La symphonie pastorale


Livres Couvertures de La symphonie pastorale
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La symphonie pastorale - « [...] je n'ai point encore dit l'immense plaisir que Gertrude avait pris à ce concert de Neuchâtel. On y jouait précisément La symphonie pastorale. Je dis "précisément" car il n'est, on le comprend aisément, pas une œuvre que j'eusse pu davantage souhaiter de lui faire entendre. Longtemps après que nous eûmes quitté la salle de concert, Gertrude resta encore silencieuse et comme noyée dans l'extase. - Est-ce que vraiment ce que vous voyez est aussi beau que...

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Détails La symphonie pastorale

Le Titre Du LivreLa symphonie pastorale
AuteurAndré Gide
ISBN-102070360180
EditeurGallimard
Catégoriesjournal intime
Évaluation du client3.52 étoiles sur 5 de 1375 Commentaires client
Nom de fichierla-symphonie-pastorale.pdf
La taille du fichier29.75 MB


01 mars 2016
Ne t'en souviens-tu pas ? du temps que nous faisions ensemble notre philosophie, nos professeurs, à propos de Condillac et de sa statue animée, nous entretenaient déjà d'un cas analogue à celui-ci.... A moins, fit-il en se reprenant, que je n'aie lu cela plus tard, dans une revue de psychologie... N'importe ; cela m'a frappé et je me souviens même du nom de cette pauvre enfant, encore plus déshéritée que Gertrude, car elle était aveugle et sourde-muette, qu'un docteur de je ne sais plus quel comté d'Angleterre recueillit, vers le milieu du siècle dernier. Elle avait nom Laura Bridgeman. Ce docteur avait tenu journal, comme tu devrais faire, des progrès de l'enfant, ou du moins, pour commencer, de ses efforts à lui pour l'instruire. Durant des jours et des semaines, il s'obstina à lui faire toucher et palper alternativement deux petits objets, une épingle, puis une plume, puis toucher sur une feuille imprimée à l'usage des aveugles le relief des deux mots anglais : pin et pen. Et durant des semaines, il n'obtint aucun résultat. Le corps semblait inhabité. Pourtant il ne perdait pas confiance. Je me faisais l'effet de quelqu'un, racontait-il, qui, penché sur la margelle d'un puits profond et noir, agiterait désespérément une corde dans l'espoir qu'enfin une main la saisisse. Car il ne douta pas un instant que quelqu'un ne fût là, au fond du gouffre, et cette corde à la fin ne soit saisie. Et un jour, enfin, il vit cet impassible visage de Laura s'éclairer d'une sorte de sourire ; je crois bien qu'à ce moment des larmes de reconnaissance et d'amour jaillirent de ses yeux et qu'il tomba à genoux pour remercier le Seigneur. Laura venait tout à coup de comprendre ce que le docteur voulait d'elle ; sauvée ! A partir de ce jour elle fit attention ; ses progrès furent rapides ; elle s'instruisit bientôt elle-même, et par la suite devint directrice d'un institut d'aveugles - à moins que ce ne fût une autre... car d'autres cas se présentèrent récemment, donc les revues et les journaux ont longuement parlé, s'étonnant à qui mieux mieux, un peu sottement à mon avis, que de telles créatures pussent être heureuses. Car c'est un fait : chacune de ces emmurées était heureuse, et sitôt qu'il leur fut donné de s'exprimer, ce fut pour raconter leur bonheur. naturellement les journalistes s'extasiaient, en tiraient un enseignement pour ceux qui, "jouissant" de leur cinq sens, ont pourtant le front de se plaindre... + Lire la suite

19 septembre 2012
Dès l'enfance, combien de fois sommes-nous empêchés de faire ceci ou cela que nous voudrions faire, simplement parce que nous entendons répéter autour de nous: il ne pourra pas le faire...

01 juin 2014
La symphonie pastorale, c'est le récit qui mène une jeune aveugle de l'ombre à la lumière. Mais pas seulement. Ce sont aussi les confidences de l'homme qui l'accompagne et la guide sur ce chemin, pour le malheur de tous. Le récit est allégorique : on ne croit pas un seul instant à cette évolution miraculeuse, qui fait d'une enfant dont le langage se réduit à quelques grognements, plus proche de l'animal que de l'être humain, une jeune demoiselle à la syntaxe parfaite et à l'expression nuancée. Peu importe, Là n'est pas le sujet. Tout est centré autour du ressenti de cet homme, le plus aveugle des deux : longtemps inconscient des sentiments qu'il éprouve pour la jeune fille, autant que du malheur qu'il crée autour de lui : «  Je me disais : c'est une enfant. Un véritable amour n'irait sans confusion, non rougeurs. Et de mon côté je me persuadais que je l'aimais comme on aime un enfant infirme » Longtemps convaincu du bien fondé de son entreprise, n'hésitant pas à se justifier au nom des textes saints (l'homme est pasteur), c'est la découverte des sentiments de son fils pour la jeune fille qui lui fait perdre toute raison. La morale, l'éducation, les préceptes religieux viennent justifier l'inacceptable. le combat n'aura pas lieu, il est perdu d'avance. Les plus belles pages sont celles consacrés à l'éveil de la jeune fille alors que l'l'homme n'a pas encore conscience des dangers d'une telle démarche. C'est à travers son propre regard qu'il lui propose une vision magnifiée de ce qui les entoure, un monde d'idées pures, mis en mots pour se substituer au sens défaillant. Pour un temps qu'il sait compté : « Le soleil se couchait dans une splendeur exaltée. L'air était tiède. Nous nous étions levés et tout en parlant nous avions pris le sombre chemin du retour ». Le dessein est vain et funeste. La crainte de détruire l'illusion se confirme lorsque Gertrude sort de sa cécité : le malheur s'incarne, la mort met au grand jour les racines du mal, et laisse sur son sillage des âmes détruites : « J'aurais voulu pleurer, mais je sentais mon coeur plus aride que le désert ». Les souvenirs lointains de cette lecture s'étaient totalement effacés, et c'est donc une re découverte, voire une découverte, pour un grand bonheur : la magie des mots, l'analyse aiguë et intime des sentiments laissent une impression fortement favorable, incitant à poursuivre une nouvelle exploration de l'oeuvre de l'auteur Lien : http://kittylamouette.blogsp.. + Lire la suite