Le refus


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Le refus - Voici la pièce centrale de ce qu'Imre Kertész appelle la trilogie de "l'absence de destin". Le Refus est d'abord celui des éditeurs de la période stalinienne en Hongrie qui rejette son roman Être sans destin. Empêché de rendre publique son approche littéraire de l'expérience concentrationnaire, Kertész entre alors dans une sorte de paralysie, une existence de mort-vivant. Dans la première partie du roman, il décline les différents symptômes de sa douleur.

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Détails Le refus

Le Titre Du LivreLe refus
AuteurImre Kertész
ISBN-10274276285X
EditeurActes Sud
Catégoriesaventure
Évaluation du client3.62 étoiles sur 5 de 30 Commentaires client
Nom de fichierle-refus.pdf
La taille du fichier24.11 MB


17 mai 2016
Il serait difficile de conseiller cette lecture pour qui n'a pas lu au préalable le récit qui constitue probablement la pièce centrale de toute l'oeuvre d'Imre Kertesz "Etre sans destin" . Ce refus , ce fut bien celui qu'il essuyât lorsqu'il proposa Etre sans destin aux éditeurs . Il est bien évident qu'au sein d'un régime totalitaire , remuer les entrailles du passé, surtoutlorsqu'il s'agit des plus grands crimes de l'humanité , c'est audacieux .Plus encore si l'accent que revêt le témoignage prend une forme subversive et carrément dérangeante . Qu'à cela ne tienne , Imre Kertesz continuera , envers et contre tout à écrire . Qu'a-ton à perdre quand finalement on est déjà mort quelque part ? Alors il y va gaillardement notre fantôme , car dès lors qu'on a cotoyé la monstruosité de la vie concentrationnaire , tout est permis dans l'écriture . Même le plus indicible . Provocation de la part de Kertesz lorsqu'il se penche sur les écrits de Jorge Semprun dénonçant des fait aussi atroces que celui de la confection d'un abat-jour avec une peau humaine , en essayant de réfléchir sur la position de ces êtres qui commirent ces actes qui selon lui "découlent de l'essence même de ce monde ". Insulte face à la mémoire collective que d'affirmer que le tortionnaire était "dans son rôle " ? Alors oui , Imre Kertesz ne nous facilite pas la tâche pour avancer dans le chemin du devoir de mémoire et de la réconcilation avec notre propre humanité . On aura bien compris que notre homme farouchement misanthrope cherche uniquement des percées à travers le peu qui lui reste depuis son retour des camps pour accepter l'inacceptable , l'absurde . D'ailleurs dans les multiples clés de ce récit le lecteur y rencontrera une petite pierre , allusion à Sysiphe . En deuxième partie du récit , il mettra en image toutes ces convictions sur le non-sens et l'incommunicabilité avec le monde extérieur ,la notion de culpabilité et de grâce , la privation de liberté dans des régimes totalitaires à travers une histoire Kafkaïenne aussi déroutante qu'hypnotisante . Une lecture complexe , à l'image de l'écrivain . Pour lecteurs avertis ( ça peut violenter ) . Mais passionnante . + Lire la suite

31 janvier 2012
"Ce que nous avons à dire est aride et objectif", cette phrase quasi-finale pourrait résumer le Refus. Avec une écriture quasi-hypnothique - qui fascine autant qu'elle crée une narcose - Kertesz nous livre un roman énigmatique en deux partie. La première qui décrit, à la troisième personne, un "Vieux" - qui est Kertesz lui-même - a qui on a refusé son roman "Etre sans destin", la deuxième qui est le roman que ce "Vieux" veut écrire. Dans l'une comme dans l'autre, on a l'impression que l'écrivain est à une distance stratosphérique de son sujet. Jamais on cherche ni à comprendre ni à expliquer ce qui met aux prises un journaliste et un état arbitraire. C'est ainsi. Cela rend parfois la lecture difficile parce que l'histoire se dissout dans cet sorte d'ensorcellement que provoque la poésie. Si on ne retrouve pas la tension engendrée par un roman, en revanche on éprouve un plaisir étrange à naviguer dans cet entre-deux monde d'où émane une grande force.

27 octobre 2008
Parce que le tyran souffre toujours, répondit Berg visiblement calmé par le fait d’exprimer ses arguments. Il souffre, poursuivit-il, d’une part à cause de lui-même, d’autre part à cause de son ambition inassouvie : et comme il ne pourra jamais régner complètement sur les autres – et c’est effectivement impossible puisqu’il existe toujours un dernier refuge inexpugnable, ne serait-ce que l’asile ou la mort – il finit par se retourner contre lui-même. Vous savez, je pense parfois que le martyr est le tyran le plus parfait. C’est du moins la forme la plus pure de tyrannie, devant laquelle tout le monde s’incline… + Lire la suite