Jude l'obscur


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Jude l'obscur - Tout en exerçant son métier de maçon, Jude Fawley rêve d’une vie meilleure et s’acharne à acquérir le savoir et la culture. La passion qui naît en lui pour sa cousine Sue, mariée à un maître d’école, va lui faire entrevoir d’autres horizons de bonheur et les conduire tous deux à la perdition. Comme toute l’œuvre de Thomas Hardy –le dernier grand romancier européen du xixe siècle, disait le critique Edmond Jaloux–, ce roman est une méditation sur les d...

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Détails Jude l'obscur

Le Titre Du LivreJude l'obscur
AuteurThomas Hardy
ISBN-102253098329
EditeurLe Livre de Poche
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.96 étoiles sur 5 de 283 Commentaires client
Nom de fichierjude-l-obscur.pdf
La taille du fichier24.4 MB


12 juin 2016
Réputé être, avec "Tess d'Urberville", son roman le plus sombre, "Jude l'obscur" permet une fois de plus à Thomas Hardy d'explorer à fond la psychologie sociale de ses personnages, dans un contexte de mutation des idées plus rapide que celle des institutions. Portrait aussi émouvant qu'éprouvant d'une ambition avortée, "Jude l'obscur" trace la biographie fictive d'un héros qui a sans doute dû s'incarner dans un grand nombre d'individus désireux de s'extraire de leur milieu natal pour s'élever dans la société en tablant sur leurs facultés et leur espérance en un monde plus égalitaire, plus libre et plus juste. Obscur, Jude l'est dès sa naissance. Orphelin, enfant recueilli malmené, employé à faire fuir les corneilles dans les champs, cet émule de Gavroche et d'Oliver Twist s'accroche très jeune à une illusion brillante comme une étoile : l'idée qu'adulte il pourra étudier à l'Université et exercer une profession intellectuelle. Acharné au travail, apprenant le grec et le latin en autodidacte, il fera tout ce qu'il est humainement possible de faire pour parvenir à son but. Hélas, c'est sans compter sur la ruse et la médiocrité de son entourage. Piégé dans un mariage malheureux, Jude - homme intègre et honorable s'il en est - verra petit à petit son étoile décliner et l'atavisme social le rattraper. Devenu tailleur de pierre, Jude attache désormais tout espoir de bonheur à l'amour profond qu'il voue à sa cousine Suzanne, jeune femme moderne aux idées indépendantes et qui se rit du scandale. "Jude l'obscur" le bien-nommé, celui qui parti de rien a tout désiré, qui de l'ombre a cheminé vers le soleil jusqu'à s'y brûler, est un personnage littéraire hors du commun qui suscite chez le lecteur une très forte empathie, voire une réelle affection. Délicat de terminer l'oeuvre sans larme à l'oeil ! La fin du 19ème siècle livre une fois encore son contexte social charnière hautement intéressant, entre traditions et idées nouvelles. L'écriture de Thomas Hardy - dois-je encore en chanter les louanges ? - donne enfin à ce récit une densité dramatique exceptionnelle, aussi riche que la philosophie et aussi profonde que la religion, une atmosphère à rapprocher définitivement de l'univers shakespearien. Si je préfère ses romans moins noirs, je ne peux que reconnaître à Thomas Hardy une maîtrise parfaite de son métier d'écrivain, sublimée par sa grande sensibilité de poète et son inaltérable intérêt pour l'homme et sa destinée. Challenge BBC Challenge 19ème siècle 2016 + Lire la suite

