Les souffleurs de verre


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Les souffleurs de verre - Où Daphné Du Maurier revisite, par la voie du roman, l'histoire d'une famille qui ne fut pas de tout repos : celle de ses ancêtres français. Une modeste demeure du Perche à la fin du XVIIIe siècle. On y est souffleur de verre de père en fils, et l'on s'en targue (la profession est quasi la seule qu'une famille de sang bleu ait le droit d'exercer). De là à se sentir un peu aristocrate, il n'y a qu'un pas : dangereux à franchir, ainsi que l'apprendront certains...

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Détails Les souffleurs de verre

Le Titre Du LivreLes souffleurs de verre
AuteurDaphné Du Maurier
ISBN-102859405496
EditeurPhébus
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.78 étoiles sur 5 de 29 Commentaires client
Nom de fichierles-souffleurs-de-verre.pdf
La taille du fichier25.16 MB


26 mai 2018
Rumeurs et révolution nous avaient une fois de plus rattrapés.

25 mars 2015
Voilà bien longtemps que je n'avais lu un livre de Daphné Du Maurier. Quelle erreur! Ses romans sont pour moi un véritable ravissement, une plongée dans un autre temps et un autre monde, qui me fait à chaque fois terriblement rêver. Dans ce roman, Daphné du Maurier revisite l'histoire de ses ancêtres, maîtres verriers dans la région du Mans. L'histoire débute quelques années avant la Révolution Française, et s'achève sous le règne de Napoléon, une période de notre histoire de France que je prise particulièrement. Nous suivons les aventures des 5 enfants de Mathurin et Magdaleine Busson, dont Robert le fils ainé, fervent soutien du duc d'Orléans, par opportunisme plus que par conviction, émigrera en Angleterre et créera la branche anglaise de la lignée des Busson Du Maurier. Il y a aussi Edmée et Michel, tous 2 républicains et ardents défenseurs de la Constitution, Pierre, idéaliste convaincu qui élèvera ses enfants suivant les principes édictés par Rousseau. Et Sophie, la narratrice, beaucoup plus neutre et nuancée, spectatrice du passage de l'ancien au nouveau Monde. Nous faisons une véritable plongée au coeur de la Révolution, mais non pas à Paris, centre de celle ci, mais en province, où tout arrive avec retard, amplifié par la rumeur et les fausses informations. Il y a des passages très forts, comme cet été 1789, la prise de la Bastille et la rumeur qui s'ensuit, une horde de brigands va déferler sur la France et tout piller sur son passage, ou quelques années plus tard, le saccage de la ville du Mans par les Vendéens. C'est très très bien écrit et c'est prenant. On est au coeur de l'histoire et on ressent avec tous les protagonistes leurs peurs, leurs espoirs en un monde meilleur, leurs joies et leurs déceptions. On les voit sous nos yeux, au fil des pages vivre, grandir, vieillir et évoluer dans leurs convictions. Un roman que je conseille vivement à tous les amoureux de l'histoire de France, des romans de cape et d'épées et des romans d'aventure. + Lire la suite

08 août 2017
Ce qu'il faut parfois pour faire un nom célèbre... Si un artisan aventurier peu scrupuleux, perdu de dettes et impliqué dans les magouilles politiques douteuses du duc d'Orléans n'avait décidé d'émigrer à Londres dans les premiers temps de la Révolution, de s'y inventer un titre de noblesse et d'allonger son patronyme assez plébéien, Busson, d'un Du Maurier emprunté à une ferme du pays natal, ce nom-là sans doute ne serait-il jamais passé à la postérité. Et peut-être n'y aurait-il jamais eu de George, de Gerald et de Daphné... Nous voici donc au XVIIIe siècle, dans une famille de souffleurs de verre établie au sud du Perche. Deux générations se succèdent : les parents, des gens paisibles et solides, simples employés d'abord puis bientôt patrons de verrerie, et leurs cinq enfants plus ardents et instables, bientôt secoués par les vents fous de la Révolution. Il y a Robert, l'égocentrique trop ambitieux, Michel, l'éternel révolté, Pierre, l'altruiste insouciant, Edmée, l'intellectuelle révolutionnaire et Sophie, la plus raisonnable, la moins intéressante peut-être mais la mieux placée pour conter l'histoire des siens. La vie simple et laborieuse au sein de la verrerie, le château où ils furent simples locataires mais qui donna sans doute à son aîné d'irrémédiables rêves de grandeur, et puis les grandes peurs des années de fin de règne, la misère croissante qu'on ne peut apaiser, les mauvaises rumeurs colportées pour brouiller les esprits, l'agitation qui gagne, la méfiance et la haine, les pillages et les basses vengeances, les espoirs fous de la Révolution, la honte de ce frère émigré, traître à sa famille et à son pays, dont on ne sait plus rien, qu'on ne veut plus connaitre. La violence croissante, le fanatisme exalté, la peur encore et l'horreur, lorsque déferlent jusqu'au Mans les misérables légions des Vendéens déjà décimés par la famine et la dysenterie, lorsqu'on massacre jusqu'aux enfants dans la rue. La déception, toujours, Robsepierre à l'achafaud et les tièdes au pouvoir, la Révolution qui s'éteint, tout qui redevient, peu ou prou, comme avant - mais avec un arrière-goût de rêve réduit en cendres. Et enfin, les retrouvailles douloureuses avec l'émigré, la famille qui se reforme tant bien que mal sur les débris du passé... et une autre famille, là-bas, à Londres, abandonnée à son sort et qui se croira toujours descendante d'un aristocrate français. Tout ceci est un peu lent parfois, surtout au début, et les choix de narration manquent un peu de relief à mon goût, mais l'arrivée de la Révolution, le chaos et les problèmes de conscience qu'ils entraînent, rendent ensuite de plus en plus intéressante cette fresque familiale qui permet de vivre les troubles comme dut les vivre le peuple d'alors, loin des grands centres de décision, manipulé, pas toujours dupe mais entraîné par un mélange complexe d'idéalisme et d'esprit de revanche, de bas instincts, d'enthousiasme et d'effroi. Et si les personnages ne sont pas toujours très attachants tant que s'exaltent leurs passions, ils deviennent ensuite assez touchants lorsqu'à l'approche de la fin ils doivent en subir les conséquences, réapprendre à vivre dans ce monde qu'ils ont voulu modeler à leur gré et qui les a laissés sur le bord de la route. Pour compléter l'histoire, on notera que le fils "anglais" De Robert, Louis-Mathurin Busson du Maurier, épousa Ellen Clarke, fille de Mary Anne Clarke, la scandaleuse maîtresse du duc d'York à laquelle l'auteur consacra un autre roman dont je vous ai parlé il y a quelques mois. Leur fils George, illustrateur et écrivain, était le grand-père paternel de Daphné. Sacrée famille, n'est-ce pas, sur laquelle on comprend qu'elle ait voulu écrire ! Lien : http://ys-melmoth.livejourna.. + Lire la suite