Absalon, Absalon!


Livres Couvertures de Absalon, Absalon!
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Absalon, Absalon! - Absalon, Absalon! est tout d'abord l'histoire de Thomas Sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein: créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'il était fut empêché par un esclave noir de franchir la porte d'entrée de la Cette porte-miroir lui renvoie, précisément parce qu'elle est barrée, l'image de son impuissance et de sa préca...

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Détails Absalon, Absalon!

Le Titre Du LivreAbsalon, Absalon!
AuteurWilliam Faulkner
ISBN-102070757005
EditeurGallimard
Catégoriestragédie
Évaluation du client4.13 étoiles sur 5 de 150 Commentaires client
Nom de fichierabsalon-absalon.pdf
La taille du fichier21.04 MB


14 mai 2016
Absalon, le troisième fils de David, tue son demi-frère Amnon qui a violé sa soeur Tamar, connait les concubines de son père, lui fait la guerre, est retenu par les cheveux dans un térébinthe, est tué de trois coups de lance. Il n'y a pas d'Absalon dans ce roman, mais la même violence et les mêmes transgressions, dans un monde aussi archaïque que le livre de Samuel. Ce monde de violence, la Confédération, s'engloutit dans la guerre de Sécession et perd en quelques années sa fierté, sa fortune et sa culture. Faulkner comprime ce drame mythique à l'échelle d'une famille mais en conserve la dimension historique. En 1820 Sutpen a quatorze ans et il ne s'était pas encore rendu compte qu'il était naïf. Il est éconduit par un esclave et s'enfuit le jour même. On le retrouve à 1827 radicalement changé : J'avais un projet. Pour le réaliser, j'avais besoin d'argent, d'une maison, d'une plantation, d'esclaves, d'une famille et, bien entendu, soit dit en passant, d'une femme. Je résolus d'acquérir tout cela sans demander de faveur à personne (p 228). Il épouse en Haïti une première femme qu'il répudie avec leur fils Charles Bon quand il apprend qu'elle a du sang nègre. Il reparaît à Jefferson en 1833 (… les autres hommes assis, les pieds sur la balustrade de l'Hôtel Holston, levèrent les yeux et aperçurent l'étranger. Quand ils le virent, il avait déjà traversé la moitié de la Place, sur un grand cheval rouan fourbu, l'homme et la bête spontanément créés, eut-on dit, de la transparence de l'air, et placés, au beau milieu d'un petit trot harassé, dans l'étincelant soleil de ce dimanche d'été - figure et cheval qu'aucun d'eux n'avait encore jamais vus, nom que personne d'entre eux n'avait jamais entendu, origine et intentions que certains parmi eux ne devaient jamais connaître, p 28). Il fait frauduleusement fortune et épouse en 1838 Ellen, la fille d'un commerçant respecté, Coldfield (Un matin, il apparaissait au petit déjeuner dans la belle redingote d'épais drap noir qu'il avait pour son mariage et que, depuis lors, il porta cinquante-deux fois par an jusqu'au mariage d'Ellen, puis cinquante-trois fois l'an lorsque la tante les eut abandonnés, jusqu'à ce qu'il l'endossât pour tout de bon, le jour où il monta au grenier, cloua la porte derrière lui, envoya le marteau par la fenêtre et mourut ainsi, dans sa redingote (p 58). Il (Sutpen) engendre un fils et une fille légitimes, Henry et Judith, et une fille d'esclave, Clytie. Henry et Bon se rencontrent en 1859 dans leurs études et d'abord ne savent rien. Leur amour platonique entraine les fiançailles de Bon et de Judith (C'est peut-être en effet cela l'inceste pur et parfait: le frère se rendant compte que la virginité de sa soeur doit être détruite afin d'avoir réellement existé, et détruisant cette virginité par l'intermédiaire de son beau-frère, l'homme qu'il voudrait être s'il