Le canapé rouge


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3.52 étoiles sur 5 de 203 Commentaires client

Le canapé rouge - Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin...

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Détails Le canapé rouge

Le Titre Du LivreLe canapé rouge
AuteurMichèle Lesbre
ISBN-102070355977
EditeurGallimard
Catégorieslittérature
Évaluation du client3.52 étoiles sur 5 de 203 Commentaires client
Nom de fichierle-canapé-rouge.pdf
La taille du fichier27.89 MB


09 janvier 2014
Mais j'avais aimé et j'aimais encore la certitude qu'il n'y a pas de belles idées sans amour, sans liberté, et que nos efforts désespérés pour le prouver n'avaient pas été vains. C'était même tout ce qui nous animaient. Au fond je n'y avait jamais renoncé, et ce qui me tourmentait, c'était l'impression que je ne savais plus être dans cette perpétuelle quête, c'est peut-être ça vieillir, ne plus chercher l'impossible équilibre + Lire la suite

01 mars 2008
Lecture jeune, n°125 - « Aller à Irkoutsk, c’était aussi aller au bout des utopies ». Anne est fascinée par un homme, Gyl, qui fut son ancien amour, et part sur ses traces en Russie. Mais il s’agit avant tout d’une quête intérieure, même si son voyage géographique a pour but de le retrouver, peut-être une dernière fois, comme pour braver le temps qui passe et surtout imprimer son souvenir au plus profond de son cœur. La construction du récit alterne les étapes du voyage ferroviaire entrepris par Anne pour rejoindre Gyl avec son lot de péripéties, et, avant ce départ, les rendez-vous parisiens qu’elle a avec une vieille femme, Clémence, sa voisine d’immeuble. Cette rencontre fortuite s’avère une magnifique histoire d’amitié entre deux femmes de générations différentes, et dont la plus espiègle n’est pas celle que l’on croit ! De souvenirs pleins de vie, aux amours vécues, en passant par une véritable fresque sociale, l’auteur campe des personnalités féminines, riches d’humanité et de vitalité ! C’est sur le canapé rouge de Clémence qu’elles se retrouvent autour de lectures traitant des grandes figures féminines de l’histoire, en particulier Olympe de Gouge. Et c’est ce même canapé qu’Anne récupérera après la mort de Clémence. Texte extrêmement touchant et accessible grâce à une écriture qui ne se sépare pas de l’élégance et de la précision dans l’évocation de l’intériorité et dans l’introspection. Le temps y est conjugué avec une infinie tendresse par ces deux femmes si proches qui laissent notre cœur bouleversé. Magnifique. Michelle Charbonnier

17 avril 2017
C'est un beau roman que cette version féminine du transsibérien, version trempée à la plume de la poésie de Cendrars, cette musique ardente qui revient comme le refrain” Car mon adolescence était si ardente et si folle”. Michèle Lesbre, a su trouver le rythme ferrovière, avec ses rencontres insolites et Clémence sur son canapé rouge, porte la beauté et l'exubérance de Clémence , “ c'était un chant de cristal, quelque chose d'enfantin et de joyeux…L'amour ! répétait-elle en fermant les yeux, puis en murmurant qu'avec Paul elle aurait fait une ribambelle d'enfants.” En filigrane c'est Jeanne de France qui revit sur cette plume si légère et si fine qui clame plus que tout le plus beau, c'est “faire l'Amour”. Ce voyage n'était-il pas fait pour cela aimer et retrouver Gyl, “ J'étais portée par le désir, un désir que mon inquiétude à propos de Gyl attisait de jour en jour. » (p. 21) Sur les bords du lac Baïkal, c'est une rencontre manquée, Gyl est introuvable. Cette longue quête est par contre l'occasion de rencontres littéraires, en compagnie de Jankélévitch, puis de Tolstoï ou Tarkovski. Avec la complicité de Clémence Barrot, superbe sur son canapé rouge, qui lui confiera ses secrets amoureux elle évoque de belles voix féminines qui ont touché Michèle Lesbre, Olympe de Gouges ou de Marion du Faouët "Elle me plaisait beaucoup cette petite femme qui résistait si bien à la vieillesse et à tout ce qui peut en faire un désastre permanent."p. 85 le retour sera à la hauteur de l'amitié qui relie Anne et Clémence, dans une langue sensuelle et poétique. Il restera au départ de Clémence ce canapé rouge, qui se fera sur les mots de Michèle Lesbre plus doux et plus léger au souvenir de cette belle âme.« Je savais que le véritable voyage se fait au retour, quand il inonde les jours d'après au point de donner cette sensation prolongée d'égarement d'un temps à l'autre, d'un espace à l'autre. » p. 16 Une prose que je lis aussi pour le seul plaisir de sa musique + Lire la suite