La Culasse de l'enfer


Livres Couvertures de La Culasse de l'enfer
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La Culasse de l'enfer - 1897. Dans un coin reculé de l'Alabama, un homme est assassiné dans d'étranges circonstances. Pour le venger, ses proches forment une société secrète, " La Culasse de l'enfer ", décidée à rendre sa propre justice. S'engage dès lors, entre les métayers blancs et les propriétaires fonciers des villes voisines, une guerre fratricide où il n'y a ni innocents ni coupables, mais du sang et de la douleur... À partir d'un fait historique, Tom Franklin déploie une magnifique...

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Détails La Culasse de l'enfer

Le Titre Du LivreLa Culasse de l'enfer
AuteurTom Franklin
ISBN-102226156712
EditeurAlbin Michel
Catégoriessociétés secrètes
Évaluation du client4.04 étoiles sur 5 de 49 Commentaires client
Nom de fichierla-culasse-de-l-enfer.pdf
La taille du fichier27.74 MB


11 juin 2011
Depuis qu'il avait acheté le magasin, Tooch n'y avait pas changé grand chose - par exemple, il n'avait pas touché à la pancarte accrochée derrière le comptoir, au-dessus de la caisse enregistreuse. Arch avait nourri une véritable passion pour les mots savants, et cette pancarte tracée à la main disait : PAS D'EXPECTORATION SUR LE PLANCHER. Mack se souvenait de l'histoire. Après qu'Arch eut fixé la pancarte au-dessus de sa caisse enregistreuse, les hommes qui pénétraient dans son magasin avaient passé plusieurs heures à lui demander ce que ça voulait dire. - Ce que veut dire quoi ? leur répondait Arch. - Ce mot là. - Plancher ? Eh bien, t'es debout dessus. Il est composé de lattes de pin maintenues ensemble par une curieuse invention du nom de «clous» de longs objets en métal pointus qui servent à… - L'autre mot. - « Pas» ? - Mais non, pas « Pas», fichtredieu, l'autre mot, celui qui est si long. Arch continua ainsi tout l'après-midi, se refusant à expliquer le sens du mot, et les hommes essayèrent de deviner ce qu'il pouvait vouloir dire, en riant à qui mieux mieux. Quelqu'un déclara qu'il aurait fait un bon politicien. - Pisser ? suggéra l'un d'eux. - Non, mais j'aimerais autant que tu le fasses pas non plus sur le plancher. - Expecter ou je ne sais quoi, ça voudrait pas dire «deviner» ? - Si c'est bien ce que ça veut dire, fit Arch en clignant de l'oeil, tu viens de contrevenir au règlement. - Boucher le passage ? - S'allonger par terre ? À la fin, l'un des hommes comprit que ça voulait dire «cracher», si bien que leur vocabulaire se trouva enrichi d'un mot nouveau, un mot à dix dollars, dont ils firent usage pendant toute une période chaque fois que l'occasion se présentait. - Tu crois que le ciel va nous expectorer dessus aujourd'hui ? - Restons dans l'expectorative. + Lire la suite