25 juin 2010
Attaqué sur un coup de tête, parce que j'avais envie de me plonger dans de la littérature dite abusivement "classique" et de voyager un peu dans le temps, à la fois d'une histoire en décalage avec mon époque, mais aussi pour raviver les souvenirs nostalgiques de mes jeunes années de scolarité. Je ne m'étais plus frotté à ce genre de littérature depuis mes études. Mais cette fois-ci, ce serait uniquement pour mon plaisir : libéré de toute coercition, pas d'examens à terme et SURTOUT, pas de vivisection scolaire du texte (vous savez, ce décorticage institutionnalisé qui tue dans l'oeuf l'éventuelle étincelle d'intérêt que toute jeune personne scolarisée pourrait porter à la littérature et ses bienfaits sur l'âme ?...). Mon premier et dernier contact indirect avec Thomas Hardy remonte à la vision du beau film que Polanski avait tiré de "Tess d'Urberville". J'avais été à la fois sous le charme de l'interprète principale (l'evanescente Nastassja Kinski) et de la mise en scène académico-venimeuse de Polanski. Roman initiatique, description d'illusions perdues et d'amours déçues, on suit le récit à la troisième personne de Jude Fawley, orphelin d'extraction modeste et rurale dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle. De son plus jeune âge jusqu'à l'âge adulte, c'est une description très émouvante de la vie d'un homme plein de bonne volonté mais très naïf, qui tente de s'extraire de sa condition par l'étude, puis par la religion mais qui se retrouve le bec dans l'eau à chaque tentative jusqu'au déchirant final. L'auteur ne s'attarde jamais pesamment ni sur les descriptions psychologiques, et encore moins sur des détails de l'environnement social ou physique des personnages. L'univers dans lequel évoluent les personnages de Thomas Hardy semble aller de soi, la lecture n'est pas entravée par une expression ampoulée, mais au contraire rendue fluide et agréable par un style qui donne l'impression... qu'il n'y en a pas. Ce qui ne veut pas dire que le roman adopte un point de vue clinique et distant, sans chaleur humaine : on n'est pas dans une approche sarcastique du milieu et des personnages qui y évoluent. Lire ce roman est un bonheur, en tourner les pages un ravissement (impressions qui ont moins à voir avec le contenu en lui-même - somme toute férocement fataliste, qu'avec mon propre étonnement éprouvé à en être scotché) : la langue est classieuse mais très abordable. Il y a très longtemps que je n'avais pas été emporté de la sorte par un roman dont le sujet n'invite a priori pas un lecteur comme moi à se délecter, dégoûté que je fus par les lectures imposées de mes années lycée (telles que "Le rouge et le noir" ou "L'éducation sentimentale", traumatisants souvenirs ceux-là !...). + Lire la suite

19 juin 2011
Les sillons encore frais ressemblaient aux lignes d'une pièce de velours côtelé toute neuve et donnaient à cette vaste étendue un aspect mesquinement utilitaire. Tous les accidents de terrain avaient disparu ; plus la moindre trace d'histoire : ne restait que celle des quelques derniers mois. Et pourtant à chaque motte de terre, à chaque pierre, s'attachaient des souvenirs innombrables - échos des chansons entendues lors des moissons passées, paroles échangées, faits et gestes audacieux. Sur chaque pouce de terrain, combien n'y avait-il pas eu de manifestations d'énergie et de gaieté, de jeux brutaux, de querelles ? Sur chaque mètre carré, des groupes de glaneurs s'étaient courbés au soleil. Les mariages d'amour qui avaient peuplé le hameau voisin s'étaient noués ici, après le dernier coup de faux et avant la rentrée des blés. Sous la haie qui bordait le champ, des filles s'étaient données à des amoureux qui n'avaient même plus tourné la tête pour leur accorder un regard à la moisson suivante ; dans les blés, plus d'un homme avait fait des serments d'amour à une femme : après le mariage, au temps des semailles le printemps suivant, la voix de cette même femme l'avait fait tressaillir par son ton aigre et autoritaire. Mais de tout cela, ni Jude, ni les corbeaux qui l'entouraient, n'avaient cure : ils ne voyaient là qu'un terrain dénudé, bon champ de travail pour l'un, bon grenier de provisions pour les autres. + Lire la suite