Par Ailleurs, (Exils)


Livres Couvertures de Par Ailleurs, (Exils)
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Par Ailleurs, (Exils) - « Répondant à une enquête sur le nationalisme et la littérature, André Gide fit valoir que la France dans laquelle il vivait devait beaucoup à "un confluent de races" : il était à considérer que les plus grands artistes sont le plus souvent des "produits d'hybridations et le résultat de déracinements, de transplantations". La valeur d'un homme, d'après Gide, se mesure au degré de dépaysement, physique ou intellectuel, qu'il est capable de maîtriser... » Sur l...

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Détails Par Ailleurs, (Exils)

Le Titre Du LivrePar Ailleurs, (Exils)
AuteurLinda Lê
ISBN-102267026732
EditeurChristian Bourgois Editeur
Catégoriesmystère
Évaluation du client4.33 étoiles sur 5 de 6 Commentaires client
Nom de fichierpar-ailleurs-exils.pdf
La taille du fichier19.92 MB


21 février 2015
Se façonner signifie dès lors gommer ce qu'on a de distinctif, n'avoir plus rien d'individuel mais se fondre dans le collectif pour ne pas être excommunié. Rester un étranger orgueilleux de ce qui le particularise tout en ayant des ouvertures sur ses semblables, voilà qui requiert plus que de la souplesse, une noblesse de vues que Hermann Hesse appelait de ses vœux.

02 septembre 2014
Elle (Marina Tsvetaeva) vivait ce qu’elle appelait des « idylles cérébrales », elle était une amante de l’amour, terrestre ou céleste, qui projetait en l’autre sa rage d’aimer : « Je n’ai jamais laissé à personne le droit de choisir : c’était tout – ou rien, mais dans ce tout – comme dans le chaos originel – il y avait tant, que rien d’étonnant à ce que l’autre y sombre, se perde et, pour finir, me perde. » (...) Elle était naturellement portée à prendre intérêt aux choses qui venaient d’ailleurs, elle avait, disait-elle, une passion pour chaque pays comme s’il était l’unique : « C’est cela mon Internationale. Non pas la Troisième, mais l’éternelle. » Elle n’était pas de son siècle, elle se disait née « pour la solitude magnifique, peuplée d’ombres... (...) « Je n’écris pas parce que je sais, mais pour savoir. » disait-elle. En étant une infinité de multiplicités, elle avait acquis un redoutable savoir, celui d’une Sibylle habitée par la certitude que la mission du poète est de rebaptiser le monde. + Lire la suite

08 décembre 2015
«Toute littérature porte en elle l'exil, peu importe si l'écrivain a dû prendre le large à vingt ans ou s'il n'a jamais bougé de chez lui.» (Roberto Bolaño) C'est en lisant le roman de Marie Redonnet, «La femme au colt 45», à paraître en janvier 2016 aux éditions le Tripode, en résonance avec notre époque hantée par les déplacements massifs de population et les images des réfugiés, que j'ai eu l'envie de me plonger dans ce texte, paru en 2014 aux éditions Christian Bourgois, ma première découverte de Linda Lê. Se plaçant dans les traces de «L'écriture du désastre» de Maurice Blanchot, cité en exergue, ce recueil de Linda Lê est aussi, par fragments dispersés, en prise avec un présent douloureux, et habité par les brûlures de l'histoire, tourbillonnant autour de ce sentiment des exilés, de l'extérieur ou de l'intérieur, de la coupure d'avec la société dans laquelle ils vivent. De Joseph Conrad à Albert Cohen, et avec eux les émigrés géographiques rétifs à la domestication, face à ceux qui les relèguent dans une infériorité supposée, aux exilés intérieurs tels Antonin Artaud l'insoumis ou Louis Wolfson, exilé de sa langue maternelle, Linda Lê évoque, à travers ces figures d'écrivains ou de peintres, ce thème de l'exil, fondateur en littérature. Ces textes, plus ou moins inspirés, atteignent un sommet lorsque Linda Lê rend un hommage, profond et émouvant, à Benjamin Fondane et à la poétesse Marina Tsvétaeva, auquel le récent texte de Zoé Balthus dans "La moitié du fourbi n°2" répond magnifiquement. «Nous sommes tous des émigrants qui crient dans la nuit, des exilés qui se heurtent au silence du troupeau, des délogés qui se cognent contre les fanatismes, des passagers en transit que guette la folie, des renégats hantés par le souvenir d'un autrefois où ils avaient confiance en l'avenir, des fantômes qui errent, nostalgiques d'un ailleurs babélien où étancher leur soif de l'inouï. Benjamin Fondane est notre contemporain.» «Marina Tsvetaeva n'est pas seulement un écrivain de l'avenir n'ayant que défiance pour l'ici, elle est la Cassandre forte d'une infaillible science des choses humaines, la soeur de tous les désemparés, le porte-étendard des esseulés qui échappent à toute emprise, l'incarnation même d'une poésie d'«éternelle vaillance», comme elle le dit à propos de Pasternak, une poésie à la fois tragique et lumineuse, sans concession car intrépidement séditieuse, une poésie où tout est porté au paroxysme, où une froide lucidité le dispute à la fougue d'une exilée qui s'est, contre vents et marées, bâti une maison de mots.» Ces fragment assemblés tels des fils qui se recoupent, questionnant l'errance et la dispersion, la nécessité d'une coupure, de l'intranquillité ou de la perte pour écrire, d'avoir pour seule patrie la langue de l'écriture, forment une méditation sur l'autre et attisent, en rendant hommage à cette inventivité née de l'étrangeté et du déracinement, l'envie de découvrir de très nombreux autres textes. «Il arrive que l'ailleurs d'un écrivain soit un contre-monde peuplé de revenants qu'il anime à plaisir. Lafcadio Hearn, né dans les îles ioniennes, n'avait pas trouvé au pays de Galles un apaisement d'avoir été très jeune abandonné par son père, un chirurgien irlandais, puis par sa mère, une Grecque qui ne s'était pas adaptée à l'Irlande et n'avait pas tardé à s'enfuir avec un cousin pour regagner son pays natal […] Son univers est celui des prodiges, des miracles, des karmas maléfiques, des sortilèges et des mystères de la divination. On y retrouve des rois dragons, des princesses malades d'amour, d'envoûtantes beautés venant du monde des Esprits, des samouraïs ensorcelés devant se protéger grâce à des talismans et à des textes sacrés, des mortes revenant toutes les nuits torturer leur mari, de magnifiques créatures se révélant des buveuses de sang, des hommes requins dont les larmes de sang se transforment en rubis, ou encore le Bakou japonais, le mangeur de rêves invoqué pour qu'il dissipe les cauchemars et change la terreur en bonne fortune, et aussi des fantômes qui peuvent détacher leur tête de leur corps et aller en quête de nourriture, dévorant des insectes et même des êtres humains.» Retrouvez cette note de lecture sur mon blog ici : https://charybde2.wordpress.com/2015/12/08/note-de-lecture-par-ailleurs-exils-linda-le/ Pour acheter ce livre à la librairie Charybde, sur place ou par correspondance, c'est par là : http://www.charybde.fr/linda-le/par-ailleurs-exils + Lire la suite