Demande à la poussière


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Demande à la poussière - Dans les années trente, Arturo Bandini, fils d' immigrés italiens, quitte le Colorado pour l'Eldorado, Los Angeles, avec son unique roman en poche et un rêve : devenir un écrivain reconnu. Vénérant les femmes et la littérature, il débarque dans une chambre d'hôtel miteuse, prêt à saisir la vie à bras-le-corps. Une errance sublime parmi les laissés-pour-compte du rêve américain. « Un jour j'ai sorti un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restais pl...

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Détails Demande à la poussière

Le Titre Du LivreDemande à la poussière
AuteurJohn Fante
ISBN-102264033029
Editeur10-18
Catégorieslittérature
Évaluation du client4.21 étoiles sur 5 de 1063 Commentaires client
Nom de fichierdemande-à-la-poussière.pdf
La taille du fichier24.14 MB


09 octobre 2017
Je n'ai pas lu Lénine mais je l'ai entendu cité des tas de fois, la religion c'est l'opium du peuple. Et c'est bien ce que je me dis tout haut sur les marches de l'église : ouais, l'opium du peuple, parfaitement. Je suis athée, moi qui vous cause : j'ai lu l'Antéchrist, que je considère comme une œuvre capitale. Je crois au réexamen des valeurs, parfaitement, oui Monsieur. L'Eglise doit disparaître, c'est le refuge de la booboisie, c'est badernes et butors et compagnie, tous fumistes et bachibouzouks. p32 + Lire la suite

24 août 2015
Tout ce qui en moi était bon s'est mis à vibrer dans mon coeur à ce moment précis. Tout ce que j'avais jamais espéré de l'existence et de son sens profond, obscur. C'était ça, le mutisme absolu, la placidité opaque de la nature complètement indifférente à la grande ville, le désert sous les rues, le désert qui n'attendait que la mort de la ville pour la recouvrir de ses sables éternels. J'étais soudain investi d'une terrible compréhension, celle du pourquoi des hommes et de leur destin pathétique. Le désert serait toujours là, blanc, patient, comme un animal à attendre que les hommes meurent, que les civilisations s'éteignent et retournent à l'obscurité. + Lire la suite

07 novembre 2014
Il y a un paragraphe qui m'a absolument explosé à la gueule dans ce bouquin. Et c'est une belle preuve de sincérité de la part de Fante que de partager cette faculté -ou cette tare- c'est selon, avec les lecteurs. Car si peu en parlent ouvertement, je pense que beaucoup d'écrivains souffrent du même comportement (je n'ose d'ailleurs pas imaginer la vie d'un écrivain qui en serait dépourvu). Je crois aussi que beaucoup de gens qui ne sont pas écrivains en sont aussi affectés. (Il se fait que je fais partie de ces gens, et que je soupçonne plusieurs autres malades sur ce site). S'il faut mettre un nom sur ce phénomène, je pense qu'autrefois on disait "muse" (Baudelaire en parle), mais le terme est tombé en désuétude et n'est plus compris. Aujourd'hui, les gens préfèrent parler pudiquement d'inspiration, mais c'est très vague l'inspiration, ça ne veut rien dire, ou alors, on félicite les écrivains pour leur "imagination" comme si c'était un acte volontaire. Moi je préfère dire "petite voix dans la tête" même si ça fait un brin schizophrène. Je pense aussi qu'on naît avec, et qu'il est donc très difficile de se rendre compte que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière. Cela peut aussi expliquer que ce phénomène soit passé sous silence, ou simplement mentionné en passant. Mais il est temps que je vous cite le passage de Fante, où on voit réellement la petite voix au travail, ce qui est mieux que n'importe quelle explication théorique. Bandini, le héros de Fante, vient d'assister (du moins le croit-il) à la noyade de la femme qu'il aime, et vient de risquer lui-même sa vie. "So this was the end of Camilla, and this was the end of Arturo Bandini—but even then I was writing it all down, seeing it across a page in a typewriter, writing it out and coasting along the sharp sand, so sure I would never come out alive. Then I was in water to my waist, limp and too far gone to do anything about it, floundering helplessly with my mind clear, composing the whole thing, worrying about excessive adjectives. The next breaker smashed me under once more, dragged me to water a foot deep, and I crawled on my hands and knees out of water a foot deep, wondering if I could perhaps make a poem out of it." La petite voix, qui peut aussi être vue comme une partie indépendante de la conscience, ré-interprète constamment la réalité en terme d'histoire. A ce moment critique, Bandini ne peut qu'assister impuissant à la prise de pouvoir de la petite voix qui est en train de lui raconter sa propre mort. La schizophrénie est très claire ici "c'était la fin d'Arturo Bandini" (et c'est Bandini qui parle) "et en même temps j'étais en train de tout mettre par écrit" (mais c'est aussi la petite voix -avec un remarquable et terrible détachement). J'hésitais plus haut entre "faculté" et "tare". Je pense que tant qu'elle n'est pas trop envahissante, personne ne voudrait perdre sa petite voix. C'est comme une dimension supplémentaire de la réalité, souvent plus attirante que le pur réel. C'est particulièrement vrai pour un écrivain. On voit d'ailleurs Bandini galérer pendant des semaines avant que la petite voix ne parle enfin (on dirait aujourd'hui avant que l'inspiration ne vienne). On peut aussi bien imaginer un pianiste sourd, mais il y a des métiers plus gratifiants. Mais c'est aussi une tare. C'est un peu comme être enfermé dans une cage de verre transparent, et observer le monde en croyant que c'est le monde qui est derrière un écran, et en se demandant pourquoi cette barrière existe. C'est donc une grande source de solitude, et ça aussi Fante l'illustre bien dans le livre. Quand la petite voix se met à parler, vous ne pouvez plus écouter vraiment les autres, vous êtes dans une autre dimension. Il devient difficile de communiquer, sauf peut-être par écrit. Il y a un autre passage du livre qui en est une jolie illustration, quand Bandini n'ose pas avouer son amour équivoque à Camilla. Voyez la solution qui s'impose à lui. (Et je m'abstiens de parler du tout dernier paragraphe, qui est vraiment significatif). "I got an idea. I walked quickly, two blocks, to the telegraph office. I sat down before the telegraph blank, my heart pounding. The words writhed across the page. I love you Camilla I want to marry you Arturo Bandini. When I paid for it the clerk looked at the address and said it would be delivered in ten minutes. I hurried back to Spring Street and stood in the shadowed doorway waiting for the telegraph boy to appear. The moment I saw him coming around the corner I knew the telegram was a blunder." Ce que Fante dit aussi dans le livre (et n'allez pas croire que je n'ai pas compris le message), c'est que la petite voix est peut-être nécessaire à la nature de l'écrivain, mais n'est en aucun cas suffisante. Il faut aussi énormément de travail, du talent, et un style. Quelle surprise. Je croyais lire une histoire attachante d'écrivain crève-la-dalle par l'auteur que Bukowski vénère. En plus de ça, l'air de rien, sans presque y toucher, j'ai eu droit à une réflexion profonde sur la nature de la vocation d'écrivain. Si ça c'est pas du talent... + Lire la suite