pouvait le devenir, s'il pouvait se métamorphoser dans la personne de l'amant, du mari : par qui il voudrait être défloré, qu'il voudrait choisir comme ravisseur, s'il pouvait devenir, par métamorphose, la soeur, la maîtresse, l'épousée (p 84). La vérité apparaît pendant la guerre où les trois hommes s'engagent en 1861. Après une trop tardive mise en garde de Sutpen, Henry tue son demi-frère en 1865 pour l'empêcher d'épouser Judith, se cache et revient mourir en 1910 à la plantation ruinée. L'histoire se déplie sur un siècle, dans le lointain récit de quatre personnes, comme dans une fouille archéologique. Son sujet est la violence. La vengeance de Sutpen, enfant pauvre et inculte qui conçoit à l'adolescence un dessein qui lui font piétiner les hommes, les femmes et la morale ; il obtient par la force la possession, pas la légitimité ; son alliance avec une famille vertueuse ne lui ouvre aucune porte. La vengeance de Bon, qui veut aller sans amour à l'inceste pour se venger d'un père qui l'ignore. La violence raciale, inoculée dès l'enfance. Sutpen organise des combats de nègres comme dans Home (Tony Morrison, 2012) ou dans Django Unchained (Quentin Tarantino la même année) : Dans l'écurie, sous la lueur de la lanterne, un espace carré entouré de figures, les blanches sur trois côtés, les noires sur le quatrième, et, au milieu, deux de ses nègres sauvages en train de se battre, tout nus, non pas comme se battent les blancs, avec des règles et des armes, mais comme font les nègres, pour se faire mutuellement du mal le plus vite le plus possible (p 25). Sutpen y participe et oblige ses enfants à y assister, spectacle dont Henry ne peut supporter la vue, tandis que Judith le regarde sans émotion : C'était elle, des deux enfants, qui était le Sutpen, avec l'impitoyable règle de conduite des Sutpen, qui consistait à prendre ce que l'on désirait pourvu que l'on fût assez fort ; de même qu'Henry en était le Coldfield, avec le salmigondis Coldfield de morale et de règles du juste et de l'injuste. C'était elle qui, tandis qu'Henry hurlait et vomissait, regardait, ce soir-là, du haut du grenier, le spectacle de Sutpen à demi nu luttant contre un de ses nègres à demi nu, avec le même froid et attentif intérêt que Sutpen eût regardé Henry lutter contre un négrillon de son âge et de son poids (p 104). Maitre du langage, Faulkner est un nihiliste de la communication : La langue, ce fil tenu et fragile […] au moyen duquel on peut joindre de temps en temps à autre, pendant un instant, les petits coins superficiels, les bords de vies humaines secrètes et solitaires, avant qu'ils ne se renfoncent dans les ténèbres où l'esprit a crié pour la première fois, criera pour la dernière, et ne sera plus entendu (p 218). Il n'y a dans ce livre qu'un seul et bref dialogue, d'ailleurs impossible car écrit au présent et inséré dans une discussion de Quentin et Shreve à Harvard en 1909, où Sutpen convoque son fils au bivouac de l'armée en déroute pour lui dire que Bon ne doit pas épouser Judith (p 304). Faulkner est un maitre du temps, qui dévoile sa méthode dans un portrait de Sutpen : …ce visage d'ogre aperçu jadis dans son enfance, puis réapparu, à des intervalles et à des occasions qu'elle ne pouvait ni se rappeler ni dénombrer, comme le masque de la tragédie grecque, interchangeable non seulement d'une scène à l'autre, mais d'un acteur à l'autre, et derrière lequel se succèdent, sans ordre logique et chronologique, les évènements et les péripéties… (P 54). Il use d'interruptions et de retours en arrière qui hachent l'action la plus violente, donne à son acmé un éclairage stroboscopique (la page où Clytie retient Rosa dans sa course à la porte fermée après la mort de Bon, p 130). Ses répétitions nombreuses, dans la même phrase ou à quelques pages de distance, ont toujours une fonction : clarifier une idée ou une métaphore, approcher un fait ou un homme sous différents points de vue, comme dans un cubisme rhétorique. Faulkner à son plus haut. NB La pagination se réfère à l'édition Gallimard de 1953, traduction de RN Raimbault+ Lire la suite

