L'empereur du Portugal


Livres Couvertures de L'empereur du Portugal
3.97 étoiles sur 5 de 31 Commentaires client

L'empereur du Portugal - Jans Andersson de Skrolycka ne se lassa jamais, même dans sa vieillesse, de parler du jour où naquit sa petite fille... Ainsi commence L'empereur du Portugal, histoire d'un amour fou, d'une passion absolue, qui est un des plus beaux romans de Selma Lagerlöf. Cette fille qu'il a eue tard, Jans Andersson lui donnera le plus joli nom qu'il puisse trouver, "que le soleil lui a soufflé" : Claire Belle. Et il l'aimera de tout son vieux coeur, de toutes ses forces déclinan...

Télécharger Livres En Ligne

Détails L'empereur du Portugal

Le Titre Du LivreL'empereur du Portugal
AuteurSelma Lagerlöf
ISBN-102234051320
EditeurStock
Catégoriesmystère
Évaluation du client3.97 étoiles sur 5 de 31 Commentaires client
Nom de fichierl-empereur-du-portugal.pdf
La taille du fichier22.83 MB


12 octobre 2013
Jan de Skrolycka est un humble travailleur journalier. Sa femme est en train d'accoucher dans leur cabane, et le pauvre Jan est relégué à l'extérieur : une naissance, à l'époque, c'est une affaire de femmes et les futurs pères n'ont pas à s'en mêler. Jan se sent rejeté et se sent mal disposé envers le bébé à naître ; après tout, c'est à cause de ce nouveau-né que Jan doit rester seul. Pourtant, lorsqu'il rentre enfin dans sa cabane, Jan change bien vite d'avis. Les sages-femmes lui mettent le bébé dans les bras et Jan sent son coeur commencer à battre très fort. le sentiment paternel qui se cachait au plus profond de lui vient de se réveiller et ne le lâchera plus. Dès lors, le nouveau papa s'attache à sa petite fille qu'il décide de baptiser Claire-Belle en hommage au soleil qui, d'après Jan, est venu saluer la petite alors que père et fille se tenaient sur le pas de leur porte. L'amour peut-il rendre fou ? Si l'on en croit Françoise Sagan, c'est tout à fait possible, puisqu'elle a affirmé : "J'ai aimé jusqu'à atteindre la folie. Ce que certains appellent la folie; mais ce qui pour moi, est la seule façon d'aimer." C'est un petit peu ce qu'il se passe pour Jan également. Son amour pour Claire-Belle, loin de faiblir avec les années, se renforce, jusqu'à lui causer bien des ennuis quand sa petite fille sera devenue grande. Mais reprenons depuis le début. Dès sa naissance, Claire-Belle semble être une enfant délicieuse. Cette petite fille adorée par son papa rend bien son affection à ce dernier, mais pas seulement : Claire-Belle est également bonne et affectueuse avec de nombreuses personnes (notamment les plus pauvres habitants de Skrolycka). Plus grande, la petite fille reste adorable : qu'elle se rende à l'école ou au catéchisme, toujours, Claire-Belle s'attire les sympathies des habitants du petit village par sa gentillesse, sa discrétion et ses nombreuses autres qualités. Jan, pendant ce temps, reste très attaché à sa fille. Il l'admire, la protège et souhaite le meilleur pour elle. Mais, malheureusement pour Jan et son épouse (qui n'occupe qu'un rôle très secondaire dans le roman), ce bonheur familial ne dure pas. Un beau jour, le patron de Jan meurt et c'est son beau-fils qui reprend le domaine dans lequel Jan travaille. Ce beau-fils n'est pas très sympathique et cherche à chasser Jan et sa famille de leur cabane : il prétend que la petite famille n'est pas propriétaire du lopin de terre sur laquelle leur modeste habitation est construite et réclame le paiement d'une certaine somme d'argent. Pour venir en aide à ses parents, Claire-Belle décide de se rendre à Stockholm où elle compte se placer comme bonne dans une famille. Elle enverra sa paie à ses parents et, une fois la (soi-disant) dette remboursée, elle rentrera à la maison. C'est le début de la fin de la relation fusionnelle entre le père et la fille. Car une fois partie, Claire-Belle ne donnera plus de ses nouvelles. Et Jan, pour lutter contre son chagrin, commencera à se raconter des histoires. D'abord, ces petites fantaisies resteront secrètes. Mais un jour, la douleur devenant plus forte, les histoires de Jan vont lui servir de refuge : il va se persuader que sa fille est devenue Impératrice du Portugal et l'a nommé Empereur. le pauvre Jan est la risée de tout Skrolycka, mais rien n'y fait : il reste persuadé qu'il a raison et que les autres sont stupides. Le titre d'Empereur du Portugal prend donc tout son sens, mais seulement après lecture des trois quarts du roman. Au début, je me demandais s'il n'y avait pas une erreur de la part de Selma Lagerlöf : d'où venait ce titre, en rapport avec un pays méditerranéen, alors que nous avons affaire à une famille d'un pays scandinave ? J'ai été surprise de découvrir la raison de ce titre. Surprise et quelque peu déçue. Ma déception ne tient pas au récit, qui était magnifique du début à la fin et porté par une jolie plume. Ce qui m'a troublée, c'est la façon dont Claire-Belle se conduit avec son pauvre vieux père lorsqu'elle revient enfin à Skrolycka. Jan a tout donné à sa petite fille, il a tout fait pour elle, mais Claire-Belle devient ingrate. C'est bien dommage. J'aurais vraiment préféré une fin plus douce. Malgré ce (très) léger bémol, L'empereur du Portugal était une magnifique histoire emplie d'anecdotes savoureuses sur la vie parfois difficiles des petites gens de Skrolycka. Une belle découverte ! Challenge 15 Nobel : 8/15 + Lire la suite

