Risibles amours


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Risibles amours - "Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t...

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Détails Risibles amours

Le Titre Du LivreRisibles amours
AuteurMilan Kundera
ISBN-102070377024
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.9 étoiles sur 5 de 670 Commentaires client
Nom de fichierrisibles-amours.pdf
La taille du fichier19.11 MB


01 novembre 2015
Il faut bien comprendre que les divertissements charnels laissés à leur mutisme sont d’une maussade monotonie, une femme imite l’autre dans le plaisir et toutes y sont oubliées dans toutes. Et pourtant, si nous nous précipitons dans les plaisirs de l’amour, c’est pour nous en souvenir. Pour que leurs points lumineux joignent d’un ruban radieux notre jeunesse à notre grand âge. Pour qu’ils entretiennent notre mémoire dans une flamme éternelle ! + Lire la suite

06 novembre 2015
Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. + Lire la suite

05 janvier 2018
Voici un recueil de sept nouvelles dont la première, « Personne ne va rire », a fait comprendre à son auteur, en 1959, quel chemin qu'il allait désormais suivre, celui de « prosateur, romancier » (dixit Kundera). Et en lisant ces récits, on comprend, nous, qu'il a été bien inspiré en continuant dans cette voie. Chacun rivalise de drôlerie, d'ironie amusée envers les personnages, de compréhension pour leurs faiblesses et leur humanité prise dans des desseins et des destins non maîtrisés, parfois basés sur des erreurs de jugement d'autrui ou de la situation. Nous assistons dans la première nouvelle au basculement de la vie entière d'un homme dans un enchaînements de causes et de circonstances dont le levier de départ est son simple demi-mensonge à quelqu'un qui rêve de publier ses travaux de recherche dans un journal, pour ne pas le peiner en lui révélant la vacuité de ces derniers. « La pomme d'or de l'éternel désir » nous fait partager la fureur de séduction d'un homme vieillissant, cherchant ainsi à sauvegarder sa jeunesse et ses défis et qui pourtant aime sa femme par-dessus tout. « le jeu de l'auto-stop » commence sur un ton amusant et un jeu entre deux amoureux, faire semblant d'être une autre personne soi-même et de s'adresser à son conjoint comme s'il était un inconnu à séduire mais le dramatique se mêle progressivement à la légèreté et révèle des mécanismes qui se mettent parfois en place dans une relation : ne voir qu'une partie de l'autre et être aveugle au reste, ainsi que se méprendre sur ce qu'on croit que l'autre aime en nous et sur ses intentions. « le colloque », récit théâtral, met en scène plusieurs personnages dont on découvre peu à peu la psychologie et de qui le paraître n'est qu'un maigre reflet, notamment Fleischman, qui égaie vraiment la nouvelle avec les illusions qu'il se fait sans arrêts sur son pouvoir d'attraction et sur sa vie, qu'il se représente romanesque au possible. « Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts » nous dévoile combien une rencontre peut compter dans une vie et en modifier sa représentation. « le docteur Havel, vingt ans plus tard » raconte comment le docteur tente de rester l'éternel coureur de jupons qu'il était dans son déclin et combien certains « amours » sont en réalité basés sur la vanité. « Edouard et Dieu » est savoureux, aussi bien parce qu'on découvre à quel point l'image qu'on se fait d'une personne peut tout d'un coup se détruire lorsqu'on se rend compte que celle-ci souscrit à des idées qui ont le poids d'une plume, est pétrie d'incohérence et à vrai dire sans convictions, sans réelle personnalité ; que parce que la société totalitaire athée et ridicule qui y est brossée rejoint au final parfaitement les sociétés totalitaires basées sur la religion qu'elle prétend combattre. + Lire la suite