31 juillet 2012
Absalon ! Absalon ! Déjà le titre m'avait parut curieux puisqu'il ne m'évoquait pas grand chose. J'appris dans la préface du livre qu'il fasiait référence à un Roi criant le nom de son fils qu'il venait de perdre, perdant par la même son heritage et sa sucession. Ainsi je m'appretais donc à entrer dans la lecture de ce livre sans rien savoir de plus, car a vrai dire la préface m'avait parut d'une tres grande lourdeur. Je l'ai relue après avoir finit le roman et elle m'est apparue beaucoup plus limpide et instructive. (d'ailleurs je crois que je ne vais plus lire les préface en préface mais en postaface. Heureuement que je n'y avait rien compris a celle là car c'est toute l'hitoire et les ressorts du suspense que Faulkner a minutieusement mis en place sont balancé dans cette préface en quelque page a peine…) De faulkner j'avais eu l'immense plaisir de lire le bruit et la fureur, et je m'etais perdue dans le labyrinthe de Sanctuaire. Et cet Auteur qu'est Faulkner m'avait déjà abassourdis par sa narration, sa façon de permettre au lecture de pénétrer les âme des personnage, de s'y perdre a la façon des sensation qu'ils (les personnages) ressentent, éphémères et eternelles, précises et diffuses à la fois.. Alors ici qu'en est il ? Et bien c'est tout simplement admirable, relevant du génie créatif, de la perfection. Jamais je n'ai lu un livre allant aussi loin dans la profondeur des thèmes qu'il aborde. Tout d'abord il y a l'histoire, celle de l'ambition d'un homme qui construira son existence sur sa volonté de sortir de sa condition de « pauvre blanc » en accédant a celle des « riche planteurs », les vainqueurs, les puissants. le roman nous contes dans uen chronologie complétement éclaté, l'histoire de cet homme Thomas.Stupen. Mais comme dans les autres roman de Faulkner, il y a l'histoire, puis l'histoire de l'histoire surplombant l'histoire, la faisant enter en résonnance et s'amplifié : Quentin Compson (un personnage du bruit et la fureur, le frère de caddy, étudiant à Harvard) est le personnage-lecteur de Absalon !Absalon !, celui a qui on raconte. Sur lui vient déferler l'ammertume de Miss Rosa, , qui voyait Stupen comme un démon, chevauchant son cheval noir, entouré d'un nuage de souffre, avec a ses pieds sa hordes d'esclave noires, sauvages et parlant un dialecte inconnue. le père de Quentin lui livrera aussi sa vision de la chute de Stupen, comment la guerre de secession a mis fin au projet du démon, Et un profond parallèle s'installe entre l'heritage du Sud, et la descendance des Stupen. Cette echos serait mille fois multiplié dans la fin du livre, Lorsque Quentin et son compagnon de chambre Shreeve, recrérons le temps d'une nuit glaciale, la chute de Stupen. Par une force narrative incroyable, Faulkner, en faisant créer l'hitoire a ces narrateur-lecteur, nous montre que la fiction définit le réel, et que le réel peu se multiplier dans les histoires de chacun. Maintenant il est certain, je lirai toute l'oeuvre de faulkner, pour me plonger dans les âmes tourmenté de ses personnages qui ont (Faulkner m'a convaincu) bel et bien, ressentit, eprouvé, ou enduré le fait d'exister, et qui maintenant sont mort, peut être comme Quentin, noyé dans les odeurs du chèvrefeuille. + Lire la suite

10 janvier 2014
