L'Aliéniste


Livres Couvertures de L'Aliéniste
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L'Aliéniste - Simon Bacamarte, aliéniste diplômé, s'installe dans une paisible bourgade brésilienne et, au nom de la science, fonde un asile d'aliéné. Il classe d'abord et enferme tous les lunatiques, mais son emprise sur la cité déclenche un mécanisme diabolique qui va atteindre la totalité de la population. Avec ce savant en délire, Machado s'attaque avec humour aux dogmatismes scientifiques et politiques. " L'aliéniste vit un carnet à la main ; il note les réactions de ...

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Détails L'Aliéniste

Le Titre Du LivreL'Aliéniste
AuteurJoaquim Maria Machado de Assis
ISBN-102864245345
EditeurMétailié
Catégoriesroman
Évaluation du client3.67 étoiles sur 5 de 66 Commentaires client
Nom de fichierl-aliéniste.pdf
La taille du fichier19.84 MB


20 juin 2015
Ce roman de Joaquim Maria Machado de Assis nous apporte ici une nouvelle réflexion sur ce qu'on considère comme "normal". Il se situe pendant la période coloniale du Brésil, au XIXème siècle. UnOn perçoit tout au long du livre un sens de l'humour fin et une vision juste, intemporelle et dérangeante de la société. L'histoire commence avec l'éminent docteur Bacamarte, qui refuse toutes les propositions de postes qu'on peut lui faire dans les meilleures universités du Portugal et du Brésil, pour retourner à Itaguaï, son fief natal, et se vouer corps et âme à la médecine. Si un domaine de la médecine l'intéresse plus que tout autre, c'est celui des troubles mentaux, aussi variés et absurdes qu'ils puissent nous paraître. Plus que simple docteur, Bacamarte est un grand orateur. Il remporte en premier lieu le soutien financier du gouvernement local et construit la Maison Verte, un centre d'accueil. Il parvient même à se voir octroyer le droit d'enfermer tout citoyen jugé instable mentalement. Or, Bacamarte définit des règles pour juger, classer et analyser l'état mental des hommes. Ces règles, qui évolueront au cours du roman, sont lourdes de conséquences. de fil en aiguille, la population d'Itaguaï se retrouve entièrement sous la coupe du savant directeur de la Maison Verte… Le lecteur sourit face à ce récit au vocabulaire clair, élégant, sans exclamations, ni jugement moral, comme on pourrait l'attendre d'une démarche scientifique. Or, derrière cette scientificité apparente, tout se déroule comme si c'était une farce. En dépit de cette légèreté, Machado de Assis nous fait réfléchir sur des questions profondes : l'amitié, les relations politiques et personnelles bien versatiles, et surtout la démarcation subtile et bien relative qui sépare folie et raison. + Lire la suite

