Dans l'existence de cette vie-là


Livres Couvertures de Dans l'existence de cette vie-là
3.17 étoiles sur 5 de 6 Commentaires client

Dans l'existence de cette vie-là - Et si notre existence n’était pas déterminée par nos origines sociales ou familiales mais par l’influence des livres ? Et si le sens de notre existence n’était pas le fruit du hasard et de la contingence mais celui de la cosmogonie et de l’organisation des étoiles ? Tout quitter, partir au bout du monde est-ce mourir un peu ou bien, au contraire, vivre plus intensément ? Existe-t-il un algorithme commun entre l’économie et la littérature ? La crise financière a-t-el...

Télécharger Livres En Ligne

Détails Dans l'existence de cette vie-là

Le Titre Du LivreDans l'existence de cette vie-là
AuteurCaroline Hoctan
ISBN-102213702780
EditeurFayard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.17 étoiles sur 5 de 6 Commentaires client
Nom de fichierdans-l-existence-de-cette-vie-là.pdf
La taille du fichier27.84 MB


12 février 2018
Je pense alors que je resterais bien encore à contempler l’espace et le temps qui règnent ici de manière infinie. Dans le déroulement du temps, ne s’agirait-il pas, finalement, que d’un instant ? Je médite sur cet instant comme s’il s’agissait d’une durée transitoire mais décisive, d’une durée différée mais irréductible dans laquelle le temps s’engouffrerait en dehors de toute chronologie, un peu comme si, de la répétition des heures, des minutes et des secondes dont il n’y aurait rien à attendre que leurs processus d’écoulement, il surgirait soudain un rythme nouveau, une cadence différente, une harmonie inespérée qui offrirait l’éventualité de tous les possibles, comme à présent où, devant cet immeuble distingué, presque maniéré avec ses fenêtres à meneaux, appuyant sur un interphone qui semble me mettre en contact avec le cabinet d’avocats qui s’y situe, un signal rouge apparaît et une voix s’interroge dans un crépitement métallique. Oui ? Je prononce mon nom. Alors, la lumière de l’interphone s’éteint, le grésillement disparaît et, après un léger déclic de la serrure, la porte s’ouvre sur un vestibule donnant lui-même dans une salle aménagée de fauteuils et décorée de peintures modernes. Au fond, j’aperçois un bureau surmonté de deux écrans. Une femme en tailleur lève la tête et me regarde d’un air interrogateur. Je lui tends simplement la carte de visite héritée de mon père en lui expliquant que j’arrive du « Vieux Monde », que je suis ici pour quelque temps, le temps qu’il me sera utile de rester, le temps de pouvoir rencontrer celui dont le nom figure sur cette carte et qui aurait écrit ces quelques mots au verso. + Lire la suite

12 février 2018
Simplement, ici, l’air est différent et, comme la plupart des gens qui y viennent, je n’ai qu’une idée : oublier le pays d’où je viens et qui est le mien malgré tout, oublier la situation dans laquelle nous nous enfonçons, qui est la nôtre malgré nous. Oublier même ce qui va advenir de nous où que l’on se trouve, car, s’il est dit qu’ici la situation n’est pas meilleure qu’ailleurs, on est cependant au centre et à l’épicentre de tout, certes du monde, mais du reste également : de l’artifice, de la démesure, de l’espace, de l’excentricité, du gaspillage, de l’indifférence, de la liberté, du mélange, de la mythologie, du mixage, du prodige, de la puissance, de la richesse, de la sidération, de la vanité, du vertige, comme de cette mutation générale qui a cours partout mais aussi – et surtout – au cœur même de la littérature. Car ici, il est possible de prendre la route à n’importe quel moment, de partir sur les traces de tous ceux qui l’ont prise auparavant, de tous ceux qui la prennent encore et d’imaginer que, en suivant cette route, il est possible de découvrir un secret, le secret qui permet à la langue de ce pays de produire une telle littérature qui, d’après certains, découlerait entièrement de HUCKLEBERRY FINN, l’œuvre de celui supposé être le premier écrivain à avoir soumis à son éditeur un manuscrit tapé à la machine. J’ai donc toujours eu envie de venir ici, mais, pour de multiples raisons, j’ai constamment renvoyé ce projet à d’autres calendes. + Lire la suite

12 octobre 2016
Il y a du Joyce et du Gertrud Stein, du Duras et du Burroughs dans cette invraisemblable écriture-là. Mais qu'on n'en ait pas peur. Elle procure un enivrant plaisir et un absolu vertige littéraire.