C'était tous les jours tempête


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C'était tous les jours tempête - La deuxième moitié du XVIIIe siècle, époque des Lumières. Un jeune homme de haute naissance brille dans les salons par son éloquence et sa capacité de feindre. Promis à une très grande carrière, il est déjà, à 26 ans, avocat général du Parlement. Rien ne résistera plus à ce jeune homme. Ni les femmes, ni le pouvoir. Spécialiste de la manipulation, rédigeant un pe...

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Détails C'était tous les jours tempête

Le Titre Du LivreC'était tous les jours tempête
AuteurJérôme Garcin
ISBN-102070756890
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.71 étoiles sur 5 de 33 Commentaires client
Nom de fichierc-était-tous-les-jours-tempête.pdf
La taille du fichier29.52 MB


08 avril 2018
Car j'étais de cette race d'épicuriens qui ont besoin de lois pour jouir et, au tribunal comme au réduit, de stratégies pour gagner.

05 mai 2018
Superbe ! Dans un pur style du XVIIIe siècle, un roman historique qui retrace la vie de Marie-Jean Hérault de Séchelles, conventionnel et membre du comité de salut public. Ecrit sous forme de confessions, le roman nous permet d'être proche de Hérault. Comme écrit Manceron, toutes les fées se sont penchées sur le berceau de Hérault de Séchelles : beau, intelligent, riche, nommé avocat au Châtelet de Paris à l'âge de dix-huit ans ! Personnage plein de contradictions, empli d'une langueur romantique, il m'a émue et ce livre m'a donné envie d'en savoir plus sur cet homme qui disait avant son arrestation : "De sinistres présages me menacent, je veux me hâter de vivre, et lorsqu'ils l'arracheront de la vie, ils croiront tuer un homme de trente-deux ans : eh bien ! J'en aurais quatre-vingts, car je veux vivre en un jour pour dix années."

