Jude l'obscur


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Jude l'obscur - Tout en exerçant son métier de maçon, Jude Fawley rêve d’une vie meilleure et s’acharne à acquérir le savoir et la culture. La passion qui naît en lui pour sa cousine Sue, mariée à un maître d’école, va lui faire entrevoir d’autres horizons de bonheur et les conduire tous deux à la perdition. Comme toute l’œuvre de Thomas Hardy –le dernier grand romancier européen du xixe siècle, disait le critique Edmond Jaloux–, ce roman est une méditation sur les d...

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Détails Jude l'obscur

Le Titre Du LivreJude l'obscur
AuteurThomas Hardy
ISBN-102253098329
EditeurLe Livre de Poche
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.96 étoiles sur 5 de 283 Commentaires client
Nom de fichierjude-l-obscur.pdf
La taille du fichier19.98 MB


25 juin 2010
Attaqué sur un coup de tête, parce que j'avais envie de me plonger dans de la littérature dite abusivement "classique" et de voyager un peu dans le temps, à la fois d'une histoire en décalage avec mon époque, mais aussi pour raviver les souvenirs nostalgiques de mes jeunes années de scolarité. Je ne m'étais plus frotté à ce genre de littérature depuis mes études. Mais cette fois-ci, ce serait uniquement pour mon plaisir : libéré de toute coercition, pas d'examens à terme et SURTOUT, pas de vivisection scolaire du texte (vous savez, ce décorticage institutionnalisé qui tue dans l'oeuf l'éventuelle étincelle d'intérêt que toute jeune personne scolarisée pourrait porter à la littérature et ses bienfaits sur l'âme ?...). Mon premier et dernier contact indirect avec Thomas Hardy remonte à la vision du beau film que Polanski avait tiré de "Tess d'Urberville". J'avais été à la fois sous le charme de l'interprète principale (l'evanescente Nastassja Kinski) et de la mise en scène académico-venimeuse de Polanski. Roman initiatique, description d'illusions perdues et d'amours déçues, on suit le récit à la troisième personne de Jude Fawley, orphelin d'extraction modeste et rurale dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle. De son plus jeune âge jusqu'à l'âge adulte, c'est une description très émouvante de la vie d'un homme plein de bonne volonté mais très naïf, qui tente de s'extraire de sa condition par l'étude, puis par la religion mais qui se retrouve le bec dans l'eau à chaque tentative jusqu'au déchirant final. L'auteur ne s'attarde jamais pesamment ni sur les descriptions psychologiques, et encore moins sur des détails de l'environnement social ou physique des personnages. L'univers dans lequel évoluent les personnages de Thomas Hardy semble aller de soi, la lecture n'est pas entravée par une expression ampoulée, mais au contraire rendue fluide et agréable par un style qui donne l'impression... qu'il n'y en a pas. Ce qui ne veut pas dire que le roman adopte un point de vue clinique et distant, sans chaleur humaine : on n'est pas dans une approche sarcastique du milieu et des personnages qui y évoluent. Lire ce roman est un bonheur, en tourner les pages un ravissement (impressions qui ont moins à voir avec le contenu en lui-même - somme toute férocement fataliste, qu'avec mon propre étonnement éprouvé à en être scotché) : la langue est classieuse mais très abordable. Il y a très longtemps que je n'avais pas été emporté de la sorte par un roman dont le sujet n'invite a priori pas un lecteur comme moi à se délecter, dégoûté que je fus par les lectures imposées de mes années lycée (telles que "Le rouge et le noir" ou "L'éducation sentimentale", traumatisants souvenirs ceux-là !...). + Lire la suite

03 décembre 2016
Sombre et tourmenté, mais aussi résolument moderne, ce roman nous emmène dans les pas et les pensées de Jude, obscur orphelin dans un obscur village anglais qui ne peut se résigner à ce qu'il perçoit comme la médiocrité de sa vie... C'est d'abord les études qui le font rêver, et il s'acharne bravement à apprendre les rudiments de latin et de grec après ses journées de travail éreintantes. Puis, quand il comprend que les études ne veulent pas de lui comme il voudrait d'elles, c'est sa fantasque et brillante cousine Suzanne qui prend le relais dans ses rêves et ses idéaux... Tout est compliqué pour un être aussi tourmenté et déchiré que Jude, le métier, l'amour, les institutions, la santé... de même d'ailleurs que pour sa cousine, bien plus intelligente et libre de pensées que lui, mais tout aussi tourmentée et déchirée. Si j'ai infiniment apprécié la modernité de la critique sociale et le quasi-féminisme de l'ouvrage, ainsi que le style de Thomas Hardy, j'avoue que les tergiversations et les atermoiements sans fin des héros m'ont quelque peu agacée. Difficile de croire qu'ils veulent sortir de l'obscurité quand on voit comme ils s'y complaisent, la décortiquent et s'arrangent pour y rester ! Un peu à la façon de Solal et Ariane dans Belle du Seigneur, même si leurs histoires n'ont rien de commun. A lire donc à la fois pour la critique sociale et l'ouverture d'esprit de Thomas Hardy, mais aussi peut-être pour se mettre en colère contre ces personnages caractérisés uniquement par leurs doutes et leurs hésitations, et du coup pouvoir avancer dans ses propres réflexions ! Challenge XIX 7/xx + Lire la suite

04 octobre 2015
Tu m’étonnes que la bonne société victorienne a reçu cet obscur de Jude avec dédain, toute hoquetante de stupeur outrée dans ses corsets bien serrés au vu de ce scandaleux opus qui met à mal toutes ses certitudes immémoriales en questionnant avec vigueur le bien fondé des conventions sociales de l’époque : la place des sachants bien nés dans les lieux d’instruction, la bienséance du clergé , le rôle de la famille et surtout, surtout, l’institution du mariage, au cœur de ce roman noir et subversif. C’est en effet bien habile de la part de Thomas Hardy d’en avoir orchestré la lourde remise en question par le biais de la romance tragique, car il faudrait être de pierre pour ne pas être touché au cœur par la destinée tragique de Jude, le simple campagnard qui se rêva clerc, puis moine et qui, ayant échoué à s’élever au-dessus de sa condition par la science et la religion, se perdra dans l’exercice d’un amour noble et pur qu’il eut voulu affranchi des lois séculières. Si Hardy excelle autant que dans « Tess d’Urberville » à dépeindre les lieux, plus urbains que ruraux cette fois-ci, c’est surtout par la densité des personnages qu’il nous tient au collet de cette sombre histoire : Jude a beau être d’une naïveté confondante (j’avoue au passage avoir été désarçonnée de voir un homme tenir le rôle de l’innocence habituellement dévolu aux jeunes filles dans les romans du 19ème), c’est un personnage d’une intégrité telle que l’on ne peut s’empêcher de frémir d’empathie et d’indignation aux injustices qui lui sont faites. J’admire la subtilité de l’auteur quand il en fait le jouet des manipulations contradictoires de ses femmes : Sue, être de conviction solaire, vibrant, versatile, tout en esprit, à l’opposé d’Arabella la tellurique, faite d’une glaise grossière, vénale et pauvre d’âme. Un dernier mot pour le personnage de Phillotson, l’autre mari de Sue (quand je vous dis que le mariage passe un mauvais quart d’heure dans ce roman !) qui fait preuve, au moins un temps, d’une ouverture d’esprit dans l’adversité conjugale tout à fait stupéfiante pour l’époque. Un sombre roman qui, s’il m’a un tout petit peu moins transportée que « Tess », m’a donné le même plaisir des mots tant la prose de Thomas Hardy est belle et passionnée. + Lire la suite