Lilith et autres nouvelles


Livres Couvertures de Lilith et autres nouvelles
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Lilith et autres nouvelles - De tout ce que tu viens de lire, tu pourras déduire que le mensonge est un péché pour les autres, et pour nous une vertu... Avec le mensonge, patiemment appris et pieusement exercé, si Dieu nous assiste nous arriverons à dominer ce pays et peut-être le monde : mais cela ne se pourra faire qu'à la condition d'avoir su mentir mieux et plus longtemps que nos adversaires. Je ne le verrai pas, mais toi tu le verras : ce sera un nouvel âge d'or... Primo Levi Lilith...

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Détails Lilith et autres nouvelles

Le Titre Du LivreLilith et autres nouvelles
AuteurPrimo Levi
ISBN-102253050903
EditeurLe Livre de Poche
Catégoriesrécits
Évaluation du client3.76 étoiles sur 5 de 50 Commentaires client
Nom de fichierlilith-et-autres-nouvelles.pdf
La taille du fichier20.46 MB


26 mai 2013
Composer une poésie digne d'être lue et retenue est un don du destin : cela arrive à quelques rares personnes, en dehors de toute règle et de toute volonté, et à ces quelques personnes même, cela n'arrive que rarement dans la vie.

06 avril 2017
C'est le propre des régimes dans lesquels tout le pouvoir vient d'en haut et où aucune critique ne peut venir du bas, d'affaiblir et de confondre la capacité de jugement, et de créer une vaste zone de consciences grises à mi-chemin entre les grands du mal et les victimes pures : c'est dans cette zone que se situe Rumkowski. Plus haut ou plus bas, c'est difficile à dire : lui seul pourrait nous le dire s'il pouvait parler devant nous, même en mentant, comme il avait sans doute toujours fait ; il nous aiderait à le comprendre, comme tout inculpé aide son juge, et l'aide même contre sa volonté, même s'il ment ; car la capacité de l'homme à jouer un rôle n'est pas illimitée. Malgré tout cela ne suffit pas à expliquer l'impression d'urgence et de menace qui émane de cette histoire. Peut-être a-t-elle un sens différent, et plus vaste : Rumkowski, c'est nous ; son ambiguïté, c'est la nôtre, celle de l'hybride pétri de poussière et d'esprit ; sa fièvre même est la nôtre, celle de notre civilisation occidentale qui "descend en enfer au son des tambours et des trompettes", et ses misérables oripeaux sont l'image déformée de nos symboles de prestige social. Sa folie, c'est celle de l'Homme présomptueux et mortel, tel que le décrit Isabelle dans Mesure pour mesure, l'Homme qui : drapé dans sa petite autorité précaire, ignorant par-dessus tout de ce qu'il croit le mieux connaître, son essence de verre, tel un singe en colère, joue à la face du ciel des tours si grotesques que les anges en pleurent et que, s'ils avaient notre rate, ils deviendraient mortels à force de rire. Comme Rumkowski, nous aussi nous sommes éblouis par le pouvoir et par l'argent, à en oublier notre fragilité essentielle : à en oublier que nous sommes tous dans le ghetto, que le ghetto est clôturé, qu'au-delà de la clôture se tiennent les seigneurs de la mort, et que non loin de là le train nous attend. + Lire la suite

25 mai 2013
(...) tous les vieux sont pareils, le monde où ils vivent ne les intéresse pas, ils s'y trouvent mal, ils ne le comprennent pas, ils le sentent hostile, et par conséquent leur mémoire ne l'enregistre pas. C'est pourquoi ils se souviennent des évènements anciens, et non des récents: ce n'est pas une question de sclérose, mais de défense. Leur vrai monde, c'est celui de leurs jeunes années, bon par définition : le "bon vieux temps", même s'il a fait cadeau de deux guerres mondiales à l'humanité. + Lire la suite