[...] ... D'abord les deux, puis quatre : maintenant, de nouveau deux. La chambre, en vérité, était comme un tombeau : elle avait quelque chose de faisandé, de figé, de moribond, qui dépassait la mesure du simple froid vif et vivant. Pourtant [Quentin & Shreve] y restèrent, bien qu'à moins de trente pieds de là il y eût le lit et la chaleur. Quentin n'avait même pas mis son pardessus, qui gisait sur le plancher à l'endroit où il était tombé du fauteuil sur lequel Shreve l'avait posé. Le froid ne les faisait pas battre en retraite. Ils le supportaient tous deux dans une sorte d'exaltation masochiste et préméditée de misère physique transmuée en la souffrance morale de deux jeunes gens durant cette période, il y avait de cela cinquante ans, ou plutôt quarante-huit, puis quarante-sept, puis quarante-six, puisque c'était 64, puis 65 et les débris guenilleux de l'armée ayant battu en retraite à travers l'Alabama et la Géorgie jusque dans la Caroline, non pas talonnée par une armée victorieuse, mais plutôt par la marée montante des noms de batailles perdues d'un côté comme de l'autre - Chickamauga et Franklin, Vicksburg, Corinth & Atlanta - batailles perdues non seulement à cause de la supériorité numérique, des munitions et des approvisionnements déficients, mais à cause des généraux, qui l'étaient non pour leur pratique des méthodes contemporaines ou de leur aptitude à les apprendre, mais en vertu du droit divin de dire "Allez-y" conféré à eux par le pouvoir illimité d'un régime de caste ; ou parce que ces généraux n'ont jamais vécu assez longtemps pour apprendre comment livrer avec circonspection des batailles mettant en ligne des masses d'hommes accrues, puisqu'ils étaient déjà aussi périmés que Richard Coeur-de-Lion, Rolan ou Du Guesclin, des généraux emplumé aux capotes doublées d'écarlate, qui, à vingt-huit, trente et trente-deux ans, prenaient des bateaux de guerre avec des charges de cavalerie, mais sans grain, viande ni boulets, qui, en autant de journées, battaient trois armées en trois endroits différents, puis démolissaient leurs propres fortifications pour faire cuire la viande volée à leurs propres fumoirs, qui, en une nuit, avec une poignée d'hommes, incendiaient et détruisaient à l'ennemi un dépôt de vivres d'un million de dollars, et, la nuit d'après, se faisaient descendre d'un coup de fusil par un voisin qui les trouvait couchés avec sa femme - deux, quatre, deux maintenant de nouveau selon Quentin et Shreve, les deux, les quatre, les deux qui continuaient de parler, celui qui ne savait pas encore ce qu'il allait faire, l'autre qui savait ce qu'il devrait faire mais qui ne pouvait pas encore s'y résigner - Henry citant lui-même d'illustres exemples d'incestes, parlant du duc Jean de Lorraine, comme s'il espérait peut-être évoquer ce fantôme condamné et excommunié pour lui dire, à lui en personne, qu'il avait raison, comme les gens qui, avant et depuis, ont essayé d'évoquer Dieu ou le Diable pour se justifier de ce qu'exigeaient leurs glandes - les deux, les quatre, les deux, se regardant l'un l'autre dans cette chambre sépulcrale : Shreve le Canadien, l'enfant des blizzards et du froid, dans son peignoir de bain avec son pardessus remonté jusqu'aux oreilles ; Quentin, l'homme du Sud, produit morose et délicat de la pluie et de la chaleur humide, dans ses minces vêtements appropriés qu'il avait apportés du Mississippi, son pardessus (aussi mince et inutile en son genre que le complet) gisant sur le plancher et qu'il ne s'était pas donné la peine de ramasser : (...) l'hiver de 64 à présent, l'armée en retraite à travers l'Alabama, se réfugiant en Géorgie ; maintenant, ils venaient de laisser la Caroline derrière eux et Bon, l'officier, pensait : ... [...] + Lire la suite