La cité exsangue


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La cité exsangue - Abyme, ville merveilleuse et baroque, est aussi l'unique cité des Royaumes crépusculaires où les peuples mortels peuvent cohabiter avec les démons et leurs seigneurs infernaux... Jusqu'à aujourd'hui. Après dix ans d'absence, Maspalio, farfadet flamboyant et ancien prince-voleur de renom, revient dans sa cité de coeur sur une énigmatique injonction de son ancienne amante Cyre. Mais dès son arrivée, rien ne se passe comme prévu... Abyme a changé et souffre d'une mysté...

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Détails La cité exsangue

Le Titre Du LivreLa cité exsangue
AuteurMathieu Gaborit
ISBN-102354086369
EditeurMnémos
Catégoriesroman
Évaluation du client4 étoiles sur 5 de 14 Commentaires client
Nom de fichierla-cité-exsangue.pdf
La taille du fichier27.42 MB


13 mai 2018
Après dix ans passés loin d'Abyme, voilà que Maspalio se voit forcé de sortir de sa retraite à la demande de son ancienne amante et amie, Cyre. Grisé à l'idée de retrouver enfin celle qu'il considère toujours avec orgueil comme SA cité, le farfadet vieillissant ne tarde toutefois pas à déchanter. D'abord parce qu'il n'est de toute évidence pas le bienvenu ,et a un mal de chien à ne serait-ce que pénétrer dans la ville. Ensuite, parce que le souvenir qu'il avait gardé de la flamboyante Abyme n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle est devenue aujourd'hui... Près de vingt ans après « Agone » et « Aux ombres d'Abyme », Mathieu Gaborit signe avec « La cité exsangue » son grand retour dans les Royaumes crépusculaires et renoue pour l'occasion avec l'un de ses héros les plus emblématiques : le farfadet Maspalio. Si je n'ai pas encore eu l'occasion de me pencher sur ces deux oeuvres phares (même si cela ne saurait désormais tarder), j'ai malgré tout déjà pu découvrir quelques textes de l'auteur, dont plusieurs nouvelles justement en rapport avec cet univers (réunies pour certaines dans le très beau recueil « D'une rive à l'autre » réédité en poche il y a deux chez Hélios). En dépit de mes connaissances lacunaires, j'ai donc tout de même décidé de me lancer à la découverte de ces « Nouveaux Mystères », qui constituent le prélude à une nouvelle série consacrée à la ville d'Abyme. Et grand bien m'en a pris ! Car si avoir connaissance au préalable du passé de Maspalio et de la cité est évidemment fortement conseillé, le fait de ne pas avoir lu les précédentes oeuvres de l'auteur ne gêne pour autant en rien à la compréhension générale du texte (même s'il est évident que les connaisseurs seront mieux à même de déceler et d'apprécier toutes les références qui grouillent dans le récit). Cette nouvelle incursion dans la célèbre cité est certes un peu courte (deux cent cinquante pages) mais elle s'avère amplement suffisante pour apprécier à la fois la flamboyance de l'univers de l'auteur et la qualité de sa plume. le récit est mené tambour battant et ne nous offre que très peu de moments de répit : l'auteur nous plonge dans l'action dès les premières lignes et ne nous en sort qu'à la toute dernière page, dont on émerge un peu hébété de se voir sortir si brutalement d'une aussi agréable immersion. On ne s'ennuie donc pas une seconde, d'autant que l'intrigue est ponctuée de rebondissement savamment orchestrés qui viennent constamment renforcer l'intérêt déjà bien aiguillonné du lecteur. le dynamisme du récit est encore renforcé par la qualité de la plume de l'auteur qui se fait tour à tour incisive ou poétique. Les dialogues sont particulièrement savoureux et le