Le lambeau


Livres Couvertures de Le lambeau
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Le lambeau - Lambeau, subst. masc. 1. Morceau d'étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie. 2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55). 3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l'amputat...

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Détails Le lambeau

Le Titre Du LivreLe lambeau
AuteurPhilippe Lançon
ISBN-102072689074
EditeurGallimard
Catégoriesalbum
Évaluation du client4.29 étoiles sur 5 de 43 Commentaires client
Nom de fichierle-lambeau.pdf
La taille du fichier18.61 MB


28 mai 2018
L'irruption de la violence nue isole du monde et des autres celui qui la subit.

17 mai 2018
Victime de l'attentat du 7 janvier 2015, Philippe Lançon livre ici un témoignage qui va pour moi au delà du simple coup de coeur, c'est un véritable coup de poing... Philippe Lançon, critique culturel à Libération et chroniqueur à Charlie Hebdo, se définit comme un journaliste bourgeois, il aime travailler pour ces journaux où les journalistes se sentent libres et insouciants, il aime l'esprit de Charlie, journal moribond devenu la cible des islamistes après la publication des caricatures de Mahomet en 2006 et l'incendie criminel de leurs locaux en 2011. En janvier 2015, Philippe Lançon s'apprête à partir à Princeton enseigner la littérature. le 7 janvier, il se rend à la conférence de rédaction de Charlie pour y vivre comme chaque mercredi un moment libre et convivial. Les journalistes présents échangent sur "Soumission" de Houellebecq dont la parution, prévue le jour même, occupe le terrain médiatique. Philippe Lançon commence par nous raconter sa soirée du 6 janvier au théâtre avec son amie Nina, dernier moment de ce qu'il nomme sa vie d'avant. Puis il relate l'attentat qui ne dure que deux minutes, ce récit ne couvre qu'un seul chapitre suivi d'un chapitre sur les minutes qui l'ont suivi. Il décortique ses sensations multiples au moment de l'attaque, son impression de temps suspendu. Puis c'est le temps du silence et du sang. Il n'a pas senti la balle qui a emporté le tiers inférieur de son visage, ne souffre pas et fait le mort en état de choc "dans un cocon où tout est sourd et immobile". Des terroristes il n'aperçoit que les jambes noires et n'entend que leurs voix dans une scène vécue au ralenti comme dans un rêve. Avant d'être pris en charge, il a eu juste le temps d'apercevoir dans son portable le trou qui remplace le bas de son visage. Dans les quinze chapitres suivants il retrace sa lente reconstruction de "gueule cassée". Hospitalisé de longs mois sous protection policière, protégé par "ces ombres derrière la porte", il subit pas moins de dix-sept interventions chirurgicales multipliant les allers- retours au bloc opératoire dans "le monde d'en bas". Soutenu par ses parents, son frère, Gabriella avec qui il projetait de vivre et ses amis qui se relaient à son chevet jour et nuit. Un entourage avec qui il ne pourra, tant qu'il sera trachéotomisé, communiquer que par écrit avec difficulté car ses mains ont été également touchées. Il trouve le réconfort auprès de Proust, Bach et Kafka et de sa chirurgienne Chloé avec qui il établit un lien qui va lui devenir vital. Une greffe de son péroné sera pratiquée pour reconstituer sa mâchoire. Après quelques semaines à la Pitié Salpêtrière, il est transféré à l'hôpital des Invalides où commence sa lente et douloureuse rééducation. Ce qui m'a frappée d'emblée dans ce récit c'est la volonté de Philippe Lançon dès le départ de prendre de la distance et son obsession de retrouver tous les détails pour restituer son histoire, son obsession de ne rien oublier, pour cela il se replonge dans ses mails et recherche les souvenirs de son entourage. Son refus de céder à la colère et à la mélancolie et sa volonté de comprendre le sens de ce qu'il a vécu traversent également son récit. Aucune haine des terroristes, aucune haine des musulmans dans ce texte, aucune révolte... Réaliste mais d'une extrême sobriété quand il relate l'attentat, Philippe Lançon fait preuve d'une grande capacité à mettre en mots ses sensations. le récit de sa reconstruction tout en pudeur est bouleversant, jamais dans la plainte, il n'évoque que furtivement ses douleurs et les pleurs qui parfois le submergent. Il se montre très honnête quand il dit ne jamais avoir éprouvé la culpabilité du survivant et quand il indique que, très peu impliqué dans la vie quotidienne de Charlie, ses compagnons ne sont devenus ses proches qu'à l'instant où ils disparaissaient. Philippe Lançon est un homme qui sait porter de l'attention aux autres, dans ce huis-clos qui lui est imposé, il observe le personnel soignant découvrant peu à peu leur propre histoire avec leur lot de drames. Soucieux de ce qu'il impose à son entourage, il veut être à la hauteur de ce qui lui est arrivé et de ce que font ses amis pour l'aider. Ce récit est également un magnifique hommage à l'univers hospitalier dont il restitue minutieusement le quotidien. Il décrit bien son appréhension lorsqu'il est question qu'il quitte l'hôpital où il a créé des liens très forts, où il se sent comme dans un cocon protecteur "Il n'est pas si facile de remettre les deux pieds sur la rive des vivants". Ce livre n'est pas le simple témoignage d'une victime. Philippe Lançon est un homme brillant, extrêmement cultivé, sa plume magnifique et très littéraire fait de ce récit un grand livre au sens littéraire. Mais c'est également un grand livre au sens général car Philippe Lançon pousse sa réflexion très loin avec une capacité d'introspection étonnante. J'ai donc découvert à la fois un grand écrivain et un homme aux qualités humaines impressionnantes et doté d'une exceptionnelle force de caractère. Un récit magistral d'une rare intelligence. Un livre grave, dense, sincère, bouleversant et essentiel, de ceux qui ne peuvent que marquer durablement. C'est un livre qu'il ne faut pas avoir peur de lire, il ne comporte aucun voyeurisme, aucune interprétation des événements, le récit de l'attentat est bref et sobre, c'est le récit étonnamment apaisé d'une reconstruction à la fois physique et mentale. Ce récit renvoie à celui d'Erwan Lahrer, victime du Bataclan, le livre que je ne voulais pas écrire. Deux grands écrivains qui ont magnifiquement su mettre en mots ce qu'ils ont vécu. Lien : https://leslivresdejoelle.bl.. + Lire la suite

26 avril 2018
Dans « Le Lambeau », le journaliste et écrivain rescapé de l'attentat de « Charlie Hebdo » fait de la littérature une assistance respiratoire.