable de demeurer silencieux dans son sous-sol quarante années durant ; mais s'il sort de son trou, il se déboutonne et alors il parle, il parle, il parle ... » écrit Dostoïevski. Et comment demeurer indifférent à la parole de l'homme du sous-sol dense, intense, dérangeante, bouleversante. violente ? J'ai éprouvé à la lecture de cet ouvrage une fascination un peu semblable à celle que j'ai ressentie à la lecture des Pensées de Pascal qui furent mon premier coup de foudre littéraire. Je ne sais pas si Dostoïevski a lu Pascal, mais de nombreuses similitudes semblent relier leurs systèmes de pensée. + Lire la suite