La symphonie pastorale


Livres Couvertures de La symphonie pastorale
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La symphonie pastorale - « [...] je n'ai point encore dit l'immense plaisir que Gertrude avait pris à ce concert de Neuchâtel. On y jouait précisément La symphonie pastorale. Je dis "précisément" car il n'est, on le comprend aisément, pas une œuvre que j'eusse pu davantage souhaiter de lui faire entendre. Longtemps après que nous eûmes quitté la salle de concert, Gertrude resta encore silencieuse et comme noyée dans l'extase. - Est-ce que vraiment ce que vous voyez est aussi beau que...

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Détails La symphonie pastorale

Le Titre Du LivreLa symphonie pastorale
AuteurAndré Gide
ISBN-102070360180
EditeurGallimard
Catégoriesjournal intime
Évaluation du client3.52 étoiles sur 5 de 1375 Commentaires client
Nom de fichierla-symphonie-pastorale.pdf
La taille du fichier22.57 MB


06 janvier 2013
Ce petit roman de Gide, écrit sous forme de récit à la première personne, se lit vite et sans ennui. Son style est de haut vol, comme souvent chez l'auteur, mais pas trop pompeux, comme on pourrait de temps à autres lui en faire le reproche. le style est, à mon sens, le principal point fort de l'ouvrage car le scénario est un peu brimbalant et parfois téléphoné voire facile. André Gide revisite le mythe de l'enfant sauvage que l'on éveille peu à peu à la civilisation et qui se révèle finalement pétri de sensibilité interne contrairement à ce que les rudes manières pouvaient laisser entrevoir de prime abord. L'auteur multiplie les artifices et les cas limites en faisant de la jeune fille une aveugle et de son précepteur un pasteur. À ce stade, l'éveil de la jeune fille est prévisible et visible comme le nez au milieu de la figure, mais en plus, une espèce d'amourette à deux sous vient se greffer dans le coeur noble et franc du preux chevalier pasteur, sans même qu'il s'en rende compte. Ici, on a envie de crier " N'en jette plus André ! ", mais comme si cela n'était pas suffisant, le propre fils du pasteur tombe lui-même amoureux de la jeune aveugle. Humm ! miam ! miam ! Gide fait grincer les violons à pleins tubes dans le registre de l'amour impossible, de la rivalité père-fils et au comble de l'invraisemblance et de la guimauve, on nous assène une possibilité d'opération qui pourrait rendre la vue à Gertrude. (Disons qu'à partir de là en ce qui me concerne la limite de l'indigeste est franchie depuis longtemps et seule la longueur restreinte du livre m'incite à aller au bout.) Chose dite chose faite, notre Gertrude retrouve la vue et comme Gide est réfractaire aux happy-ends et qu'il se dit qu'il a déjà épuisé sa ration de sucré et qu'il craint La Dysenterie Post-orale (pardonnez-moi encore ce calembour vaseux), il s'arrange pour faire absolument capoter l'histoire à la fin afin qu'il y ait une belle mort tragique digne du théâtre antique. Je vous avoue que (toujours de mon point de vue, par ailleurs critiquable sous tous angles) cette histoire vaut plus pour la façon dont elle est écrite que pour le brio sans pareil et l'imagination diabolique du scénario, qui pourrait parfois faire rire alors que ce ne semble manifestement pas être l'objectif premier de l'auteur. Quelque chose dans ce roman me rappelle le film La Nuit du Chasseur avec Robert Mitchum. Une oeuvre soi-disant mythique mais qui a tellement vieilli, qui est tellement téléphonée et bateau qu'elle en devient drôle au second degré, mais bien sûr, tout cela n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose. + Lire la suite

