Traité des passions de l'âme


Livres Couvertures de Traité des passions de l'âme
4.19 étoiles sur 5 de 18 Commentaires client

Traité des passions de l'âme - Si vous avez du Portugal l'image un peu irréelle d'un pays noyé de brumes atlantiques, un pays où l'on module son mal de vivre, sa saudade au rythme torturé et virtuose du fado, la prose torrentielle d'Antônio Lobo Antunes risque de faire sur vous l'effet d'un électrochoc. Amateurs d'épure, de littérature écrite au cordeau, d'histoires idylliques et d'amours admirables, s'abstenir. [...] On ne balaie pas des siècles d'oppression et de privilèges, on ne f...

Télécharger Livres En Ligne

Détails Traité des passions de l'âme

Le Titre Du LivreTraité des passions de l'âme
AuteurAntonio Lobo Antunes
ISBN-102267011549
EditeurChristian Bourgois Editeur
Catégoriesrécits
Évaluation du client4.19 étoiles sur 5 de 18 Commentaires client
Nom de fichiertraité-des-passions-de-l-âme.pdf
La taille du fichier18.1 MB


22 novembre 2017
J'ai découvert l'univers d'Antonio Lobo Antunes sur les conseils d'Izabou. Mes premiers pas étaient hésitants tant je redoutais de m'empêtrer dans une oeuvre annoncée comme complexe. Alors oui, il faut être attentif pour suivre ces voix qui s'enchevêtrent et ce tourbillon de monologues égrenant confessions, souvenirs et songes. Mais, rassurez-vous, l'initiation ne prend que quelques pages et passé le préambule, on accède alors à un vrai plaisir de lecture. Le "Traité des passions de l'âme" tient sur la confrontation entre un juge d'instruction et un terroriste d'extrême-gauche. Les deux hommes se connaissent ; ils ont grandi ensemble dans une propriété cossue de Benfica, un quartier de Lisbonne, à une différence près : le juge était le fils du jardinier, pauvre et alcoolique, qui travaillait au service du grand-père du terroriste. Ces retrouvailles vont les amener à replonger dans le monde perdu de leur enfance à un âge où tout est transgression des interdits et opposition à l'autorité. L'auteur parvient à recréer un tout un univers de douce nostalgie et de réminiscences amères. Les autres protagonistes - activistes, policiers, conjoints - prennent également part à l'oeuvre et y apportent leur pierre. Les personnages se succèdent et offrent chacun un éclairage sur les méandres de l'âme humaine. La psychologie est parfaitement rendue dans sa complexité et ses évolutions. le contexte politique proche de celui des "années de plomb" est construit avec pertinence, le recours à la violence étant justifié sur la base de l'idéologie marxiste ou sur celle de la raison d'Etat. L'auteur pose un regard acide sur les classes sociales et dépeint les déviances et l'hypocrisie de la petite bourgeoisie. Mais ce qui prime chez Antonio Lobo Antunes, ce sont ses fulgurances poétiques, tout repose sur des images qui passent en boucle dans le récit comme un vent chaud originaire du Maroc : un verger abandonné, le passage de cargos sur le Tage, une grange à moitié démolie, les rues lisboètes imprégnées des effluves tenaces du poisson, un singe dépressif, la nidification des cigognes... Il élabore une mosaïque avec les dérivés de la conscience : souvenirs, rêves, fantasmes, spéculations, idées et sensations. le tout formant une oeuvre riche, profonde, ambitieuse mais surtout envoutante. + Lire la suite

22 novembre 2017
Les hommes ne valent peut-être pas grand-chose mais si les femmes n'existaient qu'à partir de onze heures du soir, couchées bien peinardement au lit et en train de dormir, sans nous casser les pieds avec leur sollicitude, leur tendresse, leurs exagérations et leur rouge à lèvres, je vous jure que la vie serait plus facile.

16 novembre 2017
(...) nous étions là tous les deux, la paupière collée à la lucarne pour épier les cheveux courts d'une adolescente grassouillette, frottant la vitre avec un mouchoir pour mieux distinguer ses seins, la peau de son ventre, ses orteils écartés comme une patte de crapaud, ses gestes estompés par la vapeur d'eau, ses vêtements sur le portemanteau, la poignée de la porte. Nous étions là, attendant la cuisinière dans son tablier, bras croisés sur le seuil, qui avançait sans hâte sur le sol mouillé en se défaisant de sa blouse et de sa jupe, souriant comme une plante carnivore, offrant un sein à la bouche de la bonne tout en l'étreignant contre son ventre avec la tenaille d'un coude, sauf que cette fois-là ce n'est pas la cuisinière qui est entrée (...) mais Madame, en manteau de renard avec une coiffure compliquée et de longs ongles rouges, Madame en souliers vernis à hauts talons, agenouillée sur le ciment, vous imaginez la scène, devant la petite bonne, écartant, son col, exhibant son décolleté, ses perles, les tendons fripés de son cou (...) + Lire la suite