11 octobre 2017
L'amour fou, inconditionnel d'un père pour sa fille. Un roman émouvant s'il en est ! La fille de Jan nait sans que celui-ci ne l'ait vraiment attendue. Mais dès qu'il la prend dans ses bras, un amour puissant et immuable s'empare de lui. Une complicité hors du commun va grandir entre eux pendant toute la jeunesse de Claire-Belle, jusqu'à ses 17 ans où elle est contrainte de quitter ses parents afin d'aller gagner de l'argent à la ville pour sauver leur habitation. Pourquoi ne donne-t-elle ensuite plus aucune nouvelle ? Comment ce père va-t-il parvenir à survivre malgré ce manque terrible ? Ne reverra-t-il jamais sa fille ? Qu'est-elle devenue ? Ce roman est narré à la façon très plaisante d'un conte populaire et nous emmène en plein XIXe siècle, dans une région reculée de Suède. Il débute avec de bons sentiments, une certaine douceur décrite dans la relation père-fille. Ça met du baume au coeur. La nature est très présente et souvent décrite, ainsi que les travaux des hommes, les intérieurs rustiques. Tout cela dans une langue soignée mais un style qui reste très fluide. J'aime comme Selma Lagerlöf dévoile, par un léger humour, toute sa sympathie pour les personnages à qui elle donne vie dans ses phrases. Dans la deuxième partie du roman, après le départ de la jeune fille, le ton change quelque peu. le récit reste focalisé sur le père et place le lecteur en attente, comme lui, de savoir ce que devient la jeune fille. le destin tragique du père se déroule alors devant nous : incapable de faire face à la vérité, il y échappe en cédant à une sorte de folie. La réalité est vite détournée au profit de croyances religieuses et populaires, troublant parfois la vie des habitants de la région. On est parfois à la limite du ridicule et on frôle le manque de crédibilité. Je me suis demandée où l'auteur voulait en venir et j'ai craint d'être déçue par la fin qui est assez inattendue mais me convient. Selma Lagerlöf dépeint la société de son temps, au XIXe siècle et dans une région où la population de déplace peu et les croyances sont fortes. Plusieurs fois j'ai pensé que la folie de ce père c'est avant tout cet amour fou qui le lie à sa fille. Puis on lui découvre malgré tout une certaine lucidité… Ne serait-ce pas les conventions sociales qui ont pesé lourd dans ses réactions face à la vérité ? il a alors trouvé un moyen personnel de ne pas perdre la face, si l'on peut dire. Une histoire simple, surprenante, mais oh combien poignante, entre roman réaliste et conte traditionnel. + Lire la suite

23 octobre 2014
Là-haut, les sapins étaient vieux comme le monde et tout chenus. Lorsqu’on les voyait à la lueur de la torche, avec leurs branches couvertes de grosses masses de neige, on ne pouvait s’empêcher de remarquer que plusieurs d’entre eux – qu’on avait toujours pris pour des arbres – étaient en réalité des trolls. Des trolls aux yeux aigus sous leurs blancs chapeaux de neige, aux longues griffes acérées qui perçaient l’épaisseur blanche dont ils étaient couverts. La terreur qu’ils inspiraient était supportable tant qu’ils se tenaient tranquilles, mais songez à ce qui se passerait si l’un d’eux, étendant un bras, allait saisir un des passants ? + Lire la suite