Kwaï


Livres Couvertures de Kwaï
3.85 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client

Kwaï - Vous souvenez-vous du film de David Lean, Le Pont de la Rivière Kwaï, adapté d’un roman de Pierre Boulle  ? Pour Vincent Hein, c’est une partie de son enfance — les soirées cinéma calé contre son père, près de la cheminée et devant la TV. Alors, partir en Thaïlande sur les rives de la célèbre rivière, c’est plonger dans les eaux troubles de la mémoire. Là-bas, le spectacle touristique ne cache pas l’exubérance de la nature et le souvenir des cru...

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Détails Kwaï

Le Titre Du LivreKwaï
AuteurVincent Hein
ISBN-102752911394
EditeurPhébus
Catégoriessouvenirs d'enfance
Évaluation du client3.85 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client
Nom de fichierkwaï.pdf
La taille du fichier22.37 MB


30 avril 2018
Je vis depuis l'enfance sur la carapace d'une tortue que je prends pour le monde. p 9

01 mai 2018
En se parachutant le long de la ligne Siam-Birmanie aussi appelée voie ferrée de la mort, Vincent Hein évoque pour nous pas seulement la rivière kwaï et son célèbre pont mais découpe dans l'histoire de la seconde guerre mondiale des événements douloureux liés à la présence du Japon et de ses extravagances. Ce texte assez court moitié autobiographique, moitié historique s'égraine en 17 courtes fresques qui racontent par alternance, un événement historique puis le souvenir d'un parent plongé au coeur des combats. L'auteur commence son récit en juillet 2014 à Kanchanaburi en Thaïlande, un prétexte pour se moquer des bars louches, plus crûment les bordels de la ville, Bangkok no money, no honey ». Vincent Hein pétri de culture chinoise rappelle les circonstances, qui ont déclenché la guerre sino-japonaise. Hirohito à 25 ans, quand ce jeune homme, monte sur le trône et devient Empereur du Japon. Entouré de généraux batailleurs et xénophobes, on le persuade d'envahir l'Asie, pour le charbon et le pétrole. En 1937 Pékin tombe sous un faux prétexte. "Ils s'imaginent conduire une guerre sainte, une croisade, un combat divin. Ils bombardent Nankin, enjambent les fortifications, ouvrent en grand les portes de la ville et massacrent vraisemblablement entre 50 000 et 90 000 personnes, page47" "Page 48 Hein raconte que Hitler lui-même fut sidéré !" Hirohito est un Dieu, et un Dieu qui veut son train nous sommes en 1942. Dans cette ville de Kanchanaburi l' impressionnant cimetière rappelle l'hécatombe subie par les prisonniers de guerre, la réalité vous prend à la gorge. Environ 180 000 civils autochtones et 60 000 prisonniers ont été forcés de travailler à la construction du chemin de fer. de ce nombre, environ 90 000 civils et 16 000 prisonniers de guerre sont morts lors des travaux bouclés en un an ! Les épreuves subies par les prisonniers du Commonwealth, lui rappelle douloureusement le camp de la mort située en Alsace, à Natzweiler- Struthof, ou son oncle Hubert fut défiguré. " Ils lui coupèrent les oreilles à l'aide d'une baïonnette et son nez avait disparu au fond de cette cavité pleine de sang !page 65", il fut sauvé par un détenu, un jeune médecin qui le bricola comme il pu. Après la guerre, il n'avait plus que la musique et les livres pour seules raisons de vivre. Rassurez-vous le pont lui-même de la rivière Kwai, le film et le livre de Pierre boulle, sont très largement commentés, la prestation du jeune comédien américain Nicholson, et son impertinence sont largement disséquées : "ces gens-là dit-il sont tout juste sortis de l'état de sauvagerie et trop vite, les Japonais bien sûr." Les bons livres sont souvent trop courts, comme celui-ci. J'ai retrouvé cités, de nombreux livres, Vincent Hein, dresse en effet une liste pertinente de livres , dans laquelle on pourra puiser avec bonheur. Ce que je retiens c'est le style, plein d'imagination et de finesse, de singularités langagières, de belles descriptions de paysages, et une fougue qui vous fait traverser ce récit, à vive allure. Vincent Heine fait vibrer tous les sens, on peut puiser allègrement des "senteurs de raisins mûrs" , "la chaleur enveloppante de ses bras" , "on vibre de toutes les couleurs", "le gros cocker roux comme une belle-mère avec des yeux tristes." Un livre glaçant parfois mais qui se déguste avec bonheur. + Lire la suite

