Terre de fer, ciel de cuivre


Livres Couvertures de Terre de fer, ciel de cuivre
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Terre de fer, ciel de cuivre - Les habitants de Yalak, village du Taurus complètement isolé du reste du monde par le terrible hiver (c'est la "Terre de fer"), vivent dans l'attente de celui qui doit venir - il en a le droit - les déposséder de tout : grains, bêtes, et jusqu'aux "culottes de leurs femmes". Celui qui doit venir est le riche marchand de la ville, Adil Efendi. La mauvaise récolte ne leur a pas permis de lui rembourser ce qu'ils lui doivent. A la menace ...

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Détails Terre de fer, ciel de cuivre

Le Titre Du LivreTerre de fer, ciel de cuivre
AuteurYachar Kemal
ISBN-102070296938
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client4 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client
Nom de fichierterre-de-fer-ciel-de-cuivre.pdf
La taille du fichier27.17 MB


06 avril 2014
La "Terre de fer" de l'hiver anatolien, la venue redoutée du terrible "Adil Efendi, cet "Agha" ("patron") sans scrupules, vivant grassement de ses rapines - évidemment au détriment des villageois, toujours plus appauvris par lui... , la trajectoire imprévisible de l'illuminé du village - "Tête de Pierre" qui finira par subvertir tout l'ordre social... Comme tout cela est "vrai", décrit à la fois avec malice et lyrisme, avec ce sens aigü de la tragi-comédie quotidienne villageoise... Homère, une nouvelle fois à l'oeuvre. *********************************************** Rendre une place glorieuse dans la Littérature mondiale aux trois chefs d'oeuvres de la trilogie "Au-delà de la montagne" de Notre aède anatolien, d'origine turco-kurde, natif de Hemite en Cilicie ("autour de 1923"), Yasar Kemal - "Yachar KEMAL" : - I : "Orta direk" (1960) ("Le pilier"), traduit du turc par Guzine Dino (1966) - II : "Yer Demir, Gök Bakır" (1963) ("Terre de fer, ciel de cuivre"), traduit du turc par Münevver Andaç (1978) - III : "Ölmez Otu" (1968) ("L'herbe qui ne meurt pas"), traduit du turc par Münevver Andaç (1977) Tous disponibles en collection "blanche" puis collection de poche "folio" chez Gallimard. Et les traductions de G. Dino et M. Andac sont merveilleuses ! Ces trois romans ont bercé l'enfance de mon âge adulte : on croit y entendre chanter Homère... KEMAL restera donc cet Aède conteur d'épopées intimes : le souffle de la Nature passe sur ses pages inspirées, d'une écriture parfaite... (Vou savez, les fameux "mots-matière" de Simenon...) "Le Pilier" et les tourments de la vieille Mériémdjè, "pilier" principal de sa famille errante... L'étrangeté de "Tête de Pierre" dont l'odyssée intérieure "sauve" puis contamine peu à peu la psyché et les comportements de tous les habitants du village dans "Terre de fer..." et "L'herbe qui ne meurt pas". Omer Zülfü Livaneli (auteur-compositeur-interprête stambouliote féru de saz, puis romancier) réalisa - avec l'aide de son ami Wim Wenders, producteur du film - en 1987 une assez belle illustration cinélmatographique de "Terre de Fer, Ciel de Cuivre", malheureusement toujours non disponible en France : seul le DVD turc - non sous-titré en français - reste commercialisé à ce jour ! (*) (*) Cf. mon tout récent article-fleuve - somptueusement illustré ! - en date du 8 février 2014 "CINEMA ET LITTERATURE DE TURQUIE : DE QUELQUES OEUVRES OUVERTES" que vous pouvez consulter à ce sujet sur http://www.regardsfeeriques.canalblog.com/ + Lire la suite

06 avril 2014
- C'est moi, frère Mèmet, cria Ali. La porte s'ouvrit. Ils s'assirent en tailleur face à face devant l'âtre. Les bûches de chêne s'étaient consumées en braises aussi rouges que le rubis. De temps en temps, le vent s'engouffrait dans la cheminée, éteignait les braises qui pâlissaient, se couvraient aussitôt de cendres. La maison de Tête de Pierre n'avait qu'une seul pièce. L'âtre était vaste. Le manteau de la cheminée, fait de joncs tressés, était endui de terre glaise. Les murs de la pièce étaient revêtus de crépi et ne ressemblaient guère aux murs des autres maisons, faits de pierres assemblées au petit bonheur. Chez Tête de Pierre, les murs étaient de plus, et jusqu'à une hauteur de cinq empans, ornés de peintures de toutes les couleurs. On y voyait des grues en plein vol, des arbres aux branches ployées sous le vent, une forêt couverte de fleurs, des cerfs en fuite, des chevaux. Sur ses murs, Tête de Pierre avait fixé tout un univers. Au-desus de l'âtre était accroché un grand portrait de Moustafa Kémal Pacha. Coiffé d'un colback. Haussant les sourcils, l'air légèrement moqueur. A chaque fois que Tête de Pierre regardait ce portrait, il était pris d'un sentiment bizarre qui ressemblait à de la compassion. A son avis, Moustafa Kémal était un homme bon et patient. Il avait un petit air ironique aussi. Pourquoi ? il avait fait du bon travail. Il s'était consacré corps et âme à ce pays. Les religieux avaient voulu lui tenir tête, ils l'avaient proclamé mécréant. Lui avait surmonté tant de difficultés, accompli tant de prodiges. Mais il y avait certainement quelque chose qu'il n'avait pu faire... Une difficulté qu'il n'avait pu surmonter... Sinon, un homme ne vous regarde pas de cet oeil, en ayant l'air de se fiche du monde... (Yasar KEMAL, "Yer demir, gök bakir", - "Terre de fer, ciel de cuivre" (seconde partie de la trilogie romanesque "AU-DELA DE LA MONTAGNE"), traduction de Munevver Andac, éd. Gallimard - pages 192-193 de l'édition "folio") + Lire la suite