28 février 2014
N°688– Octobre 2013. C'ÉTAIT TOUS LES JOURS TEMPÊTE – Jérôme GARCIN – Gallimard. Qui est ce Marie-Jean Hérault de Séchelles[1759-1794] qui va mourir à 35 ans, sous le couperet de la Révolution et qui le sait ? Quoiqu'il en soit, il écrit depuis sa prison parisienne une lettre enflammée à sa dernière maîtresse, Mme de Sainte-Armaranthe, pour lui redire son amour passionné. Il s'y confesse et ce qu'il dit le décrit comme un jouisseur passant du lit des soubrettes à celui des dames de la Cour (Et peut-être de la Reine?) en n'oubliant pas la cellule des moniales et les nombreuses chambres où officient les prostituées. Selon ses dires, Mme de Sainte-Armaranthe aurait eu le pouvoir de corriger chez lui« Une orgueilleuse frivolité où passait, dans le mépris des autres, le dégoût de [lui]». Désormais sans avenir, il s'accroche à son passé « comme [à son] dernier trésor ». La Révolution qu'il a pourtant servie avec zèle, par ambition et par opportunisme, va l'exécuter, mais il poursuivait un but qui maintenant lui échappe. II faut croire que l'imminence du supplice favorise le repentir puisqu'il lui avoue une de ses tromperies, nombreuses sans doute, s'accuse d'être orgueilleux, hypocrite et machiavélique avoue la certitude qu'il mourrait jeune et insatisfait, lui qui voulait surtout réussir, et vite ! Ainsi il fit de bonne heure ce qu'il fallait pour être célèbre et se révéla, sous l'ancien régime, perfide voire manoeuvrier, flagorneur et prétentieux à l'occasion, et dut beaucoup de sa bonne fortune aux femmes. Avocat Général au Parlement à à peine 30 ans (ce qui ne l'empêcha pas de participer à la prise de la Bastille ni de s'insurger contre les conséquences de la nuit du 4 août sur son patrimoine personnel), il fut un homme d'influence, de pouvoir sinon de lettres mais il fut surtout un homme d'alcôves ce qui n'était pas la moindre de ses contradictions. Il devint en effet député républicain de Paris et même président de l'Assemblée, rédacteur de la Déclaration des Droits de l'homme, vota la mort de roi et même celle de Marie-Antoinette qui fut sa protectrice. Il avait en effet cette étonnante faculté de vouloir faire du mal à ceux qui lui voulaient du bien ! Lui dont la noblesse remontait à 1390 fut, sous le Révolution qu'il servit avec cynisme et dans l'horreur, le bourreau de l'aristocratie à laquelle pourtant il appartenait, trahissant ainsi sa caste et ses origines au nom de son ambition. Il fut peut-être plein d'illusions révolutionnaires [« Et pourtant, malgré mes postures et mes impostures, mes petits calculs et mes grandes prétentions, mes infimes courages et mes vraies lâchetés, mes enfantillages, mes contradictions, mes foucades, j'y ai cru à cette Révolution, cette folie, cette effrayante et magnifique machine conçue par des mains anonymes pour fabriquer du progrès »] mais reste le complice des assassinats perpétrés par la Terreur. Pourtant ce talentueux jeune homme, trop brillant sans doute pour les temps si troublés de la Terreur, trop arriviste et probablement trop oublieux de ses origines finit par être suspect et sûrement davantage jalousé. Il n'allait pas tarder à tomber dans le piège tendu avec, au bout du chemin l'inquiétante ombre de la guillotine. Lui qui avait baigné dans la culture classique, qui avait été l'élève des oratoriens oublia peut-être un des préceptes qui lui fut enseigné selon lequel « La roche Tarpéienne est proche du Capitole ». Dans une ultime correspondance toujours adressée à Mme de Sainte-Amaranthe, Marie-Jean Hérault s'estime victime d'une injustice, fait l'amère constatation de l'ingratitude humaine autant que de sa lâcheté. La proximité de la mort réveille en lui des souvenirs amoureux et poétiques à l'endroit de sa maîtresse [« Ce sont des pelures de l'amour » écrit-il, parlant des crocus qu'elle avait cueillis et qui avaient séché entre les pages de son livre]. Sentant venir la mort et le couperet, il devient fataliste un peu comme si, mourir jeune était soudain devenu une chose acceptable. Il ne recevra évidemment aucune réponse à sa longue lettre mais elle parviendra à sa destinataire sans qu'il le sache. Cette dernière, sans pouvoir lui répondre puisqu'il est déjà mort, en écrivant à sa fille, fait écho à cet amour que son amant vient de lui déclarer autant qu'elle répond à la missive qu'Émilie fit jadis parvenir à Hérault. Ces deux correspondances croisées illustrent sans doute cet amour partagé puisque dans cette confession où il se décrit pour elle sans complaisance est ressentie par cette femme « comme un ultime gage d'amour » qu'elle gardera « dans le tiroir central de (son) bonheur-du-jour en marqueterie, celui où (elle) range tous (ses) regrets et qui sent l'orange ». Jérôme Garcin nous offre aussi des évocations équestres à la fois techniques et esthétiques, explore avec ce livre où la fiction rejoint l'histoire une vie qui aurait pu être brillante mais qui fut brutalement interrompue. Marie-Jean Hérault de Séchelles ne fut pas le seul, en cette période troublée, à renier ses origines et à contribuer de bonne foi ou pour sauver sa vie au changement de la société, pour autant, je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à éprouver de la sympathie pour lui. J'imagine que s'il avait vécu, il aurait sans doute repris sa vie de Don Juan, aurait oublié Mme de Sainte-Amaranthe, aurait joué un rôle politique où le cynisme l'eût disputé à l'arrivisme. Mais son destin s'est arrêté brutalement, le sort (ou Dieu, selon qu'on y croit ou pas) lui a été contraire, son parcours a pris une autre voie, s'est heurtée à l'échafaud de la Terreur. Reste l'histoire de cette passion amoureuse qui peut nous émouvoir ou nous révolter. Elle illustre la condition humaine qui fait de nous les usufruitiers de notre propre vie. Depuis quelques temps j'explore et découvre avec plaisir l'oeuvre de Jérôme Garcin. C'est toujours agréable de lire un de ses romans qui allient le bien écrire, la poésie à des touches d'humour subtil. C'est pour moi un bon moment de lecture. © Hervé GAUTIER - Octobre 2013 - http://hervegautier.e-monsite.com Lien : http://hervegautier.e-monsit.. + Lire la suite