Risibles amours


Livres Couvertures de Risibles amours
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Risibles amours - "Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t...

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Détails Risibles amours

Le Titre Du LivreRisibles amours
AuteurMilan Kundera
ISBN-102070377024
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.9 étoiles sur 5 de 670 Commentaires client
Nom de fichierrisibles-amours.pdf
La taille du fichier23.49 MB


02 août 2017
Risibles amours écrit en Bohême entre 1959 et 1968 dans sa langue natale, publié en 1970, deux ou trois ans après son premier roman La plaisanterie, c'est un recueil de plusieurs nouvelles tirées de trois petits cahiers publiés à Prague entre 1963 et 1969 contenant dix nouvelles pour ensuite se réduire définitivement en sept nouvelles en 1970. Personne ne va rire est paru dans le tout premier cahier celui de 1963, La pomme d'or de l'éternel désir et le jeu de l'auto-stop dans celui de 1965 et les autres dans le dernier de 1968. Pendant les années suivant la révolution de 1948 en Tchécoslovaquie, Kundera chercha un regard lucide et désabusé qu'il trouva dans l'art des romans et Risibles amours sera cette oeuvre première de maitrise, dans ces sept nouvelles il trouva la réponse pour aborder les thèmes récurrents futur de ses romans avenirs. Il y a une forme d'automystification dans ce recueil de nouvelles, cette ironie où le rire caresse l'amour du comique sexuel, la jeunesse, le vieillissement, la passé, l'oubli, l'illusion, la religion, la politique…. Et ce chiffre de sept important pour Kundera, récurrence dans ces oeuvres, cette divisions mise à part deux romans ( cinq et neuf parties) …la sommes reste un nombre divisible par sept, est-ce une coïncidence. Ce livre de jeunesse ne l'est pas dans sa conception, elle est d'une maturité impressionnante, rien ne respire la jeunesse de Kundera, juste une révélation d'un homme, d'un artiste. La structure de chaque nouvelles est une continuité de l'ensemble avec son unicité propre. Cet édifice à la morphologie d'un sillon d'un ricoché, la continuité, l'enrichissement, l'écho de l'une à l'autre tel un couple centré sur le socle de la quatrième nouvelle le colloque. L'amour rode dans chaque nouvelles, ce sentiment est distendu dans toute ses formes, étiré au firmament de l'apologie des sens, les décors, les lieux, les relations diverses, les âges aussi avec cette ligne directrice de Risibles amours, titre d'une des nouvelles et de l'esprit du livre aussi, s'évapore l'insondable ironie des sentiments amoureux, le comique sexuel des situations, l'âme vagabonde de la réflexion sensuelle du corps à corps. Personne ne va rire me rappelle la plaisanterie, le comique d'une situation sous le regard d'une communauté soupçonneuse. L'ironie, la dérision et de la désinvolture du narrateur donnent à cette prose un coté comédie- dramatique léger, l'amour est ridicule, les personnages sont dans la masse, Klara illumine la beauté et la lucidité de rompre. La pomme d'or de l'éternel désir sont les tribulations d'un éternel séducteur narré par son meilleur ami. Mais ce jeu est l'instant fugace et indélébile de la conquête charmée figée par l'image de ce visage, un collectionneur de sourire, de regard pétillant, de conquises envoutées. C'est une aventure journalière, courte rompue par cet ami narrateur soudain pris de conscience pour continuer le jeu de séduction de son ami. Le jeu de l'auto-stop est le comble de l'ironie où le spectacle est cette mise en scène de ce jeu entre le couple partant en vacances, ce petit jeu de rôle innocent pimentant la chair chaude de ces deux innocents piégés par la folie de la jalousie, emprisonnés par la vulgarité des autres, par la puanteur du vice s'immisçant dans la pudeur de cette jeune innocente devenue quelconque. Soudain le jeu de séduction s'écroule pour rendre l'homme froid, dévoré par le vice de ces femmes vulgaires qu'il a charmé retrouvé dans celle qu'il pensait différente, naïve, sa petite amie fragile. le charme est rompu encore une fois, la sensualité devient salace. Le colloque peut être une pièce ou gravitent ces personnages, composée de scènes beaucoup de dialogues, de réflexions…Ce coeur alimente ce risible amour commun à tous les autres, illustré ici par l'ironie égoïste et narcissique de ces personnages empreint de dualités. le jeu de charme entre ces cinq personnes illustre le jeu de dupe de l'amour. Puis le donjuanisme s'invite dans les conversations, pour devenir le collectionneur, remettant en cause les nouveaux tombeurs de ces dames, la séduction perd de son charme, sa vertu sensuelle comme l'ami de Martin collectionneur de visages. Les uns et les autres cherchent les signes de séductions de chacun pour ensuite s'inventer leur désir, puis bascule dans le vaudeville avec le faux suicide. Cette nouvelle est riche, comique, sensuelle, acide aussi, sensuelle, l'amour s'aventure dans l'aléa et la séduction dans le besoin sexuel. Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts est une histoire de souvenir, de regret, de souvenir, d'amour perdu, de mort vecteur de retrouvaille. La pudeur des corps à l'âge vieillissant s'invite dans le jeu de séduction. La femme cède à son passé, l'homme n'oublie pas et chute dans des amours périmés pour revivre sa jeunesse enfuit. le corps dans le sexe reste invisible, comme l'âge et le visage c'est la cécité du désir pour accéder à lui-même et se voire. Nous retrouvons le malentendu cher à ses baiseurs, comme si la réalité se transformait pour assouvir leur pulsion sexuelle. Le docteur Havel vingt plus tard est indépendant du colloque où le personnage est le même. Ce collectionneur jadis reste le même marié à une jeune actrice très belle. Celle-ci est l'atout pour le docteur afin de collectionner encore ses femmes qu'il charme par habitude pour exister. le journaliste naïf sera le jouet du docteur pour le jeter dans les bras de sa collègue, comme le personnage Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts, le journaliste sera pris au piège de l'aveugle baiseur lyrique, cherchant juste le moyen de devenir un collectionneur à travers cette première conquête. Édouard et Dieu mêle religion, politique, sexe et soumission. Mais dans la prose de Kundera l'amour reste d'une beauté comique, la sensualité un jeu de séduction. La religion est acte antirévolutionnaire, celle du pays mais reste une forme d'amour, une passion personnelle. Edouard rompt l'harmonie de sa quête en l'obtenant, brisant la jeune fille chrétienne à ses démons pour finir dans les griffes de la domination perverse du sexe avec la femme mature lui obtenant le poste d'enseignant. La beauté de la jeune fille, sa douceur, sa grâce, sa foi sont violée par un futur collectionneur. Il entre dans la cours de tous ses héros qui accumulent les femmes, les jeunes filles comme Havel, Martin…. Édouard sourit de sa défaite… Kundera me ravis de cette prose si riche, de ces nouvelles toujours aussi légèrement sérieuse. Même si je ne suis pas assez expérimenté dans la littérature classique pour percevoir toute la subtilité de ces histoires de séduction, d'amour, ces personnages riches des héros passés comme Don Juan et tant d'autres. Venez-vous perdre dans risibles amours. + Lire la suite

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