Le canapé rouge


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3.52 étoiles sur 5 de 203 Commentaires client

Le canapé rouge - Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin...

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Détails Le canapé rouge

Le Titre Du LivreLe canapé rouge
AuteurMichèle Lesbre
ISBN-102070355977
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.52 étoiles sur 5 de 203 Commentaires client
Nom de fichierle-canapé-rouge.pdf
La taille du fichier21.36 MB


11 mai 2016
Anne et Clémence sont voisines. Anne, la plus jeune, frappe un peu par hasard à l'appartement du dessous, et fait la rencontre de Clémence, une femme seule et dont la mémoire s'effrite. Entre les deux va se nouer une relation forte et sincère, dans laquelle chacune vient y puiser douceur et énergie. Elles échangent sur leur vie, leurs amours, leurs souvenirs. Elles lisent aussi, beaucoup et avec un plaisir immense. Lors d'un voyage au bord du lac Baïkal, Clémence réfléchit à ce que cette femme, assise toute la journée sur son canapé rouge, lui apporte et prend conscience de ses propres craintes... Un court roman, poétique et tendre sur des vies de femmes tout autant malmenées que chanceuses. de son agréable écriture, Michèle Lesbre nous envoûte et nous emmène en train à bord d'un train rempli de personnages et de nostalgie...

17 avril 2017
C'est un beau roman que cette version féminine du transsibérien, version trempée à la plume de la poésie de Cendrars, cette musique ardente qui revient comme le refrain” Car mon adolescence était si ardente et si folle”. Michèle Lesbre, a su trouver le rythme ferrovière, avec ses rencontres insolites et Clémence sur son canapé rouge, porte la beauté et l'exubérance de Clémence , “ c'était un chant de cristal, quelque chose d'enfantin et de joyeux…L'amour ! répétait-elle en fermant les yeux, puis en murmurant qu'avec Paul elle aurait fait une ribambelle d'enfants.” En filigrane c'est Jeanne de France qui revit sur cette plume si légère et si fine qui clame plus que tout le plus beau, c'est “faire l'Amour”. Ce voyage n'était-il pas fait pour cela aimer et retrouver Gyl, “ J'étais portée par le désir, un désir que mon inquiétude à propos de Gyl attisait de jour en jour. » (p. 21) Sur les bords du lac Baïkal, c'est une rencontre manquée, Gyl est introuvable. Cette longue quête est par contre l'occasion de rencontres littéraires, en compagnie de Jankélévitch, puis de Tolstoï ou Tarkovski. Avec la complicité de Clémence Barrot, superbe sur son canapé rouge, qui lui confiera ses secrets amoureux elle évoque de belles voix féminines qui ont touché Michèle Lesbre, Olympe de Gouges ou de Marion du Faouët "Elle me plaisait beaucoup cette petite femme qui résistait si bien à la vieillesse et à tout ce qui peut en faire un désastre permanent."p. 85 le retour sera à la hauteur de l'amitié qui relie Anne et Clémence, dans une langue sensuelle et poétique. Il restera au départ de Clémence ce canapé rouge, qui se fera sur les mots de Michèle Lesbre plus doux et plus léger au souvenir de cette belle âme.« Je savais que le véritable voyage se fait au retour, quand il inonde les jours d'après au point de donner cette sensation prolongée d'égarement d'un temps à l'autre, d'un espace à l'autre. » p. 16 Une prose que je lis aussi pour le seul plaisir de sa musique + Lire la suite

31 mars 2008
Le lac Baïkal ..."Puis je pensais à Gyl, aux cerfs-volants qu'il devait brandir comme les banderoles autrefois et que j'imaginais ressembler à de grands oiseaux mélancoliques au-dessus du lac." ..."Le lac est un grand œil tranquille... Dès mon arrivée dans le village, je l'avais cherché, il était au pied des dernières maisons, solennel et limpide, d'une limpidité extraordinaire. L'usine de cellulose qui le menaçait avait cessé de fonctionner. Des petites barques en bois griffaient la surface de l'eau, d'autres étaient alignées le long des berges, des oiseaux venaient s'y poser. Les forêts de pin le cernaient, quelques vaguelettes ondulaient à peine, mais je savais qu'il y avait parfois des tempêtes, des vagues de plusieurs mètres de hauteur que les premiers gels figeaient pendant des mois. Mystérieux lac, vénéré comme un dieu." ... "Plus tard, à la tombée de la nuit, j'étais retournée au bord du lac. un ciel violet se reflétait dans l'eau." ... "J'avais noté que j'aurai préféré découvrir le lac en hiver, lorsqu'il se fige et que les camions le traverse". ... "Je contemplais les vagues qu'il soulevait sur le lac, j'entendais les enfants crier parce que les cerfs-volants leur échappaient et s'écrasaient à la surface de l'eau. Ils couraient pour les rattraper , je les voyais s'élancer et nager jusqu'aux épaves multicolores, tenter de les ramener sur la rive." + Lire la suite