Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)


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Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition) - Doris Lessing a défrayé la chronique en 1984 en révélant avoir écrit deux romans sous le pseudonyme Jane Somers, piège tendu aux éditeurs et à la critique anglo-saxonne. Journal d'une voisine, auquel succédera Si vieillesse pouvait, est le premier de ces récits. Ecrit avec un surprenant mélange de force et de sensibilité, il évoque la rencontre de deux femmes : Jane Somers, rédactrice en chef d'un magazine féminin londonien, et Maudie, une vieille dame seule, âgée e...

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Détails Les Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)

Le Titre Du LivreLes Carnets de Jane Somers, Tome 1 : Journal d'une voisine (Nouvelle édition)
AuteurDoris Lessing
ISBN-102226182187
EditeurAlbin Michel
Catégoriesjournal intime
Évaluation du client3.89 étoiles sur 5 de 68 Commentaires client
Nom de fichierles-carnets-de-jane-somers-tome-1-journal-d-une-voisine-nouvelle-édition.pdf
La taille du fichier19.33 MB


25 mars 2015
Doris Lessing - "Journal d'une voisine, Les carnets de Jane Somers tome 1" Albin Michel (cop. de l'original "the diary of a good neighbour" 1983, trad. français cop. 1985). – (ISBN : 978-2-25304138-2) Un texte exceptionnel, une écriture (tout au moins ce qu'en reflète la traduction) d'une densité parfois oppressante, écrasante, au niveau du sujet. Une narration sans faille, qui – dans un genre tout à fait différent – se hisse au niveau d'un Henry James. Un récit à la hauteur de la dimension quasi sacrée de l'enjeu la vieillesse, la mort et donc la vie. Un témoignage sans concession sur le statut des "vieux" dans notre société d'aujourd'hui. Autant dire un livre violent, d'autant plus violent que tout est dit au plus près, sans aucun pathos. Sous cet aspect, le texte se compare par exemple à la "suite française" d'Irène Némirovsky. Pour ne prendre qu'un unique exemple, la scène de la visite du "grand médecin" entouré des "internes" en cours d'apprentissage (qui d'entre nous n'a vécu cette impolitesse, confinant souvent à l'humiliation ?) est sans concessions (pp. 342-343) : c'est ainsi, sans aucun respect, que sont traités les patients des hôpitaux publics, et à plus forte raison les "petits vieux". De manière époustouflante, un vrai récit au féminin, centré sur la rencontre de deux femmes sans aucun féminisme stupide (je ne vois guère, dans un tout autre genre littéraire, qu'une comparaison avec Colette pour rendre compte de cet aspect). J'insère trois citations, mais je pourrais en entrer des dizaines d'autres, et finalement tout le roman… A l'heure où nos féroces manadjeurs et mortifères politicards rêvent de convaincre les personnes âgées de s'effacer discrètement par auto-euthanasie (dissimulée derrière le sempiternel mourir dans la dignité) pour alléger les coûts, ce texte représente un (dernier ?) brûlot d'humanité. A mettre d'urgence entre toutes les mains. + Lire la suite

05 janvier 2016
Jane Somers décide de consigner ses pensées dans un journal pour mieux saisir les changements en cours dans son existence. La vie de cette quinquagénaire était jusqu'alors focalisée sur sa carrière de rédactrice en chef d'un journal féminin de Londres et son apparence. Son égoïsme et son côté « femme enfant » lui sont souvent reprochés. Elle va perdre coup sur coup les personnes qui lui sont le plus proches. Elle assiste sans aucune empathie aux maladies et aux décès de son conjoint et de sa mère. Sa collègue et amie avec qui elle forme un duo fusionnel déprime et part suivre son époux aux Etats-Unis. Les deux amies ne se comprennent plus. Jane prend alors conscience qu'elle n'a jamais véritablement connu ses proches, qu'elle ne leur a jamais vraiment parlé. Un jour, elle rencontre Maudie, une femme âgée de quatre-vingt-dix ans qui habite son quartier. Ces deux femmes que tout oppose vont s'apprivoiser et devenir progressivement amies. Cette rencontre va faire changer radicalement la vie de Jane. Je vais être franc. Ce livre m'a vraiment ennuyé et je me suis forcé à le finir. Je lui reconnais pourtant de nombreuses qualités. Dorris Lessing s'intéresse ici aux personnes âgées vivant dans la misère, ces petits êtres rabougris que nous avons plus l'habitude de croiser aux caisses d'un Franprix ou dans un bus, armés de leur chariot, que dans la littérature. La vieillesse effraie. Dans une société où la solidarité familiale s'effrite, la vieillesse et la pauvreté conduisent à l'isolement et à l'exclusion. Dans ce roman, les rapports entre les deux femmes sont compliqués. Jane n'est pas une sainte qui se dévoue par charité. Elle exprime son dégoût profond pour l'odeur et la saleté de Maudie. Elle se sent prisonnière à plusieurs reprises et ses visites la rebutent souvent après une journée de travail chargée. Quant à Maudie, elle fait preuve d'un mauvais caractère et d'un entêtement à toute épreuve. Et pourtant, elles parviennent à s'apprivoiser et à devenir amies. Maudie mène combat pour sa dignité. Elle refuse les visites d'un médecin ou de l'assistante sociale qui la condamneraient à l'hospice. Elle évite de prendre les analgésiques qui attaqueraient sa lucidité. Elle conserve dans la maladie sa pudeur et sa fierté. Elle surprend par sa rage de vivre à plus de quatre-vingt-dix ans, après une vie de misère et de souffrance. Sa vitalité est intacte et elle ressent un fort sentiment d'injustice face à la progression de la maladie. Cette amitié va permettre à Jane de sortir de son nombrilisme, de son égoïsme. L'attention et les soins qu'elle n'a pas offerts à sa famille, elle va les apporter à cette vieille femme, dans une sorte de transfert affectif. Dans ce texte souvent barbant, Doris Lessing délivre un message plein d'humanité. Nous devons considérer la personne âgée avant tout comme une personne et non pas comme un fardeau. Il faut contribuer à lui redonner sa place de personne à la fois unique et membre, au même titre que nous, de la communauté humaine. Me voilà convaincu. Je promets d'écouter désormais les longues récriminations de ma voisine de palier avec une patience angélique... + Lire la suite

27 décembre 2013
"Ce que j'essaie d'expliquer, c'est qu'il y a, bien souvent, des gens de bonne volonté qui s'intéressent à une personne du troisième...une personne âgée, mais en réalité, il s'agit de leurs complexes personnels, ils cherchent en fait à résoudre leurs propres problèmes. - Je dirais que c'est presque obligatoirement ainsi que les choses se passent, dis-je en savourant chaque instant de cette conversation. Mais que ce soit malsain pour moi ou non, l'intérêt que je porte à la pauvre personne du troisième âge dont je vous parle lui ferait sans doute plaisir, puisque de toute évidence elle est seule et sans amis." Nouveau silence. Elle se sent manifestement obligée de tirer les conclusions qui se dégagent de mes remarques, à la lumière de sa formation professionnelle. Elle finit par dire : "Je me demande si vous n'auriez pas avantage à participer à un groupe de rencontres. + Lire la suite