Les chants de Maldoror


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Les chants de Maldoror - De la peste, du pus et des poux : tel pourrait être le leitmotiv de cet invraisemblable petit brûlot, tout entier nourri de violence, d'idées morbides et de délires à la limite du supportable. Et que n'ont pas supporté les bien-pensants de l'époque, les mêmes qui, à Charleville, méprisaient Rimbaud et l'accusaient, comme on accusa Lautréamont, de vouloir tuer la poésie. Mais le vertige et la démes...

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Détails Les chants de Maldoror

Le Titre Du LivreLes chants de Maldoror
AuteurComte de Lautreamont
ISBN-102266090216
EditeurPocket
Catégoriesrécits
Évaluation du client4.1 étoiles sur 5 de 180 Commentaires client
Nom de fichierles-chants-de-maldoror.pdf
La taille du fichier20.02 MB


21 mars 2016
Bon. Vous parler de ce livre ne va pas être aisé, car son contenu est fichtrement obscur, aussi bien par son contenu que par sa forme. Obscur et complexe, certes, mais une oeuvre que j'ai trouvée génialissime. Maldoror, c'est l'histoire du mal, de la cruauté, de la perversité. Au début, tu ne sais pas trop ce qu'il est ou qui il est, car il semble prendre différentes figures, se métamorphose d'une fois sur l'autre. Est-il un homme ? Est-ce une sorte d'âme du mal ? A la fin, tu n'en sais pas plus qu'au début, en fait… Et en plus, une fois il s'adresse directement au lecteur, en utilisant le Je, n'hésitant pas à partager avec son lectorat ses pensées les plus sombres. Et la fois suivante, le récit est raconté à la troisième personne, faisant de Maldoror un personnage plus distant, et donnant ainsi une impression de juger ou d'analyser les actes de Maldoror. Un conseil, ne cherchez pas une intrigue dans ces chants, car il n'y en a pas. chaque chapitre raconte des bribes d'histoires, tour à tour cruel, tyrannique, sauvage…(ajoutez ici tous les synonyme du mot Mal). Ces hauts méfaits, qui parfois semblent n'avoir ni queue ni tête, sont entrecoupés des réflexions, bien souvent négatives, de Maldoror. Ou de l'auteur lui-même… on peut se poser la question, tant la frontière entre les deux apparaît par moment bien fine. Alors voilà, Les chants de Madoror c'est sombre au possible, c'est une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, mais c'est quand même vachement bien, parce que c'est diablement bien écrit. D'abord ça s'appelle des chants, et le titre est juste, car il s'agit bien ici d'une épopée racontée en proses. C'est une sorte de chanson de gestes, un peu comme la chanson de Roland, mais avec un héros qui, au lieu de sauver des vies, fait le mal autour de lui. Le texte part dans tous les sens, c'est vrai. Plusieurs fois, enfin, presque tout le temps, je me suis demandée où voulait en venir l'auteur, avec toutes ces digressions, avec ces actes d'une barbarie sans nom. J'ai été non pas choquée, mais abasourdie par les détails foisonnants de scènes macabres, dont les descriptions font tout simplement froid dans le dos. C'est une non-histoire obscure, mais bon sang qu'elle est bien écrite, cette non-histoire !! Même les passages les plus sordides sont emplis de poésie. Les mots sonnent beau et cru en même temps. Je me suis surprise à apprécier cette apologie du Mal, comme une vile tentation que l'on répugne à bannir. Je savais que les monstres étaient omniprésents, prêts à surgir à tout moment de cette lecture, mais je ne pouvais lâcher ce livre, parce que la prose de Lautréamont est belle, qu'il use de mille et unes façons pour tenir le lecteur en alerte. Quand ce n'est pas une description machiavéliquement belle d'un crime, mettant en avant toute son horreur, ce sont les pensées de Maldoror, et ses digressions intellectuelles qui prennent forme, et là encore, on se laisse porter par la prose. Enfin, il y a ces moments de pure poésie, où l'on se dit qu'enfin, Lautréamont laisse tomber son obscurantisme pour nous offrir quelques moments de répits. Avant de réaliser qu'en réalité, ce n'est que pour mieux prendre le lecteur à revers, et lui balancer de manière plus subtile la part sombre de Maldoror. Essayer de comprendre Les chants de Maldoror, c'est limite impossible. Mais c'est quand même génial. En réalité, c'est génial par ce que c'est complètement tordu… et faut être tordu de vouloir absolument tout comprendre à cette oeuvre. Lien : http://voyageauboutdelapage... + Lire la suite