03 mai 2018
"Le pont de la rivière Kwai » … on s'en souvient. Davantage pour se remémorer les scènes de bravoure du film que pour réfléchir à la tranche d'Histoire occultée alors par l'excellent jeu des acteurs. Vincent HEIN nous offre l'occasion de rééquilibrer le pourquoi de nos souvenirs. Ce film, vu par l'auteur-enfant, lui a laissé penser que « nos conventions, nos règles et nos lois (occidentales) étaient plus humaines (que la vindicte nipponne), que nous étions seuls capables de construire des ouvrages d'ingénierie complexe et que nous avions gagné cette guerre car notre civilisation était supérieure à toutes les autres. » le livre éponyme de Pierre BOULLE, lu par l'auteur-adolescent lui a fait comprendre combien « les actes en apparence opposés des deux ennemis n'étaient que des manifestations, différentes mais anodines, d'une même réalité immatérielle […] Avant tout, sauver la face ! » Vincent HEIN veut y réfléchir, cherche à se souvenir… Il alterne des séquences de son enfance avec des tranches d'Histoire que lui remémore un voyage en Thaïlande, sur les bords de cette rivière mythique. Son récit, Kwai, devient alors un livre-pont, une réflexion qui assemble, tel un ‘étrange et monstrueux mikado', des souvenirs d'enfance, des bonheurs partagés en famille, des barbaries de toutes nationalités, un amour inconditionnel de la vie et, tout en même temps que la dénonciation de l'absurdité humaine, la poésie que chacun peut cueillir quotidiennement au sein même d'un monde écoeurant où l'Homme compterait moins que le passage d'un train. De Vincent HEIN, je n'avais encore rien lu. Babelio et les éditions Phebus m'ont donné de découvrir une plume cultivée, tendre et acerbe, empreinte de poésie et de réalisme dérangeant. « La guerre est éternelle, l'homme est un loup pour l'homme ; vieille histoire », énonce Primo LEVI en exergue. Et c'est vrai que ce récit, en partie autobiographique, illustre bien cette triste caractéristique de l'espèce. L'Homme est capable de se faire la guerre ! Vincent HEIN, façonné et fasciné par la culture asiatique, avait déjà partagé son amour de la Chine (A l'est des nuages, 2009). Avec ‘L'arbre à singes' (2012), il avait poursuivi cette longue quête de lui-même à travers l'histoire et les paysages de la Corée, du Japon, de la Chine encore ou de Mongolie. Aujourd'hui, avec Kwai, il s'impose et nous propose un travail de mémoire, une réflexion sur la construction des petits mondes du Pouvoir, grands destructeurs d'humanité. Alternant ses souvenirs familiaux avec les atrocités commises par la barbarie japonaise de Hirohito et de son entourage, il solde le coût de la construction d'un pont bâti à seule fin de se montrer capable d'être le plus fort. Juste capable de faire passer ‘un petit train' entre des montagnes de cadavres, 15000 prisonniers de guerre et 100000 civils indigènes ! Bienvenue en ‘Absurdie' ! Ce livre, on l'aura compris, ne peut laisser indifférent. de plus, cette visite du site du Pont de la rivière Kwai s'accompagne, en périphérie, de quelques beaux coups d'une plume aussi piquante qu'une épée, aussi délicate qu'un stylet de poète. L'exploitation touristique ‘Pussy-Honey' à Bangkok, les ‘coupeurs de têtes' qui sabrent à tout va, pour la beauté du geste, la collection de crânes de ‘juifs typiques' destinée à prouver la supériorité (osseuse ?) de la race aryenne ou l'évocation des véritables paroles de 'La marche du colonel Boley' (loin, loin des ‘Hello, le soleil brille, brille, brille' chantées plus tard par Annie Cordy … s'enchevêtrent, se tissent et se trament avec des images poétiques d'une enfance qui vit sur la carapace d'une tortue et qui la prend pour le monde, du chant des bulles de pluie ou de la silhouette d'une gare qui hésite entre le style western et le néo victorien, maisonnette étroite et basse, semblable à celles que les Anglais recouvrent chez eux de clématites ou de rosiers grimpants. Le lecteur oscille entre horreur, dégoût pour l'espèce humaine et luxuriance de la nature ou plénitude de l'imaginaire. Un seul regret, Vincent HEIN, use et abuse de longues énumérations qui n'apportent rien et cassent le rythme de la pensée. Quel en est l'intérêt ? Appuyer ses dires ou étaler ses nombreuses connaissances en histoire des civilisations asiatiques, littérature française, culture cinématographique ou espèces horticoles ? L'effet est, à mes yeux, contre-productif. Dommage. + Lire la suite