Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)


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Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition) - Doris Lessing a défrayé la chronique en 1984 en révélant avoir écrit deux romans sous le pseudonyme Jane Somers, piège tendu aux éditeurs et à la critique anglo-saxonne. Journal d'une voisine, auquel succédera Si vieillesse pouvait, est le premier de ces récits. Ecrit avec un surprenant mélange de force et de sensibilité, il évoque la rencontre de deux femmes : Jane Somers, rédactrice en chef d'un magazine féminin londonien, et Maudie, une vieille dame seule, âgée e...

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Détails Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)

Le Titre Du LivreLes Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)
AuteurDoris Lessing
ISBN-102226182187
EditeurAlbin Michel
Catégoriesjournal intime
Évaluation du client3.89 étoiles sur 5 de 68 Commentaires client
Nom de fichierles-carnets-de-jane-somers-tome-1-journal-d-une-voisine-nouvelle-édition.pdf
La taille du fichier23.44 MB


10 avril 2014
Je suis perplexe : j'ai apprécié ce roman journal intime, mais pas totalement, et j'ai quelques difficultés à démêler les bons des désagréables côtés du récit car bien sûr tout se tient et l'écriture est talentueuse. Je m'explique. L'histoire, la forme, le style : pas de problème. C'est plutôt le personnage central du roman qui rédige à la première personne ce journal qui m'a dérangée. Veuve sans enfants d'une cinquantaine d'années, Jane Somers dirige avec panache un magazine féminin londonien. Toute sa vie est centrée sur son travail et son apparence irréprochable : un modèle de femme active séduisante. Certes, elle vient de perdre son mari et sa mère, mais globalement ça va plutôt bien pour elle. Puis, un jour, elle rencontre Maudie Fowler, une femme âgée de plus de 90 ans, pauvre, malade, isolée, acariâtre, vivant dans des conditions d'hygiène déplorables. Va naître alors au fil des visites de Jane à Maudie une amitié improbable. Jane s'investit de plus en plus dans le soutien matériel et affectif à Maudie, faisant ses courses, nettoyant son intérieur crasseux, allant jusqu'à prendre en charge la toilette de la vieille femme qui lutte contre sa propre décrépitude pour éviter le placement en hospice. Les hauts le coeur ne sont parfois pas très loin à la lecture de certains passages très réalistes et je l'admets décrit avec talent. Mais, je n'ai marché qu'au ralenti, lu sans passion cette histoire. Certes, Doris Lessing livre à son lecteur une analyse pertinente et sans concession de la vieillesse et son naufrage, mais l'attachement de cette quinqua ripolinée, brillante et pour tout dire égoïste reste assez peu probable pour moi, comme ça du jour au lendemain - comme si finalement elle jouait un rôle dans le roman, restait en marge, pour se faire pardonner une vie superficielle et une absence auprès des siens. Le personnage de la vieille dame confrontée à son inexorable décrépitude est en revanche admirable de dignité, en lutte pour tenir coûte que coûte et préserver son indépendance le plus longtemps possible. Au final, un roman fort sur l'amitié et surtout la vieillesse, mais je retiendrai cette distance vis à vis du personnage principal qui m'empêche de donner les 4 étoiles du roman qu'il faut lire sous peine de passer à côté de quelque chose d'intéressant, j'ajoute que je ne suis pas sûre de lire le tome 2. Challenge Nobel 6/ + Lire la suite

30 décembre 2013
Ma vie s'est transformée quand Freddie a commencé à mourir. Jusque-là, je me considérais comme quelqu'un de bien. De même que presque tous les gens que je connaissais. Surtout ceux avec qui je travaillais. Je ne me posais pas de questions sur ma vraie nature ; je ne m'occupais que du jugement des autres. Lorsque Freddie est tombé gravement malade, ma première pensée à été : comme c'est injuste. Injuste pour moi, voilà ce que je me disais au fond de moi-même. Je me doutais qu'il allait mourir, mais je faisais comme s'il n'en était rien. C'était peu charitable. Il a dû se sentir très seul. J'étais fière de moi parce que, durant toute cette période, je continuais à travailler, à "faire rentrer l'argent". Il le fallait bien puisqu'il ne travaillait pas. Mais cela me convenait parce que j'avais ainsi un prétexte pour ne pas rester avec lui dans cette abomination. Nous n'avions pas l'habitude de parler de ce qui compte vraiment, je le sais à présent. Nous ne formions pas un vrai couple. Nous vivions le genre de mariage que vivent actuellement la plupart des gens, chacun essayant d'en retirer le maximum d'avantages. A mon sens, Freddie avait toujours un point d'avance sur moi. + Lire la suite

30 décembre 2013
Pourquoi, aussitôt que les mourants en arrivent à un certain point, ne fait-on plus appel pour eux aux critères humains habituels ? Du moins, pourquoi a-t-on tant de mal à les invoquer ? Jamais, au cours de sa vie, Maudie n'a mesuré les événements de son existence à l'aune de la douleur physique. Pourquoi estimer qu'il en va autrement aujourd'hui ? Elle a toujours peur de mourir, je le sais, en constatant qu'elle a besoin de garder ouverte sa porte, cette terrible porte qui laisse entrer tant de bruit-qui laisse entrer la vie-les pieds qui tapent, les voix, les roues, le choc de la vaisselle. mais ce à quoi elle pense n'a sans doute rien à voir avec la douleur. La douleur, Maudie s'en arrange, la douleur est présente, elle la sent aller et venir, diminuer et s'aggraver, il faut changer de position-redressez-moi, redressez-moi-mais nous ne savons absolument rien de ce qui se passe vraiment. + Lire la suite