Oeuvres complètes


Livres Couvertures de Oeuvres complètes
4.43 étoiles sur 5 de 7 Commentaires client

Oeuvres complètes - Disparu en mai 1932 dans l'incendie du paquebot Georges-Philipar qui le ramenait de Shanghai, Albert Londres n'en finit pas de fasciner aussi bien les journalistes que ses lecteurs. Prince incontesté du grand reportage, voyageur infatigable et hardi redresseur de torts, il ne cessa sa vie durant de «porter la plume dans la plaie». On trouvera rassemblés ici les onze livres-événements de celui qui - selon son biographe Pierre Assouline, qui présente cette édit...

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Détails Oeuvres complètes

Le Titre Du LivreOeuvres complètes
AuteurAlbert Londres
ISBN-102869597894
EditeurArléa
Catégoriesroman adulte
Évaluation du client4.43 étoiles sur 5 de 7 Commentaires client
Nom de fichieroeuvres-complètes.pdf
La taille du fichier23.01 MB


05 décembre 2016
Le gardien me dit : « En voici un qui ne pourra pas vous parler, mais il vous montrera sa langue. » – Montrez votre langue ! L’homme ouvre la bouche. Je ne vois rien. J’avance un œil. Cet homme n’a plus qu’une moitié de langue. Voici comment la chose s’est passée. Il était là, immobile, dans la cour, la langue sortie. Un de ses compagnons, les mains aux poches, à pas lents, s’avança vers lui. Il colla doucement son menton au menton de l’homme, il prit dans sa bouche la langue qui pendait et, d’un coup de mâchoire il la trancha. C’est tout. Un autre a l’oreille mangée. C’est un camarade également qui lui rendit ce service. – Et regardez celui-là qui s’use le coude, là-bas ! C’en était un, en effet, qui, sérieusement, et sans précipitation, se servait du mur comme d’une meule pour donner de l’air à son os du coude. C’est sa manie. On pourrait dire : c’est son plaisir. La peau de son coude était passablement entamée. On lui remettra la camisole. Les fous résistent à la douleur de façon surhumaine. Ils avalent des cuillers comme nous autres un cachet. L’un de ces messieurs s’était, un jour, procuré une scie. Il s’attaqua sous le sein gauche. Quand le docteur arriva, il put voir, par l’ouverture, battre la pointe du cœur. L’homme se sciait, sourire aux lèvres. (Chez les fous) + Lire la suite

29 novembre 2016
On me conduisit dans les locaux. D'abord, je fis un pas en arrière. C'est la nouveauté du fait qui me suffoquait. Je n'avais encore jamais vu d'homme en cage par cinquantaine. Nus du torse pour la plupart (car j'ai oublié de dire que s'il ne fait pas tout à fait aussi chaud qu'en enfer, à la Guyane, il y fait plus lourd), torses et bras étaient illustrés. Les "zéphirs", ceux qui proviennent des bat'd'Af', méritaient d'être mis sous vitrine. L'un était tatoué de la tête aux doigts de pieds. Tout le vocabulaire de la canaille malheureuse s'étalait sur ces peaux: "Enfant de misère." "Pas de chance." "Ni Dieu ni maître. "Innocents", cela sur le front. "Vaincu non dompté." Et des inscriptions obscènes à se croire dans une vespasienne. Celui-là, chauve, s'était fait tatouer une perruque avec une impeccable raie au milieu. Chez un autre, c'étaient des lunettes. C'est le premier à qui je trouvai quelque chose à dire ; - Vous étiez myope ? - Non ! louftingue. (Au Bagne) + Lire la suite

07 décembre 2016
Ce matin-là je louvoyais dans un quartier d’asile, en compagnie d’un interne. – Les fous, me disait-il, ne sont pas ce que l’on suppose. Le public les voit mal… Ce ne sont pas toujours des forces déchaînées. Tenez, regardez ceux-ci, réunis dans cette salle. Ils étaient une dizaine. Ils parlaient un peu haut, mais cela arrive aux personnages les plus sensés. – Vous pouvez entrer, me dit l’interne. J’entre. Les têtes étonnées se tournent de mon côté. Je reconnais le médecin-chef au milieu du groupe. L’interne me saisit par le bras. – Quoi ? – Erreur ! fait-il en se mordant la lèvre, ce ne sont pas des fous mais des aliénistes. C’est la Ligue de l’hygiène mentale qui tient séance ! Il avait suffi de l’épaisseur d’un carreau. (Chez les fous) + Lire la suite