Si on dansait...


Livres Couvertures de Si on dansait...
4.14 étoiles sur 5 de 11 Commentaires client

Si on dansait... - À Londres, au bout d'une impasse délabrée, Frank n'est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie. Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d'un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin... C'est ainsi que Frank fait la rencontre de L...

Télécharger Livres En Ligne

Détails Si on dansait...

Le Titre Du LivreSi on dansait...
AuteurRachel Joyce
ISBN-102374480429
EditeurXo Editions
Catégoriesmystère
Évaluation du client4.14 étoiles sur 5 de 11 Commentaires client
Nom de fichiersi-on-dansait.pdf
La taille du fichier27.69 MB


07 mai 2018
Lorsque Babélio m'a sollicitée pour la lecture de ce roman, j'ai accepté tout de suite. Je gardais un souvenir précis et ému d'un autre livre de Rachel Joyce " La lettre qui allait changer le destin de Harold Fry". Hélas, je n'ai pas été autant séduite par "Si on dansait...". Frank, le personnage principal, est disquaire à Londres, spécialisé dans le vinyle. Nous le suivons à plusieurs époques de sa vie, Rachel Joyce nous raconte la face A puis la B ( et ensuite la C et la d'De son existence ! Un auteur a le droit de s'autoriser des "licences musicales) Son existence est placé sous le signe de la musique, une musique qui à la fois blesse et guérit. Enfant, il est initié à la musique par Peg, son extravagante mère. D'elle, il retient surtout les moments privilégiés où ils recevaient de nouveau vinyles que Frank déposait précautionnement sur la "Dansette", leur platine, et qu'ils écoutaient, allongés sur un tapis. Peg n'était peut-être pas douée comme mère, mais c'était une conteuse hors-pair. Elle connaissait de très nombreux musiciens et racontait à son fils les circonstances de la genèse des oeuvres. Cette "formation" lui permett dans la suite du roman de devenir une sorte de "musicothérapeuthe". En 1988, il débarque à Londres après le décès de Peg et découvre une petite impasse miteuse, Unity Street ainsi qu'un commerce à l'abandon. Il y installe sa boutique de vinyles et rapidement ses clients deviennent des patients. Il sait instinctivement la musique qui va convenir à chacun d'entre eux pour aller mieux. Et ce, jusqu'au jour où une jeune femme, Lisa, s'évanouit sur le pas de sa porte. En elle, il n'entend pas de musique, mais le silence. Une bien jolie énigme se présente alors à lui. La trame du roman mêle l'histoire d'amour de Frank et Lisa et celle de l'impasse. La ruelle abrite un ancien prêtre, reconverti dans la vente de bibelots religieux, un boulanger polonais, des jumeaux croque-morts, un tatoueuse et un pub, le Englands Glory tenu par Peter. le lieu est comme un micro-village, un condensé d'humanité où les personnes, d'origine et de culture différentes cohabitent sans véritable souci. United Street est une utopie, un plaidoyer pour le vivre ensemble malgré la pauvreté et une odeur persistante de fromage et d'oignon. Une utopie menacée par un entrepreneur immobilier, n'hésitant pas à user de la violence et de la rumeur pour parvenir à ses fins. C'est joliment écrit, et pourtant je n'ai pas adhéré avant la toute fin. Frank n'entend pas de musique chez Lisa. Moi, je n'ai pas entendu battre le coeur des personnages. Ils sont très stéréotypés, brossés à grands traits, et souvent réduit à un "accessoire", une attitude ou un " défaut" : Madame Roussos et son chihuahua, les jumeaux et leur habitude de se prendre par la main quand ils sont inquiets ou Kit, l'assistant de Frank et sa maladresse aussi grande que son envie de bien faire. Frank et Lisa ont des passés très lourds, que la musique et l'amitié vont "réparer". Assez clairement se dessine le schéma d'un conte, qui ici serait musical. Je ne suis pas fan du genre, ceci explique peut-être pourquoi je suis restée en retrait par rapport à l'histoire. Je me suis fait rattraper dans la dernière partie. Les personnages et les situations deviennent moins prévisibles et acquièrent pour moi la part d'humanité qui leur manquait. Un autre aspect de ce livre m'a gênée, présent dès le début. Il tient en quelques mots : " Pour écouter les musiques préférées des personnages de "Si on dansait ...", découvrez leur playlist ! " suivis de deux adresses menant à Deezer ou Spotify. Ce roman est une déclaration d'amour de l'auteure à la musique et aux vinyles. Cet amour est présent à chaque page. Je dois appartenir à la vieille école, celle qui pense qu'un roman doit se suffire à lui-même, que les mots ont le pouvoir de tout décrire, sans que l'on est besoin d'une bande-son à côté. C'est là encore une jolie idée marketing, mais je la ressens comme du sucre sur du sucre. Dans un roman, la seule musique que j'aime, c'est celle des mots. Une lecture sur un mode mineur + Lire la suite

