Risibles amours


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Risibles amours - "Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t...

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Détails Risibles amours

Le Titre Du LivreRisibles amours
AuteurMilan Kundera
ISBN-102070377024
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.9 étoiles sur 5 de 670 Commentaires client
Nom de fichierrisibles-amours.pdf
La taille du fichier26.73 MB


05 janvier 2018
Voici un recueil de sept nouvelles dont la première, « Personne ne va rire », a fait comprendre à son auteur, en 1959, quel chemin qu'il allait désormais suivre, celui de « prosateur, romancier » (dixit Kundera). Et en lisant ces récits, on comprend, nous, qu'il a été bien inspiré en continuant dans cette voie. Chacun rivalise de drôlerie, d'ironie amusée envers les personnages, de compréhension pour leurs faiblesses et leur humanité prise dans des desseins et des destins non maîtrisés, parfois basés sur des erreurs de jugement d'autrui ou de la situation. Nous assistons dans la première nouvelle au basculement de la vie entière d'un homme dans un enchaînements de causes et de circonstances dont le levier de départ est son simple demi-mensonge à quelqu'un qui rêve de publier ses travaux de recherche dans un journal, pour ne pas le peiner en lui révélant la vacuité de ces derniers. « La pomme d'or de l'éternel désir » nous fait partager la fureur de séduction d'un homme vieillissant, cherchant ainsi à sauvegarder sa jeunesse et ses défis et qui pourtant aime sa femme par-dessus tout. « le jeu de l'auto-stop » commence sur un ton amusant et un jeu entre deux amoureux, faire semblant d'être une autre personne soi-même et de s'adresser à son conjoint comme s'il était un inconnu à séduire mais le dramatique se mêle progressivement à la légèreté et révèle des mécanismes qui se mettent parfois en place dans une relation : ne voir qu'une partie de l'autre et être aveugle au reste, ainsi que se méprendre sur ce qu'on croit que l'autre aime en nous et sur ses intentions. « le colloque », récit théâtral, met en scène plusieurs personnages dont on découvre peu à peu la psychologie et de qui le paraître n'est qu'un maigre reflet, notamment Fleischman, qui égaie vraiment la nouvelle avec les illusions qu'il se fait sans arrêts sur son pouvoir d'attraction et sur sa vie, qu'il se représente romanesque au possible. « Que les vieux morts cèdent la place aux jeunes morts » nous dévoile combien une rencontre peut compter dans une vie et en modifier sa représentation. « le docteur Havel, vingt ans plus tard » raconte comment le docteur tente de rester l'éternel coureur de jupons qu'il était dans son déclin et combien certains « amours » sont en réalité basés sur la vanité. « Edouard et Dieu » est savoureux, aussi bien parce qu'on découvre à quel point l'image qu'on se fait d'une personne peut tout d'un coup se détruire lorsqu'on se rend compte que celle-ci souscrit à des idées qui ont le poids d'une plume, est pétrie d'incohérence et à vrai dire sans convictions, sans réelle personnalité ; que parce que la société totalitaire athée et ridicule qui y est brossée rejoint au final parfaitement les sociétés totalitaires basées sur la religion qu'elle prétend combattre. + Lire la suite

14 février 2012
Le texte est composé de sept nouvelles. Toutes pour moi n'ont pas la même saveur, j'ai préféré certaines mais toutes posent des questions autour du mensonge (à soi, aux autres), du jeu de dupe (envers soi, envers les autres), etc.... Des questionnements très intéressants car qu'est-ce que la sincérité, l'honnêteté? Qu'est-ce que le mensonge? Quel(s) rôle(s) joue-t-on en société, adapte-t-on ce rôle en fonction des personnes rencontrées? Parmi les histoires: Personne ne va rire: Comment un jour, par manque de courage, de franchise, ou par jeu (allez savoir?) un professeur voit sa vie (ses projets, ses amours, ses espoirs) brisée. Un simple refus (ou plutôt un refus qui ne dit pas son nom) face à un homme qui venait vers lui chercher un soutien éditorial transforme jour après jour sa place dans la société, transforme sa relation amoureuse, transforme ce qu'il projetait. On assiste à la chute du narrateur. Il faut ajouter que la situation prend place dans un pays "communiste". Le jeu de l'auto-stop: Un couple part en vacances. Elle est plutôt timide, rougissante, réservée, il s'en amuse. Mais après une "pause-pipi", alors qu'il est au volant, qu'il l'attend, elle le rejoint, monte dans la voiture... Et s'installe alors un jeu entre eux. Elle joue le rôle de l'auto-stoppeuse. Un autre dialogue se glisse, il ne la connaissait pas ainsi, femme "libérée", femme prête à l'accompagner à l'hôtel, à coucher avec cet homme "inconnu"? Jusqu'où peut-elle jouer ce rôle? Quand le jeu va-t-il s'arrêter? Qui voudra le stopper? Lien : http://lejournaldechrys.blog.. + Lire la suite

01 août 2011
[ Incipit ] « Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit KIara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n'avait rien d'extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d'histoire de l'art. Si mon étude avait fini par être publiée, ça n'avait pas été sans mal. Ce que j'avais écrit n 'était qu'épines et polémiques. C'est pourquoi la revue La Pensée plastique, avec sa rédaction grisonnante et circonspecte, avait refusé ce texte que j'avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis. Le facteur m'avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu'une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l'on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara : « Cher camarade - et si je peux me permettre d'user de ce terme - cher collègue - pardonnez à un homme auquel vous n'avez jamais parlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m'adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l'article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l'homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m'ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches... » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d'avoir l'obligeance de rédiger une note de lecture à l'intention de la revue La Pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son article. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j'étais désormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues. + Lire la suite