bagou dont fait preuve Maspalio, quelque soit la gravité de la situation dans laquelle il se trouve, participe sans nul doute à le rendre immédiatement sympathique (quitte à parfois lui jouer de vilains tours...). Difficile en effet de ne pas se prendre d'affection pour ce farfadet certes arrogant mais qui compense ses travers par un sens de la dérision à toute épreuve et par une vision sans concession et non dénuée de charme de ce que devrait redevenir sa cité. Ses retrouvailles mouvementées avec cette dernière vont évidemment être l'occasion pour Maspalio de renouer avec un certain nombre de connaissances que les lecteurs assidus identifieront sans doute avec plaisir. le fait de ne pas les avoir déjà rencontré n'empêche en tout cas pas de les apprécier, quand bien même la plupart d'entre eux ne font qu'une brève apparition dans le récit. Les nouveaux arrivants ne sont pas en reste, et remplissent parfaitement leur rôle, qu'il s'agisse de la jeune et combative Mèche ou de la redoutable et rancunière sénéchale. Outre la qualité de la plume de l'auteur, ce qui fait avant tout le charme du roman reste incontestablement son univers. Car Abyme est sans aucun doute l'une des cités les plus marquantes qu'il m'ait été donné de visiter lors de mes pérégrinations littéraires. Il faut dire que l'amour presque démesuré que le protagoniste porte à sa ville ne tarde pas à devenir contagieux. Au fur et à mesure des déambulations de Maspalio dans les différents coins et recoins d'Abyme, on s'émeut et s'émerveille en symbiose avec le personnage de la beauté de tel lieu, ou des souvenirs qu'évoquent tel autre. La Grande Place de la ville fait notamment forte impression, avec ses auberges mobiles évoluant au rythme des courants de la foule et ses géants-taxis, de même que le quartier des Milles Portes et les délices qu'il promet, ou encore celui du Lierre, protégé par son immense mangrove. Cette affection communicative que le héros porte à la cité nous rend d'autant plus insupportable les changements constatés par la Cure, cette entreprise d'assainissement impulsée par l'Acier et qui se manifeste par une expulsion des démons, un récurage en règle de la cité et de certaines de ses institutions, et surtout par une mise au pas des Gros et de leur mode de vie jugé dévoyé. le joyeux bordel qui caractérisait l'Abyme d'autrefois a ainsi peu à peu laissé la place à l'ordre d'une ville aseptisée et dépourvue de tout ce qui faisait son exubérance. Autant dire que ça ne convient pas à notre farfadet, et par conséquent à nous non plus ! le roman fourmille d'idées plus originales et plus astucieuses les unes que les autres, à commencer par les créatures du vaste bestiaire convoqué ici par l'auteur qui mêle lutins, ogres et géants traditionnels à des méduses, des minotaures, des devanciers (un petit air de « Minority Report »), des Advocatus Diaboli, ou encore des Salanistes (illustrées sur les rabats par Julien Delval). Bref, voilà un auteur qui a de l'imagination à revendre ! Que vous ayez déjà eu l'occasion d'arpenter les rues d'Abyme aux côtés de Maspalio ou non, vous ne pouvez pas passer à côté de ces « Nouveaux Mystères d'Abyme » qui marquent le grand retour de Mathieu Gaborit dans les Royaumes Crépusculaires et le début d'une nouvelle série de fantasy éminemment prometteuse. Un univers foisonnant, des personnages hauts-en-couleur, une plume soignée et poétique, une intrigue passionnante : les raisons de vous plonger dans ce premier tome ne manquent pas et devraient ravir tout bon amateur de fantasy qui se respecte. Un gros coup de coeur ! + Lire la suite