26 mai 2018
La musique c’est une histoire de silence. […] La musique sort du silence et elle y retourne toujours. C’est un voyage. […] Dans la musique elle-même il y a du silence. C’est comme si tu te retrouvais face au vide. Tu ne sais pas ce qu’il va se passer après. […] Mais le silence préféré de Peg, c’était celui du chœur de l’Alléluia. Ce bref moment d’anticipation avant la volée de timbales finale. Il faisait jaillir chez elle des torrents de larmes. Chaque fois. C’était dans le silence que la magie se produisait. + Lire la suite

09 mai 2018
Pourquoi ne pas traduire le titre original de ce beau roman de Rachel Joyce par le disquaire ? C'est vraiment trop réducteur d'avoir choisi Si on dansait… car le héros de ce livre réjouissant est Frank, un disquaire passionné par TOUTES les musiques et surtout acharné défenseur des vinyles. Cette mise au point me paraît indispensable avant de conseiller vraiment la lecture d'un livre émouvant, prenant, fort bien documenté et riche en informations. Plongeons-nous donc sans plus attendre dans la mise en place de l'histoire de ce disquaire et d'une certaine Lisa. Unity Street est une rue de Londres pas comme les autres, en mauvais état, délaissée par la municipalité, convoitée par un promoteur vorace mais où tout le monde se connaît et s'entraide, depuis Maud la tatoueuse, en passant par le Père Anthony, les frères Williams, Madame Roussos et surtout Frank, le disquaire, assisté par Kit. Seul contre une mode envahissante, l'invasion du CD, Frank résiste, ne vend que des vinyles qu'il classe à sa façon dans sa boutique où les cabines d'écoute sont deux armoires : « L'avenir appartient au vinyle, clamait-il »… Mieux que ça ! Frank a un don pour deviner de quelle musique a besoin son client car il a eu une formation impressionnante, enfant puis adolescent, grâce à Peg, sa mère. Nous sommes en 1988. Frank a 40 ans et cette femme qui s'est évanouie devant sa boutique a quelque chose de différent. Plus loin, c'est encore de Frank qu'il s'agit : « Il était ravi, confus, excité, terrifié, heureux, triste, tellement sûr de lui et totalement confus. » Ainsi, Rachel Joyce m'a captivé par son écriture, intrigué et tenu en haleine jusqu'au bout avec cet amour partagé qui n'arrive pas à émerger totalement : « Frank était tellement occupé à aimer les autres qu'il était incapable d'envisager que quelqu'un puisse l'aimer en retour. » De plus, le récit est émaillé de grands morceaux de musique, des Quatre saisons de Vivaldi à King of Blue de Miles Davis, sans oublier le Messie de Haendel, Bach, les Beatles, Beethoven, les Beach Boys, Pérotin, Puccini, James Brown, Led Zeppelin, Duke Ellington, Berlioz, Chopin, Aretha Franklin, Shalamar, João Gilberto… La liste est longue mais chaque compositeur ou artiste cité a son rôle et son utilité dans le récit. La dernière partie du roman, sa face D, nous rapproche d'un seul coup d'aujourd'hui puisque nous voici en 2009, que la musique est partout, que le CD vit ses derniers instants et surtout que le vinyle donne raison à Frank. Au fait, où est-il ? Qu'est-il devenu ? Et Lisa ? Jusqu'au bout, ce roman émeut, inquiète, régale : « Alleluia ! ». C'est non seulement un hommage au vinyle mais surtout à la musique, à la chaleur humaine, à la vie. Je remercie vivement Masse Critique de Babelio et XO Éditions pour cette belle découverte. + Lire la suite