11 juin 2011
C'est une très belle découverte que ce roman sorti il y a quelques années et qui m'a été conseillé par une personne de mon entourage. Noyé dans la masse de toutes les parutions, je n'en avais jamais entendu parler et, sans le “bouche à oreille”, je serais passée à côté d'une perle ! Ce roman inspiré de faits historiques, se déroule dans l'Alabama de la fin du XIXè siècle. Suite au meurtre de l'épicier du village de Mitcham Beat, Arch Bedsole, les métayers vont créer un confrérie secrète, la “Culasse de l'enfer”, sous l'impulsion du cousin d'Arch, Tooch Bedsole, et livrer une bataille sans merci aux habitants de la ville voisine, Coffeeville. Cette alliance, sous couvert de justice et d'entraide mutuelle, n'est qu'un prétexte pour piller, tuer ou assouvir en toute impunité, les penchants les plus vils, d'hommes brisés par leurs rancoeurs et un dur labeur, “pauvres hères” victimes de leur ignorance et de la paupérisation, n'ayant d'intérêts que pour les armes et les beuveries. On trouve dans les rangs de “la culasse”, de pauvres bougres enrôlés de force, mais aussi des tueurs psychopathes comme Lev James, le plus inquiétant de la bande, assassin en puissance, susceptible, colérique, et assoiffé de sang. Voici d'ailleurs, un passage évocateur de la personnalité de Lev James : «…L'erreur du colporteur fut de se mettre à rire. - C'est la meilleure articula-t-il d'une voix sifflante. - Qu'est-ce que t'as à te marrer comme ça ? lui demanda Lev. Pressentant sans doute le danger, le colporteur fit de son mieux pour réprimer son hilarité. Mais lorsqu'il vit à quel point le visage de Lev était devenu inégal avec la moitié de sa barbe qui avait brûlé, le fou rire le reprit. - Merde fit-il en s'assénant une claque sur la cuisse. Si je t'avais prêté un rasoir, mon pote, ça nous aurait épargné l'odeur. Calmement, Lev reposa la bonbonne, se leva, descendit les marches et s'approcha du chariot du colporteur. Il déroula le fil de fer qui entourait les tenailles accrochées à côté de toutes sortes d'instruments - jougs, traits de harnais, balances et ainsi de suite - et tout en continuant à jouer des mâchoires, il remonta les marches d'un pas lourd en tenant les tenailles ouvertes comme une pince de crabe. Blêmissant, le colporteur esquissa un mouvement de retraite, la cendre de son cigare tombant sur sa chemise blanche, mais Lev lui referma brutalement les tenailles autour du cou…» En parallèle, ce roman est aussi l'histoire de Billy Waite, shérif en fin de carrière, luttant contre l'arrivée galopante de la vieillesse et Macky, un jeune adolescent, qui fait ses premiers pas dans le monde des adultes, avec son lot d'espoirs et de désillusions. Tous deux devront faire face à leurs démons respectifs et faire des choix cruciaux au moment de l'affrontement final ! Vous l'aurez compris, j'ai été séduite par ce livre. J'ai aimé la prose tour à tour, sombre, poétique et réaliste de Tom Franklin et la richesse de ses descriptions. Je vais donc suivre cet auteur de très près. Je remercie Florence de m'avoir conseillé ce livre, mon opinion rejoint la sienne, c'est assurément un Grand roman ! Lien : http://leslecturesdisabello... + Lire la suite

03 août 2015
Ils restèrent assis encore un moment. - Puisque j'ai parcouru tout ce chemin sur mes vieilles jambes fatiguées, dit-elle, je crois que je vais faire quelques emplettes. - Oui, mémé, dit Mack en se levant. Elle tendit la main et l'espace d'un instant il ne comprit pas ce qu'elle voulait. Puis il lui saisit les doigts et la fit lever d'un geste plein de douceur ; elle pesait si peu qu'il n'aurait pas eu plus de mal à décrocher une veste du dossier d'une chaise. A pas feutrés, elle se mit à avancer le long des allées et il la suivit, recueillant dans le berceau de ses longs bras les produits qu'elle lui tendait sans même se retourner vers lui, un sac de café, une livre de sucre, une boîte d'allumettes, une pointe d'amère nostalgie lui serra le coeur et il se demanda si elle éprouvait la même chose, comprenant ensuite, à la façon dont elle se concentrait si intensément sur chaque article, inspectait chaque emballage comme pour y trouver la clé d'on ne sait quel mystère, ses yeux plissés retenant sans doute ses larmes d'extrême justesse, qu'elle l'éprouvait bel et bien. Elle lui fit passer deux livres de farine, un paquet de sel, quatre boîtes de tabac à priser, et une bonbonne de mélasse. Il se demanda où elle était allée faire ses courses pendant l'année, si elle avait poussé jusqu'à Coffeeville, par quel moyen elle s'y était rendue si on l'y avait conduite ou si elle avait chargé quelqu'un de lui en ramener ce dont elle avait besoin ; il savait qu'il aurait pu l'interroger là-dessus, mais dans un moment pareil parler lui aurait semblé inconvenant, il n'aurait su expliquer pourquoi. Ce fut seulement en emballant ses achats et en les additionnant de tête qu'il se rendit compte qu'il serait obligé de lui faire régler le tout - Tooch ne faisait crédit à personne. Tandis qu'elle suivait du regard les mouvements de ses mains agiles ficelant les paquets de papier brun, il comprit qu'elle se livrait à son propre calcul mental, comme elle l'avait toujours fait au moment où Arch se tenait derrière le comptoir et où Mack et William étaient debout avec elle de l'autre côté, léchant les bâtonnets de sucre d'orge à la menthe que le boutiquier ne se faisait pas faute de leur offrir. Arch ne réclamait jamais d'argent à la veuve ! + Lire la suite