13 septembre 2016
Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. Ils ont beau employer toutes les ressources de leur génie...incapables de te dominer. Ils ont trouvé leur maître. Je dis qu’ils ont trouvé quelque chose de plus fort qu’eux. Ce quelque chose a un nom. Ce nom est : l’océan ! La peur que tu leur inspires est telle, qu’ils te respectent. Malgré cela, tu fais valser leurs plus lourdes machines avec grâce, élégance et facilité. Tu leur fais faire des sauts gymnastiques jusqu’au ciel, et des plongeons admirables jusqu’au fond de tes domaines : un saltimbanque en serait jaloux. Bienheureux sont-ils, quand tu ne les enveloppes pas définitivement dans tes plis bouillonnants, pour aller voir, sans chemin de fer, dans tes entrailles aquatiques, comment se portent les poissons, et surtout comment ils se portent eux-mêmes. L’homme dit : «Je suis plus intelligent que l’océan.» C’est possible ; c’est même assez vrai ; mais l’océan lui est plus redoutable que lui à l’océan : c’est ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver. Ce patriarche observateur, contemporain des premières époques de notre globe suspendu, sourit de pitié, quand il assiste aux combats navals des nations. Voilà une centaine de léviathans qui sont sortis des mains de l’humanité. Les ordres emphatiques des supérieurs, les cris des blessés, les coups de canon, c’est du bruit fait exprès pour anéantir quelques secondes. Il paraît que le drame est fini, que l’océan a tout mis dans son ventre. La gueule est formidable. Elle doit être grande vers le bas, dans la direction de l’inconnu ! Pour couronner enfin la stupide comédie, qui n’est même pas intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la fatigue, qui se met à crier, sans arrêter l’envergure de son vol : «Tiens !... Je la trouve mauvaise ! Il y avait en bas des points noirs ; j’ai fermé les yeux, ils ont disparu.» Je te salue, vieil océan ! + Lire la suite

12 juillet 2018
« Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. » (p. 7) Ces paroles de l'auteur, le comte de Lautréamont, avertissent le lecteur dès le début du premier chapitre des Chants de Maldoror. Je n'en ai pas tenu compte et bien mal m'en prit. Oh, je me suis rendu jusqu'à la fin et je n'en ai pas été traumatisé, mais je n'en ai pas tiré profit non plus. À l'occasion, un extrait, une phrase ont attiré mon attention, parfois ma curiosité, mais c'est tout. Ainsi, je peux reconnaître le génie mais il n'est pas dans mes goûts, malgré toute l'originalité et l'ingéniosité avec laquelle le comte de Lautréamont manie la langue. Dire que j'ai attendu si longtemps pour lire cette oeuvre ! Peut-être aurais-je dû lire les Chants de Maldoror, un peu comme je le ferai pour n'importe quel oeuvre d'Emil Cioran. Mais la violence et la monstruosité du propos sont poussés à des niveaux extrêmes que j'en ai été détourné. Pourtant, je ne suis ni prude ni choqué facilement, j'aime bien un polar sanglant à l'occasion. Dans les Chants de Maldoror, la dépravation morale et la suite d'actes immoraux commis par le protagoniste sont tellement gratuit que même le le marquis de Sade en rougirait ! À cela s'ajoute que je ne suis pas fan de ces romans trop obscurément surréalistes, malgré tout le génie dont leurs auteurs font preuve. Par exemple, je n'ai jamais accroché aux Gargantua et Pantagruel. Un rendez-vous littéraire manqué. + Lire la suite