Ma bibliothèque : Lire, écrire, transmettre


Livres Couvertures de Ma bibliothèque : Lire, écrire, transmettre
3.06 étoiles sur 5 de 9 Commentaires client

Ma bibliothèque : Lire, écrire, transmettre - À quoi sert la littérature ? se demandait naguère Jean-Paul Sartre. À quoi sert ma bibliothèque ? s’interroge aujourd’hui Cécile Ladjali, lectrice au goût traditionnel assumé, qui est aussi l’auteur de fictions résolument modernes. Pour répondre à cette question qui engage sa vie même, elle conduit son lecteur à travers le labyrinthe des milliers d’œuvres qui occupent ses rayonnages : elle l’attire dans l’intimité de son va-et-vient entre lecture et écriture et scru...

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Détails Ma bibliothèque : Lire, écrire, transmettre

Le Titre Du LivreMa bibliothèque : Lire, écrire, transmettre
AuteurCécile Ladjali
ISBN-102021136035
EditeurSeuil
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.06 étoiles sur 5 de 9 Commentaires client
Nom de fichierma-bibliothèque-lire-écrire-transmettre.pdf
La taille du fichier18.33 MB


02 octobre 2014
Mme de Sévigné écrivait un jour à sa fille cette phrase inouïe : « J’aime à vous écrire, c’est donc un signe que j’aime votre absence. » Écrire une lettre plutôt que de compter sur le téléphone, le sms, le mail, c’est faire confiance au temps, à la distance, et considérer ces données comme sacrées, puisqu’en raison des empêchements qu’elles induisent, elles confèrent au papier un caractère précieux que les autres supports n’ont pas. À la différence du courrier électronique, la lettre privée préserve intactes notre intimité et toute la grâce d’un certain secret. Mais surtout elle nie l’absence. Rend présent. Incarne. + Lire la suite

28 août 2017
C'est peut-être dans l'histoire personnelle de Cécile Ladjali qu'il faut chercher les raisons de ce livre dont l'ambition est de décrire en détail sa bibliothèque, comme une revanche sur une enfance dont « les étagères étaient vides de vélin. » Ce n'est qu'à la mort de son père et l'année de son entrée à la Sorbonne qu'elle s'est autorisée à débuter cette accumulation protectrice. « Ils sont là, les visages. Tous les visages. Ceux de mes auteurs. » Pour Cécile Ladjali, longtemps brouillée avec les mots, enseignante en milieu difficile, et auteur, il est impossible d'écrire sans avoir lu, beaucoup, avec boulimie. La bibliothèque est un « antidestin », « une invite à écrire le monde avant qu'une main invisible plus habile […] ne décide des mots et des choses à notre place. » « Je lis pour vivre, pour écrire, et aussi pour retrouver mes amis. » Alors il y a la bibliothèque matérielle de Cécile Ladjali, sur un grand mur de pierre, en arche au-dessus de la porte d'entrée « blindée. » Un classement ? Pas vraiment. Un « désordre magnifique » qui sous-tend le désir d'écrire. Un « rangement » par « affinités électives ». Ingeborg Bachmann et Paul Celan à jamais côte à côte. Flaubert relisant Huysmans. Les livres d'art rangés à l'extrême gauche de la bibliothèque, sur une colonne de quatre mètres de haut. Et au milieu quelques livres de philosophie. La littérature orientale. Les femmes de la littérature anglaise. Virginia Woolf. Emily Dickinson. Les Allemands. Les Russes. le camarades de plume : Belinda Cannone, Carole Martinez, et tant d'autres. La littérature française. La poésie « noyau dur. » Des centaines et des centaines de titres énumérés, proposés au lecteur essoufflé et désespéré de ses propres insuffisances. Quant à la critique, elle est reléguée à quatre mètres du sol. Dans « les limbes », les espaces intermédiaires, sur l'escalier, au bord de l'écroulement, les derniers livres achetés ou ceux qui flottent entre deux domaines. Il y a aussi les bibliothèques arpentées, fréquentées : la BNF de la rue Richelieu. Les parquets craquants de la Sorbonne « un décor de roman. » Ne pas oublier non plus la liste « non exhaustive » des « livres que je n'ai pas lus ». La littérature japonaise, restée opaque. Les Chinois, les Indiens, les Espagnols, sachant que « l'absence est une présence en creux. » Cécile Ladjali parle aussi de son maître Georges Steiner, des dangers et des promesses des bibliothèques électroniques. Malgré le vertige, le lecteur est infiniment reconnaissant à Cécile Ladjali de lui proposer ainsi mille pistes de lectures et la certitude que « le paradis a la forme d'une bibliothèque », « une chambre à soi où l'on lit tranquillement. » + Lire la suite

27 septembre 2014
Les limbes de la bibliothèque c’est aussi la nouvelle géographie qu’il a fallu que j’invente pour certains volumes que ne pouvait plus contenir la bibliothèque. Il s’agit d’espaces intermédiaires où les mots et les images flottent et semblent attendre. Ainsi j’ai rangé une partie des livres d’art dans une niche creusée à même le mur de l’escalier qui conduit au premier étage de l’appartement. (...) L’escalier me sert de bibliothèque provisoire. À l’endroit où les marches présentent la surface la plus large, je dépose les derniers livres achetés après m’être adonnée à un petit rituel. Toujours le même. Sur la page de garde j’écris mon nom, la date et le titre du texte que je suis en train d’écrire. (Dans les limbes tout est fragile et fluctuant, alors on se rassure comme on peut.) Et puis il est amusant, en rouvrant un roman des années après, de se souvenir dans quel état nerveux nous étions alors, quel était notre rapport au sens, au temps, au dire, puisque l’œuvre avait été choisie une première fois pour aider à la rédaction du texte en cours. Il n’est pas rare que je lise cinq volumes tout frais débarqués de la librairie en même temps, ce qui me conduit à leur trouver des correspondances légitimes, alors qu’aucun lien naturel ne m’y autorise en principe. Mais l’escalier-bibliothèque est le tronc d’un arbre généalogique. C’est lui qui diffuse la sève vers les branches-fouillis au bout desquelles fleurissent les familles d’écrivains que j’invente en lisant. + Lire la suite