Le Nom de la rose


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Le Nom de la rose - An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et partisans d'un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, il se voit prié par l'abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d'un de ses moines, retrouvé assassiné. L'inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n'e...

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Détails Le Nom de la rose

Le Titre Du LivreLe Nom de la rose
AuteurUmberto Eco
ISBN-102246245141
EditeurGrasset
Catégorieslittérature
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Nom de fichierle-nom-de-la-rose.pdf
La taille du fichier29.14 MB


29 juin 2013
On raconte qu'un calife oriental un jour livra aux flammes la bibliothèque d'une ville célèbre et glorieuse et orgueilleuse et que, devant ces milliers de volumes en feu, il disait qu'ils pouvaient et devaient disparaître : car ou bien ils répétaient ce que le Coran disait déjà, et donc ils étaient inutiles, ou bien ils contredisaient ce livre sacré pour les infidèles, et donc ils étaient pernicieux. + Lire la suite

05 mai 2013
(N. B. : voici une pénétrante réflexion sur le mal des banlieues à méditer par nos politiques.) - Je pense que l'erreur est de croire que d'abord vient l'hérésie, et ensuite les simples qui s'y donnent ( et s'y damnent). En vérité, vient d'abord la condition des simples, et ensuite l'hérésie. [...] Perdus comme ils le sont à se déchirer tour à tour, chiens et pasteurs n'ont plus cure du troupeau, dont une part est exclue. - Comment exclue ? - En marge. Les paysans ne sont pas des paysans, parce qu'ils n'ont pas de terre ou parce que celle qu'ils ont ne les nourrit pas. Les citadins ne sont pas des citadins, parce qu'ils n'appartiennent ni à un art ni à une autre corporation, ils sont le menu peuple, la proie de tous. Tu as vu parfois dans les campagnes des groupes de lépreux ? [...] Ils sont pour le peuple chrétien les autres, ceux qui se trouvent en marge du troupeau. Le troupeau les hait, eux haïssent le troupeau. Ils nous voudraient tous morts, tous lépreux comme eux. [...] Les lépreux exclus voudraient entraîner tout le monde dans leur ruine. Et ils deviendront d'autant plus méchants que tu les excluras davantage, et plus tu te les représentes comme une cour de lémures qui veulent ta ruine, plus ils seront exclus. Saint François le comprit parfaitement, et son choix premier fut d'aller vivre parmi les lépreux. Point ne change le peuple de Dieu si on ne réintègre dans son corps les émarginés. - Mais vous parliez d'autres exclus, ce ne sont pas les lépreux qui composent les mouvements hérétiques. - Le troupeau est comme une série de cercles concentriques, depuis les plus larges distances du troupeau jusqu'à sa périphérie immédiate. Les lépreux sont le signe de l'exclusion en général. [...] François voulait rappeler les exclus, prêts à la révolte, pour faire partie du peuple de Dieu. Pour recomposer le troupeau, il fallait retrouver les exclus. [...] Cela, les puissants l'ont toujours compris. La réintégration des exclus imposait la réduction de leurs privilèges, raison pour quoi les exclus qui prenaient conscience de leur exclusion se voyaient taxés d'hérétiques, indépendamment de leur doctrine. Et eux, de leur côté, aveuglés par leur exclusion, n'étaient au vrai intéressés par aucune doctrine. L'illusion de l'hérésie, c'est ça. Tout un chacun est hérétique, tout un chacun est orthodoxe, la foi qu'un mouvement offre ne compte pas, compte l'espérance qu'il propose. Toutes les hérésies sont le pennon d'une réalité de l'exclusion. Gratte l'hérésie, tu trouveras le lépreux. Chaque bataille contre l'hérésie ne tend qu'à ça : que le lépreux reste tel. Troisième Jour, None. + Lire la suite

25 janvier 2011
"L'Évangile dit que Christ avait une bourse ! – Tais-toi veux-tu, avec cette bouse que vous peignez même sur les crucifix ! Qu'en dis-tu, alors, du fait que Notre Seigneur quand il était à Jérusalem revenait chaque soir à Béthanie ? – Et si Notre Seigneur voulait aller dormir à Béthanie, qui es-tu, toi, pour critiquer sa décision ? – Non, vieux bouc, Notre Seigneur revenait à Béthanie parce qu'il n'avait pas de quoi se payer l'auberge à Jérusalem ! – Bonagrazia, c'est toi le bouc ! Et que mangeait Notre Seigneur à Jérusalem ? – Et toi tu dirais que le cheval, qui reçoit de l'avoine de son maître pour survivre, a la propriété de l'avoine ? – Tu vois bien que tu compares Christ à un cheval… – Non, c'est toi qui compares Christ à un prélat simoniaque de ta cour, chantepleure d'excréments ! – Oui ? Et combien de fois le Saint-Siège a dû endosser des procès pour défendre vos biens ? – Les biens de l'Église, pas les nôtres ! Nous, nous en avions l'usage ! – L'usage pour les dévorer, pour vous fabriquer de charmantes églises avec des statues d'or, hypocrites, vaisseaux d'iniquité, sépulcres blanchis, sentines de vices ! Vous le savez bien, que c'est la charité, et non la pauvreté, le principe de la vie parfaite ! – Ça, c'est votre glouton de Thomas qui l'a dit ! – Attention à toi, impie ! Celui que tu appelles glouton est un saint de la Sainte Église romaine ! – Saint de mes sandales, canonisé par Jean pour irriter les Franciscains ! Votre pape ne peut pas faire de saints, car c'est un hérétique ! Mieux, c'est un hérésiarque ! – Cette belle proposition, nous la connaissons déjà ! C'est la déclaration du fantoche de Bavière à Sachsenhausen, préparée par votre Ubertin ! – Attention à ce que tu dis, porc, fils de la prostituée de Babylone et d'autres roulures encore ! Ubertin n'était pas auprès de l'empereur, mais se trouvait justement en Avignon, au service du cardinal Orsini, et le pape l'envoyait comme messager en Aragon ! – Je le sais, je sais qu'il faisait vœu de pauvreté à la table du cardinal, comme il le fait maintenant dans l'abbaye la plus riche de la péninsule ! Ubertin, si tu n'y étais pas, toi, qui a suggéré à Louis de se servir de tes écrits ? – Est-ce ma faute si Louis lit mes écrits ? Il ne peut certes pas lire les tiens, illettré que tu es ! – Moi, un illettré ? Il était lettré votre François qui gardait les oies ? – Tu as blasphémé ! – C'est toi qui blasphèmes, fraticelle au balais rôti ! – Moi je n'ai jamais rôti de balais et tu le sais bien ! – Bien sûr que si, avec tes fraticelles, quand tu t'enfilais dans le lit de Claire de Montfaucon ! – Que Dieu te foudroie ! J'étais inquisiteur en ce temps-là, et Claire avait déjà expiré en odeur de sainteté ! – Continue, continue, l'ire de Dieu s'abattra sur toi comme elle s'abattra sur ton maître, qui a donné asile à deux hérétiques comme cet ostrogoth d'Eckhart et ce nécromant anglais que vous appelez Branucerton ! – Vénérables frères, vénérables frères"criaient le cardinal Bertrand et l'abbé. + Lire la suite