13 juillet 2017
Tout petit roman, que cette Symphonie pastorale. On pourrait le prendre pour une plaquette sans prétention… presque … Et pourtant. Il est tout comme une symphonie, il commence tranquillement puis évolue et se transforme en une explosion… de mots, de descriptions, de sentiments. Les meilleurs romans n'ont pas besoin d'être des pavés, et l'auteur français André Gide l'a bien compris. Mais attention, si vous cherchez l'action et l'aventure, vous feriez mieux de passer votre chemin. Le narrateur est un pasteur. Sa promenade quotidienne l'amène à un endroit qu'il n'était plus habitué de fréquenter et il aboutit dans une ferme des parages, où une femme se meurt en laissant derrière elle une lointaine parente, une jeune fille pré-pubère et aveugle. Le narrateur prend sur lui de s'en occuper. Sa femme Amélie n'est pas très chaude à l'idée… c'est qu'ils ont déjà cinq enfants. Mais, fidèle à son habitude, Amélie s'emmure dans son silence pendant que son mari n'est fait qu'à sa tête. C'est ce que son âme chrétienne, protestante lui dicte de faire. En plus de la religion (une certaine austérité protestante) et de l'évocation de la nature, André Gide exploite un nouveau thème, le mythe de l'enfant sauvage ? La petite, Gertrude, s'épanouit en même temps que le printemps se pointe. le pasteur s'occupe d'elle, peut-être mieux que ses propres enfants. Mais c'est compréhensible, non ? Ses enfants qui ont tout ce qu'il faut alors que la pauvre orpheline… « Les premiers sourires de Gertrude me consolaient de tout et payaient mes soins au centuple. Car ‘'cette brebis, si le pasteur la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont jamais égarées''. » (p. 41) Ajoute-t-il, paraphrasant la Bible. Puis, après les sourires, les traits de Gertrude s'animèrent. Une véritable transformation s'opère. le pasteur lui décrit les paysages. Les comparaisons avec la musique lui viennent naturellement. N'est-ce pas la musique de Beethoven qui a amené la phrase : « Chaque paysage est un état d'âme » ? C'est un éveil dans tous les sens du terme ! Parfois, j'avais l'impression de lire du Jean-Jacques Rousseau. Je trouvais à la plume d'André Gide un petit quelque chose des grands romantiques. Avec cet univers bucolique, presque pur, difficile de ne pas faire la comparaison. Et le pasteur y contribut à sa façon, en protégeant la petite et son bonheur, en lui cachant la laideur du monde et le Mal qui se trouve au coeur des hommes. Un brin mouich-mouich. Sortez les mouchoirs ! L'auteur ne pouvait rester dans les descriptions de paysages bucoliques, de sentiments purs, de mièvreries trop longtemps. En effet, l'ainé du pasteur, Jacques, s'éprend de la jeune fille. le père s'y oppose farouchement. Il envoie son fils étudier à l'extérieur, puis, pour être certain, envoie Gertrude en pension chez une amie. Mais il veut la protéger ou la garder pour lui ? Dans tous les cas, il ne peut rester longtemps loin d'elle. À ce point, je commençais à me douter des sentiments inavoués (enfouis ?) du pauvre pasteur. Évidemment, sa stricte morale protestante l'empêche de jouir du bonheur. Et c'est là que le style d'André Gide se trouve réaffirmé : au moment où tout semblait aller pour le mieux (Gertrude se fait opérer elle voit à nouveau), un moment d'une grande tristesse, tragique, devait aller de pair. Si tout le livre tourne autour du conflit entre la morale religieuse et les sentiments, le dénouement va encore plus loin et permet une critique de la morale protestantisme, qui voit le Mal partout. Jacques rejette le protestantisme et se tourne vers le catholicisme. Pire, il joint les ordres. C'est admettre la défaite. La symphonie pastorale se termine dans un dernier mouvement saisisant, mémorable. À lire ! + Lire la suite

03 décembre 2010
Et il m’apparut aussitôt combien ma comparaison était précaire. – Le blanc, essayai-je pourtant de lui dire, est la limite aiguë où tous les tons se confondent, comme le noir en est la limite sombre. – Mais ceci ne me satisfit pas plus qu’elle, qui me fit aussitôt remarquer que les bois, les cuivres et les violons restent distincts les uns des autres dans le plus grave aussi bien que dans le plus aigu. Que de fois, comme alors, je dus demeurer d’abord silencieux, perplexe et cherchant à quelle comparaison je pourrais faire appel. – Eh bien ! lui dis-je enfin, représente-toi le blanc comme quelque chose de tout pur, quelque chose où il n’y a plus aucune couleur, mais seulement de la lumière ; le noir, au contraire, comme chargé de couleur, jusqu’à en être tout obscurci... Je ne rappelle ici ce débris de dialogue que comme un exemple des difficultés où je me heurtais trop souvent. Gertrude avait ceci de bien qu’elle ne faisait jamais semblant de comprendre, comme font si souvent les gens, qui meublent ainsi leur esprit de données imprécises ou fausses, par quoi tous leurs raisonnements ensuite se trouvent viciés. Tant qu’elle ne s’en était point fait une idée nette, chaque notion demeurait pour elle une cause d’inquiétude et de gêne. + Lire la suite