Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas


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Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas - C'est pour l'enfant auquel il n'a jamais voulu donner naissance qu'Imre Kertész prononce ici le kaddish - la prière des morts de la religion juive. D'une densité et d'une véhémence peu communes, ce monologue intérieur est le récit d'une existence confisquée par le souvenir de la tragédie concentrationnaire. Proférée du fond de la plus extrême souffrance, la magnifique oraison funèbre affirme l'impossibilité d'assumer le don de la vie dans un monde définitivement tra...

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Détails Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas

Le Titre Du LivreKaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas
AuteurImre Kertész
ISBN-10274274598X
EditeurActes Sud
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.83 étoiles sur 5 de 93 Commentaires client
Nom de fichierkaddish-pour-l-enfant-qui-ne-naîtra-pas.pdf
La taille du fichier29.34 MB


01 mars 2018
Dans son livre "Un autre : Chroniques d'une métamorphose" Imre Kertész se disait "marqué" à la fois par sa déportation à Auschwitz et par la vie sous le joug soviétique dans la Hongrie d'après guerre. "Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas" confirme, si besoin était, la souffrance morale vécue par cet auteur...une souffrance, un traumatisme, qui lui interdisent d'envisager sereinement l'avenir, qui ne lui donnent pas le droit d'avoir un enfant, d'être père, avec tout que cela comporte comme responsabilités Ayant côtoyé la mort, il ne peut transmettre la vie, et de ce fait, refuse tout enfant à son épouse.Une épouse qui l'abandonnera et le laissera seul. Le texte est doublement difficile. Difficile tout d'abord, car il nous permet de vivre l'état d'esprit de l'auteur, cette blessure définitive de l'âme, cette nouvelle personnalité. Un poids sur les épaules qui l'immobilise, et perturbe son comportement pour le reste de ses jours. "Cet homme, que ses parents ont élevé dans le plus strict esprit chrétien, dans la bigoterie", découvrit sa judéité à Auschwitz. On perçoit, en lui, l'homme broyé par ces deux expériences totalitaires successives. Ces réalisations humaines, Auschwitz et le communisme, posent toutes deux un problème philosophique à l'humanité parce qu'elles ont eu lieu, parce que l'Homme les a conçues. Il tente de les décortiquer. Depuis, définitivement condamné à revivre Auschwitz, il avoue qu'il lui est impossible d'écrire sur le bonheur : "on ne peut pas guérir d'Auschwitz, personne ne peut se remettre de la maladie d'Auschwitz". Et pourtant, certains hommes lui ont permis de conserver espoir en l'Humanité : on ne peut qu'être troublé, comme il l'a été, par l'attitude de cet instituteur qui garda sa portion de nourriture, à l'auteur malade, couché sur un brancard. D'autres l'auraient accaparé sans vergogne. La subtilité de cette approche philosophique n'est pas toujours facile à appréhender. Difficile aussi, car le texte sans paragraphe est fait de longues phrases souvent pesantes comportant de nombreuses digressions. Pour ces deux raisons conjointes , il est souvent nécessaire d'effectuer des relectures complètes de paragraphes ou de phrases afin de s'en imprégner, et d'espérer comprendre la pensée de l'auteur. Celui-ci reste écrasé par ce passé, et adulte, il en arrive même à se sous-estimer "moi, je suis écrivain et traducteur, et je ne vais pas me ridiculiser en me réclamant des géants qui furent de véritables écrivains et -parfois - de véritables traducteurs, parce que je suis suffisamment ridicule sans cela, avec mon métier" - rappelons qu'il reçut le Prix Nobel - et à nous préciser son rapport avec la littérature qui lui permet de prolonger cette souffrance permanente : "il s'avéra qu'en écrivant, je cherchais la souffrance la plus aiguë possible, à la limite de insupportable, vraisemblablement parce que la souffrance est la vérité" On se souviendra qu'il fut déporté à l'age de 15 ans, son enfance s'achevait. Ce fait est le seul qui permet de mieux comprendre la gravité de cette obsession, les conditions d'écriture de ce texte complexe, ce refus de transmettre la vie : «Non !» – je ne pourrais jamais être le père, le destin, le dieu d'un autre être, «Non !» – jamais ne peut arriver à un autre enfant ce qui m'est arrivé dans mon enfance, «Non !» – criait, hurlait en moi quelque chose, il est impossible que cela, c'est-à-dire l'enfance, lui arrive – t'arrive Lien : https://mesbelleslectures.co.. + Lire la suite

