La Lenteur


Livres Couvertures de La Lenteur
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La Lenteur - " Tu m'as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. Une Grande Bêtise Pour Ton Plaisir. J'ai peur que le moment ne soit venu. Je veux seulement te prévenir : fais attention. " J'incline la tête encore plus bas. " Te rappelles-tu ce que te disait ta maman ? J'entends sa voix comme si c'était hier : Milanku, cesse de faire des plaisanteries. Personne ne te comprendra. Tu offenseras tout le monde et tout le monde finira par te détester...

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Détails La Lenteur

Le Titre Du LivreLa Lenteur
AuteurMilan Kundera
ISBN-102070402738
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.65 étoiles sur 5 de 427 Commentaires client
Nom de fichierla-lenteur.pdf
La taille du fichier23.2 MB


11 septembre 2017
«La lenteur» Milan Kundera (183p, Folio Gallimard) Le prétexte de ce court roman est assez emberlificoté. le narrateur (« Je », dont tout est fait pour qu'on pense que c'est Kundera lui-même), arrive avec sa femme Vera dans un hôtel campagnard installé dans les murs d'un ancien château où se tient un colloque d'entomologistes. Cette demeure fut le cadre d'une nouvelle réellement écrite par un auteur libertin au XVIIIème siècle. Milan Kundera, lui-même en quête d'une trame romanesque, va au fil du récit décrypter cette nouvelle, l'analyser, et la mettre en perspective avec le monde d'aujourd'hui, tel que le vivent quelques-uns des participants au dit colloque… jusqu'à faire se rencontrer un chevalier en habit d'époque et un des personnages contemporains. Mais ce scénario assez folklorique n'est justement qu'un prétexte pour, comme c'est souvent le cas chez l'écrivain tchéco-français, en digressant très habilement et fréquemment, lui permettre de distiller nombre de réflexions particulièrement fines sur le monde d'aujourd'hui qu'il observe en spectateur, détaché et distant, avec un humour désespéré. Ce premier roman de Kundera écrit directement en français est d'abord un éloge de la lenteur, que le monde moderne ne reconnait plus. Et la lenteur, c'est la mémoire : « -Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire (…) Un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose dont le souvenir lui échappe (…) machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui ». Ainsi notre époque se sent elle « écoeurée d'elle-même, (…) elle ne souhaite plus qu'on se souvienne d'elle. ». C'est aussi une critique acide, acerbe, d'un certain milieu intello-mondain qui se donne aux médias et n'existe que par eux (dans certains passages, j'ai cru lire une caricature de BHL). La satire est aussi féroce que drôle. Kundera dissèque le comportement de ses contemporains avec une lucidité implacable, avec une précision diabolique d'entomologiste justement, il ne leur laisse rien passer, et sous sa plume acérée le ridicule (les érections à contretemps d'un Vincent dont le désir s'est réduit, condensé sur un « trou du cul ») le dispute au pathétique (les loupés de l'entomologiste tchèque). Et lorsque l'auteur pointe les méfaits de l'immédiateté et de l'éphémère de l'actualité, on se dit que sa thèse (son roman est écrit en 1995) a été largement créditée par le développement ultérieur des réseaux sociaux. En contrepoint de ce monde, les personnages de la nouvelle libertine du XVIIIème que l'auteur convoque avaient un autre sens de l'hédonisme, dont la finalité rappelle-t-il n'est pas le plaisir, mais le chemin vers le plaisir, sa conquête. Certes il n'est pas dupe sur cette époque révolue, qui savait elle aussi se donner en spectacle, s'exposer, avec les moyens de l'époque. Et d'ailleurs : « - la forme épistolaire des « Liaisons dangereuses » n'est pas un simple procédé technique qui pourrait être remplacé par un autre. Cette forme est éloquente en elle-même, elle nous dit que tout ce que les personnages ont vécu, ils l'ont vécu pour le raconter, le transmette, le communiquer, le confesser, l'écrire. ». Un peu comme sur Facebook ? Mais on sent qu'il regrette pourtant ce monde-là (plus sophistiqué ?) avec son art de la conversation… et de la séduction qui se sont perdus ; comme s'il voulait laisser entendre au lecteur qu'il s'est trompé de siècle. L'écriture de Kundera, le plus souvent simple, est particulièrement efficace, pleine d'humour, il manie parfois l'hyperbole emphatique avec brio (« - Pontevin sait se taire si souverainement que même la Voie Lactée, impressionnée par son silence, attend, impatiente, la réponse. » Et si le tableau que l'auteur brosse de la farce sociale est « tragi-grotesque », c'est aussi plus profondément celui d'une condition humaine contre laquelle, pour Kundera, contrairement au discours théâtral et dérisoire de certains de ses personnages, il n'y a pas de révolte possible… Entre roman et essai, une écriture forte, intelligente, qui marque. + Lire la suite

05 octobre 2012
Si une femme me dit : je t'aime parce que tu es intelligent, parce que tu es honnête, parce que tu m'achètes des cadeaux, parce que tu ne dragues pas, parce que tu fais la vaisselle, je suis déçu ; cet amour a l'air de quelque chose d'intéressé. Combien il est plus beau d'entendre : je suis folle de toi bien que tu ne sois ni intelligent ni honnête, bien que tu sois menteur, égoïste, salaud.

01 novembre 2012
Contre l'avis prédominant, je n'ai pas vraiment accroché avec cet ouvrage. Pour être exacte, je me suis plus égarée que régalée dans cette lecture dans laquelle trois histoires se superposent les unes aux autres. Tout commence par la venue du narrateur / auteur avec sa femme Véra dans un château pour y passer quelques jours. A cette première histoire vient se greffer, celle d'une nouvelle du XIIIe siècle dont l'auteur n'a été reconnu que très tard et dont l'intrigue se situe dans ce même château. L'histoire est celle d'une femme, Madame de T. , très libertine, qui trompe à la fois son mari et son amant mais également celui qui est l'amant de l'amant. Enfin, en parallèle de la première histoire ( je ne sais pas si vous me suivez toujours), se déroule également dans ce même lieu un congrès des entomologistes au court duquel un savant tchèque va à la fois se ridiculiser et retrouver un peu de sa superbe et dans la nuit qui va suivre, Vincent, lui, un ami du narrateur et un autre des protagonistes de ce roman, va perdre de lui toute estime. Un roman qui fait une superbe éloge de la lenteur, il est vrai et qui est extrêmement bien écrit mais dans lequel je me suis un peu emmêlé les pinceaux. de plus, j'ai également trouvé, concernant, tout ce qui a un rapport avec l'acte sexuel évoqué dans ce livre qu'il y avait de nombreux passages vulgaires et grossiers et donc, pour ceux qui me connaissent un peu à travers mes critiques, savent que c'est bien là une chose à laquelle je suis extrêmement sensible, peut-être un peu trop, je le reconnais. Pour avoir rencontré Milan Kundera il y a quelques années à la fête du livre d'Aix-en-Provence, je ne peux que flatter sa plume et son élocution mais je dirais simplement que je n'ai sûrement pas dû commencer par le bon livre ! + Lire la suite