10 mai 2018
Traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge-Pettorelli Nous avions laissé un J-M Machado de Assis légèrement mélancolique et vieillissant, pas vraiment dans la ligne de ce que la postérité lui reconnaît, le cynisme et l'ironie. "L'Aliéniste", par contre, est un conte cinglant qui moque la science et la médecine de l'esprit au 19e siècle, gloussant au passage sur la comédie humaine. La bourgade Itaguaï (Ithaque brésilienne où revient le médecin Simon Bacamarte, l'esprit plein d'un voyage d'études en Europe) est le miroir d'une société très influencée à l'époque par le positivisme: davantage de rationalité scientifique, moins de théologie et de spéculations métaphysiques. Bacamarte entreprend de bâtir un asile pour les fous, la Maison Verte, aux fins d'étudier ces cas. L'on aura l'occasion de sourire dès les premières pages, lorsque notre grand homme a convaincu les conseillers de Mairie d'adopter son projet qu'il convient de financer. Il est décidé de taxer les plumets sur les attelages lors des enterrements : "Qui désirerait emplumer les chevaux tirant le corbillard paierait deux testons à la commune pour chaque heure écoulée entre le décès et la bénédiction ultime au-dessus de la sépulture." Mais le calcul du rendement de la taxe s'avérant fort compliqué, "l'un des conseillers, qui n'accordait aucun crédit à l'entreprise du médecin, demanda qu'on dispensât le malheureux d'un travail aussi inutile". Les taxes communales, déjà. Humour entretenu au paragraphe suivant lorsque Simon Bacamarte entend graver une inscription sur le frontispice du bâtiment : arabisant de longue date, il tient du Coran que Mahomet jugeait les fous vénérables, car Allah les priva de jugement afin qu'ils ne puissent se rendre coupables de péché : "craignant d'indisposer le curé, et son évêque par personne interposée, il attribua la sentence au pape Benoît VIII, mensonge fort pieux du reste, qui lui valut de la bouche du père Lopes, lors du déjeuner d'inauguration, le récit de la vie de l'éminent pontife". Esprit et décor plantés, la fable vire continuellement à l'inattendu. Je ne résumerai pas le scénario de ce livre court, il en perdrait sa saveur. Sachez que les théories du médecin, mises en application au fil du récit, donnent lieu à divers retournements au gré des conclusions logiques auxquelles parvient le savant, dont la moindre n'est pas la décision de relâcher les véritables aliénés pour enfermer les (rares) gens équilibrés, qui lui paraissent soudain relever de la pathologie mentale. On ne s'étonne pas que tout cela conduise à une révolte contre la Maison Verte, sorte de prise de la Bastille (l'Histoire contemporaine ne nous a-t-elle pas appris que l'espace carcéral prend la forme de l'internement psychiatrique ?). Et l'occasion pour Machado de Assis, qui sait combien l'Amérique latine est sujette aux changements brusques de régime, de mettre en scène une très efficace parodie de soulèvement populaire, de dictature populiste et de concupiscence du pouvoir. Dans le monde nouveau qui s'annonce à l'époque, le savant prend la place du prêtre ; il est chargé non plus de dire le bien, mais de dire le vrai ; il n'y a plus vraiment de péché et de mal dans la société, mais le déséquilibre, la pathologie et la folie. Machado de Assis plonge ce savant-type moderne et occidental, obsédé par la vérité et la raison raisonnante, dans une société brésilienne encore archaïque, marquée par la foi et par un certain manichéisme. le livre interroge la figure du scientifique empirique, celui qui veut tout réduire, y compris la morale, à ce que sa science lui permet de comprendre. "Sans doute, l'un des premiers soins des aliénistes du XIXe siècle a été de se faire reconnaître comme «spécialistes». Mais spécialistes de quoi ? de cette faune étrange qui, par ses symptômes, se distingue des autres malades ? Non pas, mais spécialistes plutôt d'un certain péril général qui court à travers le corps social tout entier, menaçant toute chose et tout le monde, puisque nul n'est à l'abri de la folie ni de la menace d'un fou. L'aliéniste a été avant tout le préposé à un danger ; il s'est posté comme le factionnaire d'un ordre qui est celui de la société dans son ensemble." (Michel Foucault - "L'asile illimité" - Le Nouvel Observateur mars-avril 1977). Conseil: lisez l'introduction de Pierre Brunel (littérature comparée) après, ce sera plus profitable et moins spoilant. Lien : https://christianwery.blogsp.. + Lire la suite

29 juillet 2013
Il y avait, entre autres carences stigmatisées par les chroniqueurs, le fait que le conseil municipal d'Itaguaí ne se préoccupait aucunement des déments. De sorte que les fous furieux étaient chacun claustrés dans une alcôve, à l'intérieur de leur propre maison, non pas guéris, mais abandonnés sans souci de guérison, en attendant que la mort vienne leur subtiliser le bienfait d'exister : les innocents déambulaient à leur gré dans la rue. Simão Bacamarte résolut sans plus attendre de réformer une coutume aussi désastreuse. (A vereança de Itaguaí, entre outros pecados de que é argüida pelos cronistas, tinha o de não fazer caso dos dementes. Assim é que cada louco furioso era trancado em uma alcova, ne própria casa, e, não curado, mas descurado, até que a morte o vinha defraudar do beneficio da vida ; os mansos andavam à solta pela rua. Simão Bacamarte entendeu desde logo reformar tão ruim costume.) + Lire la suite