28 juillet 2008
"Non !"- cria, hurla en moi quelque chose, immédiatement, tout de suite, lorsque ma femme (qui ne l’est d’ailleurs plus depuis longtemps) orienta la conversation vers lui – vers toi – et mon cri a mis de longues années à s’apaiser, oui, pour ne laisser qu’un mal de vivre mélancolique, comme la furie d’Odin au cours du fameux adieu, jusqu’à ce que, émergeant des brumes du son mourant des instruments à cordes, lentement et malicieusement, comme une maladie latente, une question se dessine en moi, et cette question, c’est toi, ou pour être plus précis, c’est moi remis en question à travers toi, ou pour être encore plus précis […] : mon existence considérée comme la possibilité de ton être, c’est-à-dire que je suis un assassin, si on veut pousser la précision jusqu’au bout, jusqu’à l’absurde, et c’est possible avec un minimum de masochisme, puisque, Dieu merci, il est trop tard, il sera toujours trop tard, tu n’es pas là, alors que moi, je me sens en parfaite sécurité, puisqu’en disant non, j’ai tout détruit, tout réduit en poussière, surtout mon mariage éphémère et malheureux. + Lire la suite

28 mai 2016
Non ! C'est par ce cri du coeur .ou du non coeur . que commence ce texte magnifique , exigeant , écrit comme un seul souffle , une sorte d'explusion , une naissance dans le refus de celle-ci . C'est une douleur vitale qui n'a pas d'autres choix que l'écriture pour pouvoir continuer à être , car qu'adviendrait-il de celui-ci qui serait oblige d'exister en dehors de cette tâche obligatoire que constitue son travail d'écrivain ? Pour faire simple , Kertesz sait que sa seule voie de salut se trouve dans l'écriture même si , à travers cette présence à la vie il ne fait que "continuer à creuser la tombe que d'autres ont commencé à creusé pour moi ". Non ! C'est la prise de conscience soudaine , au hasard d'une conversation son interlocuteur lui demanda innocemment s'il avait des enfants .C'est Kertesz qui s'entend répondre instinctivement , c'est la longue et sinueuse réflexion d'un homme qui n'a pas d'autres choix que de refuser la paternité et qui monologue intérieurement pour nous livrer cette "prière" , ce Kaddish pour l'enfant qui ne naitra pas , parce que il est impossible de revivre l'indicible , l'invivable pourtant vécu à travers cette naissance . Non ! Et ce non réveille toutes les négations qui constituent les piliers de la personnalité d'Imre Kertesz, rescapé des camps , écrivain mis à l'index par le régime totalitaire Hongrois , jeune garçon soumis à" la dictature chaleureuse" du père , juif qui n'en fut un qu'à travers Auschtwiz , et aujourd'hui face à lui même , c'est ce non qui traduit au mieux sa puissance de vie qui lui fait refuser instinctivement ce que l'instinct de survie dicte à l'homme "en temps normal" : la procréation pour continuer à vivre au delà du temps qui nous est imparti individuellement . Compliqué tout cela ? Il est vrai que l'écrivain est un phénomène de complexité ,formidablement traduit par une écriture sinueuse qui dévide tel un écheveau tous les fils qui permettent d'élaborer une construction fidèle à une logique de pensée où rien n'est laissé au hasard . Kertesz écrit , Kertesz se regarde écrire , Kertesz s'appropie l'histoire et traduit l'intraduisible de l'absurde . Ce Non , scandé tout au long de cette minitieuse introspection n'est rien d'autre qu'un cri d'amour , un enfantement et une invitation à regarder l'horizon . Au fil de mes lectures de cet écrivain si singulier , le voile se lève et m'apparait alors un homme profondément généreux , secrêtement tapi dans ce qu'il appelle "ma vérité à moi ,et même si c'est une erreur, oui , seule mon erreur est ma vie " . J'ai beaucoup aimé ce texte : un texte qui résonne comme un chant douloureux et lancinant , qui se fait fleuve et vous inonde d'une mélopée d'amour extraordinaire pour qui fera l'effort de lecture . J'aime Kertész.Oui. + Lire la suite