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DE CHARYBDE EN SCYLLA... À tout seigneur, tout honneur : entamons cette trois cent trente-huitième critique par des remerciements d'usage - mais délivrés avec la plus grande sincérité - pour Babelio d'abord, sans qui je n'aurais eu le plaisir un peu adolescent de découvrir ce livre. Pour Mnémos, enfin, qui fait un travail remarquable en direction des littératures dites (avec un mépris à peine caché, parfois, hélas) "de genre", SF et Fantasy au premier chef. Les remercier donc pour cet envoi du dernier opus de Mathieu Gaborit et de son premier tome de la Cité exsangue dans le cadre d'une Masse Critique spéciale. Ceci étant, tâchons d'entrer dans le vif du sujet. Vif, c'est d'ailleurs l'un des qualificatifs les plus précis qui définirait l'ensemble de ce roman. Mais reprenons au commencement, si vous le voulez bien : Sans nul doute, les lecteurs habituels de Mathieu Gaborit retrouveront-ils avec un infini plaisir un petit héros - petit n'étant pas ici qu'une formule stylistique puisqu'il s'agit du farfadet sans doute le plus célèbre de ces vingt dernières années dans l'univers de la Fantasy -, le dénommé Maspalio d'Abyme, Prince-voleur à la retraite (de son propre chef) ayant rejoint les Abysses emplies de démons afin d'y couler ses derniers jours en solitaire. Las ! Il s'en sera fallu d'une simple lettre pour que tout bascule dans l'existence trop bien rangé de ce sympathique personnage. Une lettre, oui ! Mais de celle qu'il a toujours aimée, sans jamais avoir eu le courage vrai de risquer la vie avec elle. Elle, c'est Cyre, une lutine qui bouscula jadis la vie de débauche de notre héros. Elle qui lui enjoint de revenir au plus vite dans l'ébouriffante cité de la République-mercenaire parce qu'un certain orphelinat est en danger, parce qu'elle a des choses à confier à son ancien compagnon qui ne peuvent s'expliquer que de vive voix... Seulement, cela fait dix longues années que Maspelio n'a remis les pieds en Abyme et le moins que l'on puisse en dire c'est que tout ou presque y a changé... ou est en train d'être définitivement bouleversé. Dès l'arrivée de son personnage principal aux portes de la citadelle, l'auteur saisit son lecteur par la manche - ainsi qu'on le fait lorsqu'on n'a pas de temps à perdre en palabres inutiles - et ne le quittera plus un seul instant des presque deux cent cinquante pages qui vont suivre. Il serait vain de vouloir en donner un résumé plus précis, à moins d'en dévoiler la trame secrète, sans le talent de conteur de Mathieu Gaborit. En revanche, on peut sans peine ajouter qu'on y croise tout une théorie de personnages directement surgi de ce qu'il est coutume d'appeler "Le Petit Peuple", si bien documenté par ce cher Pierre Dubois, "elficologue" de son état. Ainsi, une jeune lutine nommée Mèche, fille de la fameuse Cyre précédemment mentionnée, et qui accompagne une grande partie de ce roman trépidant, passant tour à tour du rôle de sauveteuse à celui moins évident d'otage ; une terrible ogresse dont le destin va se trouver entremêlé - emberlificoté serait presque plus exact - à celui de Maspelio, à son corps très défendant est-il indispensable de le préciser ? ; ainsi que tout un peuple de monstres, de géants, de nains, de lutins, de religieux fanatiques, de "gros" mis violemment au régime, de joueuses de scie musicale, de démon des basses et hautes sphères des Abysses, tout ce petit monde se retrouvant lié, tous contre un seul semble-t-il au commencement. Il s'avérera que les choses sont bien plus complexes, comme de bien entendu, ce premier volet s'apparentant à une espèce de rite initiatique, d'examen de passage violent et déroutant, possiblement mortel même, dont notre farfadet est le cobaye aussi involontaire qu'intensément réactif. Si la Cité décrite dans cet opus est sur le point de devenir exsangue, c'est à dire, permettons-nous de le rappeler, ce qui définit quelqu'un ou quelque chose ayant perdu beaucoup de sang, qui n'est plus irrigué par lui ou, pour les mêmes raisons, qui est très pâle, voire, au figuré, vidé d'énergie, de force, de vitalité, il n'en est en rien de même pour cette histoire flamboyante, emportée, enthousiaste, d'une mobilité quasi perpétuelle et envoûtante, à l'instar de ces personnages totalement imaginaires auxquels, pourtant, on se prend à croire sans aucune peine, sans aucune hésitation. Bien sûr, il n'est pas question ici de faire acte de profonde psychologie, ni de développer d'intenses réflexions personnelles destinées à bouleverser l'ordre des choses. de toute manière, l'action y est tellement prépondérante que cela laisse peu de place à d'inutiles réflexions. Mais La Cité exsangue, dont on peut d'ailleurs affirmer sans mal qu'elle est l'autre personnage principal du récit, est d'un tel ravissement - celui comparable à ceux de l'enfance - d'une telle énergie et d'une telle richesse imaginative que, même sans être le plus grand lecteur de fantasy qui soit et, mieux encore, sans jamais avoir lu d'autres ouvrages de Mathieu Gaborit (ce qui sera bientôt corrigé !) on se laisse totalement emporter par ce style à la fois simple mais vrai, agréable et direct qui ne fait sans doute pas dans la fioriture stylistique mais qui sait invariablement atteindre son but : emmener le lecteur là où il le faut, sans ennui, sans temps mort - et, plus délicat : sans le prendre pour un gogo -, en le faisant passer par toutes sortes de couleurs inconnues, originales, fantasmagoriques pour lui décrire un monde foisonnant, impossible mais vraisemblable dans sa douce folie ! Bien que d'une écriture un peu moins précieuse et baroque que celle d'un Philippe Jaworsky, on retrouvera dans ce premier volet un peu de la fougue virevoltante de Gagner la guerre, par exemple. Certaines scènes urbaines ne seront pas non plus sans évoquer l'univers complexe de l'Empire Ultime de Brandon Sanderson, principalement lorsque le Prince-voleur fait appel à ses savoirs démoniques. Et si l'on pourrait sans doute passer en revue bien d'autres références, exactes ou fantaisistes, il nous faut rappeler cette évidence que La Cité exsangue est l'un de ces ouvrages qu'il y a quelques paires de décennies l'on aurait situé dans de la très bonne, non : de l'excellente "littérature populaire" (ce qui n'est en aucun cas dégradant, bien au contraire, pourvu que cela soit créé avec honnêteté, sincérité. C'est ici assurément le cas), avant même de l'enfermer dans tel ou tel genre, plus précis sans nul doute, mais l'écartant d'un autre public envisageable et moins spécialisé. Voilà donc quelques - trop courtes - heures passées à rêver, à sauter, à trépigner, à bagarrer, à survivre et à rêver en compagnie d'un petit farfadet qui se sont, trop vitement achevée mais que l'on espère retrouver bientôt, très, très bientôt ! + Lire la suite